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litterature

SOS kiffance littéraire en détresse

Publié le par mademoisellechristelle

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Hier soir, alors que j'étais « plongée » dans mon bouquin du moment (pour info, Le grand Meaulnes) et sur le point de m'endormir, la bouche entrouverte avec un filet de bave s'en échappant délicatement, je me suis fait la réflexion suivante..

Depuis quand est-ce que je n'ai pas vibré pour un bouquin ? Réponse : euh... mais oui, c'est vrai ça ??! Depuis combien de temps n'ai-je pas été emballé, senti des palpitations, tourné frénétiquement des pages, dévoré avec passion.. Bref, comme disent les jeunes : depuis quand n'ai-je pas kiffé un vrai livre ? (Quoi, comment ça, les jeunes ne parlent pas comme ça?)

En remontant dans les archives de mon blog, je remarquai que les derniers romans qui m'ont procuré un réel plaisir datent.. du mois de septembre (Les Apparences) et du mois d'août (Nina Simone, roman).

Cela fait donc près de deux mois que je ne me suis plus pris de passion pour un livre ! Et deux mois, pour la bouquinator que je suis, c'est lonnnnng !!! Si je continue comme ça, je vais finir par perdre ma passion !

Aussi, chers amis lecteurs, afin de sauvegarder ma santé mentale, je fais appel à vot' bon cœur vos bons conseils : quels livres me conseilleriez-vous pour me faire grimper au plafond ?

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La grâce des brigands de Véronique Ovaldé

Publié le par mademoisellechristelle

la grace des brigandsL'histoire : Maria Christina Vaatonen est écrivain et vit à Santa Monica (Los Angeles). Son premier roman, La Vilaine sœur, l'a directement propulsé en tête des ventes et a fait d'elle l'un des écrivains les plus en vogue.

Maria Christina est une jeune femme plutôt solitaire, qui ne vit que pour être libre et détachée des hommes. Elle a grandi dans la petite ville de Lapérouse (Canada) avec une mère bigote et psychopathe, un père dépressif et transparent et une sœur jalouse. Elle ne s'en est échappée que grâce à sa passion pour la lecture et l'écriture.

Le 12 juin 1989 à 12h40, elle reçoit un coup de téléphone de sa mère, à qui elle n'a pas parlé depuis dix ans, et qui lui demande de rentrer de toute urgence à cause de son neveu, Peleete.

Ce coup de téléphone provoque une sorte d'électrochoc chez Maria Christina qui va replonger dans les tourbillons de son enfance, dans lesquels le lecteur va se perdre avec elle..


Ce que j'en pense : Je dois avouer que j'ai eu beaucoup de mal à trouver mes mots pour rédiger ce billet car un sentiment assez paradoxal m'a animé tout au long de la lecture de La grâce des brigands.

C'est ma première rencontre avec Véronique Ovaldé, qui a véritablement une plume magnifique. Les figures de style sont très poétiques, il y a quelques notes notes d'humour, une pointe de lyrisme et une touche de noirceur : bref, son style est vraiment très agréable à lire. L'écriture de Véronique Ovaldé me rappelle un peu celle de Carole Martinez dans Le coeur cousu.

Pourtant, malgré cette indéniable qualité, je me suis sentie totalement détachée des personnages et de l'histoire, que j'ai trouvé un peu plate et manquant de profondeur.

femme-de-dos.jpgLa vie de Maria Christina nous est contée dans le désordre, ce qui est une technique souvent adoptée par les auteurs. C'est donc au fur et à mesure du roman que le lecteur peut assembler les pièces du puzzle qui composent sa vie. Peut être que cette absence de chronologie m'a empêché de comprendre le thème principal du roman et surtout, le sujet sur lequel l'auteur voulait nous faire réfléchir.

Après avoir appris le grand drame ayant bouleversé l'enfance de Maria Christina et le sujet de son premier roman, j'ai tout d'abord pensé que La grâce des brigands traiterait de la thérapie à travers l'écriture ou du pouvoir de l'écriture. Eh bien..je me suis trompée. Le thème de l'écriture est évoqué au début du livre pour ne plus revenir ensuite. En revanche, le lecteur assiste à l'emancipation de Maria Christina aux prises avec ses drames passés et à sa construction en tant que femme forte et indépendante.

Je me suis donc un peu perdue avec ce roman qui aborde beaucoup trop de thèmes à la fois et pas assez en profondeur. D'ailleurs, la fin plus que brutale du roman ne m'a pas du tout plu et je trouve qu'elle n'a rien apporté à l'histoire.

On referme La grâce des brigands sans plaisir, ni regrets : même si l'écriture est très belle, il ne bouleverse pas l'ordre du monde. Et c'est bien dommage..

 

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Et pour finir, une petite citation : « Il dit que le but de toutes ces histoires c'est de satisfaire le désir ardent de celui qui les lit. Pour ce faire il te faut obéir aux lois idéales de la rêverie, aux coïncidences et à l'appétit de correspondance mystérieuse. L'appétit de correspondance mystérieuse. Stevenson disait les choses bien mieux que moi mais je suis sûr que tu comprends de quoi il retourne, ma truite ».

 

 


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Faust de Johann Wolfgang von Goethe

Publié le par mademoisellechristelle

FaustL'histoire : Faust est un scientifique qui s'ennuie car il pense tout savoir. Il rêve de percer les grands mystères de l'humanité, mais n'y parvient pas malgré ses immenses connaissances. Il est au bord du suicide lorsqu'il rencontre Méphistophélès, l'un des sept princes de l'enfer, qui lui fait une proposition : en échange de savoirs et de plaisirs inconnus, Faust doit lui céder son âme. Sans hésitation aucune, Faust accepte sa proposition et découvre un monde qui lui était jusqu'alors inconnu.

