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litterature

Changer l'eau des fleurs de Valérie Perrin

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Violette Toussaint est garde-cimetière dans une petite ville de Bourgogne. Les gens de passage et les habitués viennent se confier et se réchauffer dans sa loge. Avec la petite équipe de fossoyeurs et le jeune curé, elle forme une famille décalée. Mais quels événements ont mené Violette dans cet univers où le tragique et le cocasse s’entremêlent ?

 

Mes voisins de palier n’ont pas froid aux yeux. Ils n’ont pas de soucis, ne tombent pas amoureux, ne se rongent pas les ongles, ne croient pas au hasard, ne font pas de promesses, de bruit, n’ont pas de sécurité sociale, ne pleurent pas, ne cherchent pas leurs clés, leurs lunettes, la télécommande, leurs enfants, le bonheur.

Ce que j’en pense : Si je devais résumer ce livre en un mot ce serait : IR-RE-SIS-TI-BLE !

 

Impossible de ne pas succomber au charme de Violette Toussaint, qui exerce une profession peu commune puisqu’elle est garde-cimetière. A travers « Changer l’eau des fleurs », nous allons apprendre à connaitre Violette, son passé, pourquoi est-elle devenue garde-cimetière, son quotidien, ses espoirs, ses chagrins etc…

 

Il est d’ailleurs très difficile de faire un résumé de ce roman car il renferme plusieurs histoires en une. En fait, c’est un livre qui parle de la vraie vie et des vrais gens, tout simplement.

 

C’est aussi un livre de rencontres. Une rencontre avec Violette, mais pas seulement. Une myriade de personnages gravite autour d’elle. Tous sont extrêmement attachants et vraiment bien travaillés, tout en nuances. J’ai adoré cet univers doux, discret et rempli d’émotions et de poésie.

 

La plume de Valérie Perrin est excellente : je suis devenue très vite addict à ce roman et j’ai eu beaucoup de mal à le lâcher car je tenais absolument à savoir ce qui allait se passer dans le prochain chapitre (« bon, allez, encore un chapitre et je vais me coucher »…. « bon, cette fois c’est le dernier, hein… »).

 

Ne vous fiez pas à son titre et à sa couverture qui de prime abord m’auraient un peu refroidis, ce livre mérite vraiment d’être découvert et mis en valeur !

 

Vous l’avez compris, « Changer l’eau des fleurs » a été un coup de cœur pour moi. Je suis véritablement tombée en amour pour cette histoire, ses personnages et cet univers… Ce livre est une pépite littéraire comme on les aime : à consommer sans modération !

 

Ma note : 4/5

 

 

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Né d'aucune femme de Franck Bouysse

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d'une femme à l'asile ». - Et alors, qu'y-a-t-il d'extraordinaire à cela ? Demandais-je. - Sous sa robe, c'est là que je les ai cachés. - De quoi parlez-vous ? - Les cahiers... Ceux de Rose. Ainsi sortent de l'ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquelles elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin.

Il se trouvait quelque part plus loin que les aiguilles de ma montre. Cela n’a pas encore eu lieu. Il ne sait rien du trouble. Ce sont des odeurs de printemps suspendues dans l’air frais du matin, des odeurs d’abord, toujours, des odeurs maculées de couleurs, en dégradé de vert, en anarchie florale confinant à l’explosion. Puis il y a les sons, les bruits, les cris, qui expriment, divulguent, agitent, déglinguent.

Ce que j’en pense : certes, j’arrive après tout le monde.... mais je ne regrette absolument pas ! « Né d’aucune femme » fut une lecture intense, parfois dure, mais toujours captivante.

 

Rose est l’ainée d’une famille paysanne de quatre filles. Comme une fille ne rapporte pas d’argent, son père décide de la vendre au propriétaire du domaine des forges. Une fois sur place, Rose est traitée comme une moins que rien, condamnée à servir un homme pervers et sa mère diabolique. Très vite, Rose découvrira à ses dépens que cette famille cache un bien sinistre secret…

 

J’ai toujours aimé lire les destins de femmes hors du commun. Celui de Rose est un véritable calvaire mais elle se montrera toujours digne, courageuse et ne s’avouera jamais vaincue. J’ai beaucoup aimé ce personnage.

