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Douze de Dot Pierson

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv' : La vie et le parcours sexuel d'une femme en douze rencontres et situations qui n'ont rien de commun. Douze moments sur le chemin de l'épanouissement et de la découverte de soi, dans la mouvance de la sexualité positive et de l'érotisme au féminin. La musique rythme ses désirs, ses dilemmes et ses ébats. Des amant(e)s, des amours, comme autant de chansons qu’on attache à des souvenirs, qu’on réécoutera peut-être. Douze parle de l’intime et de la jouissance : où et comment ça se forme, ça se construit, ça se joue, ça se déploie. Une parole crue, sensuelle et décomplexée sur la manière de s’approprier le corps : le sien comme celui des autres. Un jalon du féminisme pop !

Il est 16h54, seul le bruit des gouttes qui s’échappent du robinet de la cuisine de notre appartement trompe le silence. Je ne peux m’empêcher s’accompagner l’éclat délicat de l’eau qui atterrit sur l’inox du clapotis des touches de mon ordinateur que j’enfonce à toute vitesse. Je passe en revue les draps dans lesquels je me suis couchée et j’ai envie de parler des premiers linges.

 Ce que j’en pense : âmes sensibles s’abstenir, nous allons parler d’érotisme… mais pas que.

Douze est une autofiction qui raconte la vie sexuelle d’une jeune femme en douze rencontres avec douze hommes différents. Douze rencontres à travers lesquelles l’auteure nous parle de la découverte de son corps, du désir, de l’intimité et de la jouissance féminine.

Dot Pierson libère la parole et parle de sexualité sans tabous. Mais quand on parle de sexualité, on ne parle pas forcément de sexe, on parle aussi du rapport à soi, de l'estime qu'on se porte, de la relation avec son corps, de la relation à l'autre. J'y ai même trouvé un peu de fragilité.

Le ton est assez cru, ça ne va pas plaire à tout le monde, ça va même déranger, mais qu’importe : ça me plait ! Et surtout, je trouve que ce récit est résolument féministe : celui d’une femme libre, libérée, qui n’a pas honte de son plaisir, qui l’assume aux yeux de tous : une femme vraie. Et une sacrément culottée, même ;) Bravo !

 

Ma note : 3/5

Publié dans Littérature

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Les gens heureux lisent et boivent du café d'Agnès Martin-Lugand

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv' : Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Égarée dans les limbes du souvenir, elle ne retrouve plus le chemin de l’existence. C’est peut-être en foulant la terre d’Irlande, où elle s’exile, qu’elle apercevra la lumière au bout du tunnel.

L’histoire de Diane nous fait passer par toutes les émotions. Impossible de rester insensible au parcours dramatique, tantôt drôle de cette jeune femme à qui la vie a tout donné puis tout repris, et qui n’a d’autre choix que de faire avec.

- Maman, s’il te plait ?
- Clara, j’ai dit non
- Allez, Diane. Laisse-la venir avec moi.
- Colin, ne me prends pas pour une imbécile. Si Clara vient avec toi, vous allez traîner, et on partira en vacances avec trois jours de retard.

Ce que j’en pense : « Ils étaient partis en chahutant dans l’escalier. […] J’avais appris qu’ils faisaient encore les pitres dans la voiture, au moment où le camion les avait percutés. Je m’étais dit qu’ils étaient morts en riant. Je m’étais dit que j’aurais voulu être avec eux ».

C’est sur ces mots qui vous brisent le cœur que commence l’histoire de Diane. Diane a perdu brusquement son mari et sa fille dans un accident de voiture. Dès lors, tout se fige en elle, à l’exception de son cœur, qui continue de battre. Obstinément. Douloureusement. Inutilement. Heureusement, elle peut compter sur le soutien sans faille de son ami Félix, l’associé de son café littéraire : « Les gens heureux lisent et boivent du café ».

Plongée dans les ténèbres, elle sent que c’est seule, qu’elle doit parcourir le chemin qui la mènera vers la reconstruction. Pour cela, elle décide de s’exiler dans un village perdu en Irlande. La lumière sera-t-elle enfin au bout du tunnel ?

