Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Juste avant le bonheur d'Agnès Ledig

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Cela fait longtemps que Julie ne croit plus aux contes de fées. Caissière dans un supermarché, elle élève seule son petit Lulu, unique rayon de soleil d'une vie difficile. Pourtant, un jour particulièrement sombre, le destin va lui sourire. Ému par leur situation, un homme les invite dans sa maison du bord de mer, en Bretagne. Tant de générosité après des années de galère : Julie reste méfiante, elle n'a pas l'habitude. Mais pour Lulu, pour voir la mer et faire des châteaux de sable, elle pourrait bien saisir cette main qui se tend...

Un prénom sur un badge
Elle en a vu d'autres, Julie.
Elle aurait pu s'opposer, prendre le risque, perdre son travail, mais garder sa dignité.
Quelle dignité ?
Ça fait belle lurette que ce petit bout de femme l'a perdue. Quand c'est une question de survie, on range au placard les grands idéaux qu'on s'était fabriqués gamine. Et on encaisse, on se tait, on laisse dire, on subit.

Ce que j'en pense : Alerte au coup de cœur !

En cette période particulière, je trouve qu'on a besoin de se faire du bien, de prendre soin de soi, de se retrouver, comme si on voulait arrêter le temps. Et ce livre, croyez-moi, est un excellent moyen d'y arriver !

On passe par mille et une émotions pendant la lecture : la gorge se noue, l'estomac se contracte, les larmes montent, elles coulent le long du visage, on les essuie d'un revers de main, on soupire, puis le chagrin passe et laisse place au sourire et à l'espoir ; l'espoir que demain sera meilleur, l'espoir que le malheur n'ait pas le dernier mot.

Julie, 20 ans, est caissière au supermarché. Les contes de fées, elle n'y croit plus depuis longtemps. Surtout depuis qu'elle élève seule son fils Lulu, 3 ans, seul rayon de soleil de sa vie. Alors, quand un jour, elle croise le chemin de Paul, la cinquantaine, qui propose de lui venir en aide sans rien en retour, elle ose à peine croire à cette aide désintéressée. Ému par la situation de la jeune femme, Paul les invite tous les deux dans sa maison de Bretagne. Et pour Lulu, qui n'a jamais vu la mer, elle pourrait bien accepter cette main qui se tend...

Un événement assez inattendu va arriver mais je ne peux pas vous le dévoiler... Tout ce que je peux vous dire, c'est que ce livre va vous mettre du baume au cœur.  Vous allez sourire en le refermant, et il vous donnera envie de vous reconstruire. Car oui, il est question de reconstruction, de colmater les fissures, ou de "coalescence" pour reprendre le terme utilisé par l'auteure. On a envie de se retrouver, regarder l'horizon et s'autoriser à être heureux, de nouveau. Ce livre, c'est l'étape juste avant le bonheur...

 

Ma note : 4/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Un avion sans elle de Michel Bussi

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : 23 décembre 1980. Un crash d’avion dans le Jura. Un petite libellule de 3 mois tombe du ciel, orpheline. Deux familles que tout oppose se la disputent. La justice tranche : elle sera Emilie Vitral. Aujourd’hui, elle a 18 ans, la vie devant elle mais des questions pleins la tête. Qui est-elle vraiment ?

Dix-huit ans que Crédule Grand-Duc, détective privé, se pose la même question. Alors qu’il s’apprête à abandonner, la vérité surgit devant ses yeux, qu’il referme aussitôt, assassiné.

Il ne reste plus à Emilie qu’un vieux carnet de notes, des souvenirs, et Marc, son frère, pour découvrir la vérité…

23 décembre 1980, 00h33
L’Airbus 5403 Istanbul-Paris décrocha. Un plongeon de près de mille mètres en moins de dix secondes, presque à la verticale, avant de se stabiliser à nouveau. La plupart des passagers dormaient. Ils se réveillèrent brusquement, avec la sensation terrifiante de s’être assoupis sur le fauteuil d’un manège de foire.

Ce que j’en pense : 23 décembre 1980. Le crash d'un avion dans le Jura. Un seul rescapé : un bébé d'à peine 3 mois. Une petite fille. Deux familles que tout oppose se battent pour faire reconnaître leur paternité : quelle est l'identité de la rescapée du crash du mont Terrible ? S'agit-il de Lyse-Rose de Carville ou d'Emilie Vitral ? Dix-huit ans plus tard, le détective privé engagé par la famille de Carville prétend avoir résolu l'énigme. Mais il meurt assassiné avant d'avoir pu révéler son secret.

