Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Bilan livresque 2015

Publié le par mademoisellechristelle

2015 aura été une année chargée pour moi ; non pas en littérature comme je l’aurai espéré mais plutôt professionnellement parlant.. Les conséquences s’en sont faites ressentir : moins de temps pour lire, moins de temps pour écrire ce qui a engendré en cette fin d’année beaucoup de frustration.

Il y a quelques jours, je me suis dit que ma seule bonne résolution pour l’année 2016 serait de VIVRE. Lire et écrire en feront évidemment partie !

Je vous souhaite à toutes et tous une très belle année 2016.

Voici mon top 5 sur les 21 livres lus cette année :

Bilan livresque 2015
  1. Celui qui m’a captivé
Bilan livresque 2015

2. Celui qui m'a fait vibrer

Bilan livresque 2015

3. Celui qui m’a fait voyager

Bilan livresque 2015

4. Celui qui m’a appris la tolérance

Bilan livresque 2015

5. Celui qui a fait de moi une reine de la mafia

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

Publié le par mademoisellechristelle

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

.

Ce que dit la quatrième de couv' : « Ce livre est le récit de ma rencontre avec L. L. est le cauchemar de tout écrivain. Ou plutôt le genre de personne qu'un écrivain ne devrait jamais croiser ».

Dans ce roman aux allures de thriller psychologique, Delphine de Vigan s'aventure en équilibriste sur la ligne de crête qui sépare le réel de la fiction. Ce livre est aussi une plongée au cœur d'une époque fascinée par le Vrai.

Ce que j’en pense : Si « D’après une histoire vraie » devait m’être contée en deux mots, je dirais : captivant et fascisant.

Je m’explique.

Dans son précédent roman, « Rien ne s’oppose à la nuit », Delphine de Vigan ouvrait la boîte de Pandore et dévoilait sous l’œil du lecteur médusé sa propre tragédie familiale. Suite à cela, elle reçut plusieurs lettres anonymes dans lesquelles son auteur (anonyme) lui déversait toute sa haine.

Ces lettres ont terrifié Delphine de Vigan et on pouvait légitimement se demander si elle pourrait reprendre la plume après cela. Exercice difficile, surtout quand on est allé si loin dans l’écriture.

Dans ce nouveau roman, Delphine (de Vigan) raconte comment elle est en proie au doute. Elle souffre également du syndrome de la page blanche, à tel point qu’elle ne peut plus écrire une ligne voire même tenir un stylo entre ces mains sans être prise de vertiges (pas commode pour faire sa liste de courses).

C’est alors qu’elle fait la rencontre de L., pour qui elle sera une cible idéale.

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

.

Dès leur rencontre, L. apparait comme un personnage fascinant. Le genre de femme que l’on voudrait être quand on est une femme qui a dû mal à s’affirmer : élégante, indépendante, sûre d’elle.. bref, le genre de femme charismatique tout droit sortie d’une pub pour Gérard Darel.

Mais L. va se révéler en réalité menteuse, manipulatrice et va peu à peu prendre l’ascendant sur Delphine. La relation qui va naitre entre les deux femmes sera exclusive, au-delà du fusionnel.. jusqu’à ce qu’elle prenne un tournant inattendu et périlleux pour Delphine.

 

D'après une histoire vraie de Delphine de Vigan

.

Delphine de Vigan se lance dans un thriller psychologique avec un suspens à la Hitchcock vraiment bien ficelé. Même si l’histoire tarde à démarrer, le lecteur est ensuite happé, impatient de connaitre la suite du roman. En ce qui me concerne, c’est l’un des meilleurs romans que j’ai lu cette année.

« D’après une histoire vraie ».. ou presque.. mélange fiction et réalité. L’auteur qui parle à la première personne est-elle Delphine de Vigan ? Rien n’est moins sûr..

Delphine de Vigan sème le doute dans l’esprit du lecteur qui peine à distinguer le vrai du faux, la réalité de la fiction. Mais cela importe peu car on prend réellement du plaisir à se laisser prendre au jeu de cette « histoire vraie ».

Les désirs des lecteurs sont au centre du roman : que veulent les gens ? Des autobiographies, des introspections, du réel, comme le soutient L. ? Ou se laisser entrainer, bouleverser, passionner par une fiction comme le pense Delphine ? Deux visions s’affrontent jusqu’à ce qu’une des deux prenne le dessus.