En littérature comme dans la vie, il y a un temps pour tout. Un temps pour les livres qui vous retournent le ventre, un temps pour les livres qui vous font du bien. Et là, clairement, j’avais besoin d’un livre qui fait du bien. Je me suis donc naturellement tournée vers ce roman d’Agnès Martin-Lugand, et je n’ai pas été déçue !

Certes l’histoire est prévisible, certes les personnages sont un peu cliché… mais parfois, on en a besoin, non ? On a besoin de croire que même dans les moments les plus sombres, il y a toujours un petit peu d’espoir. On a besoin de croire que même quand on est au fond du trou, il y a toujours une petite lueur quelque part… à condition bien évidemment de se battre pour remonter à la surface…

Ma note : 3/5

Publié dans Littérature

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Mille femmes blanches de Jim Fergus

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv' : En 1874, à Washington, le président Grant accepte la proposition incroyable du chef indien Little Wolf : troquer mille femmes blanches contre chevaux et bisons pour favoriser l'intégration du peuple indien. Si quelques femmes se portent volontaires, la plupart viennent en réalité des pénitenciers et des asiles... l'une d'elles, May Dodd, apprend sa nouvelle vie de squaw et les rites des Indiens. Mariée à un puissant guerrier, elle découvre les combats violents entre tribus et les ravages provoqués par l'alcool. Aux côtés de femmes de toutes origines, elle assiste à l'agonie de son peuple d'adoption...

Au cas où ils ne me reverraient jamais, moi leur mère qui les aime, je rédige ce journal afin de conserver mon témoignage pour mes chers enfants Hortense et William, qu’ils puissent tout savoir de mon internement injuste, de mon évasion hors de l’enfer, et de ce que ces pages encore blanches leur révèleront un jour sur mon avenir…

Ce que j’en pense : La saga des Mille femmes blanches fait partie de ces incontournables de la littérature contemporaine que tout le monde a lu... sauf moi ! Et comme parfois, je suis un mouton : j'ai décidé de faire comme tout le monde :)

"Mille femmes blanches" s'inspire d'un fait réel qui s'est déroulé au 19ème siècle aux Etats-Unis. Désireux de retrouver la paix, le chef indien Little Wolf décide de se rendre à Washington afin de négocier avec le Président Grant le troc de mille femmes blanches contre des chevaux et bisons. Ces femmes blanches devront épouser des indiens de la tribu et enfanter, afin d'assurer la descendance du peuple Cheyenne, lourdement décimé jusqu'ici.

Le Président Grant y voit quant à lui un moyen d'"éduquer" ceux que l'on nommait à l'époque les "sauvages"en leur enseignant les us et coutumes des gens civilisés. Si les indiens ont prévu pour cet échange des chevaux pur-sang, les américains sont allés chercher des femmes dans les hôpitaux psychiatriques.

Et pour nous raconter cette histoire, Jim Fergus a imaginé le journal de l'une ces femmes, May Dodd, la femme du chef Little Wolf.

Bon, je sens que je ne vais pas me faire des amis mais contrairement à beaucoup de lecteurs... ce livre ne fut pas un coup de cœur pour moi. Pourtant, le postulat de départ était vraiment très bon. J'ai eu du mal à rentrer dans l'histoire, m'attacher aux personnages et à m'indigner face à l'un des plus cruels génocide que l'humanité ait connu.

Le style est très descriptif, c'est un peu comme si j'étais restée à l'extérieur de l'histoire. De plus, je me suis souvent mélangée les pinceaux avec les nombreux noms indiens et j'ai dû faire plusieurs retour en arrière pour comprendre de qui on parlait et bien reprendre le fil de l'histoire. Et avec un pavé de 500 pages, c'est long de faire plusieurs aller-retour !

Vu que je n'ai pas été conquise par ce premier tome, je ne sais pas si je vais lire le second... Avez-vous lu toute la saga ? L'avez-vous aimée ?

