Journal de L. de Christophe Tison

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Ce roman est le journal intime d'un personnage de fiction. Plus d'un demi-siècle après la publication des carnets de son ravisseur par Vladimir Nabokov, Lolita se livre enfin. L'adolescente la plus célèbre de la littérature raconte son road trip dans l'Amérique des années 50, ses ruses pour échapper à son beau-père, ses envies de vengeance, ses amours cachées, ses rêves de jeune fille.

 

Hum
(Août 1947-Août 1948)

J’ai tellement transpiré que ça me dégouline encore dans le dos, la voiture était brûlante. On a roulé toute la journée vers l’ouest jusqu’à ce que le soleil devienne une grosse boule de feu à l’horizon.
Un orifice sanglant, a dit Hum, sanglant et dégoûtant. Puis il m’a fait tout un cours sur l’attraction-répulsion, les planètes et les atomes qui tournent les uns autour des autres en parlant aussi des gens qui s’attirent et se repoussent… Toi, tu es mon petit soleil doré, et blanc là où c’est caché, disait-il.

Ce que j’en pense : « Journal de L. » est un immense coup de cœur, une claque que je me suis prise en pleine figure alors que je ne m’y attendais pas.

 

Dans son livre, Christophe Tison raconte l’histoire fictive de la Lolita de Nabokov et se place du point de vue de cette dernière. Lolita, c’est cette jeune nymphette aux manières aguicheuses  qui fait fantasmer les vieux libidineux, et surtout son beau-père qui, après s’être débarrassé de la mère de Lolita, va l’emmener faire le tour des Etats-Unis et abuser d’elle chaque soir.

 

Certains passages sont très difficiles, voire très sombres, je vous préviens. Sous la plume de Christophe Tison, Lolita est un personnage fascinant et touchant. Elle est un objet de désir pour les hommes, une adversaire à jalouser pour les femmes. Elle est aussi une jeune fille dont on a volé l’enfance, et qui en gardera des séquelles d’un point de vue émotionnel.

Lolita voudrait qu’on l’aime, mais elle ne sait pas comment faire. Alors elle ne dit jamais non aux hommes, telle une jolie petite poupée docile. Parce qu’elle pense que ça leur fera plaisir et qu’elle recevra leur amour en retour. Mais l’amour, ça n’est pas ça Lolita…

 

Le pari était osé, mais Christophe Tison l’a relevé avec brio. Son écriture est intelligente, fine et franche. J’ai adoré.

 

On l’appelait Dolorès, Lo, Dolly ou Lolita. Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Elle était surtout une jeune fille qui cherchait à être aimée…

 

Ma note : 4,5/5

 

Publié dans Littérature

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