Dans un monde en quête d’« histoires vraies », de vécu et de téléréalité, la fiction a-t-elle toujours une place ? Finalement, peu importe l’histoire (vraie ou pas), l’important c’est la manière de la (ra)conter.

 

Ma note : 4/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Meurtre dans un jardin indien de Vikas Swarup

Publié le par mademoisellechristelle

Meurtre dans un jardin indien de Vikas Swarup

.

Ce que dit la quatrième de couv’ : Après le fabuleux succès de Slumdog millionaire, retrouvez tout le génie et l'humour de Vikas Swarup dans un roman encore plus original, encore plus foisonnant, encore plus palpitant. Une aventure pleine de suspense et d'émotion au cœur de l’Inde d'aujourd'hui.

Playboy millionnaire, l'ignoble Vivek -Vicky- Rai est tué lors de sa propre garden party. Six convives sont suspectés: un bureaucrate possédé par l'esprit de Gandhi; l'actrice la plus glamour de Bollywood, fan de Nietzsche; un tout petit aborigène très doué pour l'effraction; un gamin des rues voleur de portables au physique de jeune premier; un monsieur catastrophe texan sous protection judiciaire ; et le must du politicien corrompu, le propre père de la victime.

Des palaces de Delhi aux bidonvilles de Mehrauli, des repaires terroristes du Cachemire aux cabanes des îles Andaman, des berges du Gange aux tapis rouges des premières de Bombay, entre soif de justice, vengeances, manigances politiques, quête d'un totem perdu ou d'une fiancée par correspondance, tous les chemins semblent mener au jardin du crime. Mais qui a tué Vicky ?

Meurtre dans un jardin indien de Vikas Swarup

.

Ce que j’en pense : à vous tous qui me demandent des conseils de lecture.. précipitez-vous sur ce livre, il en vaut le détour !

J’avais lu à l’époque de sa parution le fameux « Slumdog millionnaire », mais je n’en avais pas gardé un souvenir intarissable. « Meurtre dans un jardin indien », en revanche, m’a complétement séduite !

La structure du roman, tout d’abord, est originale et ingénieuse. Vicky Raï, un riche playboy indien, est assassiné d’une balle chez lui alors qu’il fêtait son acquittement pour un crime qu’il n’a pas.. euh.. qu’il a commis et pour lequel il a été injustement acquitté.

Six personnes présentes ce soir-là sont suspectées du meurtre. Tour à tour, l’auteur va raconter leur histoire et les raisons qui les auraient conduits à tuer Vicky. Ces six histoires vont se croiser et s’entrecroiser tout en long du roman, ajoutant de la cohérence au récit, et piquant au vif l’intérêt du lecteur qui pourra assembler les pièces de ce puzzle façon bollywood.

Meurtre dans un jardin indien de Vikas Swarup

.

Les personnages, hauts en couleur, nous plongent dans une Inde moderne encore méconnue du grand public et pourtant complètement fascinante. Même si je ne connais (malheureusement) pas l’Inde d’aujourd’hui, j’avais la réelle impression de déambuler aux cotés des personnages dans les rues de Bombay, de prendre un auto-rickshaw, de voir défiler sous mes yeux les mille et une couleurs indiennes et de sentir moi aussi les odeurs de safran et d’épices.

L’écriture est également une réussite complète. Elle alterne différents styles donnant du dynamisme au récit : article de journal, récit, journal intime, etc.. et est fluide et agréable à lire. A aucun moment, on ne peut soupçonner qui est l’auteur du meurtre. Le lecteur est baladé à travers la (et les) histoire(s) jusqu’au dénouement final.. complètement inattendu.

Enfin, ce qui m’a le plus plu c’est le message de l’auteur. A travers son livre, Vikas Swarup dénonce les injustices de l’Inde moderne : la justice qui n’en est plus, la corruption, les coups bas, le terrorisme, le racisme (l’histoire de l’aborigène est particulièrement touchante), la condition de la femme, la débrouille pour survivre vs l’opulence pour d’autres etc..

Ce portrait est certes peu flatteur mais une chose renait à la fin du roman : l’espoir. Il nous fait prendre conscience, à nous lecteurs, que notre salut (n’y aurait-il pas une histoire de karma là-dessous ?) proviendra du réveil des consciences. Amen..

Ma note : 4,5/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes

Publié le par mademoisellechristelle

Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes

.

Ce que dit la quatrième de couv’ :

QUI EST VERNON SUBUTEX ?