 

Ma note : 2/5

 

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Sortez-moi de là ! de Sonia Dagotor

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : sortez-moi de là ! est le sixième roman de Sonia Dagotor. Mise en bouche : Je me prénomme Madeleine. Je sais, c'est un prénom d'une autre époque et encore, vous ne savez pas tout ! Je viens de perdre ma mère avec qui je vivais dans notre maison en Auvergne. Ma mère a toujours décidé pour moi, mais rassurez-vous, je ne lui en veux pas. Même après sa mort, elle me commande encore. Sa dernière trouvaille, m'envoyer à Paris ! Pour une nana qui n'a jamais quitté son village natal, c'est une petite révolution. Mais je suis prête. Il était temps de me sortir de là. Je vous emmène avec moi ? La recette de Sortez-moi de là : Une bonne dose d'humour, une pincée de piment, du sucre, du sel, un zeste d'émotion et beaucoup de folie.

Maman est morte. Maintenant, je suis orpheline. Avant, je n’étais pas seule mais c’était tout comme. Nous n’étions pas toujours d’accord toutes les deux, c’est un euphémisme ! Mais elle est partie trop vite. Je n’ai rien vu venir. Et surtout, je n’ai pas su lui dire que je l’aimais. Elle non plus, d’ailleurs. Les mots doux, les gentillesses, les câlins, ce n’était pas notre fort, dans la famille.

Ce que j’en pense : voilà un roman drôle et rafraichissant, parfait pour cette saison !

Madeleine (ou Maddie pour les intimes) est une vieille fille de 35 ans habitant dans un coin paumé en province et qui vient de se retrouver orpheline de père et mère. A sa grande surprise, sa mère lui lègue un appartement à Paris dont elle ignorait l’existence.

C’est donc pleine d’entrain et de curiosité que Madeleine décide de quitter son village pour la première fois de sa vie et de se rendre à Paris afin de découvrir son nouvel appartement et la capitale. Et elle n’a aucune idée des folles aventures qui l’attendront une fois arrivée sur place !

J’ai passé un très bon moment avec Madeleine qui est un personnage spontané, attendrissant… et qui a le don de se mettre dans des situations les plus loufoques les unes des autres ! Madeleine, c’est un peu comme une Bridget Jones made in Auvergne … « Sortez-moi de là ! » est un roman feel-good comme on les aime, qui fait du bien, vous redonne le sourire et envie de croire à la vie et au bonheur.

A déguster en terrasse accompagné d’un mojito et c’est parfait !

 

Ma note : 3/5

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Histoire naturelle de Nina Léger

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv' : « Sa beauté ne tenait qu’à un fil, elle n’était pas une force, mais un accident, un heureux hasard, le contentement d’une femme qui se sait aimée et frémit de joie à l’idée de regagner chaque soir son petit monde de tendresse poudrée. » Saint-Mares, ville sans histoire. Saint-Mares, ses commerces, ses cancans et sa bibliothèque municipale où la narratrice travaille depuis des années sans ambition ni déplaisir. Jusqu’à ce jour de mai où surgit Carole Valleski. La peau comme une banquise, de longs cheveux bruns, le regard noir. Envoyée par le Muséum national d’Histoire naturelle, elle vient s’occuper de la phonothèque léguée par feu-Monsieur le maire, un passionné de la faune savanienne qui sut capter pêle-mêle le ronflement du phacochère, la course de l’antilope et le bruissement du python royal. Mais, sous ce vernis de comédie, une relation destructrice se noue entre la narratrice et la nouvelle venue. Emportée dans une spirale dévorante, la narratrice s’emballe jusqu’au vertige, transformant la paisible bibliothèque en théâtre de fureur. Sentiments ordinaires et passions extravagantes: jusqu’où peut-on prendre à l’autre ce que l’on ne possède pas soi-même? Entre conte cruel et fantaisie réaliste, Histoire naturelle explore avec brio le thème du miroir et de l’identité.


Les ongles crissent. Elle se sent importante. Les ongles brillent, rouges, bombés. La pièce s’y reflète et s’y courbe. Les ongles crissent sur le bracelet montre : elle enlève une trace, gratte nerveusement. Elle doit être impeccable, elle doit être propre, elle doit être nette, belle, droite, ferme, parfaite.

Ce que j'en pense : des femmes jalouses d’autres femmes, vous en connaissez ? Elles sont parfois vos voisines, parfois vos amies ou encore parfois vos collègues de travail.

