Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

litterature

Dura Lex de Bruce DeSilva

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : À la fin des années 1980, Kwame Diggs, le plus jeune tueur en série de l’histoire, a sauvagement assassiné deux femmes et trois petites filles avec des couteaux de cuisine avant même d’être en âge de conduire. Lors de son arres­tation, il y a dix-huit ans, le Code pénal de Rhode Island prévoyait que tout délinquant juvénile, quel que soit son crime, soit libéré à vingt et un ans.

 

Il devrait donc être sorti de prison depuis des années mais il est toujours derrière les barreaux, à cause de condamnations supplémentaires pour possession de drogue et agression de deux gardiens. Le fait que ces accusations soient montées de toutes pièces est un secret de Polichinelle, mais ça ne gêne personne, et surtout pas Mulligan, qui avait enquêté pour le Dispatch à l’époque des faits et qui redoute d’autres meurtres si le tueur est re­mis en liberté.

La direction du journal, en revanche, n’est pas du même avis : si l’administration n’est pas inquiétée pour ce coup monté contre un tueur, elle pourra se per­mettre le même type d’agissements avec n’importe qui.

 

Peut-on prendre des libertés avec la loi au nom de la sécurité ? C’est autour de ce dilemme éthique que le journal, et l’opinion, se déchirent. Mulligan, de son côté, reprend ses investigations et se lance dans une course contre la montre pour maintenir le criminel en détention. Parce que si le meurtrier est relâché, partisans du droit et défenseurs de l’éthique risquent de se retrouver dans le même camp : celui des proies

Mai 1989

L’enfant tient le bocal à la lumière et examine ce qui grouille à l’intérieur. Les antennes qui frémissent, les pattes qui s’agitent, les yeux à facettes, les ailes transparentes repliées contre les abdomens verts et segmentés. Il y en a plein dans les herbes hautes derrière sa maison. Il a passé la moitié de la matinée à les traquer parmi les tiges de panic érigé, à saisir ces petits morceaux de vie dans ses mains puissantes.

Ce que j’en pense : Dura Lex. Rassurez-vous, ce n'est pas une histoire de vaisselle mais plutôt un polar qui nous fait comprendre que le droit et la morale sont parfois incompatibles...

 

A la fin des années 1980, Kwame Diggs a 18 ans lorsqu'il se fait arrêter pour des crimes commis alors qu'il en avait 16. Et pas n'importe quel crime. Kwame a poignardé sauvagement deux femmes et trois fillettes avec des couteaux de cuisine. Des scènes de crimes à vous faire froid dans le dos et cauchemarder la nuit. Petit détail : à l'époque, le code pénal de Rhode Island prévoyait qu'un mineur pouvait être libéré à l'âge de vingt et un ans, quel que soit son crime. Il ne restait donc à Kwame que trois ans à purger après son arrestation.

 

Cette spécificité législative n'étant pas du goût de tout le monde, l'établissement pénitentiaire dans lequel il séjournait s'est attaché à lui imputer de fausses infractions afin de le maintenir en prison le plus longtemps possible. La version de Kwame ? L'Etat cherche à le maintenir en prison parce qu'il est noir. L'explication de l'Etat ? L'Etat cherche à protéger ses citoyens d'un dangereux criminel et prédateur sexuel qui pourrait récidiver si on le laissait sortir

Lorsque les personnes qui ont juré de faire respecter la loi s’associent dans le but de l’enfreindre, quelle que soit la cause qu’elles défendent, elles sapent les principes mêmes sur lesquels repose notre système judiciaire. De tels actes, dignes d’un Etat policier, sentent le despotisme à plein nez et ne peuvent être tolérés dans une société démocratique.

Ce livre pose deux questions éthiques : 1) peut-on faire justice soi-même ? 2) doit-on obéir aux lois et libérer un criminel dont on sait qu'il recommencera à coup sûr ? 

 

Que faire lorsque la loi impose une conduite que la morale réprouverait ? Selon Bruce DeSilva, même si l'éthique est à prendre en compte, on ne juge qu'avec des faits objectifs et incontestables. C'est ce qui garantit l'équité d'un procès. En somme, est-ce que tu libères un homme encore plus coupable que Marc Dutroux et Guy George réunis si la loi te le commande ?

