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litterature

Femmes en colère de Mathieu Menegaux

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Cour d'Assises de Rennes, juin 2020, fin des débats : le président invite les jurés à se retirer pour rejoindre la salle des délibérations. Ils tiennent entre leurs mains le sort d'une femme, Mathilde Collignon. Elle est accusée d’un crime barbare, qu’elle a avoué, et pourtant c’est elle qui réclame justice. Dans cette affaire de vengeance, médiatisée à outrance, trois magistrats et six jurés populaires sont appelés à trancher : avoir été victime justifie-t-il de devenir bourreau ?

Neuf hommes et femmes en colère doivent choisir entre punition et pardon.

Au cœur des questions de société contemporaines, un suspense haletant porté par une écriture au scalpel.


Prison des femmes de Rennes
24 juin 2020

Vingt ans.
Je n’ai pas écrit une seule ligne depuis ce jour où les gendarmes ont sonné à ma porte pour me signifier mon placement en garde à vue, il y a presque trois ans. Je n’ai jamais tenu de journal intime, et j’ai toujours préféré le cinéma à la littérature. A quoi bon écrire mon histoire ?

Ce que j’en pense : BOUM BOUM C'est le bruit que fait mon petit cœur en pensant à ce livre...

Mathieu Menegaux nous entraîne dans les coulisses du délibéré d'un procès d'assises. Les jurés doivent statuer sur une affaire très médiatisée. Il s'agit de l'affaire de Mathilde Collignon.

Mathilde Collignon est une femme sans histoires. Mère célibataire, elle profite de quelques soirées de répit pour faire des rencontres éphémères via des sites de rencontre. Un soir, l'un de ses rendez-vous se passe mal. Même très mal. Mathilde décide alors de se venger et de se faire justice elle-même. Comment ? Je vous laisse le découvrir et croyez-moi, cela fait froid dans le dos ! C'est cet acte de vengeance qui la conduira devant les assises.

Deux écoles se dessinent alors parmi les jurés : ceux qui pensent que Mathilde est loin d'être femme respectable car elle a une vie sexuelle libérée, elle mériterait donc la peine maximale. D'autres au contraire estiment que  l'acte de Mathilde est celui d'une victime, elle mérite donc la clémence de la Cour.

L'affaire est reprise par les médias du monde entier et la pression est grande pour nos jurés et pour les magistrats. Que vont-ils décider ?

Quel coup de cœur !

Si vous cherchez un polar de qualité, avec une dimension sociale intelligente : ruez-vous sur "Femmes en colère" ! Non seulement c'est brillant, mais en plus on sent le travail de documentation en amont, l'histoire est addictive et le twist final.... il m'a donné des frissons (oui, oui, j'ai vraiment frissonné, je vous jure !). A l'ère du #metoo, cette histoire est totalement en phase avec notre époque.

Mathieu Menegaux a ce talent de retranscrire les émotions féminines de manière très juste. Si on m'avait caché le nom de l'auteur, j'aurais pu jurer que cette histoire avait été écrite par une femme !

Un vrai coup de maitre ! Bravo !

Ma note : 4/5

Publié dans Littérature

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La familia grande de Camille Kouchner

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ :  Souviens-toi, maman : nous étions tes enfants. » C.K.

C’est l’histoire d’une grande famille qui aime débattre, rire et danser, qui aime le soleil et l’été.

C’est le récit incandescent d’une femme qui ose enfin raconter ce qui a longtemps fait taire la familia grande.

Camille Kouchner, 45 ans, est maîtresse de conférences en droit. La Familia grande est son premier livre.

Ma mère est morte le 9 février 2017. Toute seule à l’hôpital de Toulon. Dans son dossier médical, il est indiqué : « elle décède en présence de ses proches », mais aucun de ses enfants n’était là.
Ma mère, toute petite dans son lit d’hôpital, est morte sans moi. Et je dois vivre avec.

