Une farouche liberté Gisèle Halimi avec Annick Cojean

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Soixante-dix ans de combats. Soixante-dix ans de passion et d’engagement au service de la justice et de la cause des femmes. Et toujours, la volonté de transmettre aux nouvelles générations le flambeau de la révolte. Parce que l’égalité entre hommes et femmes est loin d’être acquise. Et parce que naître femme reste une malédiction dans la plupart des pays du monde.

Avec son amie Annick Cojean, l’avocate la plus célèbre de France revient sur les épisodes marquants de son parcours rebelle. Son enfance en Tunisie dans une famille juive modeste ; son refus d’un destin assigné par son genre et son rêve ardent de devenir avocate ; sa défense indéfectible des militants des indépendances tunisienne et algérienne soumis à la torture ; son association « Choisir la cause des femmes » ; et bien sûr ses grands combats pour l’avortement, la répression du viol, la parité.

La dernière grande héroïne féministe aura vécu une vie de pionnière, insoumise et passionnée. D’une farouche liberté.

Annick Cojean : « L’enfance décide », écrivait Jean-Paul Sartre dans Les Mots. Qu’a donc décidé votre enfance ?
Tout ! Ma révolte, ma soif éperdue de justice, mon refus de l’ordre établi et bien sûr mon féminisme. Tout est parti de l’enfance et de cette indignation ressentie dès mon plus jeune âge devant la malédiction de naître fille. Comment appeler autrement le coup du sort qui, en vous attribuant le mauvais genre, vous prive instantanément de liberté et vous assigne un destin ?

Ce que j’en pense : Quand je serai plus grande, je voudrais être Gisèle Halimi...

Maître Gisèle Halimi était une avocate très engagée pour la cause des femmes. On la connait notamment pour le fameux "procès de Bobigny" au cours duquel elle y a défendu Marie-Claire : une jeune fille qui s'est faite violée, est tombée enceinte puis s'est faite avorter alors que l'avortement était illégal à l'époque (notons d'ailleurs que c'est son violeur qui l'a dénoncé pour s'être fait avortée). S'en est suivie l'adoption de la loi du 17 janvier 1975 dite loi Weil, qui a dépénalisé l'avortement.

Depuis toute petite, Gisèle Halimi était éprise de liberté et de justice. Elle naît en Tunisie dans les années 30 dans une famille juive pauvre et dominée par l'ordre patriarcal. A l'époque, être une fille est une tare et la petite Gisèle le comprend très vite. A douze ans, elle fait une grève de la faim pour protester contre les différences de traitements entre son frère ainé et elle.

Malgré la réticence de ses parents, elle choisit de continuer ses études et devient avocatE (le E à la fin est important). Dans "une farouche liberté", elle raconte à Annick Cojean les épisodes marquants de sa vie, soixante-dix ans de combats, d’engagements au service de la justice et de la cause des femmes. Et la volonté, aujourd’hui, de transmettre ce qui a construit cet activisme indéfectible, afin de dire aux nouvelles générations que l’injustice demeure, qu’elle est plus que jamais intolérable.

Le livre est rédigé sous la forme d'entretiens, un peu comme si nous nous retrouvions en toute intimité avec elle. J'ai adoré la lire et découvrir sa vie, ses combats, ses révoltes.

Pour moi, c'est un modèle à suivre : une héroïne féministe, rebelle, combative, passionnée, avec des valeurs et qui prend fait et cause pour les plus vulnérables. D'une farouche liberté.

Elle nous a donné la voie à suivre, à nous de reprendre le flambeau.. Au revoir et merci pour tout, Maître !

 

Ma note : 4,5/5

Publié dans Littérature

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