 

Je suis plutôt du même avis que l'auteur à savoir que l'objectivité garantit l'équité et qu'il est important d'avoir tous les éléments d'un dossier avant de le juger. Mais bon sang, comme je n'aimerais pas être à la place de celui qui devra prendre une telle décision !
 
J'ai apprécié cette lecture mais elle n'est pas un coup de cœur pour moi. 
 
L'histoire traîne en longueur et est parsemée de petits détails inutiles. Le lecteur est plongé dans une ambiance très "américaine" : les noms des personnages (Mulligan, Mason, Jennings) ressemblent à des noms de personnages de mauvaises séries télé (on se croirait dans "Walker Texas Ranger") ; un journaliste sportif (ex champion universitaire) qui aide à résoudre un meurtre... sont autant d'indices de mauvais goût (sans doute le goût de la bière, que l'on consomme environ toutes les 4 pages, tel un signe de virilité) qui ne m'ont pas franchement séduits 
 
Les fans de polar apprécieront sans doute mais je n'ai pas été emporté par ce livre. Dommage.
 

Ma note : 3/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Dans le jardin de l'ogre de Leïla Slimani

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Mais cette nuit, elle en a rêvé et n’a pas pu se rendormir. Un rêve moite, interminable, qui s’est introduit en elle comme un souffle d’air chaud. Adèle ne peut plus penser qu’à ça. »

 

Adèle semble heureuse avec Richard, le médecin qu’elle a épousé. Pourtant, elle ne peut s’empêcher de collectionner les conquêtes. Dans le jardin de l’ogre est l’histoire d’un corps esclave de ses pulsions que rien ne rassasie. Un roman féroce et viscéral sur l’addiction sexuelle et ses implacables conséquences.

Une semaine qu’elle tient. Une semaine qu’elle n’a pas cédé. Adèle a été sage. En quatre jours, elle a couru trente-deux kilomètres. Elle est allée de Pigalle aux Champs-Elysées, du musée d’Orsay à Bercy. Elle a couru le matin sur les quais déserts. La nuit, sur le boulevard Rochechouart et la place de Clichy. Elle n’a pas bu d’alcool et elle s’est couchée tôt.

Ce que j’en pense : Dans la catégorie "livre de meufs", je demande "Dans le jardin de l'ogre". Leïla Slimani y aborde un sujet assez peu évoqué en littérature : l'addiction sexuelle féminine. Mais je ne parle pas du sexe pour le plaisir, je parle d'une addiction subie : une vraie souffrance qui ronge Adèle, nymphomane et héroïne du roman.  "C'est plus fort que moi", rétorque-t-elle pour se défendre. Elle cherche compulsivement un numéro dans le téléphone à clapet dédié à ses fantasmes, les moments de baise sont effrénés, elle ne veut pas réfléchir, elle en a besoin, vite, maintenant, même 10 minutes adossée à une poubelle avec un inconnu rencontré dans une expo feront l'affaire.

 

Le désir, les pulsions, la dépendance sont le sujet de ce roman. Comme dans "Chanson douce", l'écriture de Leïla Slimani est froide, chirurgicale. Le lecteur n'éprouve aucune compassion pour Adèle dont on a du mal à comprendre les agissements. Adèle a 35 ans et mène une double vie : côté pile, elle est journaliste, mariée et mère d'un petit Lucien ; côté face, elle séduit des hommes : ses collègues, ceux de son mari, des amants rencontrés via internet, des prostitués, peu importe...Plus on avance dans le roman, plus on comprend qu'Adèle cherche à s'autodétruire à travers son rapport au sexe. Pourra-t-elle échapper éternellement à ses démons ?

 

J'ai adoré cette lecture qui expose un sujet tabou au grand public. La double personnalité d'Adèle résonne pour moi comme la double personnalité que l'on attend d'une femme : mi-pute, mi-soumise. Le récit est haletant, prenant, c'est vraiment écrit avec talent. Petit bémol tout de même pour la fin qui n’en est pas une. J'avais adoré "Chanson douce", j'ai été addict à "Dans le jardin de l'ogre". Leïla Slimani fait partie de ses talents de l'écriture avec lesquels il faudra désormais composer.