Mais attention, je ne vous parle pas de la jalousie du dictionnaire… non, non, non ! Ce dont il est question ici, c’est une jalousie obsessionnelle, un sentiment secret, qui envahit sournoisement l’esprit et en occupe les moindres petits recoins…

… Jusqu’à vouloir voler à l’autre ce qu’on ne possède pas et devenir l’objet de convoitise lui-même…

Saint-Mares, une petite ville de province sans histoires. C’est là que vit et travaille la protagoniste. Elle occupe un poste de bibliothécaire sans passion, ni dégoût. Son quotidien insipide va se voir bouleversé à l’arrivée de sa nouvelle collègue : Carole Valleski.

Carole est belle une brune plantureuse au regard noir, aux ongles rouges vifs, à la peau couleur banquise prête à conquérir le monde perchée sur ses hauts talons. Elle arrive spécialement de Paris afin de s’occuper de la phonothèque léguée par feu-Monsieur le maire, un passionné de la faune savanienne.

Entre les deux femmes va se nouer une relation destructrice. La narratrice sera obnubilée par sa nouvelle collègue dont elle va traquer les moindres faits et gestes, transformant la paisible bibliothèque de Saint-Mares en théâtre de sa fureur…

"Histoire naturelle" est une histoire redoutablement efficace sur le thème de la jalousie et de l'identité. Une chose m'a cependant manqué : j'aurais bien aimé pouvoir en parallèle lire l'histoire du point de vue de Carole...

Ma note : 3/5

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L'empathie d'Antoine Renand

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Vous ne dormirez plus jamais la fenêtre ouverte. " Il resta plus d'une heure debout, immobile, face au lit du couple. Il toisait la jeune femme qui dormait nue, sa hanche découverte. Puis il examina l'homme à ses côtés. Sa grande idée lui vint ici, comme une évidence ; comme les pièces d'un puzzle qu'il avait sous les yeux depuis des années et qu'il parvenait enfi n à assembler. On en parlerait. Une apothéose. " Cet homme, c'est Alpha. Un bloc de haine incandescent qui peu à peu découvre le sens de sa vie : violer et torturer, selon un mode opératoire inédit. Face à lui, Anthony Rauch et Marion Mesny, capitaines au sein du 2e district de police judiciaire, la " brigade du viol ". Dans un Paris transformé en terrain de chasse, ces trois guerriers détruits par leur passé se guettent et se poursuivent. Aucun ne sortira vraiment vainqueur, car pour gagner il faudrait rouvrir ses plaies et livrer ses secrets. Un premier roman qui vous laissera hagard et sans voix par sa puissance et son humanité.

Il avait commencé par s’introduire dans des maisons. Pas pour voler. Non qu’il fût opposé à cette idée, car il n’hésitait jamais à dérober un objet de valeur ou qu’il trouvait à son goût si une opportunité se présentait. Mais à cette époque il gagnait relativement bien sa vie, la navigation lui offrant un revenu suffisant au vu de ses très modestes besoins.

Ce que j'en pense : Sombre. C’est le premier mot qui me vient à l’esprit. Intelligent, c’est le second mot.

Imaginez un homme qui s’introduit dans le domicile de jeunes femmes par leur fenêtre après avoir escaladé la façade de l’immeuble. Une fois sur place, cet homme viole et torture la jeune femme sous les yeux impuissants de son compagnon préalablement neutralisé… Et non seulement l’homme échappe à la police mais pire encore, il y prend goût…

Honnêtement, ayant lu cette histoire toute seule chez moi, je peux vous assurer que j’ai difficilement fermé les deux yeux la nuit ! Ce livre me laissera des traces pendant longtemps.

La plume de l’auteur est tellement réaliste que j’avais l’impression de voir défiler les images sous mes yeux et c’était hyper flippant !

La psychologie des personnages est extrêmement bien travaillée. Vraiment j’ai trouvé Antoine Renand brillant sur ce point. Car dans cette histoire, le violeur en série n’est pas le seul à avoir un passé trouble. En effet, un peu à la manière des poupées russes, on va découvrir que beaucoup de personnages du roman ont des choses à cacher et que, parfois, un même secret peut en cacher un autre et ainsi de suite…

Côté lecteur, on se sent un peu « voyeur » à entrer avec cet individu dans l’intimité des gens et à le voir les déposséder de leur intimité. Mais l’histoire étant terriblement addictive, on ne peut s’empêcher de dévorer les pages pour connaitre le fin mot de l’histoire !

