Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

Publié le par mademoisellechristelle

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

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Ce que dit la quatrième de couv : Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L’homme est noir, la femme est blanche Et alors ?

Ce que j’en pense : Je tenais tout d’abord à remercier les éditions folio qui m’ont permis de découvrir ce roman de Marie Darrieussecq.

Le titre du roman est tiré d'une phrase de Marguerite Duras qui sert d'exergue : « il faut beaucoup aimer les Hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter. »

En lisant la quatrième de couv’, je m’attendais à lire un roman faisant état de la perception des couples mixtes de nos jours (un noir, une blanche, et alors ?) et du racisme auquel ils peuvent être confrontés, avec la petite morale qui va bien à la fin de l’histoire.

Et pourtant,  j’ai eu l’impression que ce thème promis par le roman n’est passé qu’au second plan..

Ce qui m’a frappé de plein fouet, c’est la goujaterie de cet homme Kouhouesso, et la dévotion totale que lui voue Solange, le personnage féminin du roman.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis. Solange est une actrice française qui tourne avec les étoiles d’Hollywood. Kouhouesso est un acteur canadien d’origine camerounaise qui souhaite se lancer dans la réalisation d’un film adapté de « au cœur des ténèbres » de Conrad, sur place, au Congo (http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_c%C5%93ur_des_t%C3%A9n%C3%A8bres).

Ils se rencontrent lors d’une soirée chez George (Clooney ?). Entre eux, c’est électrique, une attirance quasi animale. Pour Solange, c’est évident : ils finiront la nuit ensemble. Et pourtant, la passion va bientôt virer au cauchemar (pour Solange).

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

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Elle, lui voue un amour total et inconditionnel. Elle l’aime et l’adore sans compter, quitte à la faire passer au second plan. Lui, est obsédé par la production de son film et ne porte que peu d’attention à Solange. Il ne lui donne que peu de nouvelles et ne semble pas vouloir occuper la place qu’elle lui a réservée dans sa vie.

« Kouhouesso se réveillait. Disait hey, d’un air toujours un peu surpris. Se frottait les yeux du plat des paumes. Se levait pour pisser. Elle restait là, le cœur battant ».

C’est dire si Solange lui vouait un culte, à son Kouhouesso ! C’est dire aussi si la citation de Marguerite Duras prend tout son sens : « il faut beaucoup aimer les Hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter ».

Le caractère individualiste de Kouhouesso représente à mon sens une métaphore sur l’image que l’on se fait de l’Afrique : une beauté sauvage, énigmatique, et insaisissable.

Malgré cela, Solange sera prête à tout pour lui et le suivra jusqu’au bout du monde pour réaliser son projet. Et une fois sur place, au Cameroun (tournage impossible au Congo), elle va passer son temps à l’attendre.. Assise sur sa chaise, elle attend.. Lui l’ignore, encore et toujours.. Le paroxysme de sa goujaterie se situant à la fin du roman.

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

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Si j’ai beaucoup aimé l’histoire et les thèmes abordés par le roman, j’ai eu un peu plus de mal avec l’écriture de Marie Darrieussecq. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le roman, notamment à cause de nombreuses lenteurs et des descriptions interminables qui n’apportaient pas forcément grand-chose au récit. J’aurais aimé retrouvé la passion existante entre Kouhouesso et Solange dans l’écriture de l’auteure. Alors, ce roman aurait été une vraie réussite..

Le personnage de Solange m’a beaucoup plu et je me suis vraiment attachée à cette femme entière et qui aime sans compter au détriment d’elle-même.

Il faut donc beaucoup l’aimer, Kouhouesso, vraiment beaucoup. Sans cela, ce n’est pas possible, une femme ne pourrait pas le supporter..

Ma note : 2,5/5

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