 

Ma note : 3,5/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Même les monstres de Thierry Illouz

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Je voudrais que l’on dise ce que vivent les gens, que l’on raconte les quartiers, les immeubles, l’argent qui manque, l’absence de reconnaissance. Je voudrais oser les mots ghetto, stigmatisation, relégation. Je voudrais appeler à la clémence, au doute. Je voudrais que l’on se soucie des abandonnés. »

 

Il est avocat pénaliste depuis trente ans. Enfant des cités, sa vocation est née de son histoire. Et parce que la misère côtoyée par le passé est celle qui fabrique les monstres défendus aujourd’hui, Thierry Illouz lance un appel. Pour qu’enfin on regarde l’autre, dans le box des accusés. Celui qui nous effraie, celui que l’on condamne. Et qu’il est urgent de comprendre.

Un jour, j’ai décidé d’enfiler une robe noire et d’aller parler dans cet accoutrement, d’agiter les bras, ou plus exactement les manches. Je trouvais cela ridicule à notre époque, une robe avec un revers de satin au bout des bras. Et puis, je m’y suis fait, mieux même, je ne pouvais plus m’en passer, une sorte d’effet « Batman », pourrait-on dire. Dedans, je me sens plus fort, plus autorisé à parler ; le satin peut-être…

Ce que j’en pense : Monstre (n.m.) : personne qui suscite l'horreur par sa cruauté, sa perversité, par quelque vice énorme. (Larousse)

 

Ce sont ces « monstres » que Thierry Illouz, avocat pénaliste depuis 30 ans, a choisi de défendre. Et dans son livre, il nous explique pourquoi et cela passe par son histoire familiale. Thierry Illouz a grandi dans la région d'Amiens, dans une cité où l'on regroupe les pieds noirs qui viennent d'arriver en France, comme ses parents. Thierry Illouz aime son quartier et la diversité qui le compose. Mais surtout, Thierry Illouz aime les gens et croit profondément en l'être humain.

 

C'est sans doute ce côté altruiste qui lui fera se tourner vers la profession d'avocat. Et lorsqu'il revêt sa robe, c'est pour défendre ceux que le grand public a condamné avant même qu'ils n'aient été jugés : des violeurs, des pédophiles, des hommes violents, des meurtriers.

Thierry Illouz refuse de croire que les hommes sont divisés en deux catégories (les bons et les mauvais). Pour lui, derrière ces actes (indéfendables, certes) se cache un être humain avec une histoire de vie (défendable, elle). Il nous invite à la tolérance et à l'ouverture d'esprit : nous ne pouvons pas nous faire juge à la place du juge lui-même. « Mêmes les monstres » part du postulat que les monstres n'existent pas (sauf dans les contes de fées), seuls les hommes existent.

 

Défendre, c’est comprendre ce qui se trouve derrière les gestes, derrière les comportements ; où cela commence un geste ? Dans quelles circonstances, par quel enchaînement ? Comment toute la vie de quelqu’un prépare patiemment le moment terrible du passage à l’acte ?

J'ai adoré cette lecture et la vision profondément humaniste de Thierry Illouz. Je suis également d'avis qu'il ne faut pas regarder les accusés comme des monstres, mais comme des hommes dans leur globalité. D'ailleurs, si j'avais choisi de faire du droit pénal, je pense que j'aurais pu moi aussi défendre celui qui est assis dans le box des accusés. (En ce qui me concerne, j'ai choisi le droit du travail et la défense des employeurs : d'autres monstres ?)

 

Au-delà d'une simple réflexion sur les violeurs ou les pédophiles, l'auteur nous fait nous interroger sur l'efficacité de notre système judiciaire. Les peines prononcées sont-elles vraiment adaptées ? Ne devrions-nous pas nous pencher sur l'origine du Mal pour mieux le soigner et agir à titre préventif ? Ne pourrait-on pas éviter au lieu de sanctionner les comportements déviants ?

 

Il est clair que cette question dérange. Aussi, pour animer vos soirées, je vous propose d'aborder le sujet dans les dîners de famille : alors là, c’est grands débats garantis !

 

Ma note : 4/5

 

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Einstein, le sexe et moi d'Olivier Liron

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je vais vous raconter une histoire. Cette histoire est la mienne. J’ai joué au jeu télévisé Questions pour un champion et cela a été très important pour moi. »

 

Nous voici donc en 2012 sur le plateau de France 3 avec notre candidat préféré. Olivier Liron lui-même est fort occupé à gagner ; tout autant à nous expliquer ce qui lui est arrivé. En réunissant ici les ingrédients de la confession et ceux du thriller, il manifeste une nouvelle fois avec l’humour qui est sa marque de fabrique, sa très subtile connaissance des émotions humaines.