 

Franck Bouysse nous entraine sur des chemins sombres pour nous montrer ce qu’il peut y avoir de pire chez l’homme. C’est un roman assez « noir » avec une histoire très manichéenne, un peu à la manière d’un conte, avec des gentils très gentils, des méchants très méchants, des pauvres et des riches. C’est d’ailleurs tellement noir que j’ai vraiment besoin que la prochaine lecture soit un peu plus légère histoire de remonter jusqu’à la lumière !

Le style de l’auteur est vraiment très bon : on est tout de suite happé par le destin de cette pauvre petite créature qu’est Rose et je me suis fait avoir plusieurs fois par les rebondissements que je n’ai pas vu venir.

 

Seule déception : la fin du roman que j’ai trouvé un peu évidente. J’aurais aimé un ultime twist final.

 

Ce roman est un véritable « page turner » dont il est difficilement possible de se détacher une fois commencé, je ne peux que vous le recommander !

 

Ma note : 3,75/5

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L'amour sous algorithme de Judith Duportail

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : On y découvre – avec stupéfaction, souvent – moult détails sur la technologie de l’application, notamment au sujet de son sexisme.

Je suis en avance au cours d’abdos-fessiers, je m’appuie contre le mur pour attendre. Le grincement de mes baskets sur le lino me rappelle l’EPS au collège, quand on patientait dans le couloir du gymnase mal chauffé pour une poussive heure de handball ou autres « sports co » que je détestais. Sauf qu’ici, la clim est bien réglée et je suis la seule à m’habiller encore pareil qu’à l’époque du collège. Je détonne au milieu des filles aux tresses impeccables qui virevoltent derrière elles quand elles courent sur les tapis avec une aisance de gazelle.

Ce que j’en pense : Love me tinder, love me true.... Outil indispensable de la drague version 2.0, Tinder s'est invité dans les smartphones de la plupart des célibataires du troisième millénaire. Swipe à gauche, swipe à droite... tout le monde connait. Mais ce que l'on sait moins bien, c'est que nos amis de chez Tinder biaiseraient nos rencontres grâce à un algorithme mis en place à notre insu.

 

Tout a commencé lorsque Judith Duportail a découvert que Tinder, dans sa magnificence, attribuait à ses utilisateurs une note secrète de désirabilité, autrement appelée "Elo score" à laquelle nous n'avons pas accès. Ainsi, si une personne dite "désirable" a liké votre profil, votre note augmente ; au contraire, si une personne jugée peu désirable like votre profil, votre note diminue.

 

En poussant un peu plus son enquête, Judith Duportail découvre que Tinder va plus loin en se servant de nos données personnelles pour nous proposer des matchs : date de naissance, pages likées sur facebook, voire même notre QI. Ainsi, si je suis une jeune cadre dynamique qui aime les voyages et les grands bruns barbus, j'ai plus de chances de matcher sur Tinder avec un grand brun barbu de la même catégorie socio-professionnelle que moi et qui a liké les mêmes pages facebook que moi. En somme, les beaux et riches matchent avec les beaux et riches et les moches et pauvres matchent avec les moches et pauvres...

 

Moi qui pensait que mes match étaient le fruit du hasard et de la géolocalisation, je me suis bien mise le doigt dans l’œil (aïe, ça fait mal !)

 

Judith Duportail met également l'accent sur un point que j'ai trouvé très intéressant. Lorsqu'on est une fille, aller sur Tinder permet de se prendre un shot de narcissisme : on se sent belle, désirable, il y a tout de suite pleins de garçons qui veulent nous rencontrer. Et puis quand on a obtenu ce frisson d’égocentrisme, quand Tinder a comblé le vide que l'on était venu combler, on a souvent tendance à lâcher son téléphone et à oublier de répondre aux messages. Comportement que l'on reproche d'ailleurs souvent à la gente masculine...

 

J'ai adoré ma lecture de "l'amour sous algorithme" et j'ai trouvé que cet essai présenté sous la forme d'une enquête journalistique était extrêmement intéressant et révélateur, non seulement sur le réel fonctionnement de Tinder, mais également quant au comportement amoureux de notre fameuse génération Y. Bravo !

 

Ma note : 4/5

 

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Filles de la mer de Mary Lynn Bracht

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Sur l'île de Jeju, au sud de la Corée, Hana et sa petite soeur Emi appartiennent à la communauté haenyeo, au sein de laquelle ce sont les femmes qui font vivre leur famille en pêchant en apnée.