Il faut reconnaître que l'intrigue donne envie et on sait que Michel Bussi sait bien tenir son lecteur en haleine.

Toutefois, je dois vous avouer que ce roman n'était pas mon préféré de l'auteur. En effet, je l'ai trouvé un peu long et certains passages auraient pu être coupés à mon sens. De plus, je suis arrivée à quasiment deviner la fin de l'histoire à la moitié de ma lecture donc le twist final ne m'a malheureusement pas surprise (je n'ai pas eu le "wouahou")... Et je ne me suis pas non plus attachée aux personnages (la relation entre Marc et Lylie m'a un peu gêné).

Bref, ce n'est pas le roman du siècle mais je ne peux pas dire qu'il soit mauvais. Je suis juste passée à côté.

Je crois que le livre a été adapté en téléfilm... vous l'avez vu ?

 

Ma note : 2,5/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Love me tender de Constance Debré

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour. »

Constance Debré poursuit sa quête entamée avec Play Boy, celle du sens, de la vie juste, de la vie bonne. Après la question de l’identité se pose la question de l’autre et de l’amour sous toutes ses formes, de l’amour maternel aux variations amoureuses. Faut-il, pour être libre, accueillir tout ce qui nous arrive ? Faut-il tout embrasser, jusqu’à nos propres défaites ? Peut-on renverser le chagrin ?

Je ne vois pas pourquoi l’amour entre une mère et un fils ne serait pas exactement comme les autres amours. Pourquoi on ne pourrait pas cesser de s’aimer. Pourquoi on ne pourrait pas rompre. Je ne vois pas pourquoi on ne pourrait pas s’en foutre, une fois pour toutes, de l’amour.

Ce que j’en pense : elle s’appelle Constance Debré. Elle est blindée, avocate, mariée et maman d’un petit garçon. Mais cette vie, ce n’est pas Constance, c’est un personnage qu’elle joue en feignant le bonheur. Un jour, Constance décide d’être elle-même : l’écriture s’impose alors à elle ; elle quitte le Barreau.

Constance quitte aussi son mari, Laurent. Qu’elle le quitte, passe encore, mais qu’elle le quitte parce qu’elle aime les femmes, ça ne passe pas du tout pour Laurent. Il décide de l’empêcher de voir leur fils, l’accuse d’inceste, d’être une mauvaise mère.

Constance rompt avec son mari, son fils et son ancienne vie. Elle part en quête : en quête d’elle-même, de sa liberté, d’amour, de plaisir charnel et s’interroge sur cet amour maternel qu’elle déconstruit face à ce fils qu’elle ne voit plus.

En lisant ce livre, il ne faut pas voir peur d’être bousculé : on baise, on fume, on lèche des chattes. Les mots sont crus, la narratrice peu conventionnelle. On ne comprend toujours pas le choix de Constance : « On me dit de ne pas publier le livre, on me dit de ne pas parler de cul, on me dit qu’il ne faut pas blesser Laurent, on me dit qu’il ne faut pas choquer les juges, on me dit de prendre un pseudo, on me dit de me laisser pousser les cheveux, on me dit de redevenir avocat, on me dit d’arrêter avec les tatouages, on me dit de me maquiller, on me demande si les mecs plus jamais, on me dit d’essayer de lui parler, on me dit qu’il exagère mais que ça doit pas être facile, on me dit que c’est normal que mon fils me rejette, on me dit qu’un enfant ça a besoin d’une mère, on me dit qu’une mère n’existe pas sans son fils, on me dit que je dois beaucoup souffrir, on me dit Je ne sais pas comment tu fais, on me dit, on me dit, on me dit ».

Malheureusement, l’être humain a tendance à rejeter ce qu’il ne comprend pas.

Mais Constance, elle s’en fout : elle a trouvé sa place, elle ne transigera pas sur sa liberté. Elle veut ressentir les choses au plus près, se rapprocher du monde, écrire surtout et encore. Son écriture m’a touché, son dénuement m’a ému, sa transgression m’a saisi, j’ai adoré la lire et j’espère la lire encore.