Une légende urbaine.

Un ange déchu.

Un disparu qui ne cesse de ressurgir.

Le détenteur d’un secret.

Le dernier témoin d’un monde disparu.

L’ultime visage de notre comédie inhumaine.

Notre fantôme à tous.

Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes

.

Ce que j’en pense : j’avais refermé le premier tome tout en ayant hâte d’ouvrir le second. Et pour être franche, je suis assez déçue..

On y retrouve notre Vernon national qui vit à présent dans la rue, et plus précisément dans le parc des Buttes Chaumont, où il occupe un squat. Avant de devenir définitivement SDF, Vernon avait confié les images des derniers instants d’Alex Bleach à Emilie ; les cassettes seront finalement volées par la Hyène.

Le lecteur va enfin découvrir ce que contenaient ces fameuses cassettes, objet de toutes les convoitises. Dans ces « ultimes confessions », Alex Bleach révèle que le suicide de Vodka Satana, ancienne star du porno, n’en était pas un et qu’il est persuadé qu’elle a été tuée.

L’ensemble des personnages rencontrés dans le tome 1 (on remerciera d’ailleurs l’auteure pour la petite séquence de rappel en début du roman) s’uniront alors dans la quête de l’assassin de Vodka Satana. Ils prendront tour à tour la parole, comme dans le premier tome.

De son côté, habitué à vivre dans la rue, Vernon décline les propositions d’hébergement qui lui donnent une impression de claustrophobie. C’est alors qu’il se retrouvera malgré lui « gourou » de la bande.

Vernon Subutex 2 de Virginie Despentes

.

A mon sens, ce tome 2 est dans la continuité du tome 1. Le style y est identique : cru et acide à souhait, et les nombreux personnages de cette comédie (in)humaine sont présents (quelques nouveaux sont venus se greffer en plus). Si le lecteur n’est pas dépaysé, il n’est toutefois pas surpris. L’énumération des portraits prend énormément de place dans le roman au détriment de l’intrigue, ce que je trouve décevant.

Ces longues descriptions étaient parfaitement justifiées dans le premier tome pour planter le décor. Dans le second, je les trouve inopportunes. C’est vraiment dommage car le talent de Despentes est toujours là, et je m’attendais réellement à ce qu’elle s’attarde plus sur l’intrigue. D’ailleurs, une fois les portraits passés, et lorsque l’on rentre dans l’histoire,  on ne peut plus se détacher du roman, pris dans un tourbillon infernal dans le Paris d’aujourd’hui : celui des riches, des pauvres, du monde de la débrouille, des fachos repentis, etc..

Lirai-je le tome 3 ? Sans doute, histoire de pouvoir me dire que la boucle est bouclée..

Ma note : 2,5/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Malerba de Giuseppe Grassonelli et Carmelo Sardo

Publié le par mademoisellechristelle

Malerba de Giuseppe Grassonelli et Carmelo Sardo

.

L’histoire : Grassonelli, né dans la province d'Agrigente, mène la vie d'un jeune délinquant. Dans les années 1980, son père - un maffieux sérieux - l'envoie à Hambourg où il a de la famille. Là, il va découvrir un autre monde, apprendre les secrets du poker et les différentes manières de tricher au jeu. Il se met à gagner de l'argent, se fait des amis. Mais quelques années plus tard, il doit effectuer son service militaire à Rome.

Le service militaire terminé, il va passer l'été dans sa famille et avant de repartir le 21 septembre 1986, son billet d'avion pour Hambourg en poche, il va prendre un dernier verre avec sa famille. Soudain une série de coups de feu s'abat sur la table qu'il vient de quitter. Le grand-père adoré, les oncles, les cousins sont tués. Un des tueurs le remarque et lui tire dessus. Blessé, il s'enfuit et en réchappe.

Après avoir vécu discrètement quelque temps en Allemagne, il revient en Sicile et organise la Vengeance. Et c'est une véritable guerre qui s'installe entre les deux maffias : Cosa Nostra et la Stidda. Il tuera ceux qui ont tués les siens. Une des rares personnes à savoir où il vit le donnera à la police.

« Je n'avais que vingt-sept ans, j'avais déjà dévoré mon existence. »

Arrêté, soumis à un sévère régime carcéral les seize premières années, il pourra ensuite accéder à des cours universitaires et sa découverte de la littérature et surtout de la philosophie va le transformer. C'est encouragé par son professeur de philosophie qu'il va écrire ses souvenirs.