Et le titre « L’empathie »… Peut-on réellement avoir de l’empathie pour celui qui fait du mal ? La question est ouvertement posée et la réponse nous renvoie à mon sens à notre propre humanité…

Ma note : 3,75/5

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Les victorieuses de Lætitia Colombani

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv' : A 40 ans, Solène a tout sacrifié à sa carrière d'avocate : ses rêves, ses amis, ses amours. Un jour, elle craque, s'effondre. C'est la dépression, le burn-out. Tandis qu'elle cherche à remonter la pente, son psychiatre l'oriente vers le bénévolat : sortez de vous-même, tournez-vous vers les autres, lui dit-il. Peu convaincue, Solène répond pourtant à une petite annonce : " association cherche volontaire pour mission d'écrivain public ".

Elle déchante lorsqu'elle est envoyée dans un foyer pour femmes en difficultés... Dans le hall de l'immense Palais de la Femme où elle pose son ordinateur, elle se sent perdue. Loin de l'accueillir à bras ouverts, les résidentes se montrent distantes, insaisissables. A la faveur d'un cours de Zumba, d'une lettre à la Reine d'Angleterre ou d'une tasse de thé à la menthe, Solène va découvrir des femmes aux parcours singuliers, issues de toutes les traditions, venant du monde entier.

Auprès de Binta, Sumeya, Cynthia, Iris, Salma, Viviane, La Renée et les autres, elle va se révéler étonnamment vivante, et comprendre le sens de sa vocation : l'écriture. Près d'un siècle plus tôt, Blanche Peyron a un combat. Capitaine de l'Armée de Salut, elle rêve d'offrir un toit à toutes les femmes exclues de la société. Sa bataille porte un nom : le Palais de la Femme. Le Palais de la Femme existe.

Tout s’est passé en un éclair. Solène sortait de la salle d’audience avec Arthur Saint-Clair. Elle s’apprêtait à lui dire qu’elle ne comprenait pas la décision du juge à son encontre, ni la sévérité dont il venait de témoigner. Elle n’en a pas eu le temps.
Saint-Clair s’est élancé vers le garde-corps en verre et l’a enjambé.
Il a sauté de la coursive du sixième étage du palais.

Ce que j'en pense : Bouleversant. Lumineux. Inspirant. Ce livre a été un vrai coup de cœur ! Après « La tresse », j’avais hâte de retrouver la plume de Laëtitia Colombani. Et je n’ai absolument pas été déçue !

« Les victorieuses » c'est avant tout une histoire de femmes : des femmes battantes malgré le malheur qui vient les frapper en pleine face, des femmes conquérantes qui choisissent de reprendre leur destin en main, des guerrières abîmées par l’existence mais qui tiennent bon. Elles viennent toutes d’horizons différents mais sont unies par un trait commun : ce sont des victorieuses.

« Les victorieuses », c'est d'abord l'histoire de Solène, une avocate de 40 ans qui voit sa vie basculer le jour où son client se suicide devant ses yeux suite à un mauvais jugement. Solène s’effondre et son médecin prononcera alors deux mots : burn out. « Faites du bénévolat, tournez-vous vers les autres », lui conseille-t-il.

Sauver les autres pour se sauver elle-même ? Solène n’est pas vraiment convaincue. A contrecœur, elle répond à une annonce pour devenir écrivain public bénévole au sein du Palais de la femme, un foyer pour femmes en situation de précarité.

La précarité, Solène ne l’a jamais côtoyée, elle qui vient d’une famille plutôt aisée. Ce nouvel environnement la déstabilise et elle ne sait pas comment se comporter au milieu de ces femmes qui ont des histoires de vie parfois si douloureuses.

Puis, à coups de confidences autour d'un thé à la menthe, de cours de zumba ou d'une lettre à la reine d'Angleterre, Solène va finalement s’attacher à ses femmes issues de toutes les traditions du monde entier.

C’est un magnifique portrait de femmes que nous offre Laëtitia Colombani qui m’a énormément touchée et émue aux larmes. Le livre n’est pas épais mais je trouve que tout est dit. Et d’un point de vue plus personnel, l’histoire de Solène m’a particulièrement remuée car elle fait écho à ma propre histoire. Eh oui, Solène et moi, on a affronté les mêmes combats : le burn out, l’épuisement, le copain qui vous quitte juste à ce moment, et la reconstruction auprès des plus démunis.