Puis, un jour, Faust fait la connaissance de la pure et chaste Marguerite dont il tombe immédiatement fou amoureux. Il va alors demander à Méphistophélès de l'aider à conquérir la jeune fille..

Ce que j'en pense : avant de vous faire part de mon (très) humble avis sur Faust, je tenais à vous faire savoir une chose : je n'ai absolument rien compris à ce livre !

Charles_Gounod_Faust.jpgQuel sentiment désagréable de tourner les pages d'un bouquin sans même en comprendre le contenu ! Je n'ai quasiment rien compris à l'histoire et il m'a fallu relire de nombreux passages plusieurs fois ! Par conséquent, je fus complètement hermétique à la poésie et au lyrisme de l'oeuvre de Goethe..

L'écriture de ce dernier m'a d'ailleurs totalement perdu et il m'a fallu une concentration olympienne pour arriver au bout de ce véritable labyrinthe. Est-ce parce que je ne suis pas habituée à ce style ? Est-ce du à la traduction ? Je ne saurais le dire..

Faust est le type de livre à lire en deux temps : un premier temps sans rien comprendre, puis un second temps après avoir lu des analyses et commentaires sur l'oeuvre.

Malgré tout, et une fois l'histoire comprise, Faust est une très belle lecture. Je l'ai d'ailleurs choisie car le livre d'Eric-Emmanuel Schmitt, Lorsque j'étais une œuvre d'art, m'a fait pensé à ce mythe. Les deux personnages principaux, Tazio et Faust, sont deux êtres en perdition et en quête de sens qui vont rencontrer le diable, qui va d'abord se faire passer pour un bienfaiteur. Tous deux vont accepter la proposition que va leur faire ce « bienfaiteur » et vont en réalité céder leur âme.

La fin des deux livres diffère : si Tazio est sauvé et trouve la rédemption, l'âme de Faust, en revanche, est damnée. Là se trouve toute la morale de l'histoire : comme Faust, nous ne devons pas nous enorgueillir et penser pouvoir tout savoir à tout prix car Dieu seul est omniscient. Le progrès scientifique poussé à l'extrême ne peut mener qu'à notre perdition. Nous devons donc vivre en paix avec nous, nos connaissances sur le monde et Dieu.

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Le nom « faustianisme » est d'ailleurs rentré dans le vocabulaire courant : « Inspiré par la figure du Docteur Faust, le faustianisme se caractérise par la volonté de dominer la nature, afin d'utiliser ses ressources dans l'intérêt de l'Homme. Pour parvenir à cet objectif, l'Homme utilise la science (comprendre et expliquer) et la technique (maîtriser). C'est cette mentalité, incarnée par exemple par le savant et ingénieur Léonard de Vinci, qui a entre autres permis l'élaboration de la société occidentale contemporaine telle que nous la connaissons aujourd'hui : marquée par la place importante qu'elle accorde à la science et à la technique pour subvenir à ses besoins » (Source : Wikipédia)

 

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Et pour finir, une petite citation :

« Hommes toujours trompés, misérables destins,

Toujours depuis Adam les éternels crétins !

On vieillit, mais qui devient sage ?

Fou, tu l'étais déjà. Que veux-tu davantage ? »

 

 

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Lorsque j'étais une oeuvre d'art d'Eric-Emmanuel Schmitt

Publié le par mademoisellechristelle

Lorsque j'étais une oeuvre d'art d'Eric-Emmanuel Schmitt

L'histoire : Tazio Firelli, cadet des célèbres frères Firelli, veut à tout prix mettre fin à ses jours. Insignifiant aux yeux des gens face à la beauté parfaite de ses frères, Tazio est persuadé d'être un bon à rien qui rate tout ce qu'il entreprend, même ses précédents suicides.

Sur la falaise de Palomba Sol, alors qu'il se tient sur le bord des rochers, prêt à sauter, un inconnu l'interrompt et lui demande d'attendre vingt-quatre heures avant de mettre ses plans à exécution.

Ce « bienfaiteur » est en réalité un artiste complètement loufoque nommé Zeus-Peter Lama, l'un des artistes les plus en vogue du moment. Il fait à Tazio une étrange proposition : il va lui proposer de le « recréer » et d'en faire une œuvre d'art vivante et unique au monde ; en échange, Tazio deviendra la propriété exclusive de son maître d'œuvre..

Ce que j'en pense : demeurant une grande fan devant l'Eternel des romans d'Eric-Emmanuel Schmitt, je me devais de compléter ma collection avec Lorsque j'étais une œuvre d'art, que je dois qualifier d'une grande originalité.

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L'originalité réside tout d'abord dans l'histoire.Un homme au bord du suicide sauvé par un artiste complètement mégalo qui le transforme en une œuvre unique afin d'exposer au monde son génie créateur : je n'avais jamais rien lu de tel auparavant ! Sur ce point, je voudrais dire que je regrette le manque de précision quant à « l'oeuvre » créée par Zeus-Peter Lama car on a du mal à se figurer à quoi elle ressemble exactement.

L'histoire dans les grandes lignes m'a rappelé le conte de Faust, dans lequel un scientifique qui s'ennuie décide de vendre son âme au diable afin d'accéder à de nouvelles connaissances.

Dans Lorsque j'étais une œuvre d'art, Tazio ne vend pas son âme mais, comme on est dans un conte moderne, il offre son corps et plus grave encore, son identité à Zeus-Peter Lama. En effet, Zeus-Peter Lama s'arrangera pour faire croire à la propre mort de Tazio et ce, afin de le faire renaître sous la forme d'une œuvre d'art, sexuellement performante et rebaptisée Adambis.