Malerba de Giuseppe Grassonelli et Carmelo Sardo

.

Ce que j’en pense : C’est totalement par hasard en zappant sur ma TV que j’ai découvert l’existence de ce livre. J’y ai vu un homme incarcéré en Italie racontant comment une partie de sa famille avait été tué sous ses yeux par la mafia sicilienne (la fameuse « cosa nostra »), et comment il avait décidé de se venger en tuant tous ceux qui avaient un rapport de près ou de loin avec la tuerie familiale.

Un détail a cependant attiré mon attention : son discours contrastait complètement avec l’image qu’il renvoyait ! J’ai vu sur mon écran de télévision un homme élégant, souriant, avenant.. une image bien éloignée de celle d’un tueur  de la mafia ! Intriguée par une telle contradiction, je me suis immédiatement procuré son bouquin..

« Malerba » signifie « mauvaise herbe » en italien. Et mauvaise herbe, Giuseppe l’est depuis sa plus tendre enfance. A ce sujet, Giuseppe Grassonelli explique à quel point son enfance était vide : vide d’affection parentale, vide d’amusements d’enfants de son âge et vide de repères pour suivre le droit chemin. Il a alors trouvé la rue et est devenu un délinquant. L’ignorance l’a conduit à la rue et de l’ignorance est née la violence. 

Malerba de Giuseppe Grassonelli et Carmelo Sardo

.

Et la « mauvaise herbe » ne s’arrange pas en grandissant.. Giuseppe commet de petits délits, fréquente des voyous, gagne sa vie en trichant aux jeux, jusqu’à ce qu’un jour, il devienne un tueur pour la mafia. Ses meurtres vont le conduire directement à la case prison. Et comme il choisira de ne pas collaborer avec l’Etat (qu’il estime lié à la mafia), Giuseppe Grassonelli écopera de la peine la plus sévère : la perpétuité sans remise de peine et avec 22 heures d’isolement par jour.

Et de la prison, viendra la rédemption. En prison, Giuseppe devient un autre homme : il se met à lire et suit un programme d’éducation dispensé aux détenus. Il obtiendra deux diplômes de philosophie et de lettres.  C’est donc la connaissance qui a finalement sauvé cet homme et donné un sens à sa vie.

Et c’est sur ce point que son récit est réellement intéressant et totalement inédit à mes yeux. Cette autobiographie résonne comme un véritable message pour la jeunesse actuelle, elle aussi en perte de repères. Pour l’auteur, il n’existerait donc pas un « gêne du délinquant » : on ne nait pas délinquant, on le devient.

« Malerba », quoi qu’en en dise, fut une très belle lecture dans laquelle j’ai adoré me plonger ; tellement que j’ai eu l’impression de connaître Giuseppe, comme s’il avait été à mes côtés pendant mes lectures. Au final, on s’attacherait presque à cet homme, qui a pourtant plusieurs meurtres à son actif. A cela, Grassonelli répond : « Malerba n’efface pas mes crimes, il interroge surtout sur comment l’instruction peut combattre la violence » et conclut : « Mieux vaut manier la plume que le pistolet ».

Ma note : 3,75/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

Publié le par mademoisellechristelle

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

.

L’histoire : Dans une petite ville d'Alabama, à l'époque de la Grande Dépression, Atticus Finch élève seul ses deux enfants, Jem et Scout. Avocat intègre et rigoureux, il est commis d'office pour défendre un Noir accusé d'avoir violé une Blanche.

Ce bref résumé peut expliquer pourquoi ce livre, publié en 1960 – au cœur de la lutte pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis –, a connu un tel succès. Mais comment est-il devenu un livre culte dans le monde entier ?

C'est que, tout en situant son sujet en Alabama dans les années 1930, Harper Lee a écrit un roman universel sur l'enfance. Racontée par Scout avec beaucoup de drôlerie, cette histoire tient du conte, de la court story américaine et du roman initiatique.

Couronné par le prix Pulitzer en 1961, « Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur » s'est vendu à plus de 30 millions d'exemplaires dans le monde entier.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

.

Ce que j’en pense : ce roman est considéré comme un classique de la littérature américaine et son auteure a obtenu le prix Pulitzer en 1961. Il ne pouvait donc qu’attiser ma curiosité..

Et pourtant, j’ai été assez mitigée en le refermant.