 

Ma note : 4/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Les quatre filles du Docteur March de Louisa May Alcott

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Une année, avec ses joies et ses peines, de la vie de Meg, Jo, Beth et Amy March, quatre sœurs âgées de onze à seize ans. Leur père absent - la guerre de Sécession fait rage et il est aumônier dans l'armée nordiste -, elles aident leur mère à assumer les tâches quotidiennes. Ce qu'elles font avec leur caractère bien différent: Meg, la romantique, qui va éprouver les émois d'un premier amour; Jo, qui ne se départit jamais d'un humour à toute épreuve; la généreuse Beth; la blonde Amy, enfin, qui se laisse aller parfois à une certaine vanité...

Noël ne sera pas Noël si on ne fait pas de cadeaux, grommela miss Jo en se couchant sur le tapis.

- C’est cependant terrible de n’être plus riche, soupira Meg en regardant sa vieille robe.
- Ce n’est peut-être pas juste non plus que certaines petites filles aient beaucoup de jolies choses et d’autres rien du tout, ajouta la petite Amy en se mouchant d’un air offensé.

Alors, Beth, du coin où elle était assise, leur dit gaiment :

- Si nous ne sommes plus riches, nous avons encore un bon père et une chère maman et nous sommes quatre sœurs bien unies.

Ce que j’en pense : dans la famille du Docteur March je demande : le père, la mère et leurs quatre filles, Meg la romantique, Jo la rebelle, la douce Beth et Amy la peste. Il y a aussi leur domestique Hannah et leurs voisins, Monsieur Laurentz et son petit-fils Laurie. Pendant que le père, le Docteur March, est parti aider les soldats pendant la guerre de Sécession, les cinq femmes continuent leurs vies en attendant son retour. Au programme : travail, tâches domestiques, repas en famille et relations avec le monde.

 

Si l’on s’en tient à l’histoire en elle-même, il n’y a pas de grands rebondissements, pas un suspens de dingue, c’est une histoire qui raconte la vie, tout simplement. Ça se lit facilement, d’autant plus que le roman est destiné à un jeune public.

 

Mais pour moi, il n’y a pas que ça... Il s’agit en fait d’un livre résolument féministe qui aborde le thème de la place de la femme dans la société. En effet, on fait notamment comprendre aux filles March que pour réussir sa vie, il faut trouver un riche mari… Une conception de la vie pas si désuète que ça aujourd’hui ;) Jo la rebelle rêve de partir rejoindre les soldats à la guerre, mais elle se résigne à rester chez elle et à se comporter comme une « bonne demoiselle » parce que c’est là qu’est sa place. Bref, vous l’avez compris, il y a encore du travail pour arriver à l’égalité des sexes J

 

D’ailleurs, l’auteure, Louisa May Alcott était une fervente défenderesse de la cause de l’émancipation des femmes et s’est, dit-on, peinte fidèlement sous les traits de Jo ;)

 

En tous cas, j’ai aimé suivre les aventures et les états d’âmes de cette adorable famille. Nous sommes plongés dans un univers policé, pleins de petites filles modèles, de bonnes manières, de conventions, de robes à froufrous, de révérences, de cup of tea etc… C’est plein de bons sentiments mais ça fait du bien de temps en temps.

 

Ma note : 3/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

L'enfant perdue (l'amie prodgieuse IV) d'Elena Ferrante

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : À la fin de Celle qui fuit et celle qui reste, Lila montait son entreprise d’informatique avec Enzo, et Elena réalisait enfin son rêve : aimer Nino et être aimée de lui, quitte à abandonner son mari et à mettre en danger sa carrière d’écrivain. Car elle s’affirme comme une auteure importante et l’écriture l’occupe de plus en plus, au détriment de l’éducation de ses deux filles, Dede et Elsa.

 

L’histoire d’Elena et de Nino est passionnelle, et bientôt Elena vit au gré de ses escapades pour retrouver son amant. Lors d’une visite à Naples, elle apprend que Lila cherche à la voir à tout prix. Après avoir embrassé soixante ans d’histoire des deux femmes, de Naples et de toute l’Italie, la saga se conclut en apothéose. Plus que jamais, dans L’enfant perdue, Elena Ferrante nous livre un monde complet, riche et bouillonnant, à la façon des grands romanciers du XIXe siècle, un monde qu’on n’oublie pas.