Ce que j’en pense : La culpabilité est sournoise et danse comme un serpent.

L'histoire, je ne vous la refais pas. Je crois qu'on en a déjà assez parlé comme ça.

C'est l'histoire d'une famille qui aime rire, débattre, passer de bons moments ensemble sous le soleil, où l'on s'aime, on se prend dans les bras, on s'embrasse, les adultes prônent la liberté,  ils dansent, regardent les enfants grandir, mais ils ne les protègent pas. C'est l'histoire d'une famille connue du public mais où l'on se tait.

Et dans cette famille, Camille parle. Et croyez-moi, elle a beaucoup de choses à dire !

Son écriture est très factuelle. On n'est clairement ni dans la complainte, ni dans le voyeurisme. C'est très rythmé, très saccadé, un peu comme les coups qu'elle assène à son beau-père notamment à la fin du roman dans le passage qui lui est consacré.

J'ai eu du mal à lire ce roman, car il m'a mis en colère. En colère contre ce milieu très "gauche caviar" qui défend des idées de gauche tout en sonnant la cloche pour que leurs domestiques viennent leur servir le dîner. En colère contre ces adultes qui confondent liberté et sexualité. En colère contre cette maman qui ne protège pas ses enfants.

Le silence de Camille a beaucoup fait parler. Pourquoi attendre si longtemps avant de tout raconter ? Elle vous l'explique dans son roman.

Et pour tous ceux qui jugent sans savoir... LISEZ ! Et vous comprendrez.

 

Ma note : 4/5

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Les oubliés du dimanche de Valérie Perrin

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Faute de connaître son histoire. Justine, vingt et un ans, se passionne pour celle d'Hélène, pensionnaire, presque centenaire, de la maison de retraite où la jeune femme est aide-soignante. Sa vie est un roman: sa rencontre avec Lucien en 1933, leur amour, la guerre, le juif Simon planqué dans la cave, la trahison, la Gestapo, la déportation...Justine extorque peu à peu à la vieille dame de lourds secrets et finit par affronter ceux de sa propre famille.

Je suis allée acheter un cahier chez le Père Prost. J’en ai choisi un bleu. Je n’ai pas eu envie d’écrire le roman d’Hélène sur un ordinateur parce que je veux promener son histoire dans ma poche de blouse.
Je suis rentrée à la maison. Sur la couverture j’ai écrit « La dame de la plage ». Et sur la première page :
Hélène Hel est née deux fois. Le 20 avril 1917 à Clermain en Bourgogne et le jour où elle a rencontré Lucien Perrin en 1933, juste avant l’été.

Ce que j’en pense : Une histoire, deux vies...

Justine travaille comme aide-soignante dans une maison de retraite. Elle se prend d'affection pour Hélène, l'une des pensionnaires. Chaque jour, Hélène raconte l'histoire de sa vie à la jeune femme : son grand Amour Lucien, la guerre, l'ami juif planqué à la cave, son café, son univers, sa manière de voir le monde etc... Fascinée, Justine va consigner les secrets de la vieille dame dans un carnet bleu comme la mer, à laquelle Hélène semble tellement attachée.

Dans le même temps, Justine va se confronter à ses propres secrets de famille : la mort mystérieuse de ses parents, ses grands-parents qui ont choisi d'enfouir cet évènement comme on enfouit la poussière sous le tapis, et Jules, son cousin qu'elle considère comme son frère.

Ce roman est un concentré de douceur et de poésie. L'histoire vous enveloppe comme un plaid tout doux un soir d'hiver et dont on n'a plus envie de se détacher. Alors on s'installe confortablement, on s'émeut, on frissonne, on enrage parfois et on a le cœur au bord des yeux.

