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litterature

Cinquante nuances plus sombres de E.L. James

Publié le par mademoisellechristelle

50 nuances plus sombres

L’histoire : Nous étions restés sur notre faim à la fin du premier tome lorsqu’Ana, le cœur déchiré, a décidé de quitter Christian car elle estimait ne pas pouvoir lui donner ce qu’il attendait d’une femme à savoir une maitresse sado-maso qu’il pourrait attacher en petite tenue et talons aiguilles aux barreaux de son lit, tout en lui mettant des tartes dans la tronche, qui aimerait cela, et lui en redemanderait encore (T’aimes ça, hein ?! Oh oui !!! Oui qui ? Oui Monsieur ! Oups.. je m’égare là).

Bref, c’est le cœur brisé qu’Ana démarre son nouveau travail dans l’édition et décide de se consacrer entièrement à sa carrière.. pendant au moins deux jours ! Eh oui, à peine un week-end et deux jours après leur séparation, revoilà le beau Christian qui vient pointer son nez et à qui Ana ne résistera pas très longtemps (en même temps, on s’en doutait un peu).

Commencera alors une véritable love story entre les deux protagonistes (non mais attendez, on avait signé pour du sado-maso, nous !!!) qui s’envoient des « je t’aime bébé » à toutes les pages et dans toutes les positions.

Mais bien évidemment cette histoire ne sera pas sans encombres, puisque notre couple de tourtereaux devra faire face à de nouveaux dangers : le patron d’Ana qui la harcèle sexuellement, les ex de Christian complètement folles qui vont refaire surface et les révélations sur le passé mystérieux de ce dernier..

Leur amour résistera-t-il malgré tout ? Le suspense est à son comble..

Ce que j’en pense : Après avoir refermé le premier tome, je me suis demandée si on pouvait faire encore plus mauvais que ce livre. Eh bien oui, c’est possible : ce nouvel opus est encore pire que le premier..

Commençons tout d’abord par les retrouvailles entre les deux personnages. A la fin du tome 1, Ana a quitté Christian car celui-ci n’a pas réussi à lui faire aimer le sadomasochisme. Elle décide donc d’oublier son chagrin d’amour en se concentrant sur son travail. Sauf que, visiblement, Ana a les mêmes capacités de concentration qu’un poisson rouge.

En effet, deux jours à peine après avoir commencé son nouveau travail, Ana reçoit un mail de Christian : « Salut, c’est Christian, tu veux venir avec moi à l‘exposition photo ? » « Euhh..d’accord ».  Quelle volonté de fer !

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L’histoire d’amour est ensuite amenée au lecteur avec une subtilité digne d’une vierge dans un magasin de porcelaine sado-maso ; ce qui, cela dit en passant, est quelque peu décevant puisque le côté sado-maso promis au départ est complètement passé à la trappe.

L’histoire d’amour entre Ana et Christian s’articule autour de plusieurs points.

Tout d’abord, elle est réglée par un cycle qui doit à peu près ressembler à cela : réflexions-dispute-sexe-réflexions-dispute-sexe (une relation profonde en somme). Autant vous dire que l’on tourne en rond et que les répétitions que j’ai pu reprochées dans l’écriture du premier tome sont toujours là.

Et là, chers lecteurs, je vous sens conquis.. Mais attendez donc la suite..

Comme je vous le faisais remarquer dans mon précédent billet (pour le lire, c’est ici), ce livre est un véritable temple de la consommation et de l’idée que le bonheur passe nécessairement par l’argent.

Eh oui, chers lecteurs, sachez qu’il convient de distinguer deux catégories de population : les gueux, comme nous, qui nous contentons d’offrir des fleurs ou des chocolats une fois de temps en temps, et Christian Grey qui s’en va acheter gaiement une voiture à sa petite amie un dimanche après-midi avec autant de facilité que lorsque j’achète mes carottes au marché. Après un mois de relation, faire cadeau d’une voiture, ça parait normal non ?

Le lecteur a également la chance de connaitre le prix et la marque de chaque cadeau ou vêtement (voire même chaque culotte) qu’Ana sort de la garde-robe offerte par Christian.. si ça c’est pas la classe !

« Il doit éprouver des sentiments pour moi. Ce doit être ça. Cet Ipad, ces chansons, ces applications, il tient à moi »

Mais qu’importe ! Quand on aime, on ne compte pas ! Remarquez, c’est quand même bien plus pratique quand on gagne 100.000 $ de l’heure.. donc t’inquiète, je peux te faire kiffer bébé !