Le roman tourne surtout autour du quotidien de deux frères et sœurs, Jem et Scout, âgés de douze et huit ans, avec d’interminables descriptions de la ville de Maycomb où ils vivent, de ses habitants, de leurs bêtises chez les voisins, et des prémices de leur adolescence.

Or, la partie la plus intéressante du roman, à savoir le procès de Tom Robinson, un homme noir injustement accusé du viol d’une femme blanche, ne dure que le temps de quelques  pages (50 pages sur 430 c’est peu et c’est frustrant !).

Mais pourquoi le sujet principal du roman occupe-t-il si peu de place ?

Pour pouvoir répondre à cette question, j’ai appliqué l’un des conseils qu’Atticus a donné à sa fille : je me suis mise à la place du narrateur, Scout.

Le monde est bien différent de celui des adultes, quand on est une petite fille de huit ans : « fais pas ci, fais pas ça », « tiens-toi droite », « tu es une jeune demoiselle maintenant ».  Son univers est donc à mille lieues de toutes les préoccupations des adultes : « doit-on condamner un homme du simple fait de sa couleur ? » « la parole des blancs a–t-elle plus de valeur que celles des noirs ?» « quelle est la place de chacun dans la société ? ».

C’est la raison pour laquelle je pense que le début est si long et pourquoi l’auteure a mis si longtemps à planter le décor.

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee

.

A huit ans, on ne comprend pas les enjeux d’une accusation de viol d’un homme noir envers une femme blanche en période de lutte pour les droits civiques des noirs. On ne comprend d’ailleurs pas ce qu’est un viol tout court. Aussi, l’auteure s’est-elle principalement attachée aux préoccupations et à la vision naïve de ces deux enfants. Le récit aurait certainement été différent (et beaucoup plus enrichissant) si Atticus, le père et avocat de Tom, l’aurait raconté. D’ailleurs, lorsque vient le temps du procès de Tom.. il est physiquement impossible de se détacher du livre !

J’ai trouvé ce roman extrêmement bien écrit car le lecteur entre véritablement dans l’univers des deux enfants et se sent comme un citoyen de Maycomb à part entière.

Les personnages sont très attachants et pleins d’humanité : Scout est naïve et espiègle à la fois, mais dotée d’une très grande maturité et vivacité d’esprit pour son âge. Son frère, Jem, est en pleine crise d’adolescence mais éprouve une profonde affection pour sa sœur. Quant à leur père, Atticus, il est un modèle de courage et d’intelligence pour ses enfants.

A mon sens, l’histoire et le message de tolérance de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » est intemporel. Il devrait figurer aux programmes scolaires d’aujourd’hui pour enfin proposer aux enfants des livres qui leur feraient aimer la lecture.

Pour la petite anecdote, et alors qu’il s’agissait de son seul roman publié, le second roman de Harper Lee, vient de sortir aux Etats-Unis. Ce livre serait une suite de « Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » dans laquelle on retrouverait notamment Scout des années plus tard. Affaire à suivre lire..

Ma note : 3,5/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Plonger de Christophe Ono-dit-Biot

Publié le par mademoisellechristelle

Plonger de Christophe Ono-dit-Biot

.

L’histoire : « Ils l’ont retrouvée comme ça. Nue et morte. Sur la plage d’un pays arabe. Avec le sel qui faisait des cristaux sur sa peau. Une provocation. Une invocation. À écrire ce livre, pour toi, mon fils. »

Un homme enquête sur la femme qu’il a passionnément aimée. Elle est partie il y a plusieurs mois, pour une destination inconnue, le laissant seul avec leur petit garçon. Quand le roman s’ouvre, on l’appelle pour lui dire qu’on l’a retrouvée morte, sur une plage, près des vagues, vraisemblablement noyée, dans un pays lointain au paysage minéral qui pourrait être l’Arabie.

Elle était artiste, elle s’appelait Paz. Elle était solaire, inquiète, incroyablement douée. Elle étouffait en Europe.

Pour son fils, à qui il doit la vérité sur sa mère, il remonte le fil de leur amour - leur rencontre, les débuts puis l’ascension de Paz dans le monde de l’art, la naissance de l’enfant – et essaie d’élucider les raisons qui ont précipité sa fin.

Plonger de Christophe Ono-dit-Biot

.

Ce que j’en pense : voilà encore la preuve qu’un roman primé n’est pas forcément un gage de qualité. En l’occurrence, le roman de Christophe Ono-dit-Bio a été récompensé par l’Académie française elle-même.