Tout comme Faust cherchait la vie éternelle, Tazio recherche la reconnaissance dans les yeux des autres ainsi qu'une identité ; cette quête d'identité passe selon Tazio par les apparences et la beauté. Pour lui, exister au yeux des autres passe nécessairement par la beauté. Et Tazio va accéder à son rêve au mépris de sa liberté et de son identité..

La grande originalité de ce livre réside également dans le style : on croit tout d'abord lire un roman mais Lorsque j'étais une œuvre d'artest en réalité d'un conte philosophique avec une morale et qui aborde plusieurs questions de philosophie.

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Le thème le plus évident abordé par l'auteur est bien évidemment la valeur que l'on donne aux apparences. Dans Lorsque j'étais une œuvre d'art, Tazio leur donne une importance telle, qu'il est prêt à sacrifier son corps et sa liberté, uniquement pour briller en société. Et pourtant, Tazio va vite déchanter quand il réalisera à quel prix il aura vendu son identité et quand il réalisera qu'il aura beau avoir changé de corps, il conservera toujours son âme..

En réalité, Tazio était prisonnier de son apparence et de l'image qu'il renvoie aux yeux des autres, mais surtout de l'importance qu'il accorde à ses derniers. Finalement, grâce à cette expérience, il aura un peu recouvré sa liberté..

Comme dans chacun de ses livres, Eric-Emmanuel Schmitt réussit à mettre à la portée de tous la philosophie et nous amène à nous poser des questions ; c'est ce que me séduit le plus chez lui. Au premier abord, ce conte ne semble pas avoir de sens et pourtant, plus on y réfléchit, plus on se rend compte à quel point tout était savamment étudié et à quel point l'auteur a fait preuve de finesse et de justesse.. Chapeau l'artiste !

 

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Et pour finir, une petite citation: « J'étais un monstre. Pas un chef d'oeuvre. Au fond, ça valait mieux parce que je souhaitais depuis toujours attirer l'attention. Ma monstruosité, je l'avais voulue autant que Zeus. Même si je ne l'avais pas créée, je pouvais la revendiquer. Tandis que le statut de chef d'oeuvre, lui, m'aurait échappé. Ce qui comptait, c'était ma visibilité nouvelle. Beau, laid, apprécié, décrié, j'existais. Personne ne m'enlèverait cette densité là ».

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Je vais passer pour un vieux con de Philippe Delerm

Publié le par mademoisellechristelle

je vais passer pour un vieux conL'histoire : dans Je vais passer pour un vieux con, Philippe Delerm passe en revue des expressions que nous utilisons ou entendons quotidiennement sans y prêter attention, car elles sont devenues « naturelles », « normales », « banales » .

« J'ai habité trois ans rue Commines !», « Sinon, moi je peux vous emmener », « J'ai fait cinq ans de piano », sont tout autant de petites phrases familières, mais qui en disent long sur nous, notre histoire, notre personnalité etc..

Phlippe Delerm se propose donc de décortiquer chacune de ses expressions avec finesse et humour afin d'en démontrer le sens caché.

Ce que j'en pense : c'est le premier bouquin de Philippe Delerm que le lis et dois avouer que je suis plutôt assez séduite. La démarche de l'auteur m'a paru tout à fait originale et j'ai bien ri à la lecture de certains chapitres en pensant aux expressions que j'utilisais également. 

Ce livre me rappelle un peu l'un des sketch de Bigard (dont j'ai oublié le nom), dans lequel lui aussi décortique avec humour les banalités de notre quotidien, que l'on dit sans réfléchir : « Oui, bonsoir, c'est pour dîner ? .. Non c'est pour faire un tennis connard ! »

Pour ma part, j'ai beaucoup aimé les chapitres Vous n'avez aucun message, C'est vraiment par gourmandise et Comment il l'a cassé, à la lecture desquels j'ai bien ri.

L'écriture de Delerm est très facile à lire et le livre peut se lire en une heure. Les récits sont condensés mais en disent long. Une très belle leçon de littérature !

 

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Et pour finir, une petite citation : «Comment il l'a cassé ! Quelle expression nos ancêtres utilisaient-ils quand ils éprouvaient le réjouissement pervers de voir un acteur de la comédie humaine crucifié par un contradicteur ? […] Quand le Christ disait à Saint-Thomas : « Parce que tu as vu, Thomas, tu as cru. Heureux celui qui croit et ne voit pas », aucun des apôtres ne s'exclamait « Comment il l'a cassé », même si le sentiment éprouvé devait être assez proche ».

 

 


 

 


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Le calvaire et le pardon de Loïc Sécher et Maitre Eric Dupond-Moretti

Publié le par mademoisellechristelle

Le calvaire et le pardon hdL'histoire : Novembre 2000. Le comportement d'une jeune fille de quatorze ans, Emilie, inquiète ses proches et ses professeurs. Emilie se scarifie et fugue régulièrement de chez elle. Interrogée, Emilie prétend avoir été victime de viol et donne une description de son agresseur qui ressemble fortement à son voisin, Loïc Sécher.

Loïc Sécher vit à la Chapelle Saint-Sauveur, petit village de Maine et Loir. « Ici pas de superflu : une église, une boulangerie et un bistrot. Les trois piliers de l'existence rurale ». Mais il ne fait pas bon vivre à la Chapelle Saint-Sauveur quand on s'appelle Loïc Sécher.

Ouvrier agricole au chômage, homosexuel, de nature dépressive, alcoolique avec une légère tendance à la violence, Loïc Sécher dérange dans le paysage si tranquille de la Chapelle Saint-Sauveur. Il est celui qui n'est pas « normal », celui qu'on pointe du doigt, celui qui a un « regard bizarre ».

Alors, quand Emilie le désigne comme l'auteur de ses viols, cela ne fait aucun doute pour les gendarmes et pour les magistrats : Loïc Sécher est le coupable idéal.