Je suis autiste Asperger. Ce n’est pas une maladie, je vous rassure. C’est une différence. Je préfère réaliser des activités seul plutôt qu’avec d’autres personnes. J’aime faire les choses de la même manière.

Ce que j’en pense : Alors là, je crie au génie et au chef d'oeuvre (oh génie ! oh chef d'oeuvre !). J'ai été touchée en plein cœur par ce roman. C'est même plus qu'un roman, c'est une décharge émotionnelle : on en prend plein les yeux, plein les mots et plein le cœur (j’ai versé une larme à la dernière page).

 

Tout d'abord, j'ai adoré l'écriture d'Olivier Liron : sa plume est fine, intelligente et drôle à la fois. Sous couvert d'une apparente légèreté se cache en réalité une grande profondeur et une grande sensibilité chez cet auteur ; une sorte d'écriture à fleur de peau. Le passage sur le harcèlement dont il a été victime à l'école m'a pris aux tripes. L'éducation nationale devrait sérieusement songer à faire étudier ce passage à l'école au lieu de distribuer des brochures édulcorées qui ne servent à rien.

 

Dans « Einstein, le sexe et moi », Olivier Liron utilise sa participation à l'émission « Questions pour un champion » comme décor pour nous raconter son histoire. Olivier Liron est autiste Asperger ("Ce n'est pas une maladie, je vous rassure. C'est une différence."). Il nous explique au début du roman qu'il a du mal à comprendre le sarcasme et l’ironie, qu'il adore le chocolat à l'orange et que toutes ses émotions sont exacerbées. Plus tard, avec les filles, c'est compliqué : il ne sait pas comment s'y prendre, il a honte de son corps et les relations humaines le dépassent un peu.

J'aurais voulu lui dire que je ne m'accordais pas le droit d'être moi-même, qu'on ne m'avait jamais accordé le droit d'être moi-même, et que j'avais l'impression d'être mon propre tyran en permanence, mon propre monstre. J'ai un monstre en moi.

L’histoire s’ouvre sur le sentiment de violence que l'auteur éprouve à l'égard des autres, ceux qui ne comprennent pas sa différence ; puis, grâce à son introspection, le lecteur comprend que l’histoire de la vie d’Olivier Liron n’est pas un combat contre les autres, c’est un combat contre lui-même.  

 

Ce livre s'adresse à ceux qui ne rentrent pas dans le moule, les minorités (visibles ou invisibles), à ceux qui sont assis au fond de la salle, en se demandant ce qu'ils font là, aux parias, aux oubliés... et à tous les autres aussi. C’est un vrai coup de/au cœur, une pépite littéraire. Bravo champion !

 

Ma note : 4,5/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

La Princesse de Clèves de Madame de Lafayette

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : la Princesse de Clèves met en scène, à la Cour du roi Henri II, un trio tragique : le duc de Nemours est épris de la Princesse de Clèves, qui l’aime en retour, mais est adorée de son époux… Par refus de s’abandonner à une passion coupable, la princesse commet l’irréparable : elle avoue tout au prince. Et cet aveu central dont dépend l’issue du drame a fait couler beaucoup d’encre, ainsi que le résume la romancière Marie Darrieussecq : « Mes premiers lecteurs de Mme de Lafayette, au XVIIème siècle, le jugèrent invraisemblable : quelle épouse pense devoir informer son mari de ses tentations adultères ? Au XVIIIème siècle, cet aveu, on l’a trouvé charmant. Au XIXème, immoral. Au XXème, idiot : mais qu’elle l’épouse donc, son bellâtre de cour ! Et au début du XXIème, on dit qu’il ne faut plus lire ce livre, mais c’est encore une autre histoire. »

La magnificence et la galanterie n’ont jamais paru en France avec tant d’éclat que dans les dernières années du règne de Henri second. Ce prince était galant, bien fait et amoureux ; quoique sa passion pour Diane de Poitiers, Duchesse de Valentinois, eût commencé il y avait plus de vingt ans, elle n’en était pas moins violente, et il n’en donnait pas des témoignages moins éclatants.

