Rien n'est noir de Claire Berest

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : À force de vouloir m’abriter en toi, j’ai perdu de vue que c’était toi, l’orage. Que c’est de toi que j’aurais dû vouloir m’abriter. Mais qui a envie de vivre abrité des orages? Et tout ça n’est pas triste, mi amor, parce que rien n’est noir, absolument rien.

 

Frida parle haut et fort, avec son corps fracassé par un accident de bus et ses manières excessives d’inviter la muerte et la vida dans chacun de ses gestes. Elle jure comme un charretier, boit des trempées de tequila, et elle ne voit pas où est le problème. Elle aime les manifestations politiques, mettre des fleurs dans les cheveux, parler de sexe crûment, et les fêtes à réveiller les squelettes. Et elle peint.

 

Frida aime par-dessus tout Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son crapaud insatiable, fatal séducteur, qui couvre les murs de fresques gigantesques.

Bleu de cobalt

Elle ne voit que lui, sans même avoir à le regarder.

Il est sans cesse à s’ébattre quelque part dans l’angle presque mort du regard. A la lisière de l’œil, là on l’on devine plus qu’on ne saisit. Une forme spectaculaire, mi-pachyderme, mi-pieuvre aux tentacules envoûtants qui contamine tout l’espace où sa masse se déploie. Un trophée de cirque que chaque femme voudrait s’épingler au corsage- s’empaler au corps sage.

Ce que j’en pense : S’il y a bien une artiste féministe-rebelle-trop cool (et aussi gros carton marketing), c’est Frida Kahlo. Frida fait partie de ces femmes « grandes gueules » dont on a l’impression qu’elles sont invulnérables et qu’elles ne ressentent pas la souffrance. Mais détrompez-vous, car ce sont parfois celles qui souffrent le plus ; mais elles le font en silence… La preuve en est grâce à ce livre…

 

Dans « rien n’est noir », Claire Berest nous fait vivre de l’intérieur l’histoire d’amour entre Frida Khalo et Diego Rivera. Frida, avec sa personnalité excentrique mais tellement attachante, au corps blessé et au cœur mutilé. Quand Frida s’exprime, c’est à haute voix, quand Frida boit, ce sont des trempées de téquila, quand Frida aime, c’est passionnel.

 

Diego, le peintre le plus célèbre du Mexique, son mari, son crapaud, son ogre ventripotent et insatiable, va lui en faire voir de toutes les couleurs.

Frida connaitra l’amour avec Diego, mais un amour qui fait mal, qui la dévore de l’intérieur et la fait souffrir de tout son être. Diego aime intensément Frida mais il la délaissera souvent pour son travail et lui sera ouvertement infidèle. Pourtant, Frida reste avec lui et lui voue un amour indéfectible, c’est plus fort qu’elle. C’est un sentiment qui transcende l’amour lui-même.

 

En plus de ses démons intérieurs, Frida doit faire face à la douleur physique. Lors d’un accident grave de la route quand elle avait 19 ans, son abdomen et sa cavité pelvienne ont été transpercés par une barre en métal. Son corps en gardera de graves séquelles et des douleurs omniprésentes.

 

Mais Frida sert les dents. Elle se bat pour ses convictions, et elle peint. Elle peint sa rage contre cet amour qui la dévore, contre les infidélités de son mari face auxquelles elle reste impuissante, contre son corps déjà trop abîmé et qui refuse d’enfanter.

 

 

Sans trop de surprises, j’ai vraiment aimé cette lecture. Elle raconte l’une des plus belles histoires d’amour qui ait existé mais aussi l’une des plus destructrices. Le style de l’auteure est à l’image de Frida : poétique, coloré, intense. On devine très clairement le travail de recherche derrière ce roman. Claire Berest écrit Frida Kahlo, Claire Berest pense Frida Kahlo, Claire Berest devient Frida Kahlo.

 

En revanche, il m’a manqué un petit « je-ne-sais-quoi » pour arriver au coup de cœur.  Dommage !

 

Frida Kahlo est une personnalité qui m’aura marqué et qui vivra dans mon cœur encore longtemps : Viva la Revolucion ! Viva Frida !

 

Ma note : 3,75/5

Publié dans Littérature

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