« Les victorieuses », c'est aussi l'histoire de Blanche Peyron, qui a vécu dans les années 1920 et qui a fondé le Palais de la femme. Je remercie vivement Laëtitia Colombani, d'avoir mis en lumière cette femme qui a été oubliée par l'Histoire ; tout comme le Palais de la femme, qui existe vraiment, dont j'ignorais l'existence, et qui se situe rue de Charonne à Paris.

Un roman à mettre entre toutes les mains des femmes voire même des jeunes femmes !

 

Ma note : 4,75/5

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Des mots par la fenêtre

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv' : Lettres, poèmes, nouvelles, exercices libres... Nos auteurs ont eu carte blanche pour imaginer, et proposer, pendant cette période de confinement, des textes inédits inspirés par la liberté, l'évasion, l'espoir, et la solidarité.

 

Ce que j'en pense : 64 auteurs, 64 textes, un sujet : l’évasion…

A travers cet exercice de style, 64 auteurs au style complètement différent ont voulu décliner à leur façon le thème de l’évasion dans un texte en format court. Lettres, poèmes, nouvelles, exercices libres... Il y en a pour tous les goûts. Mais qui dit « évasion » dit aussi « enferment ». En effet, l’idée même d’évasion ne suggère-t-elle pas que l’on est enfermé, voire confiné quelque part ? Un sujet d’actualité brûlant…

Ainsi, parmi les nouvelles de ce recueil, vous pourrez y lire l’histoire du dauphin enfermé dans son aquarium et qui rêve d’évasion, l’histoire de l’astronaute confinée dans sa fusée et qui rêve de toucher terre ou encore l’histoire de la petite fille qui se sent prisonnière dans une colonie de vacances et qui rêve de revoir sa famille. D’autres personnages sont également enfermés dans le passé ou dans une culture à laquelle ils rêvent d’échapper…

« Des mots par la fenêtre » m’a permis de retrouver des auteurs « chouchou » comme Michel Bussi, Caroline Laurent, Serena Guiliano etc… Mais cela m’a également permis d’en découvrir d’autres dont j’avais entendu parler, que je n’avais pas lus jusqu’ici, et que je lirai certainement à l’avenir.

Ce qui m’a séduit avec ce projet, c’est l’idée de décliner un thème sous différentes formes et de raconter une histoire différente à chaque fois. Car pour moi, un auteur est d’abord un « raconteur d’histoire » et cette histoire, elle va nous emmener loin, nous évader de notre quotidien : c’est là tout le plaisir de lire.  Et les 64 auteurs du recueil ont tous une histoire à raconter, croyez-moi… Lisez-les !

Ps : il faut savoir que les bénéfices du livre seront reversés à la fondation des hôpitaux de Paris

 

Ma note : 3/5

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Hanna de Laurence Peyrin

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Pour oublier les périls qu’a surmontés son couple, Hanna a quitté l’Irlande et ouvert à New-York une librairie/salon de thé dont le succès n’est qu’au début. Mais si l’avenir semble son unique préoccupation, c’est le passé qui hante Hanna. Eleanor, d’abord, gazouillant bébé de 6 mois dont la présence lui rappelle sans cesse un amour sacrifié… Et puis Zelda, la vieille dame à l’identité mystérieuse dont le souvenir solaire vient souvent la visiter.

Il suffira d’un impromptu retour en terre natale pour, d’un souffle, écrouler le château de cartes qu’est devenue sa vie… Et rebondir à nouveau.

Encore un hiver. Celui-ci agonisait. Il eut quelques soubresauts neigeux avant que le début du mois de mars n’apporte sa promesse de grand nettoyage. Les silhouettes griffues des arbres de Central Park se remplumaient. Les gens relevaient la tête, sortaient les mains de leurs poches. Un rythme nouveau s’imprimait à la ville, qui retrouvait son énergie proverbiale.

Ce que j'en pense : après avoir lu et aimé « La drôle de vie de Zelda Zonk », j’ai retrouvé avec plaisir Hanna pour la suite de ses aventures.