Ce que j’en pense : Ahhh la Princesse de Clèves : un si grand modèle de vertu, de rigueur, d’austérité… Quand je n’arrive pas à résister à une boîte de chocolats, elle résiste à l’envie de succomber à l’homme de sa vie…

 

La Princesse de Clèves est secrètement amoureuse du duc de Nemours, l’un des plus beau partis de la Cour du roi Henri II. Mais sa condition de femme mariée du 17ème siècle lui interdit de vivre sa passion au grand jour, d’autant plus que le Prince de Clèves son mari l’aime éperdument. Au plus mal, elle finit par tout avouer à son mari : mais à quel prix ?

 

Transposons cette situation à une situation de nos jours. Tu es mariée à Mister Bean parce qu’il a de l’argent et que cela arrange bien tes parents. Alors que tu découvres la vie de femme mariée avec un mari que tu n’aimes pas (mais qui est bien brave), Bradley Cooper t'envoie des sextos et te dit qu’il t’aime… Tu fais quoi ?

 

En ce qui me concerne, je plaque tout et m’enfuie avec Bradley dans sa décapotable blanche, cheveux au vent et levant mon majeur en l’honneur des conventions et du « qu’en dira-t-on ? ». Mais pas la Princesse de Clèves. Elle choisit de rester fidèle et obéissante à son mari (et à elle-même), quoi qu’il advienne.

 

Courage ou stupidité ? La réponse à cette question diffère selon l’époque où on lit le roman.

 

Les premières pages sont difficiles à aborder en raison de la multiplicité des personnages et des alliances qui y sont décrites par Madame de Lafayette. Passé cela, on est plutôt pris par l’histoire de ce triangle amoureux. De nombreux thèmes sont abordés par l’auteure : l’amour impossible, la condition féminine, le renoncement…

 

Pour quelqu’un qui a décidé de se remettre aux classiques, je trouve que « la Princesse de Clèves » est une bonne entrée en matière car elle est intemporelle. D’autres classiques à me suggérer ?

 

Ma note : 2,75/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Bilan livresque 2018

Publié le par mademoisellechristelle

 

A chaque fin d'année son bilan livresque. Cette année, j'ai choisi de suivre l'idée de @katia_et_ses_livres et de sélectionner mes neuf meilleures lectures de l'année 2018.

Alors...s'il ne devait en rester que neuf en neuf mots, ce seraient (roulement de tambour) :

#ilove de Marion Michau : hilarant 😂

#ilestgrandtempsderallumerlesetoiles de Virginie Grimaldi : resplendissant 

#etsoudainlaliberte de Caroline Laurent et Evelyne Pisier : délivrant ✊🏾

#lavraievie d'Adeline Dieudonne : percutant 👊🏾

#chansondouce de Leïla Slimani : poignant 🔪

#lesbrumesdesapa de Lolita Séchan : dépaysant 🎐

#unfilsparfait de Mathieu Menegaux : ahurissant 😶

#lesloyautes de Delphine de Vigan : attachant 🔗

#culottees de Pénélope Bagieu : inspirant 💪🏾

Initialement, j'ai choisi ces romans en me basant sur mon intuition. Et puis, en y regardant de plus près, j'ai réalisé qu'ils avaient tous un point commun : le personnage principal est à chaque fois une femme qui choisira de reprendre son destin en mains.

J'ai toujours admiré ces femmes battantes connues et reconnues pour leur travail et leur persévérance. Ce sont de vraies sources d'inspiration pour moi. Ce n'est donc pas un simple hasard si j'ai choisi ces livres. Je crois plutôt que c'est un signe du destin 😉

Inconsciemment, grâce à ce post, j'ai sans doute trouvé mon credo pour 2019 : décider de mon destin et surtout, lui donner un sens...

Merci à tous ces auteurs pour ces moments de lecture. Je vous souhaite à toutes et tous une merveilleuse année livresque !

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

La comédie (in)humaine de Julia de Funès et Nicolas Bouzou

Publié le par mademoisellechristelle

 

Voilà un essai qui dézingue complètement le management d'aujourd'hui.

Pour Julia de Funès (philosophe) et Nicolas Bouzou (économiste), les salariés aiment généralement leur entreprise et leur job, mais ils n'ont pas assez d'autonomie et ne trouvent pas assez de sens à leur travail. 