« Plonger » raconte le naufrage d’un couple, César et Paz, qui n’ont rien à voir l’un avec l’autre.

Lui, est un journaliste quadragénaire plutôt en vogue (comme l’auteur). Traumatisé par ses reportages dans le monde (le tsunami en Thaïlande et la guerre au Liban au cours de laquelle il sera retenu comme otage), il se dit avoir tout vu et tout vécu. Du coup, il se reconvertit dans la culture et c’est à cette occasion qu’il va rencontrer Paz, dont il va tomber fou amoureux.

Elle, est une talentueuse photographe espagnole au caractère volcanique ; elle est aussi impulsive et insouciante. Paz préfère la compagnie des requins à celle des humains (?!) ; elle a l'impression d'étouffer en Europe et veut parcourir le monde, au grand désespoir de César.

Ils vont avoir un fils, Hector, qui comble de joie son père et sera délaissé par sa mère. C’est à lui que s’adresse le narrateur.

Plonger de Christophe Ono-dit-Biot

.

Ce qui est étouffant en réalité, c’est cette histoire d’amour qui prend toute la place dans le roman et qui, soyons francs, n’a pas grand intérêt. En tant que lecteur, on n’en ressort ni grandi, ni épanoui.

Le narrateur est détestable : une espèce chiffe molle, un pauvre type qui se croit omniscient mais qui ne comprend rien à mon sens. De plus, le livre accumule les clichés. J’ai particulièrement apprécié celui des femmes qui cuisinent parce que ce sont des « femmes qui aiment » (pendant que Monsieur se gratte tranquillement, tout en ayant les pieds sous la table).

Et quant au style, je le trouvais sophistiqué et poétique au début. Puis il a fini par m’agacer, au point que je le trouvais pédant à la fin. Le récit est plein de lourdeurs, de descriptions inutiles et interminables.. bref, on s’ennuie ! Le rythme s’accélère un peu à la fin, mais il est déjà trop tard : la magie n’a pas pris.

Vous l’avez sans doute compris, « Plonger » est une vraie déception pour moi.. la baignade est donc déconseillée..

 

Ma note : 1/5

 

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

La saga des Médicis : Le lys de Florence (tome 2) de Sarah Frydman

Publié le par mademoisellechristelle

La saga des Médicis : Le lys de Florence (tome 2) de Sarah Frydman

.

L’histoire : Les Médicis, après leur exil à Venise, reviennent à Florence dans la liesse populaire. Cosimo, mécène libéral et généreux, est aussi un politicien et un marchand redoutable dont les alliances sont déjà internationales. Il nomme les papes, déjoue les intrigues, décide des mariages, accroît son pouvoir et agit en maître absolu.

Face à lui, la jeune Lucrezia, le « lys de Florence », fille d’un aristocrate allié des Médicis, rêve d’amour, de bonheur et de liberté. Quel peut être le destin d’une femme, jeune, belle, intelligente et cultivée dans une cité en plein essor où le fracas des armes et des alliances politiques couvre celui des cœurs et des idéaux les plus purs ?

Après Contessina, Le Lys de Florence poursuit la saga des Médicis, tout particulièrement celle des femmes qui furent le pilier et l’âme de leur entreprise et auxquelles Sarah Frydman rend justice avec autant de talent que de passion.

La saga des Médicis : Le lys de Florence (tome 2) de Sarah Frydman

.

Ce que j’en pense : Le tome 1 de la saga de Sarah Frydman m’ayant laissé un très bon souvenir, j’avais très envie de découvrir le tome 2. Et ce tome, à mon sens, surpasse le premier..

Sarah Frydman utilise toujours le principe de l’histoire romancée. Le roman est agréable à lire car il est plein de rebondissements qui donnent envie de tourner les pages sans cesse. Là encore, je ne pourrai affirmer si les faits racontés dans le roman sont fiction ou vérité, mais le lecteur est très vite happé et accroché aux personnages.

Pour ma part, j’ai adoré le personnage de Lucrezia. C’est une femme libre, intelligente, qui aime se cultiver, mais surtout, c’est un caractère passionné. Lucrézia s’intéresse beaucoup à la géopolitique et elle aurait sans doute fait carrière si son époque ne la cantonnait pas à un rôle de femme au foyer.