 

A partir du mois d’octobre 1976 et jusqu’en 1979, lorsque je reviens vivre à Naples, j’évitai de renouer une relation stable avec Lila. Mais ce ne fut pas facile. Elle chercha presque tout de suite à revenir de force dans ma vie ; moi je l’ignorai, la tolérai ou la subis. Bien qu’elle se comportât comme si elle désirait simplement m’être proche dans un moment difficile, je ne parvenais pas à oublier le mépris avec lequel elle m’avait traitée.

Ce que j’en pense : Quel plaisir de retrouver Lila et Lena pour ce dernier tome de la saga « l’amie prodigieuse » !

 

J’ai vraiment adoré cette saga et me suis beaucoup attachée aux personnages et surtout Lena, la narratrice. Dans ce quatrième et dernier tome, on retrouve nos héroïnes à la trentaine bien entamée et on les suit jusqu’à l’âge de la maturité. On les (re)découvre dans leur rôle de mère et de femme.

 

On retrouve l’histoire passionnelle de Lena avec Nino, son grand amour de toujours, pour laquelle elle est prête à sacrifier sa carrière et sa famille. Lila, quant à elle, a décidé de monter une société d’informatique et veut reprendre en main le quartier en défiant les frères Solara, qui régnaient en maitre jusque-là.

 

« L’enfant perdue » sonne l’heure des révélations et des rebondissements et je peux vous dire qu’il y en a beaucoup ! Ce dernier tome est riche, émouvant, prenant et Elena Ferrante est toujours aussi douée pour décrire la complexité des sentiments humains. Les liens se font, se défont, les routes se tracent, s’entrelacent et se séparent sur le chemin de la vie. Un livre se ferme, une page se tourne, à nous d’écrire les suivantes à présent…

 

 

Ma note : 4/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Rivage de la colère de Caroline Laurent

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Certains rendez-vous contiennent le combat d'une vie.

Septembre 2018. Pour Joséphin, l’heure de la justice a sonné. Dans ses yeux, le visage de sa mère...

Mars 1967. Marie-Pierre Ladouceur vit à Diego Garcia, aux Chagos, un archipel rattaché à l'île Maurice. Elle qui va pieds nus, sans brides ni chaussures pour l'entraver, fait la connaissance de Gabriel, un Mauricien venu seconder l'administrateur colonial. Un homme de la ville. Une élégance folle.

Quelques mois plus tard, Maurice accède à l'indépendance après 158 ans de domination britannique. Peu à peu le quotidien bascule et la nuit s'avance, jusqu'à ce jour où des soldats convoquent les Chagossiens sur la plage. Ils ont une heure pour quitter leur terre. Abandonner leurs bêtes, leurs maisons, leurs attaches. Et pour quelle raison ? Pour aller où ?

Après le déchirement viendra la colère, et avec elle la révolte.

 

Roman de l'exil et de la révolte, Rivage de la colère nous plonge dans un drame historique méconnu, nourri par une lutte toujours aussi vive cinquante ans après.

Ce n’est pas grand-chose, l’espoir.

Une prière pour soi. Un peu de rêve pilé dans la main, des milliers d’éclats de verre, la paume en sang. C’est une ritournelle inventée un matin de soleil pâle.

Pour nous, enfants des Îles là-haut, c’est aussi un drapeau noir aux reflets d’or et de turquoise. Une livre de chair prélevée depuis si longtemps qu’on s’est habitués à vivre la poitrine trouée.

Alors continuer. Fixer l’horizon. Seuls les morts ont le droit de dormir. Si tu abandonnes le combat, tu te trahis toi-même. Si tu te trahis toi-même, tu abandonnes les tiens.

Ma mère.

Ce que j’en pense : il y a des écrits et des histoires qui vous bouleversent… Cette histoire m’a serré le cœur, tordu les intestins, et m’a touché jusqu’à mon âme. Cette histoire, ce n’est pas seulement celle de Marie-Pierre et de Gabriel, c’est l’histoire d’un peuple, l’histoire de mon peuple.

 

Les mauriciens connaissent bien l’histoire de Diego Garcia…

 

Diego Garcia faisait partie d’un archipel d’îles, les Chagos : quelques grains de sable dans l’océan indien, un goût de paradis terrestre, une vie simple qui s’écoule au rythme de la nature et du séga que l’on danse le soir sur plage. L’argent ne circule pas, les vivres arrivent par bateau, les habitants veillent les uns sur les au

tres.