L’histoire d’amour entre Christian et Ana est sans cesse rythmée par les états d’âme d’Ana qui peuvent se résumer ainsi : « Arriverais-je à combler ses besoins ? ».. « Non, je ne le quitterai pour rien au monde ».. « Mais je ne peux pas lui donner ce qu’il veut ».. « Je lui appartiens, corps et âme ».. « La fessée, j’aime pas ça, je le quitte ».. « Oh non, la fessée c’est bien finalement ».. Ana, ma chère, il va falloir se décider un jour ou l’autre ou sinon je te ferai bouffer ta cravache refermerai le livre avant que tu n’aies eu le temps de prendre ta décision !!!

Enfin, le lecteur en apprend un peu plus sur le passé trouble de Christian dont notamment les circonstances dans lesquelles il a été adopté ainsi que son enfance.

A ce stade, amis lecteurs, je vous sens au bord de l’orgasme vivement impatients de savoir la suite..

Concernant l’évolution des personnages, j’ai presque envie de vous dire : on prend les mêmes et on recommence !

Ana est toujours schizophrène puisque sa déesse intérieure ainsi que sa conscience sont toujours là.

« Ma déesse intérieure, enveloppée d'un boa en plumes roses et en diamants, pavane sa camelote sur des talons de salope » (quelle classe cette déesse intérieure).

A ce propos, dans le livre, Ana consulte le Dr Flynn, psychologue de Christian afin d’en connaître un peu plus sur son passé et savoir si une fille comme elle pouvait combler ses besoins (on tournerait pas un peu en rond là ?). Il est fort regrettable, à mon humble avis, qu’elle ait omis de lui parler de son problème de dédoublement de la personnalité afin de ne faire plus qu’un avec elle-même, ce qui rendrait son personnage plus crédible pour le lecteur.

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Sinon, l’auteure essaye toujours de nous faire croire qu’Ana est diplômée en littérature. J’émettrais cependant de sérieux doutes quant à cette hypothèse dans la mesure où Ana utilise le mot « bordel » ou « putain » à peu près 7896 fois dans le bouquin.. De plus, à s’extasier toutes les 20 lignes sur Christian telle une midinette à la vue de Justin Bieber, je doute fortement qu’Ana ait elle-même dépassé le brevet des collèges..

Monsieur Gris.. euh Christian, pardon.. est toujours le même : un maniaque de l’hyper-contrôle qui ne laisse pas Ana traverser la rue toute seule et surtout, et c’est ce qui rend son personnage plus séduisant auprès de nos lectrices mémères amatrices de porno, toujours aussi hyper-riche.

D’ailleurs, à ce propos, le doute m’habite. Si le lecteur est bien informé quant à la forme, la taille et le goût du pénis du Christian, il l’est beaucoup moins bien sur son travail (quoi, comment ça, vous vous en fichez ?!?). Les maigres indices que nous donnent l’auteure consistent à nous faire savoir que Christian a une société dans le domaine des télécom, qu’il cherche à remédier à la faim dans le monde et qu’il achète des sociétés d’édition.. Vous me suivez là ?

Cela n’a pas vraiment l’air d’intéresser Ana qui ne se demande à aucun moment d’où lui vient tout ce pognon (rappelons qu’il a la classe de dire à Ana qu’il gagne 100.000 $ de l’heure) alors qu’il se contente de passer trois coups de fil dans la journée en guise de « travail » (et là, amis lecteurs, je sens pointer chez vous le désir de reconversion).

Concernant le style de l’auteure, laissez-moi vous dire que s’il existait une police de l’écriture, cette femme serait en prison !

L’histoire traine beaucoup trop en longueur : 300 pages pour décrire trois jours, c’est vraiment troooooop lonnnnnnnng ! Et je ne parle pas de trois jours d’action, je vous parle d’un voyage de 300 pages dans les pensées d’Anastasia Steele !!!