Elle rêvait de vivre son amour au grand jour avec le Comte Vernio. Mais son père lui imposera un mariage avec Piero de Médicis, qu’elle n’aimera jamais. Malgré les interdictions, Lucrezia prendra des risques insensés pour se retrouver dans les bras de l’homme qu’elle aime. Soyons honnête.. La réalité historique n’a peut-être pas été aussi romanesque mais mon côté fleur bleue a quand même envie d’y croire !

Avec ce tome 2, la saga de Sarah Frydman prend clairement un tournant féministe et le lecteur comprend que le tome 3 tournera certainement autour d’une femme forte, ayant bâti l’histoire des Médicis.

Si la saga des Médicis est sur une pente ascendante.. vivement la suite !

Ma note : 3,75/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Le sourire des femmes de Nicolas Barreau

Publié le par mademoisellechristelle

Le sourire des femmes de Nicolas Barreau

.

Ce que dit la quatrième couv’ : Le hasard n’existe pas ! Aurélie, jeune propriétaire d’un restaurant parisien, en est convaincue depuis qu’un roman lui a redonné goût à la vie après un chagrin d’amour. A sa grande surprise, l’héroïne du livre lui ressemble comme deux gouttes d’eau. Intriguée, elle décide d’entrer en contact avec l’auteur, un énigmatique collectionneur de voitures anciennes qui vit reclus dans son cottage. Qu’à cela ne tienne, elle est déterminée à faire sa connaissance. Mais l’éditeur du romancier ne va pas lui faciliter la tâche…

Au sein d’un Paris pittoresque et gourmet, le Sourire des femmes nous offre une comédie romantique moderne, non sans un zeste de magie et d’enchantement.

Le sourire des femmes de Nicolas Barreau

.

Ce que j’en pense : Il y a certaines périodes dans la vie où l’on a besoin de se remonter le moral et de croire à nouveau en l’amour. Eh bien, ce livre est idéal pour ce genre de périodes !

Ne nous mentons pas, Le Sourire des femmes est loin d’être le roman philosophique de l’année… mais ce n’est pas non plus ce qu’on lui demande ! L’histoire y est légère et divertissante et il ne faut y chercher ni nuances ni profondeur.

J’ai d’ailleurs eu l’impression de lire l’histoire d’une comédie cucul romantique à l’américaine avec son happy ending couru d’avance.

A mon sens, ce livre a été écrit pour des étrangers cherchant à lire des romans dont l’histoire se déroule à Paris. 

 

Le sourire des femmes de Nicolas Barreau

.

Tout d’abord, les prénoms des personnages sont clichés à souhait et ne sont plus utilisés depuis à peu près un demi-siècle : Bernadette la bonne copine, Claude l’ex cruel, Jacques le cuisinier, Suzie la serveuse et André l’amoureux transi..

Ensuite, le Paris décrit par Nicolas Barreau (et puis.. est-ce vraiment lui ou un pseudonyme ? cf. l’histoire du roman) ne montre que le côté romantique et édulcoré de la ville sans en montrer jamais la réalité.

« J’étais si heureuse, il y a quatre ans, lorsque j’avais trouvé mon appartement dans ce petit quartier vivant qui s’étend au-delà de la grande artère, jusqu’à la rive de la Seine ! J’apprécie ses ruelles et ses rues tortueuses, ses étals de légumes, d’huitres et de fleurs, ses cafés et ses commerces. J’habite au troisième étage, dans un vieil immeuble sans ascenseur, aux escaliers de pierre usés. » 

Il a juste oublié de préciser que les légumes, les huitres et les fleurs sont hors de prix, qu’on peut se faire voler son téléphone portable dans les rues tortueuses et qu’il est impossible de monter ses packs d’eau quand on vit seule au troisième sans ascenseur !

Les personnages sont ce qu’on attend d’eux. Aurélie est une jeune femme blonde aux cheveux longs et bouclés, portant des robes de toutes les couleurs, souvent aves petits pois. Elle reste ce personnage un peu niais, déçu par l’amour mais une éternelle optimiste. André, quant à lui, est un vieux garçon célibataire depuis des années au grand désespoir de sa maman. Peu habitué à avoir une vie sociale, il est plutôt maladroit dans sa manière d’aborder les relations amoureuses mais il reste pétri de bons sentiments dans le fond.

Le style de l’auteur est agréable sans être extraordinaire et j’ai beaucoup aimé la double narration. Une petite mention spéciale pour les recettes en fin de livre que j’ai trouvées particulièrement originales !