 

Un jour, alors qu'Hana est en mer, elle aperçoit un soldat japonais sur la plage qui se dirige vers Emi. Aux deux filles on a maintes fois répété de ne jamais se retrouver seules avec un soldat. Craignant pour sa soeur, Hana rejoint le rivage aussi vite qu'elle le peut et se laisse enlever à sa place. Elle devient alors, comme des milliers d'autres Coréennes, une femme de réconfort en Mandchourie.

 

Ainsi commence l'histoire de deux soeurs violemment séparées. Alternant entre le récit d'Hana en 1943 et celui d'Emi en 2011, Filles de la mer se lit au rythme des vagues et dévoile un pan sombre et bouleversant de l'histoire de la Seconde Guerre mondiale en Asie. Au fil du récit, par la grâce de leurs liens indéfectibles, les deux héroïnes nous ramènent vers la lumière, ou l'espoir triomphe des horreurs de la guerre.

 

Hana

Ile de Jéju, été 1943

Hana a seize ans et ne connait rien d’autre qu’une vie sous l’occupation. Le Japon a annexé la Corée en 1910, et Hana parle couramment le japonais, a appris à l’école l’histoire et la culture japonaises et n’a pas le droit de parler, de lire ou d’écrire dans sa langue maternelle, le coréen. Elle est dans son propre pays une citoyenne de seconde zone à qui ne sont laissés que des droits de seconde zone, mais cela n’entache en rien sa fierté d’être coréenne.

Ce que j’en pense : ATTENTION : Ceci est une alerte à la bombe livresque ! Pour moi, c'est LE livre de l'année et sans doute l'un des meilleurs que j'ai lu.

 

1943.La Corée est occupée par le Japon et subit les affres de la seconde guerre mondiale. Deux sœurs, Hana et Emi vivent sur l'île de Jeju avec leurs parents et appartiennent à la communauté des haenyeo, dont les femmes font vivre leur famille en pêchant en apnée. Hana a été initiée aux rites de la pêche et plonge tous les jours avec sa mère dans les eaux profondes. Emi, trop jeune pour plonger, reste sur la plage et surveille le butin.

 

Un jour, Hana aperçoit au loin un soldat japonais qui s'approche de l'endroit où se trouve sa petite sœur. Elle se remémore alors les paroles de sa mère qui lui ordonnait de ne jamais s'approcher des soldats japonais et de ne surtout jamais se retrouver seule avec eux. Sans réfléchir, Hana se précipite hors de l'eau pour cacher sa petite sœur et la mettre à l'abri. Le soldat japonais se retrouvera alors nez à nez avec Hana et va l'envoyer en Mandchourie afin qu'elle y devienne une "femme de réconfort", c'est à dire une esclave sexuelle pour satisfaire les désirs des soldats japonais.

 

Emi, de son côté, n'a jamais oublié le geste de sa sœur et va tout faire pour retrouver cette dernière, jusqu'à son dernier souffle...

 

"Filles de la mer" fut une lecture bouleversante : je ne suis même pas sûre de trouver les mots justes pour vous dire combien j'ai été transpercé par l'histoire de ces deux sœurs et plus généralement par le destin de ces "femmes de réconfort". Le calvaire d'Hana, sacrifiée au nom de l'effort de guerre, est d'autant plus difficile à lire quand on sait que de tels faits se sont réellement produits. Pour ma part, je n'avais jamais entendu parler des "femmes de réconfort" et je ne me souviens pas non plus que mes livres d'histoires aient traité de ce sujet.

 

Ce livre résonne comme le cri de femmes à qui on a volé leur identité, leur condition d'être humain, et même leur âme. Il est d'une puissance et d'une intensité incroyables. La force et la dignité de ces femmes m'ont parfois émue aux larmes... C'est vraiment un bel hommage que leur rend Mary Lynn Bracht dont l'écriture est époustouflante : on est immédiatement happé par l'histoire et on lit le roman d'une traite, en apnée.

 

Si vous ne l'avez pas encore compris, ce livre est un immense coup de cœur pour moi. Il est passé quelque peu inaperçu lors de sa sortie en librairie, alors rendez-lui hommage et lisez-le !

Ma note : 4,5/5

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Quand nos souvenirs viendront danser de Virginie Grimaldi

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Lorsque nous avons emménagé impasse des Colibris, nous avions vingt ans, ça sentait la peinture fraîche et les projets, nous nous prêtions main-forte entre voisins en traversant les jardins non clôturés.