Décembre 2003. Loïc Sécher est condamné à seize ans de réclusion criminelle par la Cour d'Assises de Nantes. Sa peine est confirmée en appel et son pourvoi est rejeté en Cassation. Il faudra attendre le 31 mars 2008 pour qu'Emilie revienne sur ses aveux, avoue qu'elle ait menti et que son avocat de l'époque, Maître Eric Dupond-Moretti, obtienne une révision du procès et l'acquittement de son client.

Depuis le début de la procédure, Loïc Sécher a toujours clamé son innocence..

Loic-Secher.jpgCe que j'en pense : il est des lectures après lesquelles il est toujours difficile de s'exprimer, tant elles vous serrent le cœur ; le témoignage de Loïc Sécher en fait partie. Comment pourrais-je en effet porter un jugement sur un vécu aussi tragique ? Comment pourrais-je me faire le juge et le bourreau du calvaire d'un innocent ? Je n'en ai ni le droit, ni le devoir..

Le calvaire et le pardonest un livre écrit à quatre main par Loïc Sécher et Maître Eric Dupond-Moretti. Loïc Sécher y décrit le drame qu'il a vécu et Maitre Eric Dupond-Moretti y décortique chaque situation en sa qualité de professionnel. En somme, Loïc Sécher écrit avec ses tripes et Maitre Eric Dupond-Moretti écrit avec sa robe, mais tous deux racontent leur vécu.

Pour ma part, j'y ai vu plusieurs points de réflexions. Bien évidemment, le livre pointe du doigt les failles du système judiciaire et particulièrement le système carcéral.

Loïc Sécher est le septième condamné officiellement innocenté depuis 1945, entre Patrick Dills et Marc Machin. Il faut savoir que la justice ne reconnaît que troptrès rarement ses torts et ce livre souligne très bien les failles du système.

Cellule-prison.jpgLoïc Sécher décrit son (calvaire) quotidien en prison, d'abord à la maison d'arrêt de Nantes puis au centre de détention de Rennes. Je pense que les mots sont dérisoires pour pouvoir, nous lecteurs, comprendre et imaginer véritablement le quotidien d'un détenu, et plus particulièrement celui d'un « pointeur » (qui sont nommés ainsi car ils ont « pointé » leur victime). Promiscuité, manque d'hygiène, humiliations, violences, viols dans les douchesponctuent son quotidien. Un quotidien qu'il ne méritait pas, un quotidien qu'il a du affronter en serrant les dents, un quotidien dont la cause avait un son doux et amère à la fois : Emilie..

On l'apprendra bien plus tard, Emilie a bien été victime de viols dont on connaît aujourd'hui les auteurs. Mais au moment des faits, Emilie est une adolescente perturbée, enfermée dans son silence. Et quand elle dit à ses parents que l'auteur de ses viols serait un « vieil ami de la famille », ses parents feront immédiatement le lien avec Loïc Sécher, ce type un peu bizarre et qui n'inspire aucune confiance.. Ainsi, face à la pression de ses parents, et sans doute pour avoir la paix, Emilie confirme : oui, c'est bien Loïc Sécher qui m'a violée. Et à partir de là, la folle machine judiciaire est lancée..

La sacralisation de la parole de l'enfant-victime est remise en question avec l'affaire Sécher. Comment mettre en doute la parole d'une enfant ? Biensur, les preuves matérielles et scientifiques ne corroborent pas toujours avec les dires d'Emilie, biensur Emilie raconte une nouvelle version des faits à chaque fois qu'elle se présente devant le juge d'instruction, biensur il n'y a pas de test ADN.. Mais qu'importe, c'est une enfant ! Et une ado, c'est bien connu, ça ne ment jamais..

Et au mensonge, Loïc Sécher y a répondu par le pardon.. Là, je ne peux que souligner sa grandeur d'ame.

Si l'on veut pousser sa réflexion un petit peu loin, il me paraît que c'est l'entier système dans lequel nous vivons qu'il faut remettre en cause.

Cour-d-assises-de-Paris.jpgDès le départ, Loïc Sécher n'a pas été considéré comme un homme potentiellement innocent, ce qu'il est en réalité, mais comme un homme déjà coupable. Un homme « bizarre », qui dérange, que l'on doit lyncher sur la place publique. Et c'est ça que la foulele public veut. Il veut des bons, purs et innocents tels des enfants et des méchants très très méchants, comme on en voit la télé ou au cinéma. La foule veut du sang : elle veut en offrande le sacrifice du coupable sur l'autel de l'innocence de la victime.

La question qu'il faut se poser ici c'est : qu'est-ce qui a amené les protagonistes de cette histoire(gendarmerie, magistrats, jurées etc..) à offrir en sacrifice Loïc Sécher et le lyncher sur la place publique alors que le dossier présentait des failles gigantesques (pas de test ADN, pas de confrontation avec la victime etc..) ?

Plusieurs facteurs ont pu intervenir : le système de pensée judéo-chrétien, les médias, nos politiques etc.. Le système judiciaire français est avant tout composé de femmes et d'hommes : ce sont eux qui entendent les déclarations, eux qui mènent l'instruction (à charge ou à décharge), eux qui dirigent l'accusation et enfin, eux qui jugent.. A partir de là, les influencer par des facteurs extérieurs devient très facile.. et surtout très dangereux !!!

Hier c'était Loïc Sécher, mais demain ce sera qui ?

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Et pour finir, une petite citation :

« Le 15 juin 2001,

Mes parents,

Je n'ai pas oublié les dates de fêtes d'anniversaires.

Mais il y en a certaines dont je préférerais ne plus me souvenir comme le 27 novembre 2000, jour de mon arrestation, le 13 avril 2001, ma tentative de suicide ou encore le 6 mai 2001, mon passage à tabac.