Merci à Valérie Perrin pour cette histoire dans laquelle elle a mis un bout de son cœur et qui a touché directement le mien. Merci pour ces belles émotions. Merci pour la lumière qu'elle a mis dans ce roman. Merci de m'avoir permis de passer un moment avec Justine, Hélène, la mouette et les autres...  A bientôt j'espère

Ma note : 4/5

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L'homme qui voulait être heureux de Laurent Gounelle

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Imaginez...

Vous êtes en vacances à Bali et, peu de temps avant votre retour, vous consultez un vieux guérisseur. Sans raison particulière, juste parce que sa grande réputation vous a donné envie de le rencontrer, au cas où...

Son diagnostic est formel : vous êtes en bonne santé, mais vous n'êtes pas heureux.

Porteur d'une sagesse infinie, ce vieil homme semble vous connaître mieux que vous-même. L'éclairage très particulier qu'il apporte à votre vécu va vous entraîner dans l'aventure la plus captivante qui soit : celle de la découverte de soi. Les expériences dans lesquelles il vous conduit vont bouleverser votre vie, en vous donnant les clés d'une existence à la hauteur de vos rêves.

Je ne voulais pas quitter Bali sans l’avoir rencontré. Je ne sais pas pourquoi. Je n’étais pas malade ; j’ai même toujours été en excellente santé. Je m’étais renseigné sur ses honoraires car, mon séjour touchant à sa fin, mon portefeuille était quasiment vide. Je n’osais même plus consulter mon compte en banque à distance. Les gens qui le connaissaient m’avaient répondu : « Tu donnes ce que tu veux, et tu le lui glisses dans une petite boite posée sur l’étagère ». Bon, cela m’avait rassuré, même si j’angoissais un peu à l’idée de laisser un tout petit billet à quelqu’un qui avait, disait-on, soigné Premier ministre du Japon.

Ce que j’en pense : Comment vivre l'existence dont vous avez toujours rêvé ?

Le narrateur est en vacances à Bali. Quelques jours avant de rentrer, il se décide à consulter un guérisseur dont la réputation n'est plus à faire. Son diagnostic est formel : l'homme est en bonne santé... mais il n'est pas heureux. Il va donc enseigner au narrateur les clés qui lui permettront de vivre la vie dont il a toujours rêvé.

J'aime beaucoup la façon de penser de Laurent Gounelle et ses réflexions sur le monde qui nous entoure. Ses livres sont à son image : simples et sans prétention. Celui-ci contient des principes de développement personnel assez basiques, mais une piqure de rappel ne fait jamais de mal.

Je vous recommande si vous débutez en développement personnel !

 

Ma note : 2,75/5

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Des vies de combat d'Audrey Célestine

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Elles sont femmes, noires et libres.

Leurs visages sont célèbres ou parfois méconnus. Refusant d’être réduites à la couleur de leur peau, elles ont relevé la tête, crié, créé, chanté, manifesté… De la fin de l’esclavage jusqu’à Black Lives Matter, elles ont mené des vies de combat. Et donnent envie de changer le monde.

Ce que j’en pense : Femmes noires et libres.

Leurs noms sont parfois connus, parfois méconnus : Nina Simone, Angela Davis, Maya Angelou, Chimamanda Ngozi Adichie, Audre Lorde, Ina Cesaire, Christiane Taubira, Paulette Nardal, Michelle Obama et tant d'autres...

Audrey Célestine nous offre une magnifique galerie de portraits de femmes depuis l'époque de l'esclavage jusqu'aux années 2000.

Ce sont des femmes noires et elles ont toutes livré un combat lié soit à leur statut de femme soit à leur couleur de peau. Elles ont toutes un idéal : la liberté. Elles viennent de France, des Antilles, d'Afrique, des Etats-Unis. Ce sont des guerrières, de vraies modèles de courage et de persévérance.

Pour mener à bien leur combat, elles ont utilisé les armes qu'elles avaient à leur disposition : la voix, l'écriture, la politique, la musique etc... Lorsque je pense à des femmes inspirantes, je pense à elles.