 

Les Chagos étaient annexés à l’île Maurice, lorsque cette dernière était une colonie britannique. Seulement voilà, dans les années 60,  Maurice négocie dans l’ombre son indépendance, pendant la vague de décolonisation. Des pots de vin auraient été alors versés par le futur gouvernement mauricien aux autorités britanniques afin d’échanger les Chagos contre l'indépendance de l'île Maurice. Une fois les Chagos aux mains du Royaume-Uni, les anglais décidèrent de céder l’archipel aux Etats-Unis pour en faire une base militaire.

 

Et un beau matin, les chagossiens ont vu débarquer sur leur île des militaires, qui leur ont signifié, fusils à la main, qu’ils avaient une heure pour rassembler leurs affaires sans autre explication. Les chagossiens ont été déportés par bateau à Maurice et aux Seychelles. On les a parqués comme du bétail, on les a débarqués sans argent, sans nul part où aller, laissés à l’abandon des bidonvilles, dénier le droit d’avoir une nationalité.

 

« Rivage de la colère » sonne comme un cri de révolte, de colère, de passion, de désir de justice. Un collectif de chagossiens demande aujourd’hui réparation à la justice. En mai 2019, la Cour internationale de justice a rendu un avis favorable aux chagossiens estimant que le Royaume-Uni avait illicitement séparé l’archipel des Chagos de Maurice. Cet avis n’ayant qu’une voix consultative, le combat continue.

 

Merci à toi Caroline, de donner la voix à ceux que l’on n’entend pas, aux touts petits, aux faibles, à ceux dont on a préféré étouffer la souffrance, aux minorités qui dérangent, à ceux dont on a volé la terre… Le combat des chagossiens est leur raison de vivre, ton livre est ma raison de lire…

 

J’ai refermé le livre les larmes aux yeux, débordante d’émotions, et soudain en moi, ont résonné les paroles d’une chanson bien connue de tous les mauriciens : « mo bien sagrin nou fine perdi ène zoli ti zil…. »

 

Ma note : 4,5/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Le premier jour du reste de ma vie de Virginie Grimaldi

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari : gâteaux, invités, décoration de l’appartement... Tout, y compris une surprise : à quarante ans, elle a décidé de le quitter. Marie a pris « un aller simple pour ailleurs ». Pour elle, c’est maintenant que tout commence. Vivre, enfin. Elle a donc réservé un billet sur un bateau de croisière qui fait le tour du monde. À bord, Marie rencontre deux femmes qui, elles aussi, sont à la croisée des chemins. Au fil de leurs aventures, parfois déjantées, elles pleurent et rient ensemble, à la reconquête du bonheur. Leurs vies à toutes les trois vont être transformées par cet étonnant voyage.

 

C’est la première fois que Marie prend l’avion. Son médecin lui a prescrit des anxiolytiques, mais, en empruntant la passerelle d’embarquement, elle ne ressent aucune angoisse. Elle ne ressent pas grand-chose, en réalité. Pas même une pointe de culpabilité. Elle a beau imaginer Rodolphe hier soir, complètement perdu au milieu du salon, à chercher une explication valable à l’absence de sa fidèle épouse, rien ne vient troubler ses certitudes.

Des doutes, elle en a eu, mais seulement le soir de sa décision.

Ce que j’en pense : pour moi, Virginie Grimaldi reste une valeur sûre : ses personnages sont toujours sympathiques et attachants, on ne se triture pas le cerveau pour savoir comment interpréter tel ou tel mot, on se laisse juste guider, comme sur un bateau de croisière, et on profite de la douce ballade avec le Capitaine Grimaldi.

 

Dans « Le dernier jour du reste de ma vie », l’auteure nous raconte l’histoire de Marie, 40 ans, mariée, 2 enfants. Marie a tout préparé pour l’anniversaire de son mari, Rodolphe : les invités, le dîner, la gâteau, les bougies… Mais la plus grande surprise de Rodolphe, sera de constater que sa fidèle épouse n’est pas présente ce soir. C’est précisément le soir qu’a choisi Marie pour le quitter.