J'ai reçu énormément de coups sur la tête et je suis resté deux jours au CHU attaché à mon lit avec des menottes. J'ai un traumatisme crânien et un hématome péri-orbitaire droit et occipital gauche, selon les médecins. J'ai été gardé pendant vingt-quatre heures sur vingt-quatre par deux agents de la sécurité. Sur mon lit d'hopital, je me suis même dit que j'aurais préféré qu'ils m'achèvent dans la cour de la prison..

Alain et Françoise se battent désespérément pour me faire sortir de là. Moi je n'ai plus qu'un espoir, c'est que la prochaine étape soit la dernière. Tout cela en étant innocent. J'imagine que si Dieu existe, je pourrai être déclaré saint.

Donc, Maman, tu ne peux rien faire et moi non plus.

Loïc »

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Le journal d'Anne Frank

Publié le par mademoisellechristelle

Journal d'Anne FrankL'histoire : Anne Frank est une juive allemande qui a émigré aux Pays-bas en 1933 à l'âge de quatre ans avec sa famille, dans l'espoir d'échapper aux persécutions contre les juifs.. qui les ont finalement rattrapées aux Pays-Bas.

Sentant que les mesures contre les juifs se font de plus en plus menaçantes, les parents d'Anne Frank décident de se cacher avec leurs deux filles dans l'annexe du magasin appartenant au père.

Un couple d'amis, les Van Daan, et leur fils, Peter, ainsi qu'un dentiste, Albert Dussel, viendront bientôt les rejoindre, tout ce petit monde s'entassant dans à peine 70 m2.

« Les juifs sont obligés de porter l'étoile, de céder leurs bicyclettes. Interdiction pour les juifs de monter dans un tramway, de conduire une voiture. Obligation pour les juifs de faire leurs achats exclusivement dans les magasins marqués « boutique juive » et de quinze à dix-sept heures seulement. Interdiction pour les juifs de sortir après huit heures du soir, même dans leurs jardins, ou encore rester chez leurs amis. Interdiction pour les juifs d'aller au théâtre, au cinéma ou dans tout autre lieu de divertissement. Interdiction pour les juifs d'exercer tout sport public : défense d'accéder à la piscine, au court de tennis et de hockey ou à d'autres lieux d'entraînement. Interdiction pour les juifs de fréquenter des chrétiens. Obligation pour les juifs d'aller dans des écoles juives, et bien d'autres restrictions semblables... »

Tous les huit espèrent ainsi échapper aux arrestations massives de juifs et vivront cachés avec la complicité de quelques employés du père d'Anne Frank, qui les approvisionneront régulièrement. Anne Frank relate leur quotidien dans son journal intime.

maison-anne-frank.jpgCe que j'en pense : je risque encore de me faire des ennemi(e)s.. mais qu'à cela ne tienne, je me suis jurée d'être honnête : je n'ai absolument pas accroché au Journal d'Anne Frank. Voilà, c'est dit..

Tout d'abord, je tiens à dire que j'ai trouvé Anne Frank assez insupportable avec son coté enfant gâté, mais surtout complètement nombriliste et égocentrique. Certes l'exercice du journal intime s'y prête bien, mais quand même !

De plus, je trouve qu'Anne Frank se victimise sans cesse pour attirer l'attention (la lettre qu'elle écrit à son père en est la preuve la plus flagrante), ce qui m'a profondément énervé pendant environ un tiers du livre.

Sa sœur Margot m'a fait beaucoup de peine car elle est véritablement seule et n'a pas de confident au sein de l'annexe, contrairement à Anne Frank qui est proche de son père et qui se rapprochera de Peter.

entrée maison anne frankToutefois, Le Journal d'Anne Frank reste un rarissime témoignage d'une adolescente juive ayant vécu et subi les atrocités de la seconde guerre mondiale et pour cela, je ne peux me permettre de porter un jugement sur son histoire personnelle, surtout eu égard aux circonstances dans lesquelles elle a vécu les dernières années de sa vie.

Les récits d'Anne Frank révèlent des conditions de vie extrêmement difficiles et pesantes au sein de l'annexe.

En effet, elle nous fait part notamment du manque d'intimité, étant donné la petite surface de l'annexe, des problèmes d'hygiène (il était interdit de tirer la chasse d'eau des toilettes la journée), la peur constante d'être découvert (qui se transforme en une sorte de paranoia), les mésententes (huit personnes vivant les unes sur les autres sans avoir rien demandé et sans affinités particulières, ça se dispute), la nourriture très peu variée (majoritairement du choux et des pommes de terres.. et bon appétit biensur !).

L'enfermement au sein de l'annexe développe également certaines caractéristiques chez ses habitants comme la dépression ou l'irrascibilité.

«Mes nerfs me jouent de sales tours, j'ai un cafard épouvantable. L'atmosphère de la maison est déprimante, somnolente, accablante, surtout le dimanche. Dehors, aucun chant d'oiseau ; à l'intérieur, un silence mortel et suffocant plane sur tout et pèse sur moi comme s'il voulait m'entrainer dans des profondeurs insondables ».

chambre-anne-frank.jpegBien évidemment, à la lecture du Journal d'Anne Frank, notre quotidien devient tout à coup beaucoup moins pénible et l'on se remet un peu plus en question..

L'écriture d'Anne Frank est d'une extrême maturité pour son jeune âge, et dans la mesure où la version officiellement publiée a été retouchée, je me demande si l'écriture n'a pas été modifié en passant.. Mais bon, ce ne sont là que de simples suppositions..

Je tenais enfin à souligner que j'étais admirative de l'entraide et la solidarité qui a pu exister entre les habitants de l'annexe et les employés du père d'Anne Frank. Ceux-ci les ont réapprovisionnés, ont fait leurs moindres commissions et leur ont rendu visite très souvent afin de leur offrir un peu de compagnie.