 

Soixante-trois ans plus tard, les haies ont poussé, nos souvenirs sont accrochés aux murs et nous ne nous adressons la parole qu’en cas de nécessité absolue. Nous ne sommes plus que six : Anatole, Joséphine, Marius, Rosalie, Gustave et moi, Marceline.

 

Quand le maire annonce qu’il va raser l’impasse – nos maisons, nos mémoires, nos vies-, nous oublions le passé pour nous allier et nous battre. Tous les coups sont permis : nous n’avons plus rien à perdre, et c’est plus excitant qu’une sieste devant Motus ».

 

A travers le récit de leur combat et une plongée dans des souvenirs, Marceline raconte une magnifique histoire d’amour, les secrets de toute une famille et la force des liens qui tissent une amitié.

C’est un lundi matin, à l’heure de Motus. Je suis en train de mixer les poireaux lorsqu’on frappe. Je ne me méfie pas, cela ne peut être que la factrice. Elle seule sait que nous avons désactivé la sonnette pour éconduire les vendeurs de véranda ou de religion. J’essuie mes mains sur mon tablier et ouvre la porte en grand. De l’autre côté, le visage rubicond de Gustave me sourit.

Ce que j’en pense : Je viens ajouter ma voix au concert de louanges qui a débuté à la sortie de ce livre et dont le succès est amplement mérité.

 

"Quand nos souvenirs viendront danser" raconte l'histoire des "Octogéniaux". Ils s'appellent Marceline, Anatole, Rosalie, Gustave, Joséphine et Marius ; ils ont 80 ans et vivent depuis toujours impasse des Colibris. Leurs enfants y ont grandi, leurs amitiés s'y sont scellées et ils ont y connu les événements les plus marquants leurs vies. Aussi, lorsque le Maire décide de raser leurs maisons, leurs souvenirs, et leurs vies avec, pour y construire une école à la place, nos Octogéniaux décident de s'opposer frontalement à cette décision et de mener le combat de leur vie, qui sera sans doute leur dernier.

 

Dans ce roman, Virginie Grimaldi choisit de nous parler du temps qui passe, des souvenirs qui restent, des secrets que l'on enfouit au fond de soi, des liens qui font et se défont. C'est un livre sur la vie, tout simplement.

 

Ses mots sonnent comme la mélodie d'une boite à musique. Quand on l'ouvre, on se laisse porter par la musique douce, on se remémore avec nostalgie nos souvenirs et on a le cœur qui tournoie comme les petits personnages qui dansent dans la boite. Et ce qui touche encore plus la lectrice que je suis, c'est qu'on sent que Virginie Grimaldi s'est impliquée personnellement et émotionnellement dans cette histoire inspirée par celle de ses grands-parents et nous en sommes d'autant plus touchées. Merci de partager votre bulle de bonheur avec nous.

 

Seul petit bémol : le dernier chapitre, inutile selon moi.

 

Sans surprise, j'ai donc adoré cette lecture et songe très sérieusement à écrire au Ministère de la Santé pour demander le remboursement par la Sécurité Sociale des livres cette auteure, car ils sont le meilleur antidépresseur que je connaisse.

 

 

Ma note : 4/5

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King Kong théorie de Virginie Despentes

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : En racontant pour la première fois comment elle est devenue Virginie Despentes, l'auteur de "Baise-moi" conteste les discours bien-pensants sur le viol, la prostitution, la pornographie. Manifeste pour un nouveau féminisme.

J'écris de chez les moches, pour les moches, les vieilles, les camionneuses, les frigides, les mal baisées, les imbaisables, les hystériques, les tarées, toutes les exclues du grand marché à la bonne meuf. Et je commence par là pour que les choses soient claires : je ne m'excuse de rien, je ne viens pas me plaindre.

Ce que j’en pense : J'ai toujours aimé le ton de Virginie Despentes : corrosif, acide, qui tape là où ça fait mal mais qui vise juste. Elle a un style vraiment bien à elle, une "patte" reconnaissable entre mille et c'est ce qui fait une partie de son talent. Surtout, c'est une femme qui a des choses à dire et qui valent la peine d'être entendues. A l'époque du "balance ton porc" et du "me too", je me suis dit que la lecture de "King kong théorie" était toujours d'actualité....

 

 

Il s'agit d'un essai sur le féminisme et plus généralement sur la perception des femmes dans notre société. L'auteure y fait état du clivage entre femmes et hommes et du rapport de domination que ces derniers nous imposent. Viriginie Despentes encourage les femmes à s'affranchir du contrôle et de la domination masculine. Elle prône la liberté de la femme et son droit de disposer de son corps comme elle le veut.