Pour vous donner une idée, je me suis lancée dans un petit exercice de Steele style afin de vous faire faire découvrir celui de E.L. James :

Je me lève ce matin à 6 heures 30. Ouuuuh comme il est beau Christian, nu allongé dans le lit. Une fois debout, je me regarde dans le miroir. J’ai les joues toutes rouges car Christian m’a enflammé avec son regard de baise braise ce matin au réveil. Comme j’aime quand son regard gris se porte sur moi et me déshabille de la tête aux pieds ! Je décide de me faire une queue de cheval car je trouve cette coiffure plus pratique pour l’activité qu’a décidée Christian pour nous aujourd’hui. Il a décidé d’aller m’emmener acheter une nouvelle voiture. Moi j’aimais bien mon ancienne Audi mais il a décidé qu’il m’achèterait une Saab. Je ne sais pas ce qu’il a avec les voitures étrangères. Et puis, je me demande quelle couleur je vais choisir. Surement une grise pour être assortie aux yeux de Christian. Ah, les beaux yeux de mon cinquante nuances ; ces yeux qui peuvent se montrer à la fois tendre, incendiaire et glacial. Christian est comme ça, lunatique ; il change souvent d’humeur au cours de la même journée. C’est sans doute lié à son passé mais à qui exactement ? A sa mère pute et camée, à ses ex, à sa famille ? Christian a un passé vraiment trouble. Comme il a dû souffrir étant enfant ; quand j’imagine ce petit garçon à qui on a fait du mal, les larmes me montent. Mais je l’aime, jamais je ne le ferai souffrir et je ne pourrais jamais passer ma vie sans lui. 

Vous trouvez que ce que j’ai écrit est intéressant ? Alors imaginez lire 500 pages de ce blabla sans action ! (quoi, comment ça, vous vous êtes endormis ?!?)

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Que penser de ce tome 2 au final ? Pour ma part, j’hésite entre l’ennui et la comédie (voire la parodie). Je regrette que le côté érotico-sado-maso soit complètement oublié au profit de scènes de « sexe vanille » où Ana est au bord de l’orgasme sur simple demande.

Pour moi, la relation entre les deux personnages sonne faux. Ana et Christian ne partagent rien d’autre à part le sexe. Comment alors s’engager avec un homme dont on ne connait même pas la couleur préféré ou la taille de sa pointure de chaussures ? Pour moi, c’est inconcevable !

Enfin, on sent que la théorie de Hegel prend tout son sens dans ce nouveau tome puisqu’Ana a complètement pris l’ascendant sur Christian : le maître est devenu esclave.

Alors, lirai-je le tome 3 ? Oui, sans doute. Mais l’auteure fera-t-elle encore pire que le tome 2 ? La suite au prochain épisode !

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Et pour finir, trois petites citations : « Il m’adresse son petit sourire de travers et lève les mains dans un geste qui signifie « Je suis tout à toi, bébé ». Je souris, c’est Noël »

« M'habituerai-je un jour à ce que Taylor m'appelle "Madame" ? J'ai l'impression d'être vieille, d'avoir au moins trente ans »

« Je crois que nous mangerons plus tard, dit-il. Remets le poulet au réfrigérateur".. Jamais je n'aurai imaginé que Christian Grey prononce une phrase aussi sexy.. »

 

 

 

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Le mec de la tombe d'à côté de Katarina Mazetti

Publié le par mademoisellechristelle

le mec de la tombe d'à cotéL’histoire : Elle : Désirée est une jeune veuve. Bibliothécaire plutôt ambitieuse, c’est une citadine qui aime la littérature, l’art contemporain, le théâtre et l’opéra. Elle vit dans un appartement couleur blanc aseptisé et ultra-moderne (bref, fade et sans saveur) et dans lequel chaque chose a une place bien définie.

 

Lui : Benny est orphelin de père et mère. Il a repris la ferme familiale qu’il gère tant bien que mal (mais il aurait bien besoin d’une p’tite femme quand même). Benny aime les sorties entre amis, la bonne bouffe, sa ferme, les tracteurs, et draguer les filles. Benny aime vivre loin de tout, mais surtout dans le foutoir.

 

Ces deux-là n’ont rien en commun me direz-vous.. exact ! Et pourtant, leurs chemins vont se croiser dans un endroit qu’ils ont en commun : le cimetière (nouveau lieu de rencontre pour célibataires branchés visiblement).

 

Tous deux s’ignorent et se détestent secrètement, jusqu’au jour où ils vont se sourire, puis se séduire et plus si affinités.. Et là, je vous décroche une phrase façon téléfilm du dimanche : arriveront-ils à s’aimer malgré leurs différences ? 