Vous l’aurez compris, Le Sourire des femmes est un roman divertissant, sans grand rebondissement qui s’adresse à la jeune fille romantique et fleur bleue qui sommeille en vous.

 

Ma note : 2,75/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

Publié le par mademoisellechristelle

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

.

Ce que dit la quatrième de couv : Une femme rencontre un homme. Coup de foudre. L’homme est noir, la femme est blanche Et alors ?

Ce que j’en pense : Je tenais tout d’abord à remercier les éditions folio qui m’ont permis de découvrir ce roman de Marie Darrieussecq.

Le titre du roman est tiré d'une phrase de Marguerite Duras qui sert d'exergue : « il faut beaucoup aimer les Hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter. »

En lisant la quatrième de couv’, je m’attendais à lire un roman faisant état de la perception des couples mixtes de nos jours (un noir, une blanche, et alors ?) et du racisme auquel ils peuvent être confrontés, avec la petite morale qui va bien à la fin de l’histoire.

Et pourtant,  j’ai eu l’impression que ce thème promis par le roman n’est passé qu’au second plan..

Ce qui m’a frappé de plein fouet, c’est la goujaterie de cet homme Kouhouesso, et la dévotion totale que lui voue Solange, le personnage féminin du roman.

L’histoire se déroule aux Etats-Unis. Solange est une actrice française qui tourne avec les étoiles d’Hollywood. Kouhouesso est un acteur canadien d’origine camerounaise qui souhaite se lancer dans la réalisation d’un film adapté de « au cœur des ténèbres » de Conrad, sur place, au Congo (http://fr.wikipedia.org/wiki/Au_c%C5%93ur_des_t%C3%A9n%C3%A8bres).

Ils se rencontrent lors d’une soirée chez George (Clooney ?). Entre eux, c’est électrique, une attirance quasi animale. Pour Solange, c’est évident : ils finiront la nuit ensemble. Et pourtant, la passion va bientôt virer au cauchemar (pour Solange).

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

.

Elle, lui voue un amour total et inconditionnel. Elle l’aime et l’adore sans compter, quitte à la faire passer au second plan. Lui, est obsédé par la production de son film et ne porte que peu d’attention à Solange. Il ne lui donne que peu de nouvelles et ne semble pas vouloir occuper la place qu’elle lui a réservée dans sa vie.

« Kouhouesso se réveillait. Disait hey, d’un air toujours un peu surpris. Se frottait les yeux du plat des paumes. Se levait pour pisser. Elle restait là, le cœur battant ».

C’est dire si Solange lui vouait un culte, à son Kouhouesso ! C’est dire aussi si la citation de Marguerite Duras prend tout son sens : « il faut beaucoup aimer les Hommes. Beaucoup, beaucoup. Beaucoup les aimer pour les aimer. Sans cela, ce n'est pas possible, on ne peut pas les supporter ».

Le caractère individualiste de Kouhouesso représente à mon sens une métaphore sur l’image que l’on se fait de l’Afrique : une beauté sauvage, énigmatique, et insaisissable.

Malgré cela, Solange sera prête à tout pour lui et le suivra jusqu’au bout du monde pour réaliser son projet. Et une fois sur place, au Cameroun (tournage impossible au Congo), elle va passer son temps à l’attendre.. Assise sur sa chaise, elle attend.. Lui l’ignore, encore et toujours.. Le paroxysme de sa goujaterie se situant à la fin du roman.

Il faut beaucoup aimer les hommes, de Marie Darrieussecq

.

Si j’ai beaucoup aimé l’histoire et les thèmes abordés par le roman, j’ai eu un peu plus de mal avec l’écriture de Marie Darrieussecq. J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le roman, notamment à cause de nombreuses lenteurs et des descriptions interminables qui n’apportaient pas forcément grand-chose au récit. J’aurais aimé retrouvé la passion existante entre Kouhouesso et Solange dans l’écriture de l’auteure. Alors, ce roman aurait été une vraie réussite..

Le personnage de Solange m’a beaucoup plu et je me suis vraiment attachée à cette femme entière et qui aime sans compter au détriment d’elle-même.

Il faut donc beaucoup l’aimer, Kouhouesso, vraiment beaucoup. Sans cela, ce n’est pas possible, une femme ne pourrait pas le supporter..

Ma note : 2,5/5

Partager cet article
Repost0

<< < 10 20 21 22 23 24 25 26 27 28 > >>

Archives