Ce fut une lecture magnifique, puissante, inspirante. Un peu comme ces histoires que l'on se transmet de mère en fille. Les pionnières. Les voix des mères et des sœurs qui ont tracé le chemin. Qu'on n'a pas envie de décevoir. De ces portraits, j'en déduis un mot : EMPOWERMENT.

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Les quatre accords Toltèques de Don Miguel Ruiz

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Castaneda a fait découvrir au grand public les enseignements des chamans mexicains qui ont pour origine la tradition toltèque, gardienne des connaissances de Quetzacoatl, le serpent à plumes.

Dans ce livre, Don Miguel révèle la source des croyances limitatrices qui nous privent de joie et créent des souffrances inutiles. Il montre en des termes très simples comment on peut se libérer du conditionnement collectif, « le rêve de la planète », basé sur la peur, afin de retrouver la dimension d’amour inconditionnel qui est à notre origine et constitue le fondement des enseignements toltèques.

Les Quatre Accords proposent un puissant code de conduite capable de transformer rapidement notre vie en une expérience de liberté, de vrai bonheur et d'amour. Le monde fascinant de la Connaissance véritable et incarnée est enfin à la portée de chacun.

Ce que j’en pense : LA base quand on s'intéresse au développement personnel !

Je n'avais jamais lu "Les quatre accord toltèques" bien que l'on me l'ait mille fois conseillé. Pour être franche, je pensais y trouver des principes un peu poussiéreux et hors des temps modernes... quelle erreur de jugement ! Ce livre a changé ma manière de voir le monde !

"Les quatre accords Toltèques" renferment de précieux conseils pour arrêter de souffrir inutilement. Grâce aux enseignements des chaman mexicains, Don Miguel Ruiz nous apprend  à écarter les "croyances limitantes" qui sont des principes qui  nous sont inculqués dans notre jeunesse, sans nous demander notre avis, et qui nous conditionnent à un état de souffrance (ex : je dois réussir pour être heureux).  Don Miguel Ruiz nous invite à remettre en cause ces croyances limitantes afin de pouvoir accéder au bonheur.

Et pour atteindre le bonheur, il nous communique quatre règles de vie (quatre accords toltèques) à mettre en pratique au quotidien :

- "Que votre parole soit impeccable" : cultivons la modération dans nos propos et arrêtons de polluer notre mental.

- "Ne prenez rien personnellement" : ce que les autres disent et font n’est qu’une projection de leur propre réalité. Lorsque vous êtes immunisé contre cela, vous n’êtes plus victime de souffrances inutiles. 

- "Ne faites jamais de supposition" :  arrêtons de tout interpréter, car nous interprétons tout de travers la plupart du temps ! Mieux vaut poser les bonnes questions et mieux communiquer

- "Faites toujours de votre mieux" : l'échelle du "mieux" sera peut-être différente selon les jours, mais nous devons essayer. Cela nous permettra de mieux vivre notre Existence et c'est aussi une façon de s'aimer et de se respecter

Clairement, ce livre m'a marqué. La preuve : depuis que je l'ai lu, il n'a pas quitté ma table de chevet ! Et je n'hésiterai pas à l'ouvrir en cas de besoin : tout est dedans !

Appliquer ces quatre accords à la vie de tous les jours me semble faisable, mais il est important de ne pas se mettre trop de pression. Depuis que j'essaye, je me sens beaucoup mieux, comme si j'étais soulagée d'un poids !

A découvrir absolument si vous voulez faire un travail sur vous même !

Ma note : 5/5

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Le malheur du bas d'Inès Bayard

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Au coeur de la nuit, face au mur qu'elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d'une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Le petit Thomas n’avait pas eu le temps de finir sa compote. Sa mère ne lui avait laissé aucune chance. La vitesse à laquelle le poison s’était diffusé dans son sang lui avait simplement permis de ne pas trop souffrir au moment de mourir. Seul le corps de Marie était resté droit, solidement enfoncé dans le dossier de sa chaise, la tête basculée vers l’arrière. Sûrement avait-elle lutté pour qu’on le remarque. Laurent avait été le premier servi. En découvrant ces trois corps livides et figés autour de la table, peu de personnes auraient pu imaginer la chaleur des rires envahir la pièce quelques secondes avant que le drame ne se produise.