Pour illustrer ses propos, Virginie Despentes se sert de sa propre expérience. Elle nous parle du viol qu'elle a subi étant jeune et qui l'a marqué au fer rouge. Elle évoque également son expérience dans le milieu de la prostitution et je la crois volontiers lorsqu'elle décrit ses anciens clients comme des hommes souffrant de solitude.

 

Pour mieux comprendre l'univers de Virginie Despentes, j'ai visionné son film "Baise-moi" (disponible sur Netflix) : en le regardant, j'ai ressenti la souffrance, la révolte, l'impuissance. Tout ce qui constitue sa plume et son être. Que ce soit dans ses livres ou dans son film, Viriginie Despentes a un discours assez radical, que je ne rejoins pas toujours, mais il est bon de rappeler les fondamentaux de temps en temps...

 

Ma note 3/5

 

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Le nouveau nom d'Elena Ferrante

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : "Si rien ne pouvait nous sauver, ni l'argent, ni le corps d'un homme, ni même les études, autant tout détruire immédiatement."

 

Le soir de son mariage, Lila, seize ans, comprend que son mari Stefano l'a trahie en s'associant aux frères Solara, les camorristes qu'elle déteste. De son côté, Elena, la narratrice, poursuit ses études au lycée. Quand l'été arrive, les deux amies partent pour Ischia. L'air de la mer doit aider Lila à prendre des forces afin de donner un fils à Stefano.

 

L'amie prodigieuse, Le nouveau nom et Celle qui fuit et celle qui reste, sont les trois premiers tomes de la saga d'Elena Ferrante.

Au printemps 1966, Lila, dans un état de grande fébrilité, me confia une boite en métal contenant huit cahiers. Elle me dit qu’elle ne pouvait plus les garder chez elle car elle craignait que son mari ne les lise. J’emportai la boite sans faire de commentaires, tout juste quelques remarques ironiques sur la quantité de ficelle qu’elle avait utilisée pour la fermer.

Ce que j’en pense : Je ne m'étais pas vraiment emballée à la lecture du premier tome de la saga d'Elena Ferrante ("l'amie prodigieuse"), que j'avais apprécié, mais sans plus. Raison pour laquelle j'ai mis tant de temps à lire le deuxième. Eh bien... j'ai vraiment bien fait de persister car ce deuxième tome est bien meilleur que le premier !

 

Nous voilà de retour à Naples, mais dans les années 60 cette fois. Les deux amies Lila et Lena entrent dans l'âge adulte, mais à des rythmes différents. Lila, la flamboyante, l'exubérante, va connaitre la vie de femme mariée avec Stefano, qu'elle a épousé très jeune. Stefano est l'épicier du quartier où vivent Lila et Lena et l'épouser représente une ascension sociale pour Lila, qui a dû arrêter ses études. Bien que Stefano offre à sa jeune femme tout ce qu'elle demande, la vie de femme mariée est loin de ce dont rêvait Lila : elle découvre le soir de son mariage que Stefano l'a trahie en s'associant à la famille Solara, il la frappe régulièrement et la force à avoir des rapports sexuels avec lui. Lena, la discrète, quant à elle, va continuer ses études : d'abord au lycée puis à l'université où elle va découvrir des milieux intellectuels complètement différents des gens de son quartier. Elle est toujours secrètement amoureuse de Nino, un brillant élève de son lycée et de quelques années son aîné.

 

C'est lors d'un séjour sur l'île d'Ischia que la vie des deux amies va basculer et les conséquences en seront irréversibles pour l'une comme pour l'autre...

 

"Le nouveau nom" est clairement un récit initiatique centré sur la découverte de l'amour chez nos deux personnages. En parallèle, Lila et Lena vont chercher leur place au sein de la société, chacune à leur manière (l’une en faisant un beau mariage et l’autre en poursuivant ses études), mais toutes deux éprouvent le besoin de s'affranchir de leur condition sociale. Comme dans "l'amie prodigieuse", on retrouve cette ambiance napolitaine que j'aime tant : on entend les personnages hurler, on ressent la chaleur italienne, la mafia qui tient d'une main de fer le quartier etc... mais le roman traite également de l'amitié féminine (Lila et Lena vont tour à tour s'adorer, se détester, s'admirer, se concurrencer) ou encore de la condition de la femme dans l'Italie machiste des années 60 (l'omerta qui règne autour de la violence faite aux femmes est d'ailleurs révoltant).