 

Ce que j’en pense : étant donné les nombreux commentaires positifs que j’ai pu trouver sur la toile, ainsi que l’immense succès de ce bouquin en librairie, je me suis laissée tentée par la lecture du « mec de la tombe d’à côté » dont le titre laissait présager une histoire plutôt originale. Encore une fois, ce livre est la démonstration que ce ne sont pas les succès en librairie qui font les bons livres..

 

Je m’explique.

 

Tout d’abord, j’ai souvent lu que le roman de Mazetti était un roman décalé et plein d’humour.. A dire vrai, ce roman n’a absolument rien de décalé et pour l’humour, faudra repasser (je ne me rappelle même pas avoir souri).

 

Loin d’être original, « le mec de la tombe d’à côté » accumule plutôt les clichés.

 

le-mec-de-la-tombe-d-a-cote-copie-1.jpgLe premier stéréotype réside dans l’histoire elle-même. En effet, le thème du bouquin est l’amour impossible entre un homme et une femme que tout oppose : leur train de vie, leur caractère et même leur apparence

 

C’est un thème qui sent le vu, le re-vu et le re-re-vu et que l’on retrouve dans toutes les séries TV et les films à deux balles ; on est très loin de l’amour impossible et passionnel façon Roméo et Juliette. Compte tenu de l’originalité du titre et du lieu de la première rencontre entre les deux personnages, j’avais vraiment espéré beaucoup plus..

 

Le deuxième stéréotype dans lequel s’enterre l’auteur tient aux personnages. Benny et Désirée ne sont, à mon sens, que des caricatures d’eux-mêmes. Ce sont deux personnages dont les traits de caractère et les différences sont poussés à l’extrême.

 

La citadine toute pâle et maigrichonne un peu snob et branchée qui aime l’art contemporain, la littérature et les déco épurées qui tombe amoureuse de l’agriculteur un peu bourru qui aime la bonne bouffe, les tracteurs et qui vit dans une maison où trônent encore les décorations en point de croix faite par sa défunte mère..

C’est un peu comme si un paysan façon l’amour est dans le pré rencontrait une citadine branchée façon Audrey Tautou.. Quoi, comment ça, vous avez dit cliché !?!

 

Je doute franchement que, « dans la vraie vie », les agriculteurs ressemblent tous à Benny et les bibliothécaires toutes à Désirée.

 

Du coup, ces deux personnages m’ont agacé au plus haut point et il m’a été impossible de m’y attacher.

 

article_SGE.UCI52.050707193509.photo00.photo.default-512x34.jpgL’une des choses qui m’a le plus agacé chez Désirée et Benny c’est leur manque de communication. Ce trait est flagrant dans la forme du livre, d’une part. En effet, Katarina Mazetti a pris le parti de laisser les personnages s’exprimer chacun leur tour, alternant à la fois les points de vue de Désirée et Benny. Les deux personnages ne communiquent donc pas ensemble et en harmonie. Chacun reste dans son coin, dans ses pensées et ses opinions.

 

D’autre part, dans le fond de l’histoire, on remarque tout de suite qu’aucun des deux ne cherche véritablement à connaitre son partenaire. Aucun des deux ne fait de compromis et souhaite imposer son mode de vie à l’autre.. Si chacun reste dans sa bulle, il est évident que cette histoire d’amour ne pourra jamais marcher !

 

Quand on sait au bout de 50 pages que cette histoire ne fonctionnera pas, ça va.. Mais au bout de 250 pages de non communication et non compromis, ben franchement, ça devient chiant !

 

Concernant le style de Katarina Mazetti, je peux vous dire que son roman se lit vraiment très facilement et je le conseille plutôt comme un roman à lire l’été à la plage pour se détendre, mais sans plus.

 

Par ailleurs, et sans vouloir dévoiler la fin de livre, je peux vous dire que la conclusion de cette histoire est tout ce qu’il y a de plus anti-romantique, anti-amour et anti-passionnel au possible.

 

Mais alors, me demanderez-vous, liras-tu la suite ? Vu que je déteste commencer une histoire sans la finir, il est fort possible que je me lance dans la suite et fin intitulée « le caveau de famille » (encore une histoire de cimetière), mais probablement cet été, et sans grande envie. On peut dire finalement que le mec de la tombe d’à côté aura visiblement creusé la mienne..