Bien évidemment, ce type de comportement ne peut que nous renvoyer à nous même.. Si de tels évènements se produisaient aujourd'hui, que ferions-nous ? Aurions-nous l'âme d'un complice ou d'un bourreau ?

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Et pour finir, une petite citation : « Dix ans après la guerre, ça pourrait faire un drole d'effet, mon histoire de huit juifs dans leur cachette, leur façon de vivre, de manger et de parler ».

 

Voici l'une des nombreuses adaptations cinématographiques :

 

 


 

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Les apparences de Gillian Flynn

Publié le par mademoisellechristelle

les apparencesL'histoire : Nick et Amy forment un couple moderne, très cool, dans le vent, top « in ». Lui : plutôt beau gosse charmeur option baratineur à tendance légèrement machiste. Elle : la blonde parfaitement proportionnée, très riche, intelligente, douce et patiente.

Tous deux perdent leur job en raison de la crise de 2008 et se voient contraints de quitter New-York (la ville trop cool) pour une petite bourgade du Missouri (la ville trop plouc) afin de se rapprocher de la mère de Nick, alors atteinte d'un cancer.

La vie s'écoule paisiblement dans le Missouri jusqu'au jour du cinquième anniversaire de mariage de Nick et Amy. En effet, lorsque Nick rentre à la maison, il retrouve son salon sans dessous-dessous mais surtout, il ne retrouve plus aucune trace de sa femme..

S'en suit alors une chasse à l'hommela femme effrénée, mais au cours de laquelle Nick aura bien des surprises..

Ce que j'en pense : les apparences sont-elles trompeuses ? Faut-il se méfier des apparences ? Comment sauver les apparences ? C'est autant de questions que peut se poser le lecteur avant d'ouvrir le bouquin de Gillian Flynn.

Ma première impression sur le livre que tout le monde décrit comme ZE POLAR de l'année dernière est une impression de.. lenteuuuuuuuurrrrrr.. Non mais allo quoi ?!?

L'histoire est vraiment longue à se mettre en place : on s'ennuierait presque autant que les personnages eux mêmes, coincés dans cette petite ville perdue du Missouri ! De plus, l'auteure s'enterre dans des détails et des descriptions qui n'ont franchement pas grand intérêt. Mais surtout, on ne comprend pas où l'auteure veut en venir.. Bien sur, on émet des hypothèses (la mienne s'est révélée être presque juste) mais bon.. on marche un peu dans le brouillard.

Et soudain, au bout de 300 pages (sur 700 pages, il faut en vouloir quand même),patatras !!! Un coup de théâtre surgit, et on ne peut plus quitter des yeux le livre !

suspens.jpegEt c'est là qu'on comprend que l'auteure s'est jouée de nous, que la lenteur du début n'était qu'une technique : Gillian Flynn (la malicieuse) souhaitait indubitablement susciter l'ennui chez son lecteur et faire baisser son attention.. pour mieux l'entourlouper !

Les apparences sont définitivement trompeuses : on se rend compte que les détails qui nous ont profondément ennuyés au début étaient en fait d'une importance capitale afin de nous mettre sur la piste du dénouement de l'histoire..

Les thèmes abordés par Les apparences tournent autour du couple et de la relation conjugale : les secrets dans un couple, la jalousie, la vengeance et quelques pincées de manipulation façon schizophrène.. Bref, un cocktail vraiment explosif pour un livre qui vous tient véritablement en haleine.

Méfiez-vous des apparences : Amy et Nick ont bien des choses à cacher l'un à l'autre. L'histoire va révéler les petits secrets et les gros mensonges de ce couple, qui tente de sauver les apparences à tout prix.

L'écriture de Gillian Flynn va superbement révéler ses personnages proches de la folie, machiavéliques à souhait et dont les agissements font parfois froid dans le dos (ambiance malsaine garantie). J'ai A-DO-RE !

Malheureusement, tout développement supplémentaire s'avèrerait impossible pour cause de tentative de révélation du dénouement (in)volontaire, ce qui est constitutif d'un délit dans le code pénal des bloggeurs..

Aussi, le mot de la fin sera tout simplement : amis lecteur(trices), allez au-delà des apparences et LISEZ-LE !!!

 

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Et pour finir, une petite citation : « Cette putain d'énergie avait quitté peu à peu mon corps à mesure que mon cerveau moulinait frénétiquement pour essayer de trouver un moyen de la rendre heureuse, et que chaque action, chaque tentative était accueillie par un regard atterré ou un petit soupir triste. Un soupir qui disait : Tu ne comprends rien ».

 

Et quoi de mieux qu'une présentation d'un livre par son auteur lui meme..

 


 

 

 

 

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Orgueil et préjugés de Jane Austen

Publié le par mademoisellechristelle

Orgueil et préjugésL'histoire: Dans l'Angleterre du début du 19ème siècle, le lecteur (ou plutôt, soyons honnête, la lectrice) fait connaissance avec la famille Bennet.

La mère est ce que l'on appellerait communément aujourd'hui une pintade. Elle n'est pas très intelligente, ni très cultivée, elle adore les commérages qu'elle s'empresse de rapporter aux voisins, elle se soucie constamment de ce que les autres vont penser, a une légère tendance matérialiste et intéressée, et n'a qu'un seul objectif dans la vie : marier ses filles.

Le père est beaucoup plus lucide que sa pintade de femme et un brin cynique sur les bords. Il aime s'isoler et ne demande rien à personne, à part vivre sa vie tranquillement et lire ses bouquins dans sa bibliothèque.