Ce que j’en pense : Âmes sensibles s'abstenir...

Marie et Laurent forment un couple quasi parfait sur le papier. Laurent est un brillant avocat et sa femme, Marie, est conseillère en gestion de patrimoine. Tous deux habitent un appartement parisien cossu, sont entourés d'une famille aimante et d'amis qu'ils retrouvent le soir à diner autour d'une bonne bouteille de vin. Tous deux sont très brillants dans leur professions : Laurent, plus loquace, aime briller dans les conversations et prendre soin de sa femme, qui sait rester discrète et à l'écoute quand il le faut. Une seule chose manque à ce tableau parfait : un enfant. Et quand Laurent accède à la demande de Marie d'avoir un enfant tous les deux, c'est une femme comblée.

Un soir, après une réunion de travail, le Directeur d'Agence de Marie lui propose de la ramener chez elle en voiture. Garé près de chez elle, il la viole sauvagement dans sa voiture. Marie choisit de garder le silence et ne révèle rien de son agression. Quelques mois plus tard, elle réalise qu'elle est enceinte. Pour elle, aucun doute : cet enfant à venir est le fruit de son viol...

Il faut aimer être bousculé pour lire ce roman, et Inès BAYARD le fait avec brio. Rien ne nous est épargné : la scène de viol (que j'ai lu avec la nausée), le dégoût de son corps, la colère, la noirceur, l'enfant non désiré, la sexualité traumatisée, le choc irréversible.

Et il y aussi les apparences à préserver. Le silence de Marie, pour sauver les apparences, qui la plonge dans les abymes de la douleur et du dégoût. Du dégoût pour elle-même, mais également du dégoût pour son enfant. Ce silence qui la plonge dans les abymes de la folie, jusqu'à en devenir paranoïaque, jusqu'à faire d'elle un monstre.

Pour moi, ce livre fera partie de mes lectures marquantes au même titre que "Chanson douce".  On retient souvent son souffle, on est choqué, peiné. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai "adoré", parce qu'on n'adore pas les histoires de viol, mais je pourrai vous dire que j'ai été bousculée, et c'était peut-être ça le but recherché.

 

Ma note : 3,75/5

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A crier dans les ruines d’Alexandra Koszelyk

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Léna et Ivan sont deux adolescents qui s'aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C'est alors qu'un incendie, dans l'usine de leur ville, bouleverse leurs vies. Car l'usine en question, c'est la centrale de Tchernobyl. Et nous sommes en 1986. Les deux amoureux sont séparés. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu'Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s'éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena, quant à elle, grandit dans un pays qui n'est pas le sien. Elle s'efforce d'oublier. Mais, un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver le pays qu'elle a quitté vingt ans plus tôt. Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien.

 

Quand Léna arrive à Kiev, elle ne s’attend à rien ou plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son exil. Mais de fines particules assombrissent les lumières de la ville, la grisaille embrume ses souvenirs. Des silhouettes la frôlent et semblent appartenir à un autre temps.

Ce que j’en pense : Comment savoir où on va sans comprendre d'où on vient ?

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan, deux adolescents amoureux l'un de l'autre, voient leur vie bouleversée par l'explosion de la centrale. Si Lena, croyant Ivan mort, part avec sa famille en France, Ivan, qui n'a pas pu quitter la zone, attend son retour. Déracinée, la jeune fille tente d'oublier son passé. Vingt ans plus tard, elle fait le chemin inverse, et repart en Ukraine.