 

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Et pour finir, une petite citation : « C'est assez marrant, elle se trouve tout à fait quelconque. Moi, j'ignore totalement si elle est belle ou laide, ça n'a aucun intérêt, pourvu qu'elle reste comme elle est ».


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Les contes de la lune, d'Elisabeth Delaigle

Publié le par mademoisellechristelle

Les contes de la lunePour ce billet un petit peu particulier, je souhaiterais tout d’abord sincèrement remercier l’auteure, Elisabeth Delaigle, qui m’a contacté afin de me proposer de lire son livre. C’est le premier livre d’auteur que je reçois et j’en suis particulièrement honorée et fière !

 

J’ai tout de suite adoré le titre : « Les contes de la Lune », et j’y ai instantanément associé les expressions tournant autour de la lune : décrocher la lune, promettre la lune, être dans la lune, une lune de miel etc..  Pour moi, ce sont des expressions qui invitent à la rêverie et à la douceur : en somme, un cadre idéal pour créer de belles histoires pour enfants.

 

A dire vrai, j’ai toujours adoré la lune et étant petite, mon entourage me disait que j’étais toujours.. dans lune ! Pour moi, être dans la lune signifiait être dans un autre univers que j’avais recréé et dans lequel je me sentais à l’aise et je n’avais peur de rien ; un monde dans lequel je me sentais surtout protégée des blessures et des bobos à l’âme que l’on pouvait t’infliger ici-bas.

 

Alors, me replonger dans des contes pour enfants ayant pour thème mon astre préféré me remplissait de joie et de nostalgie.

 

Dans « les contes de la lune », Elisabeth Delaigle nous propose sept contes différents ayant pour point commun la lune (le chiffre sept est magique lui aussi) :


  • Le buveur de lune
  • La fileuse de lune
  • Les croqueuses de lune
  • Le boxeur de lune
  • La voleuse de lune
  • Les chasseurs de lune
  • Les pêcheurs de lune

 

Pour être honnête, je dois avouer que je n’ai malheureusement pas été séduite par tous les contes, même si je trouve l’idée de départ vraiment très bonne.

 

J’en ai toutefois retenu deux.

 

fileusedelaluneTout d’abord, je n’ai pas pu résister à « La fileuse de lune » qui raconte une histoire de princesse (oui, j’ai toujours sept ans dans ma tête, et alors ?) enfermée dans une tour et qui se fait jeter un sort par une sorcière (pas si) maléfique (que ça). A travers, ce conte, je suis littéralement retombée en enfance et je me suis revue en train de (re)lire des contes mettant en scène princes et princesses.

 

Ensuite, « Le boxeur de lune » m’a également plu car l’histoire pourrait tout à fait se dérouler de nos jours. Ce conte serait plus approprié à des enfants ayant 9/10 ans, contrairement à d’autres contes du livre, accessibles à des enfants plus jeunes. De plus, nos jeunes lecteurs pourront s’identifier facilement au personnage principal. La preuve, je me suis sentie moi-même concernée par la morale de l’histoire qui fait l’apologie du mérite.

 

La magie n'a pas opéré avec moi pour les autres..

 

Pour les points négatifs, si je devais être honnête (et comme je le suis toujours !), j’aurais plusieurs points à soulever.

 

contes-de-la-lune.jpgLe fait qu’il y ait peu d’illustrations m’a tout de suite sauté aux yeux. Il n’y en a qu’une seule par conte, et je pense que plusieurs illustrations en couleurs auraient rendu la lecture du livre beaucoup plus agréable.

 

L’écriture d’Elisabeth Delaigle est très fluide et ses contes se lisent très facilement, bien que chaque conte ne soit pas accessible à tous les âges. Néanmoins, j’ai trouvé certaines histoires un peu trop descriptives et manquant un peu d’action. Du coup, la fin arrivait un peu trop vite à mon goût ; si vite que je n’ai pu pu comprendre la morale du conte..

 

Enfin, (mais là, c’est personnel) la lecture sur écran ne m’a pas du tout plu (Elisabeth Delaigle m’a envoyé son roman en pdf). Mais où est passé le plaisir de tourner les pages à toute vitesse lorsque l’histoire s’accélère et que le suspense est à son comble ? Et sentir la douceur du papier, de différente qualité selon les livres (surtout les livres pour enfants qui utilisent un joli papier glacé) ! A faire défiler l’écran au fur et à mesure de la lecture, je n’ai éprouvé aucune sensation. Du coup, je suis définitivement refroidie sur l’idée d’acheter une liseuse. Eh oui, je reste une adepte de la vieille école !