Le couple a cinq filles. L'ainée, Jane, est un résumé de la femme parfaite : elle est aussi belle que douce (je l'imagine d'ailleurs avec de longs cheveux blonds et soyeux, ne me demandez pas pourquoi), respectueuse des bonnes manières et qui ne dit jamais un mot de travers. C'est le genre de fille à n'avoir ni mèche ni bourrelet qui dépasse.. Bref, celle que je ne serai jamais..

bennett-family.jpgLa seconde, Elisabeth, est l'héroïne du roman. C'est un peu une princesse rebelle. Elle dit tout haut ce qu'elle pense tout bas, se fiche des convenances, et fait même fait 2 kilomètres à pied (what ?) toute seule, sans calèche, et sous la pluie (double what ?). Mais c'est aussi une jeune femme très intelligente, vive d'esprit, avec le sens de la répartie (les punchliners d'aujourd'hui n'ont rien à lui envier) et une amie sincère à qui l'on peut se confier. Bref, la parfaite héroïne..

Lydia, la troisième, est une espèce de délurée complètement écervelée qui a le feu aux fesses à chaque fois qu'elle voit passer un officier. Quant aux autres sœurs, elles sont tellement insignifiantes qu'on en parle quasiment jamais.

Or, la venue d'un nouveau voisin riche et célibataire, accompagné de son ami (encore plus riche et célibataire aussi, ça tombe bien) va venir bouleverser la vie de tout ce petit monde..


Ce que j'en pense : Je sais que je vais faire figure d'extra-terrestre ici, mais je n'avais jusqu'alors ni lu un roman de Jane Austen, ni vu l'une des adaptations ciné ou TV.. De plus, cela faisait un moment que je n'avais pas lu de classique et ce petit pavé qui m'attendait bien sagement au dessus de ma PAL était l'occasion de m'y remettre !

J'ai un avis plutôt partagé sur Orgueil et préjugés.

Tout d'abord, je trouve que le titre qu'a donné Jane Austen à son roman résume parfaitement ce que l'on va trouver à l'intérieur.

collin firthSelon la définition du dictionnaire, l'orgueil est un sentiment exagéré de sa propre valeur, une estime excessive de soi-même, qui porte à se mettre au-dessus des autres. Quant au préjugé, il s'agit d'une opinion adoptée sans examen, souvent imposée par le milieu, l'éducation.

Lorsque l'on commence le livre, on a l'impression que l'orgueil et les préjugés se concentrent sur la seule personne de Mr Darcy, dans la mesure où il toise tout le monde à son arrivée, n'adresse la parole à personne lors d'un bal donné par son ami, et au cours duquel il n'invitera aucune jeune femme à danser (Oh ! Le goujat !) et où il dira haut et fort qu'Elisabeth est moche (Oh ! Le double goujat !).

Mais l'apparence hautaine de Mr Darcy cache en réalité une grande timidité. La véritable orgueilleuse qui a des préjugés... c'est Elisabeth ! Et à cause de ses défauts, elle manquera de discernement lorsqu'elle préfèrera Mr Wickham à Mr Darcy. La suite du roman lui permettra de découvrir qui sont réellement ces deux hommes..

Ainsi, si les apparences peuvent être trompeuses, il est essentiel de mettre de coté son orgueil et ses préjugés. Seuls les véritables sentiments comptent. C'est un peu « la morale de l'histoire ».

Le thème du roman est le mariage ou plutôt, la quête du mari idéal..

bennet.jpgEn cela, je dois dire que le roman est résolument moderne et que les critères d'aujourd'hui pour trouver un mari n'ont pas beaucoup changé. On le préfère riche (c'est souvent le premier critère), jouissant d'une bonne réputation, aimant s'amuser et danser en boite dans les bals et plaisant à papa-maman.

Toutefois, je dois avouer que je trouve ce thème quelque peu réducteur, notamment d'un point vue féminin. On a l'impression que le seul but dans la vie de ces femmes est de trouver un mari pouvant leur offrir une situation confortable. Une fois leur objectif atteint, il ne leur reste plus qu'à jouer les maîtresses de maison modèles et chercher à marier à leur tour les enfants.

En toute honnêteté, mon seul but dans la vie n'est pas de marier, de tenir mon foyer et de faire des enfants. Le sens de ma vie passe aussi par mon épanouissement personnel, mais peut être suis-je trop féministe pour l'Angleterre du 19ème siècle et que je me ferais fouetter en place publique pour tenir de tels propos.

Seule la personnalité d'Elisabeth ressort un peu de ce rôle pré-établi que l'on donnait aux femmes. Elle essaye de s'affranchir des conventions et cherche d'abord à être heureuse pour elle, et non plaire à tout prix à un mari.

orgueil_prejuges_vf_WT_Poster.jpgDans son roman, Jane Austen présente aux lecteurstrices toute une galerie de personnages, parfois un peu loufoques (spéciale kass-dédi au cousin Collins). Tout cela pour attirer notre attention sur les relations en société. Là encore, Jane Austen est intemporelle.

En effet, l'hypocrisie et la jalousie qui régnaient entre les femmes de l'époque est toujours d'actualité. Aussi, quand on lit que la sœur de Mr Bingley a tout fait pour éloigner Jane de celui-ci, et Elisabeth de Mr Darcy (dans le seul but de se le garder), c'est un comportement que l'on peut tout à fait retrouver aujourd’hui.

En somme, même si l'oeuvre de Jane Austen date de quelques siècles, elle reste à mon sens résolument moderne (à moins que ce ne soit l'homme qui ne change pas). Le style d'écriture, toutefois est d'époque, et malgré quelques petites difficultés au début, je me suis plutôt habituée à l'écriture classique que j'avais délaissée ces derniers temps.

Orgueil et préjugés m'a fait passer un moment de lecture tout à fait plaisant et charmant (pour parler comme l'auteur) mais ne m'a pas transcendé pour autant (et là, je sens que je vais me faire des ennemies vu que tous les articles que j'ai lu et qui l'élisent « coup de cœur de l'année » ou autre « livre préféré »).