Pour les deux auteurs encore, le "happiness management", très en vogue en ce moment, n'a aucune chance de fonctionner si le management est défaillant. Ainsi, installer un baby foot ou une piscine ne sert à rien, tant que les gens ne sont pas mis en valeur par le management et tant que l'on ne priorise pas les compétences sur le reste.

Sont dans le collimateur des deux auteurs les réunions à rallonge, les reportings à tout va, sans oublier les seminaires qui frisent parfois le ridicule. Mention spéciale à France télévisions qui, pour tester la résistance au stress de ses collaborateurs, a simulé une prise d'otages au cours d'un séminaire...

Leurs préconisations ? Moins de réunions (on s'en doute), le développement du télétravail, des formations plus humaines.

Certains passages sont parfois un peu exagérés et à nuancer, mais le fond est tout de même là. Le tout est de savoir si les entreprises françaises sont prêtes à revoir leur façon de gérer les ressources humaines. A l'arrivée de la nouvelle génération sur le marché du travail, le management paternaliste doit-il encore subsister ? Ou au contraire doit-on considérer que le changement, c'est maintenant...

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

La vraie vie d'Adeline Dieudonné

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent.

 

Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

 

D’une plume drôle et fulgurante, Adeline Dieudonné campe des personnages sauvages, entiers. Un univers acide et sensuel. Elle signe un roman coup de poing.

A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres.

Des daguets, des sangliers, des cerfs. Et puis des têtes d’antilopes, de toutes les sortes et de toutes les tailles, springboks, impalas, gnous, oryx, kobus… Quelques zèbres amputés du corps. Sur une estrade, un lion entier, les crocs serrés autour du cou d’une petite gazelle.

Et dans un coin, il y avait la hyène.

Ce que j’en pense : bon.. okay… j’arrive après la bataille…

 

J’ai toujours aimé les livres forts, qui nous bousculent, qui nous secouent. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’on passe par beaucoup d’émotions avec ce livre ! Adeline Dieudonné nous raconte « La vraie vie », celle qui te percute en plein visage, qui te prend aux tripes et te sert si fort qu’elle t’empêche de respirer.

Je ne savais pas s'il existait des vies réussies, ni ce que ça pouvait signifier. Mais je savais qu'une vie sans rire, sans choix et sans amour était une vie gâchée.

La narratrice (dont on ne connaitra pas le prénom) est une petite fille de 10 ans. Elle vit avec un père alcoolique et violent, une mère invisible et passive, et son petit frère, qu’elle protège de cet univers. Mais un jour, un événement va traumatiser son petit frère.

Lui qui était jusqu’ici un enfant innocent et rieur, va basculer dans le mutisme. La colère va prendre possession de son corps, et grignoter chaque centimètre carré de peau, jusqu’à atteindre ses yeux, son rire, sa joie de vivre. La narratrice se fixe alors un objectif : devenir Marie Curie pour créer une machine à remonter le temps (comme dans le film), pour tout effacer et empêcher son frère de sombrer dans la violence.

 

Et cet objectif, il compte plus que tout…

 

J’ai été véritablement emportée par la plume d’Adeline Dieudonné car une fois le livre ouvert, il devient physiquement impossible de le lâcher. Je ne me rappelle pas avoir lu quelque chose d’aussi original depuis bien longtemps : ce livre ne ressemble à aucun autre et c’est ce qui a fait son succès, je pense.

 

J’ai adoré les personnages de ce roman et je me suis totalement identifiée à la jeune narratrice qui aime son petit frère d’un amour inconditionnel, quasi maternel. « La vraie vie » est clairement un roman initiatique. Le lecteur assiste à l’évolution de la narratrice qui grandit, manifeste une volonté de s’émanciper, éprouve du désir et se transforme en une véritable guerrière.

 

Il m’a également fait réfléchir sur la ténacité, la violence, les classes sociales : bref, la vraie vie. Malgré la noirceur du décor et de certains personnages, j’ai trouvé qu’il y avait tout de même de l’amour et de la bienveillance dans ce roman. Adeline Dieudonné accomplit un tour de magie : en 260 pages, elle dit tout. Bravo, c’est un coup de au cœur.

 

Ma note : 4/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

Chanson douce de Leïla Slimani

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d'un cabinet d'avocats, le couple se met à la recherche d'une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l'affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu'au drame.