 

En bref, certains « contes de la lune » m’ont envoyé sur la lune, d’autres pas du tout mais je suppose que chaque conte doit trouver son lecteur, comme chaque lune doit trouver ses étoiles..

 

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Les oreilles de Buster de Maria Ernestam

Publié le par mademoisellechristelle

les oreilles de buster« J’avais sept ans quand j’ai décidé de tuer ma mère. Et dix-sept ans quand j’ai finalement mis mon projet à exécution ».

 

Rassurez-vous, je ne vous dévoile pas la fin du livre mais uniquement les premiers mots du roman de Maria Ernestam. 

 

Voilà, le ton est donné.

 

L’histoire : Eva mène une vie paisible qu’elle partage entre Sven, son compagnon, ses amies et ses voisines, Irene, une vieille dame aigrie dont elle s’occupe, Suzanne, sa fille en pleine procédure de divorce mais surtout, ses rosiers qu’elle chérit plus que tout.

 

Le jour de ses cinquante-six ans, Eva reçoit un carnet vierge de la part de sa petite fille, Anna-Clara, et décide de s’en servir comme journal intime. Ainsi, pendant la nuit, lorsque Sven est couché, Eva se sert un verre de vin et écrit son journal intime. Dans son journal, Eva va raconter à la fois son quotidien et sa vie passé.

 

Et c'est dans l'atmosphère feutré d'une maison endormie que vont lui revenir les douloureux souvenirs de son enfance, puis de son adolescence ; la cruauté est sans doute plus douce lorsqu'elle est évoquée la nuit, à la lueur d'une bougie. En effet, parmi ses souvenirs, Eva va confier à son journal sa relation avec sa mère, à mi-chemin entre l'amour et la haine.

 

La mère d’Eva est un cas qui relève de la pathologie : complètement centrée sur elle-même, égoïste, égocentrique, irresponsable, superficielle et exubérante, elle ne l’a jamais aimée comme une mère aime son enfant et l’a toujours critiquée et humiliée en public (de nos jours, Eva lui aurait fait un procès pour harcèlement).

 

[Eva avait cueilli un bouquet pour sa mère] : « Les pas-d’âne sont les fleurs les plus laides que je connaisse. Elles poussent dans le fumier. D’ailleurs, ça se sent. Elles puent la merde »

 

« Björn ! Björn ! Eh ho ! Inutile de parler voyages et d’amour avec Eva, ce n’est qu’une ignorante. Elle ne sait rien de rien. En fait ».

 

« Tu pourrais porter un peu plus de couleurs de temps en temps. Enfin, de toute façon, personne ne te regarde. D’ailleurs, pendant que j’y pense, ça m’étonnerait qu’on te fasse un jour des avances ».

 

Pas étonnant qu’Eva ait décidé de tuer sa mère..

 

Ce que j’en pense : Alors là, je n’ai qu’une chose à dire : méfiez-vous des apparences..

 

Tout d’abord, méfiez-vous de la couverture. En effet, sur la couverture du livre est représenté un joli petit paysage champêtre composé d’une gentille petite fille qui a l’air de promener un gentil petit toutou (sans doute Buster). Aussi, ma première impression en voyant cette couverture fut de me dire que  « les oreilles de Buster » racontait l’enfance d’une petite fille fortement attachée à son chien, le tout dans une ambiance plutôt paisible et bucolique.

 

Que nenni ! D’ailleurs, ma première impression s’en est allée aussitôt que j’ai lu les premiers mots du bouquin !

 

deadlikeme-15Ensuite, méfiez-vous des personnages et surtout du personnage principal, Eva. Eva m’a fait penser à ce genre de personne calme et souriante en apparence alors que, dans sa tête, la vôtre balance déjà au bout d’une corde..

 

Ce côté légèrement malsain et sadique, Eva va le développer dès son enfance. En effet, dès l’âge de sept ans, Eva décide de « punir » sa mère pour son comportement tyrannique et égocentrique. Puisque tout le monde passe les caprices de la mère d’Eva (la scène de la machine à laver est tout simplement mémorable), elle décide de se faire justice elle-même. Inutile de compter sur son père qui apparait comme un homme faible et sans envergure, incapable de dire non à sa superbe femme de peur de perdre son magnifique trophée.