Je lui préfère notamment Jane Eyre où j'ai trouvé la relation entre les deux personnages beaucoup plus sincère alors que j'ai eu l'impression que la relation entre Elisabeth et Mr Darcy était un peu plus intéressée..

Quoi qu'il en soit, je pense que ce ne sera pas mon dernier Jane Austen : ne restons pas sur un préjugé..

 

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Et pour finir, une petite citation : « L'orgueil, observa Mary qui se piquait de psychologie, est, je crois, un sentiment très répandu. La nature nous y porte et bien peu parmi nous échappent à cette complaisance que l'on nourrit pour soi-même à cause de telles ou telles qualités souvent imaginaires. La vanité et l'orgueil sont choses différentes, bien qu'on emploie souvent ces deux mots l'un pour l'autre ; on peut être orgueilleux sans être vaniteux. L'orgueil se rapporte plus à l'opinion que nous avons de nous-mêmes, la vanité à celle que nous voudrions que les autres aient de nous ».


 

La version bollywood d'orgueil et préjugés (que j'adore et que personne ne cite) :

 

 


 


 

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Nina Simone, roman de Gilles Leroy

Publié le par mademoisellechristelle

nina-simone.jpgL'histoire : Très tot, la petite Eunice Kathleen Waymon possèda des dons exceptionnels pour le piano. Ses parents lui imposèrent alors une discipline quasi militaire et l'obligèrent à se perfectionner chaque jour en prenant des cours auprès de professeurs particuliers. Grâce à la générosité de son entourage, elle put également fréquenter les écoles spécialisées.

Bach, Chopin et Debussy étaient ses mentors et Eunice n'avait alors qu'une chose en tête : devenir la première pianiste classique noire.

Le destin (ou la ségrégation) en décidera pourtant autrement, puisqu'Eunice sera recalée à l'examen d'entrée du prestigieux Curtis Institute. Que faire alors ? Sa déception est immense, toutes ses années de travail et d'acharnement ont été réduits à néant..

Eunice Kathleen Waymon va alors devenir Nina Simone..

Ce que j'en pense : véritable déesse de la musique noire américaine, Nina Simone a connu un succès fulgurant qui l'a propulsée aux sommets des charts internationaux. Son histoire, sa vie, sont à eux seuls un roman, que Gilles Leroy réécrit pour nous. 

Nina Simone-copie-1Le lecteur fait connaissance avec une Nina Simone en fin de carrière et en fin de vie. On verrait presque se mouvoir devant nous et avec difficulté, une femme épuisée par la vie, trahie par les siens, victime de ses abus d'alcool et de drogue, et rongée par la maladie.

Dans le roman de Gilles Leroy, Nina s'adresse au lecteur en se confiant à son domestique Ricardo. Elle revient sur son enfance, ses années de jeune femme mariée, sa carrière ou encore les circonstances et les personnes qui engendreront sa déchéance.

Entrer dans l'intimité d'une diva n'est pas donné à tout le monde.. Et c'est presque un fantasme, que Gilles Leroy réalise pour nous. Les divas fascinent et suscitent l'admiration, mais savons-nous réellement à quel prix ?

Je n'avais pas connaissance de la personnalité de Nina Simone auparavant, mais Gilles Leroy la décrit telle que je l'imaginais: une femme forte, volcanique, intelligente, envoûtante, mais surtout, une femme immensément seule..

Seule car elle s'est perdue sur le chemin de la starification.

Eunice, c'était mon vrai nom. Maintenant je l’ai oublié. Cinquante années passées dans la peau de Nina Simone m’ont fait oublier mon nom. Et c’est une drôle de chose, à la fin, que de devoir porter un nom qui n’a jamais été le sien. Pour vivre un destin qui n’était pas le sien.

Seule car elle manquait terriblement d'affection de la part de son entourage.

Le soir, mon public me donnait l'illusion qu'on m'attendait quelque part. J'avais des attaches, en ce monde, des raisons de vivre. De retour à l'hôtel, toute la nuit je tournais en rond, saisie d'angoisses qui m'enfonçaient un poing dans le ventre, me faisaient suffoquer, supplier, et toute la nuit la musique prenait possession de mon cerveau.

Nina+SimoneMême si sa biographie est romancée, Nina Simone est un personnage terriblement attachant car la diva nous apparaît à nous, pauvres mortels, comme un être humain, avec ses failles et ses faiblesses. On la lit telle qu'elle est..

L'écriture de Gilles Leroy se fait nostalgique, intime et délicate afin de rendre un très bel hommage à la diva. Seul bémol : l'histoire est parfois confuse car Nina revient sur sa vie passée de manière un peu désordonnée et l'on a du mal à suivre la chronologie des évènements.

Mais cela n'enlève rien à la qualité de ce roman (et non biographie) que j'ai eu du mal à refermer pour la dernière tant je l'ai aimé. Ne me quitte pas, Nina..

 

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Et pour finir, une petite citation : "C'est le public blanc qui a fait le succès mondial de My Baby Just Cares for me... C'est la publicité Chanel. Trois milliards de disques vendus. Crois-moi, ce ne sont pas les gamins des ghettos qui achetaient ça. Et finalement, sur les millions de royalties que me doit Melvin Records, je toucherai à peine cent mille dollars. Alors oui, quand tu réalises que ça fait quarante ans qu'on te baise ainsi, il t'arrive de voir rouge, de sortir ton gun et de vouloir saigner à ton tour ceux qui te saignent depuis toujours. Soit dit en passant, et pour revenir à des choses plus futiles, j'attends toujours que Chanel m'envoie un flacon de N°5. Ce serait chic de leur part".

 

 


 

 

 

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