Je crois que ce livre fut un coup de cœur pour beaucoup d'entre vous. Malheureusement, la magie n'a pas opéré me concernant. Je ne dis pas que ce livre est mauvais ;  il m'a simplement manqué un petit "je ne sais quoi" pour que mon cœur s'emballe ! Et cela n'engage que moi😉

Pourtant, l'intrigue était plutôt prometteuse : je suis d'ailleurs particulièrement sensible aux livres qui traitent de l'exil, de la construction en terre étrangère ou de la quête des origines. Et c'est bien ce dont il est question dans ce livre. Léna, le personnage principal, peine à se construire dans sa vie d'adulte, sur cette terre étrangère où elle n'a pas choisi de vivre et où ses parents l'ont emmené de force car elle n'a pas réglé son passé.  Et elle ne réussira à comprendre qui elle est, que lorsqu'elle se rendra là d'où elle vient. 

L'histoire d'amour entre Léna et Ivan, deux âmes sœurs qui sont séparés et continuent à se chercher est une jolie histoire. Mais voilà, je n'ai pas été emportée. Dommage !

Et vous, vous l'avez lu ? Qu'en avez-vous pensé ?

 

Ma note : 2,75/5

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Le confident de Hélène Grémillon

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d'abord à une erreur mais les lettres continuent d'arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu'elle n'est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

Un jour, j’ai reçu une lettre, une longue lettre pas signée. C’était un évènement, car dans ma vie je n’ai jamais reçu beaucoup de courrier. Ma boîte aux lettres se bornant à m’annoncer que la-mer-est-chaude ou que la-neige-est-bonne, je ne l’ouvrais pas souvent. Une fois par semaine, deux fois les semaines sombres, où j’attendais d’elles, comme du téléphone, comme de mes trajets dans le métro, comme de fermer les yeux jusqu’à dix puis de les rouvrir, qu’elles bouleversent ma vie.
Et puis ma mère est morte. Alors là, j’ai été comblée, pour bouleverser une vie, la mort d’une mère, on peut difficilement mieux faire.

Ce que j’en pense : La trahison donne-t-elle tous les droits ?

Camille est éditrice dans les années 1970. Après le décès de sa mère, elle reçoit une étrange lettre, non signée. Cette lettre raconte l'histoire d'un certain Louis, et d'une certaine Annie, pendant les années 1940. Elle croit d'abord à une erreur ou à un auteur qui cherche à se faire publier. Les lettres vont continuer d'arriver, l'histoire va continuer à se dérouler, faisant apparaitre deux autres personnages : Madame M. et son mari.

Intriguée, Camille, va vite découvrir que ces lettres ne lui sont pas envoyées par hasard : elles renferment un terrible secret de famille dont elle ignorait tout.

A dire vrai, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman au début. Je trouvais le rythme un peu lent et je ne comprenais pas où l'auteure voulait nous emmener avec cette histoire qui trainait en longueur.  Une fois passée la première partie, et le cadre posé,  le suspens monte crescendo jusqu'à la fin. Le moins que l'on puisse dire c'est que je me suis totalement faite avoir ! Quel rebondissement final incroyable ! J'en suis restée bouche bée ("mais noooooooooooon !!!!!").

Impossible pour moi de vous dévoiler l'intrigue : ce serait vous priver du plaisir de vous faire surprendre ! Beaucoup de thèmes sont abordés : les secrets de famille, la maternité, la vengeance, l'amour etc... le tout sur un fond de seconde guerre mondiale.

Hélène Grémillon "manipule" véritablement ses lecteurs grâce à des tours de passe-passe qui vous disent : "Alors, tu crois que l'histoire s'est déroulée comme ça ? .... Eh bien non, je te l'ai faite à l'envers !!! En réalité, ça s'est passé comme ça ! Tout est question de point de vue😉 "

Pour celles et ceux qui aiment les histoires qui racontent les secrets de famille... foncez !