 

La mère d’Eva ne sera d’ailleurs pas sa seule victime : Eva décidera de se venger à plusieurs reprises d’autres personnes (ou d’animaux) dont le comportement l’aurait contrariée.

 

Les récits d’enfance d’Eva mêlent à la fois candeur et perversion donnant une ambiance assez particulière au bouquin, une ambiance presque malsaine. On est à la fois gêné par le comportement et la psychologie de cette petite fille et pris de pitié pour elle, eu égard au comportement de cette mère qui ne l’a jamais aimée.

 

A travers son journal, Eva va revivre son passé et se remémorer tous ses vieux souvenirs d’enfance et d’adolescence. On aurait presque l’impression qu’elle rédige ses mémoires, comme si elle n’allait pas tarder à mourir. Et le passé d’Eva, croyez-moi, est vraiment riche en rebondissements. L’histoire m’a fait un peu penser au principe des poupées russes : à mesure que l’on découvre un détail important de la vie d’Eva, une autre histoire sous-jacente à la première surgit et créée un nouveau rebondissement. Tout ceci jusqu’à ce que l’on arrive au cœur de l’histoire : sa relation avec sa mère.

 

talons aiguilles 1991 diaporama portraitLa relation mère/fille est le thème principal du roman avec notamment les répercussions psychologiques du manque d’amour maternel. Les femmes sont d’ailleurs placées au cœur de l’histoire, les hommes étant carrément placés au second plan et n’ont pas franchement le beau rôle.

 

Il convient également de souligner l’ambivalence de ce roman avec un côté noir, très sombre, pervers, voire même démoniaque qui réside dans l’amour/la haine qui règne entre la mère et la fille et la psychologie avec laquelle Eva va analyser la situation et préparer son matricide. Le côté blanc, beaucoup plus pur, candide et saint, je l’ai retrouvé dans les actes désespérés de cette petite fille qui fait tout pour gagner l’amour de sa mère et l’immense admiration qu’elle lui porte.

 

Le style de Maria Ernestam est vraiment excellent et l’on a presque l’impression de lire un thriller psychologique, surtout à la fin du roman, lorsque l’histoire se dénoue. Un grand bémol tout de même : je trouve que le livre traine parfois un peu trop en longueur et que l’auteur se perd un peu trop dans des descriptions qui rendent plus lourde la lecture de son livre.

 

Finalement, « les oreilles de Buster » m’auront laissé un souvenir mitigé, un goût aigre-doux, prise entre le côté clair et le côté obscur qui sommeille en chacun d’entre nous. Et je ne sais de quel côté mon cœur balance..

 

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Et pour finir, une petite citation : « Je me rappelle avoir progressivement compris que ma mère ne se soucierait jamais assez de moi pour m'aimer, et que seule l'une d'entre nous deux verrait le bout du tunnel saine et sauve. A sept ans, je décidais que ce serait moi ».

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La liste de mes envies de Grégoire Delacourt

Publié le par mademoisellechristelle

La liste de mes envies

L’histoire : "La liste de mes envies" est avant tout l'histoire d'une vie, en l'occurence celle de Jocelyne Guerbette (dite Jo), 47 ans et mercière à Arras.

Jocelyne est une passionnée de mode, mais n’a pas vraiment la taille mannequin.  Elle rêvait d’être styliste à Paris, elle se retrouve mercière à Arras.

Jocelyne est une femme plutôt timide et réservée, presque insipide. C’est aussi une femme soumise à son mari dont elle est éperdument amoureuse. Jocelyne rêvait d’un mari aussi beau qu’une star de cinéma, mais elle est mariée à Jocelyn (dit Jo.. oui, lui aussi..), ouvrier dans une usine et qui n’est pas pour ainsi dire un mari attentionné.

Lorsqu’il rentre chez lui le soir, Jocelyn déguste sa bière sans alcool, se pose sur le canapé et reste avachi devant la télé la bouche ouverte en demandant à sa femme : « qu’est-ce qu’on mange ce soir ? » (ça donne envie, hein ?).

Pas de quoi se rattraper non plus avec les enfants. Romain, le fils, c’est un peu l’idiot de service dont on ne peut pas dire qu’il soit gorgé d’ambition (pfff j’men fous.. de toutes façons, j’arrête mes études pour être serveur à la crêperie bretonne du coin..). Et Nadine, sa fille, ne parle jamais.