 

J'ai adoré tous les personnages du roman ; Lena en particulier pour qui j'ai eu beaucoup d'affection. Les personnages secondaires ne sont pas en reste car ils possèdent tous un caractère bien trempé et typiquement napolitain !

 

Vous l'avez compris, ce roman un vrai coup de cœur en ce qui me concerne. On est totalement captivé par l'histoire et l'écriture d'Elena Ferrante qui a réalisé un chef d'œuvre à l'italienne. Bravissimo !

Ma note : 4/5

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La chambre des merveilles de Julien Sandrel

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet.

 

Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis. En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie.

Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut–être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

 

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

10h32

- Louis, c’est l’heure ! Allez, je ne le répète plus, s’il te plait lève-toi et habille-toi, on va être à la bourre, il est déjà 9h20.

C’est à peu près comme ça qu’a commencé ce qui allait devenir la pire journée de toute mon existence.

Ce que j’en pense : Thelma occupe un poste de Directrice marketing dans les cosmétiques et est très absorbée par son travail, au détriment de son fils Louis, 12 ans, avec qui elle vit seule. Louis sait bien que sa mère l'aime mais il ne comprend pas pourquoi elle passe autant de temps dans un job qui ne la rend pas épanouie.  Et il comprend encore moins sa mère lorsqu'il essaie, dans un élan d'espoir, de s'ouvrir à elle sur ses premiers émois amoureux, mais qu'elle préfère prendre un appel de son boss. Vexé, Louis s'élance dans la rue sur son skate board sous le regard distrait de sa mère.

 

10h32. C'est l'heure à laquelle le téléphone, la montre et la vie de Thelma se brisent. C'est l'heure à laquelle Louis se fera renverser par un camion en pleine rue. La vie ne sera plus jamais comme avant. Louis est dans le coma, son pronostic vital est engagé, les séquelles pourraient être irréversibles. Cet événement, c'est le choc dont Thelma avait besoin pour réaliser qu'elle était passée à côté de l'essentiel : sa vie, son fils. Abattue, Thelma trouve dans la chambre de Louis son "carnet des merveilles" : un cahier dans lequel il note tous ses rêves les plus fous (comme aller au Japon ou de toucher les seins de sa prof de maths). Thelma décide alors de réaliser les rêves de son fils, de les filmer et de les lui montrer sur son lit d'hôpital car elle espère le faire réagir et le faire sortir du coma.

 

J'attendais beaucoup de ce livre dont je lis les éloges depuis quelques temps sur Instagram. Malheureusement, j'ai un avis plutôt mitigé.

 

Compte tenu du thème de ce livre, je préparais déjà la boite de mouchoirs pour la pleurnichette que je suis. Le problème, c'est que je ne l'ai pas utilisée... L'écriture de Julien Sandrel est vraiment très agréable à lire et l'histoire ne peut que vous toucher en plein cœur. Toutefois, j'ai trouvé certains rebondissements un peu trop "évidents" et "attendus" et je ne me suis pas toujours laissée surprendre. De plus, j'ai été un peu peiné que ce soit Thelma qui vive les rêves de Louis à sa place, même si je comprends tout à fait l'intention de base... En somme, je suis un peu restée sur ma faim. Peut-être en attendais-je trop, tout simplement...

 

Ma note : 2,5/5

 

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Ciao bella de Serena Giuliano

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « J’ai peur du chiffre quatre. C’est une superstition très répandue en Asie. Le rêve ! Enfin des gens qui me comprennent ! Je devrais peut-être déménager…

 

– Vous avez beaucoup d’autres phobies ?

– Vous avez combien d’années devant vous ? »Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.

 

Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux…

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

 

Attention, la lecture de Ciao Bella pourrait avoir des conséquences irréversibles : parler avec les mains, écouter avec le cœur, rire de tout (et surtout de soi), ou devenir accro aux pasta al dente.

 

Fudicia

6 août

Je suis très perturbée par cette nouvelle grossesse : je fais des cauchemars, des crises de panique incontrôlables ; j’ai des idées noires. J’en arrive à espérer que cet enfant quitte mon corps. Je l’ai pourtant vraiment désiré.

