Dans le jardin de l'ogre de Leïla Slimani

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Mais cette nuit, elle en a rêvé et n’a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s’est introduit en elle comme un souffle d’air chaud. Adèle ne peut plus penser qu’à ça. »

 

Adèle semble heureuse avec Richard, le médecin qu’elle a épousé. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de collectionner les conquêtes. Dans le jardin de l’ogre est l’histoire d’un corps esclave de ses pulsions que rien ne rassasie. Un roman féroce et viscéral sur l’addiction sexuelle et ses implacables conséquences.

Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Elysées, du musée d’Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n’a pas bu d’alcool et elle s’est couchée tôt.

Ce que j’en pense : Dans la catégorie "livre de meufs", je demande "Dans le jardin de l'ogre". Leïla Slimani y aborde un sujet assez peu évoqué en littérature : l'addiction sexuelle féminine. Mais je ne parle pas du sexe pour le plaisir, je parle d'une addiction subie : une vraie souffrance qui ronge Adèle, nymphomane et héroïne du roman.  "C'est plus fort que moi", rétorque-t-elle pour se défendre. Elle cherche compulsivement un numéro dans le téléphone à clapet dédié à ses fantasmes, les moments de baise sont effrénés, elle ne veut pas réfléchir, elle en a besoin, vite, maintenant, même 10 minutes adossée à une poubelle avec un inconnu rencontré dans une expo feront l'affaire.

 

Le désir, les pulsions, la dépendance sont le sujet de ce roman. Comme dans "Chanson douce", l'écriture de Leïla Slimani est froide, chirurgicale. Le lecteur n'éprouve aucune compassion pour Adèle dont on a du mal à comprendre les agissements. Adèle a 35 ans et mène une double vie : côté pile, elle est journaliste, mariée et mère d'un petit Lucien ; côté face, elle séduit des hommes : ses collègues, ceux de son mari, des amants rencontrés via internet, des prostitués, peu importe...Plus on avance dans le roman, plus on comprend qu'Adèle cherche à s'autodétruire à travers son rapport au sexe. Pourra-t-elle échapper éternellement à ses démons ?

 

J'ai adoré cette lecture qui expose un sujet tabou au grand public. La double personnalité d'Adèle résonne pour moi comme la double personnalité que l'on attend d'une femme : mi-pute, mi-soumise. Le récit est haletant, prenant, c'est vraiment écrit avec talent. Petit bémol tout de même pour la fin qui n’en est pas une. J'avais adoré "Chanson douce", j'ai été addict à "Dans le jardin de l'ogre". Leïla Slimani fait partie de ses talents de l'écriture avec lesquels il faudra désormais composer.

 

Ma note : 3,5/5

 

Publié dans Littérature

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