À travers la description précise du jeune couple et celle du personnage fascinant et mystérieux de la nounou, c'est notre époque qui se révèle, avec sa conception de l'amour et de l'éducation, des rapports de domination et d'argent, des préjugés de classe ou de culture.

 

Le style sec et tranchant de Leïla Slimani, où percent des éclats de poésie ténébreuse, instaure dès les premières pages un suspense envoûtant.

Le bébé est mort. Il a suffi de quelques secondes. Le médecin a assuré qu’il n’avait pas souffert. On l’a couché dans une housse grise et on a fait glisser la fermeture éclair sur le corps désarticulé qui flottait au milieu des jouets. La petite, elle était encore vivante quand les secours sont arrivés. Elle s’est battue comme un fauve. On a retrouvé des traces de lutte, des morceaux de peau sous ses ongles mous. Dans l’ambulance qui la transportait à l’hôpital, elle était agitée, secouée de convulsions. Les yeux exorbités, elle semblait chercher de l’air. Sa gorge s’était remplie de sang. Ses poumons étaient perforés et sa tête avait violemment heurté la commode bleue.

Ce que j’en pense : Que dire de plus que ce qui a déjà été dit depuis deux ans que ce livre est paru ?

 

« Chanson douce » c’est un suspens à l’envers : on commence par la fin et on déroule ensuite l’histoire. Et quelle histoire ! Les premiers mots vous glacent le sang. Le cri de la mère qui découvre ses enfants est resté dans ma tête. Non seulement ce cri m’a transpercé les tympans, mais il m’a également transpercé le cœur et tordu les intestins.

En entrant dans la chambre où gisaient ses enfants, elle a poussé un cri, un cri des profondeurs, un hurlement de louve. Les murs en ont tremblé. La nuit s’est abattue sur cette journée de mai. Elle a vomi et la police l’a découverte ainsi, ses vêtements souillés, accroupie dans sa chambre, hoquetant comme une forcenée. Elle a hurlé à s’en déchirer les poumons. L’ambulancier a fait un signe discret de la tête, ils l’ont relevée, malgré sa résistance, ses coups de pied.

Faire garder son enfant, c’est quelque chose de bouleversant pour une mère. On confie tout de même la prunelle de ses yeux à un(e) inconnu(e) ! Et que dire du lien entre la mère et la nounou qui la substitue la journée. Je déconseille donc ce livre aux trentenaires qui songent à faire garder leur enfant par une nounou !

 

Les personnages sont complètement dans l’ère du temps. Il s’agit d’un couple de trentenaires bobos parisiens, tous deux ambitieux, pour qui la vie est devenue une succession de tâches, d’engagements et de rendez-vous à ne pas manquer. Ce sont ces couples qui passent leur vie à courir, qui n’ont le temps de rien, et qui considèrent leur mode de vie comme un signe de réussite.

Et puis il y a la nounou, qui vit dans un autre monde : un monde où l’argent est un problème car il fait défaut, un monde où l’on doit se contenter de peu, des restes, voire du médiocre, un monde que ne voit pas (ou refuse de voir) notre couple de bobos car il est peu habitué à se mélanger avec des gens de condition sociale inférieure à la leur.

 

Leïla Slimani raconte tout en subtilité la confrontation entre ces deux mondes et les tensions qui peuvent en résulter. C’est sociologiquement très intéressant et tellement révélateur du monde moderne.

Ce livre est un coup de cœur pour moi : Leïla Slimani a vrai talent d’écriture, elle nous tient en haleine, manipule nos émotions, elle nous donne un rôle dans cette histoire où le lecteur connait la fin avant les personnages. Alors on tourne frénétiquement les pages pour savoir la suite, pour trouver une réponse à nos questions et comprendre pourquoi…

 

Au fur et à mesure de ma lecture, je me suis dit que ce livre aurait pu faire un excellent film. Ça tombe bien, j’ai appris qu’un tournage était en cours avec à l’affiche Leïla Bekhti et Karine Viard. Vite, vite, j’ai hâte !