 

Ma note : 4/5

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Acquittée d'Alexandra Lange

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Alexandra Lange, 33 ans, mère de quatre enfants, a été acquittée du meurtre de son mari par la cour d'assises de Douai le 23 mars 2012.

« J'ai voulu montrer le calvaire que vivent des femmes comme moi. Dénoncer le silence de ceux qui savent mais se taisent. Et répondre à ceux qui se demandent pourquoi une femme battue a tant de mal à quitter son tortionnaire. »

Sans doute Alexandra est-elle au début restée par amour. Il y a eu les promesses, également : « Je ne recommencerai plus. » Puis les coups à nouveau, les insultes, les humiliations, les viols, les strangulations, la peur.

C'est la peur qui empêche de partir. Peur de se retrouver à la rue avec ses quatre enfants, peur des représailles sur ses proches si elle se réfugiait chez eux. Peur des menaces directes de son mari : « Si tu fais ça, je te tuerai. » Le soir du drame, Alexandra lui a dit qu'elle allait s'en aller. La fureur de son dernier étranglement l'a terrifiée au point de provoquer son geste fatal.

En reconnaissant, dans son cas, la légitime défense, la justice française a braqué les projecteurs sur les victimes des violences conjugales. Et le témoignage digne et bouleversant d'Alexandra Lange, adressé à nous tous, est aussi un appel à l'aide pour ces femmes en danger.

Ce que j’en pense : Vous souvenez-vous d'Alexandra Lange ? Son nom ne vous est peut-être pas inconnu car son procès a été très médiatisé et a porté en avant la cause des violences envers les femmes. Son histoire m'a fait froid dans le dos...

Alexandra Lange est partie de chez ses parents à l'âge de 17 ans car elle est tombée follement amoureuse d'un homme d'une trentaine d'années avec qui elle se mariera et aura quatre enfants.

Son mari étant issu de la communauté des gens du voyage, Alexandra va vivre avec ses enfants et son mari dans une petite caravane dans un état de promiscuité qui fait mal au cœur. Son mari touche le RMI et Alexandra est contrainte d'arrêter ses études pour s'occuper de ses enfants.

Très vite après leur mariage, Alexandra déchante. Son mari boit et se montre violent : la première gifle arrive un jour sans prévenir, puis il la passe à tabac, l'insulte régulièrement. Et ce calvaire va durer pendant onze ans. Onze années de violences, d'humiliations et de viols.

Un soir, Alexandra lui annonce qu'elle va le quitter.  Là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Son mari la roue de coups et l'étrangle en lui hurlant "je vais te crever !".   Alexandra se saisit d'un couteau, cette arme du destin, et commet un geste fatal. Elle l'a tué pour ne pas mourir.

Jugée pour le meurtre de son mari, Alexandra a été finalement acquittée.

Elle a tenu à raconter son histoire pour les raisons suivantes : "J'ai voulu montrer le calvaire que vivent  des femmes comme moi. Dénoncer le silence de ceux qui savent mais se taisent. Et répondre à ceux qui se demandent pourquoi une femme battue a tant de mal à quitter son tortionnaire".

Contrairement aux autres livres, je ne vais pas rédiger une "critique" à proprement parler car j'aurais l'impression d'émettre un jugement sur la vie d'Alexandra Lange. Ce que je peux vous dire, c'est que son histoire m'a retourné le cœur et l'estomac. J'ai pleuré au début, au milieu et à la fin. Personne ne mérite un pareil traitement. Absolument personne.

Où qu'elle soit, j'espère qu'aujourd'hui, Alexandra est aimée et soutenue et vit des jours paisibles entourée de ses enfants. Je souhaite le bonheur et l'apaisement.

Rappelons qu'en 2019, le nombre moyen de femmes de 18 à 75 ans qui ont été victimes de violences conjugales est estimé à 213 000. Personne ne mérite un pareil traitement. Absolument personne.

Publié dans Littérature

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