Dans le précédent opus, nous avions laissé Hanna à New-York, où elle venait de débarquer avec son mari, Jeff. Hanna va tenter de reconstruire sa vie et son couple aux Etats-Unis. Elle ouvre une librairie/salon de thé qui a beaucoup de succès et qui la comble professionnellement. Mais le passé revient la hanter sans cesse : sa fille Eleanor qui lui rappelle les vestiges d’un amour sacrifié, l’Irlande, qui lui manque tellement, la mystérieuse Zelda Zonk qui semble lui envoyer des signes subliminaux…

Et c’est lors d’un retour imprévu sur sa terre natale que tout changera pour Hanna…

Ce livre est la suite de « La drôle de vie de Zelda Zonk » et clôt l’histoire de la vie de Hanna et de Zelda. On y retrouve une bonne dose de romantisme, saupoudrée de quelques secrets bien gardés, sans oublier une petite pincée d’humour. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un bon moment. Et les lectures qui font du bien, on en a bien besoin en ce moment ! Merci Laurence Peyrin !

 

Ma note : 3/5

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Bakhita de Véronique Olmi

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Elle a été enlevée à sept ans dans son village du Darfour et a connu toutes les horreurs et les souffrances de l’esclavage. Rachetée à l’adolescence par le consul d’Italie, elle découvre un pays d’inégalités, de pauvreté et d’exclusion.

Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres et traverse le tumulte des deux guerres mondiales et du fascisme en vouant sa vie aux enfants pauvres.

Bakhita est le roman bouleversant de cette femme exceptionnelle qui fut tour à tour captive, domestique, religieuse et sainte.

Avec une rare puissance d’évocation, Véronique Olmi en restitue le destin, les combats incroyables, la force et la grandeur d’âme dont la source cachée puise au souvenir de sa petite enfance avant qu’elle soit razziée.

Elle ne sait pas comment elle s’appelle. Elle ne sait pas en quelle langue sont ses rêves. Elle se souvient de mots en arabe, en turc, en italien, et elle parle quelques dialectes. Plusieurs viennent du Soudan et un autre, de Vénétie. Les gens disent : « un mélange ». Elle parle un mélange et on la comprend mal. On doit tout redire avec d’autres mots. Qu’elle ne connaît pas.

Ce que j'en pense : ce fut une petite déception pour moi…

Bakhita est l’histoire vraie d’une esclave soudanaise devenue sainte. Enlevée alors qu’elle n’était qu’une enfant, Bakhita a été vendue sur les marchés ; elle est passée de maîtres en maîtres, a connu les horreurs liées à son statut d’esclave : la torture physique, les harems, la violence psychologique. Adolescente, elle est achetée par le Consul d’Italie où elle partira et découvrira un pays sans esclave, sans violence.

Affranchie à la suite d’un procès retentissant à Venise, elle entre dans les ordres où elle vouera sa vie aux enfants pauvres.

Le personnage de Bakhita m’a énormément touchée, bien évidemment. Comment rester insensible face à cette fillette qui a enduré les pires horreurs simplement en raison de sa couleur de peau, mais aussi de sa beauté. Des horreurs qui lui ont fait oublier jusqu’à son nom, mais qui ne l’ont jamais déshumanisé pour autant.

A sa place, je me serai déjà effondrée par terre et je me serai laissée mourir pour en finir avec la vie depuis longtemps. Mais pas Bakhita. Elle se bat pour continuer à vivre, car elle sait au fond d’elle, que quelque chose de meilleur l’attend quelque part. Alors, elle ose dire « non ». Non à l’esclavage et à la servilité. Elle incarne un modèle de force et de courage : « vacillante, et d’une force plus qu’humaine. Incandescente. Inclassable. Intelligente et retenue ».

L’écriture de Véronique Olmi vous plonge tantôt dans les ténèbres, tantôt dans la lumière. Certains passages sont très difficiles à lire et difficilement soutenables. D’autres au contraire sont remplis d’amour et nous laisse espérer une vie meilleure.

Malheureusement, j’ai trouvé son récit parfois lent et un peu répétitif et je me suis ennuyée à certains moments. C’est vraiment dommage car l’histoire de Bakhita m’a bouleversé et restera gravé dans ma mémoire comme le marquage qui était fait aux esclaves.

 

Ma note : 2,75/5

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