 

Ma note : 4/5

 

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

California Girls de Simon Liberati

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : En 1969 j’avais neuf ans. La Famille Manson est entrée avec fracas dans mon imaginaire. J’ai grandi avec l’image de trois filles de vingt ans défiant les tribunaux américains, une croix sanglante gravée sur le front. Le contraste entre leur jeunesse et ce qu’on leur reprochait fut ma première confrontation au mal. Des droguées… voilà ce qu’on disait d’elles, des droguées qui avaient commis des crimes monstrueux sous l’emprise d’un gourou qu’elles prenaient pour Jésus Christ.

 

Ce fait divers a marqué un tournant historique : la fin de l’utopie des années 60.

 

California Girls couvre trente-six heures de la vie de la Famille Manson au moment où elle passe à l’acte. Mon but a été que tout paraisse aller de soi comme dans un roman alors que le moindre geste s’est vraiment accompli il y a bientôt cinquante ans.  J’ai écrit cette histoire le plus simplement possible pour exorciser les terreurs enfantines et j’ai revécu seconde par seconde le martyr de Sharon Tate.

La mort de Gary Hinman racontée par Sadie ressemblait à une cérémonie bouddhiste, un truc marrant… Elle en avait parlé à Leslie à cause du dentifrice qu’elles venaient de voler dans une épicerie avant d’aller faire les poubelles.

Ce que j’en pense : Il faut avoir le cœur bien accroché pour venir à bout de « California girls ». L’atmosphère est pesante, les faits sont sordides, il y règne une certaine puanteur, on se sent sale… et tout cela en raison de la folie d’un homme, Charles Manson.

 

Le 8 août 1969, sur les hauteurs de Hollywood. Le vent est doux, l’atmosphère est parfumée par les bougainvilliers qui fleurissent dans les rues, la ville s’endort paisiblement dévoilant du haut des collines son tapis de lumières.

 

Ce soir-là, quatre individus décident d’entrer par effraction dans une Villa située sur Cielo Drive. Ce qu’ils recherchent ? Tuer des porcs. Pour quelle raison ? C’est leur gourou, Charles Manson, qui le leur a ordonné (« death to pigs ! »).

 

A l’intérieur de la maison, se trouvent l’actrice Sharon Tate, épouse de Roman Polanski et trois de ses amis. Tous vont être massacrés dans des circonstances atroces.

Sharon Tate, alors enceinte de huit mois, écope de 16 coups de couteau, l’inscription « pig » sera écrite avec son sang sur la porte d’entrée ; Jay Sebring, son coiffeur, sera tué de 2 balles et achevé de 7 coups de couteau ; Wojciech Frikowski, un producteur et ami polonais sera abattu de 2 balles et achevé avec des coups de cross de revolver ; Abigail Folger qui tentera de s’échapper, sera tuée par 28 coups de couteau. Enfin, Steve Parent, qui rendait visite au gardien, sera tué par 4 balles de revolver.

 

Les détails chirurgicaux vous gênent ? Alors n’ouvrez pas ce livre. On y revit les faits de l’intérieur, coup de couteau par coup de couteau, goutte par goutte de sang, meurtre par meurtre.

 

Certes, je conçois que Simon Liberati ait fait un excellent travail de documentation et de synthèse, mais il pousse beaucoup trop le niveau de détails. J’ai eu parfois la nausée en lisant le livre. J’en suis ressortie angoissée, stressée, persuadée que des hippies fous allaient forcer la porte de chez moi pour me zigouiller aussi.

 

Âmes sensibles s’abstenir…

Avec le recul, on peut se demander comment l’influence d’un seul homme a suffi pour faire perdre la raison à ces jeunes gens. Si l’on replace les choses dans leur contexte, je comprends que dans les années 70, les jeunes passent leur temps à danser dans la rue, prendre du LSD et coucher avec n’importe qui.

Ils sont donc une proie facile pour une personne comme Charles Manson et ses idées tordues. Doit-on tout mettre sur le compte de la drogue ? Où sont donc passés leur libre arbitre et leur liberté de conscience ?

 

J’ai du mal à tirer une conclusion sur ce livre car je comprends mal où veut en venir l’auteur. La fin du livre n’en est pas une et ne m’a pas éclairé sur ce point. Si Simon Liberati avait écrit pour exorciser ses démons, il m’aura enfoui de mauvais souvenirs dans la tête.

 

Ma note : 2,5/5

Publié dans Littérature

Partager cet article
Repost0

<< < 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 > >>

Archives