 

C’est décidé. Marie a pris un billet pour une croisière de trois mois pour faire le tour du monde en solitaire. Voyager, elle en a toujours rêvé, mais Rodolphe a toujours refusé. A bord, alors qu’elle s’attendait à vivre trois mois en ermite solitaire, elle fait la connaissance de deux femmes qui sont elles aussi à un tournant de leur vie. A présent, elle sait, Marie va pouvoir enfin commencer à (re)vivre le premier jour du reste de sa vie…

 

Ma note : 4/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Fugitive parce que reine de Violaine Huisman

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Ca ne voulait rien dire d’abord, maniaco-dépressive. Ou si, ça voulait dire que maman pouvait monter dans les tours, des tours que je visualisais aux angles d’un château fort, des donjons, au sommet desquels j’imaginais maman grimper à toute allure, et d’un bond plonger au fin fond des cachots ou des catacombes, enfin là où il faisait froid et humide. Maman avait donc disparu du jour au lendemain. »

 

A travers des yeux de petite fille, la narratrice raconte son enfance tumultueuse auprès d’une mère rayonnante, malgré ses fêlures et sa défaillance. Mais la plume de Violaine Huisman porte aussi la voix déchirante d’une femme, une femme avant tout, qui n’a jamais cessé d’affirmer son droit au rêve et à la liberté.

Le jour de la chute du mur de Berlin, l’année de mes dix ans, tandis que défilaient sur les écrans du monde entier des images d’embrassades, de larmes, de joie, de bras déployés en signe de victoire, des ribambelles d’hommes et de femmes en liesses devant des monticules de pierre, des éboulis, des nuées de poussière, nous autres, Français, assistions à cet évènement historique au détour des fondus enchaînés sur le visage sévère du présentateur du journal de 20 heures, lequel nous avait tacitement invités à passer à table – pour ceux qui passaient à table – c’est-à-dire ceux d’entre nous qui suivaient un rituel familial et pour qui le JT avait remplacé le bénédicité ou constituait une sorte de prière républicaine, un rite séculaire conforme à la laïcité de notre patrie[...]

Ce que j’en pense : si j’ai trouvé la première partie de ce livre un peu trop descriptive, la seconde et la troisième partie, quant à elles, m’ont touché en plein cœur : elle est bouleversante, dérangeante, solaire et émouvante.

 

« Elle », c’est Catherine, la mère de l’auteure. Catherine est une femme magnifique, gracieuse, longiligne, à faire pâlir les plus belles femmes de Paris. Mais Catherine est maniaco-dépressive. Elle ne sait vivre que dans l’excès. Elle a des crises de colère pendant lesquelles elle hurle contre ses filles, les insulte parfois, puis revient la bouche pleine de mots d’amour et les étreint en leur chuchotant doucement qu’elle les aime plus que tout.

Le père travaille beaucoup, est peu présent, rend visite le soir. C’est lui qui a l’argent, lui qui a le pouvoir. Et au milieu de tout ça, deux petites filles qui assistent impuissantes à la chute de leur mère et se serrent la main tous les soirs avant de s’endormir…

 

« Fugitive parce reine » raconte l’histoire d’une mère à travers les yeux de sa fille. Une mère rayonnante, une reine, mais une mère avec des défaillances et de graves séquelles qu’elle essaiera de combler toute sa vie. La fille va partir à la recherche des origines du mal.

Fruit d’un désamour, Catherine se construira seule, entre ses hospitalisations, ses maris, ses amants, ses amantes, ses crises, l’alcool, les cigarettes, les crises encore. Les mots sont percutants, vous mettent mal à l’aise, vous révoltent, mais vous touchent immanquablement.

 

L’écriture de Violaine Huisman est lumineuse et respire l’amour inconditionnel qu’elle porte à sa mère. Et cet amour-là, le vrai, il m’a transpercé le cœur…

 

Bien évidemment, ce roman m’a fait penser au roman de Delphine de Vigan, « Rien ne s’oppose à la nuit » qui a également pour thème la relation mère-fille et où les deux mères ont toujours revendiqué le droit au rêve et à la liberté. Elles en ont toutes deux payé le prix…

 

 

Ma note : 3,75/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Passe-moi le champagne, j'ai un chat dans la gorge de Loïc Prigent

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Ils sont de retour. Encore mieux habillés, encore plus déconnectés. Mais attention : « Tu crois que je suis à côté de la plaque mais ce n’est pas toi qui décides où est la plaque » ! Les poètes du hors-sol. Les timbrés du premier rang des défilés de mode. Tout un monde souvent parisien, toujours à la pointe, jamais épuisés. Loïc Prigent revient avec le dernier bulletin de santé de ses petits camarades du monde de la mode.