- Hum, hum, continuez…
- Est-ce que vous êtes une psy du genre à juste faire « hum, hum », ou vous avez un vocabulaire plus riche que la plupart de vos confrères que j’ai déjà pu rencontrer, et qui ne m’ont jamais revue ensuite ?

Ce que j’en pense : ALERTE AU COUP DE CŒUR ! Non, en fait, c'est un battement de cœur que je ressens pour ce livre et son auteure. Ciao bella c'est l'histoire d'Anna, une jeune maman trentenaire enceinte de son deuxième enfant qui va se confier à son psy car elle est pétrie d'angoisses : elle a peur de la foule, de rouler sur l'autoroute, du chiffre 4, des pommes de terre qui ont germé, d'attraper le cancer de la peau à cause du soleil, de se noyer en nageant dans la Méditerranée, mais elle a également peur de perdre les gens qu'elle aime, peur de contrarier son entourage et peur d'être heureuse parce qu'elle pense que le bonheur ne dure pas.

 

Au fur et à mesure de ses séances chez la psy, nous allons apprendre à connaitre Anna : son enfance en Italie, sa mère, sa nonna (j'ai adoré ce personnage), son mari, ses enfants, son job etc... Pour dédramatiser certaines angoisses, Anna se lance dans l'écriture d'un blog dans lequel elle va raconter sa vie de maman et de femme. Et là commence une nouvelle aventure qui va la mener là où elle ne pensait jamais aller...

 

La plume de Serena Giuliano est génialissime : on pleure autant qu'on rit, on est ému, on a envie de la serrer dans nos bras, d'aller à Naples, de manger des pâtes et de trinquer avec elle au Limoncello. Ce livre, c'est comme une copine que j'écoute parler. Parce qu'Anna, c'est un peu de toi et moi, un peu de nous toutes. C'est une jeune femme qui vit dans l'ère du temps, drôle, avec de la répartie et avec les mêmes références que nous ! J'ai d'ailleurs tellement aimé ce livre que je ralentissais parfois ma lecture pour rester un peu plus longtemps aux côtés d'Anna 🙂

 

Alors, arrêtez tout et foncez lire Ciao bella ! Cazzo, que ce livre fait du bien !

Ma note : 4,75/5

 

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La salle de bal d'Anna Hope

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Lors de l’hiver 1911, Ella Fay est internée à l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait depuis l’enfance. Révoltée puis résignée, elle participe chaque vendredi au bal des pensionnaires, unique moment où hommes et femmes sont réunis. Elle y rencontre John, un Irlandais mélancolique.

 

Tous deux dansent, toujours plus fébriles et plus épris. A la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades, dont les conséquences pourraient être désastreuses pour Ella et John.

 

Après Le chagrin des vivants, Anna Hope transforme à nouveau une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

 

Ella

« Tu vas te calmer, oui ? résonnait la voix de l’homme. Tu vas te calmer, oui ? »
Elle émit un son. C’aurait pu être oui. C’aurait pu être non, qu’importe, on lui retira brusquement la couverture de la tête et elle aspira l’air avidement.
Une salle voûtée se déployait devant elle, éclairée par des lampes. Le sifflement ténu du gaz. Des plantes partout, et l’odeur du savon au crésol. Par terre des carreaux qui partaient dans toutes les directions, astiqués à fond, certains en forme de fleurs, mais les fleurs étaient noires. Comprenant qu’il ne s’agissait pas là d’un poste de police, elle se mit à crier, terrorisée, jusqu’à ce qu’une jeune femme en uniforme surgisse de l’obscurité et la gifle.

Ce que j’en pense : J'ai eu beau faire tourbillonner les pages, tenter de faire swinguer les mots entre eux,  j'ai même parfois tout envoyé valsé : rien n'y a fait... Je suis restée à l'extérieur de la salle de bal... Malheureusement, je n'ai accroché ni à l'histoire, ni aux personnages. Je suis vraiment déçue car quasiment tous ses lecteurs ont adoré ce livre.

 

Peut-être tout simplement n'était-ce pas le bon moment pour moi de lire ce livre car la lecture dépend aussi de l'état d'esprit du lecteur. Et comme mon esprit est perturbé en ce moment, l'histoire d'un asile psychiatrique n'était peut-être pas le bon choix. Cela dit, s'il y a bien une leçon que j'ai retenue de ce livre, c'est que le fou n'est pas forcément celui qu'on croit...

 

Tant pis ! Next !

Ma note : 1,5/5

Publié dans Littérature

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