Diagnostic : - Des gens avec un bon sens hors du commun : « Passe-moi le champagne, j’ai un chat dans la gorge. » - Des gens qui connaissent très bien les maux des autres : « Elle a une allergie à la simplicité. » - Des gens qui savent éviter les obstacles avec simplicité : « Je file à mon déjeuner au Ritz. Je vous laisse gérer la crise, je reviens vers 16 h. » - Des gens qui n’ont pas le temps : « J’avais tellement faim j’ai oublié d’instagrammer mon repas. » - Des gens compréhensifs : « En tout cas on apprécie tous que tu attendes le soir pour pleurer. C’est un super progrès. » Et, quoiqu’en en dise ou en pense, des gens qui ne se font pas d’illusions : « Tu es belle. - Tu ne dis ça que quand je porte mon sac Chanel. »

 

 

Ce que j’en pense : Les voici de retour ! Et cette fois, ils sont mieux habillés, mais plus perchés que jamais !

 

Qui ? Je veux bien entendu parler des oiseaux rares de la volière dorée et glamour de la mode et dont Loïc Prigent nous offre ici la crème de la crème des pépiements. Alors bienvenue dans un univers où on boit du champagne comme de l’eau (« passe-moi le champagne, j’ai un chat dans la gorge »), où les gens sont simples (« elle habite à New-York mais elle fédexe ses robes à Paris pour le pressing »), bienveillants (« ses talons sont plus longs que sa mini-jupe »), et avec de vrais débats philosophiques (« tu préfères avoir de l’or ou du wifi ?).

 

Comme pour son premier opus (J’adore la mode mais c’est tout ce que je déteste), je me suis régalée à lire ces petites citations à la fois drôle et décalées issues de la planète fashion. C’est léger, c’est excentrique, c’est délicieusement sarcastique… vous reprendrez bien une petite coupe ? ;)

 

Ma note : 4,5/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Désolée, je suis attendue d'Agnès Martin-Lugand

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Yaël ne vit que pour son travail. Brillante interprète pour une agence de renom, elle enchaîne les réunions et les dîners d’affaires sans jamais se laisser le temps de respirer. Les vacances, très peu pour elle, l’adrénaline est son moteur. Juchée sur ses éternels escarpins, elle est crainte de ses collègues, et ne voit quasiment jamais sa famille et ses amis qui s’inquiètent de son attitude. Peu lui importe les reproches qu’on lui adresse, elle a simplement l’impression d’avoir fait un autre choix, animée d’une volonté farouche de réussir.

Mais le monde qu’elle s’est créé pourrait vaciller face aux fantômes du passé.

Quatre mois que je me tournais les pouces : vive les stages de fin d’études ! Avec le recul, je comprends mieux pourquoi j’avais réussi à trouve le mien à la dernière minute. Contrairement à tous mes camarades d’école de commerce, prêts à turbiner comme des malades, je ne l’avais pas cherché dans l’idée de me défoncer pour décrocher mon premier CDI.

Ce que j’en pense : ce livre fut un véritable coup de cœur !

 

Yaël est une working girl ultra-ambitieuse qui travaille comme interprète pour une agence de renom. Les vacances, très peu pour elle ! La jeune femme ne se laisse aucun moment de répit et gère sa vie personnelle comme elle gère ses dossiers au bureau, au grand détriment de sa famille et de ses amis qui voient Yaël se détruire petit à petit à cause de son addiction au travail.

Mais les remparts qu’elle s’est construits pourraient bien s’écrouler face au passé qui refait surfait et qui lui rappelle qui elle était avant…

 

J’ai adoré cette lecture et notamment le personnage de Yaël en qui je me suis complètement identifiée (nous avons certains traits en commun). Son histoire m’a donc beaucoup touché.

J’ai été sous le charme de la plume d’Agnès Martin-Lugand que j’ai trouvé très douce, lumineuse et bienveillante à l’égard de ses personnages.

 

Je ne peux donc que vous recommander chaudement ce roman tellement réconfortant pour l’hiver !

 

Ma note : 4/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 20 30 > >>

Archives