Jocelyne et Jocelyn ont aussi perdu un bébé qui est devenu un petit ange à la naissance. Cette perte a marqué à tout jamais leur couple et a notamment conduit Jocelyn à tenir des propos d’une violence extrême à Jocelyne, qui a tout encaissé sans rien dire, par amour pour son mari et ses enfants.

« C’est ton gros corps qui a étouffé Nadège. A chaque fois que tu t’asseyais, tu l’étranglais. Mon bébé est mort parce que t’as pas pris soin de toi. Ton corps c’est une poubelle, ma pauvre Jo, une grosse poubelle dégueulasse. Une truie. T’es une truie. Une putain de truie ».

Jocelyne est une provinciale de classe moyenne qui vit dans un petit pavillon sans prétention. Elle sort diner de temps en temps avec ses copines, les jumelles un peu fofolles, mais c’est bien là la seule extravagance qu’elle s’octroie. C’est un peu Madame-tout-le-monde, en quelque sorte.

A la seule exception près qu’un beau jour, Madame-tout-le-monde va gagner la coquette somme de 18.547.301 euros (et 28 centimes) à l’Euromillions.

Cette somme pourrait changer le cours de sa vie de manière irréversible : mais a-t-elle vraiment tout à y gagner ou au contraire tout à y perdre ?

Ce que j’en pense : j’ai découvert ce livre par hasard en surfant sur la blogosphère. Il faut avouer que la plupart des auteurs de blogs l’ayant lu lui ont fait moult et moult éloges.  Et puis, l’histoire avait particulièrement retenu mon attention : j’avais vraiment envie d’en savoir plus sur cette petite mercière qui gagne la grosse cagnotte de l’Euromillions.

Mais surtout, je voulais savoir si, pour l’auteur, l’argent faisait le bonheur..

Ce n’est pas vraiment l’avis de Jocelyne, le personnage principal. En effet, au lieu d’encaisser immédiatement son chèque, se faire faire un ravalement facial, dévaliser les boutiques de luxe et plaquer son beauf de mari pour s’enfuir à Puerto Rico avec un gigolo, Jocelyne a préféré attendre. Attendre de savoir si le fait d’encaisser ce chèque allait tout lui apporter ou au contraire tout lui faire perdre, c'est à dire lui faire perdre tout ce qui la raccroche à son existence.

En attendant de le savoir, elle fait d’abord la liste de ses besoins :

Une lampe pour la table d’entrée

Un portemanteau perroquet (style bistrot) 

Une sorte de plat pour ranger les clés et le courrier (chez Cash Express ?) 

Deux poêles Tefal (…)

 

Puis, la liste de ses envies :

Partir en vacances seule avec Jo (pas au camping du Sourire. Toscane ?)

Demander à ce qu’on change papa de chambre

Emmener Romain et Nadine sur la tombe de maman (Leur parler d’elle. De ses cramiques, miam)

Couper mes cheveux (…)

 

Et enfin la liste de ses folies : 

Arrêter la mercerie et reprendre des études de stylisme

Une Porsche Cayenne

(...) Un appartement à Londres pour Nadine

Me faire faire un 90C, j'ai maigri (NONO-NON. T'es folle ou quoi !!? Justement c'est la liste :-)

 

Personnellement, si je gagnais 18 millions d’euros à l’Euromillions, je pense que j’encaisserais mon chèque dans la seconde où l’on me le remettrais, je ferais un doigt d’honneur à mon boss, et je me casserais ! Je plaque tout et je nous emmène, ma famille et moi, faire le tour du monde..

Mais, Jo, elle, dans sa grande sagesse, attend avant d'encaisser le chèque.

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En temps normal, le personnage de Jocelyne m’aurait agacé au plus haut point. Une petite bonne femme toute molle qui subit sa vie au lieu de la vivre (non mais franchement, qui pourrait supporter un mari qui te traite de truie toute la journée), et qui renonce d’entrée de jeu à ses rêves, moi, ça m’énerve. Je la secouerai comme on secoue une bouteille d’Orangina !!!

Et pourtant, j’ai retrouvé dans cette petite bonne femme une forme de sagesse et beaucoup de réflexions très intéressantes, comme ça, l’air de rien.. Ainsi, Jocelyne s'interroge souvent sur le sens de sa vie, elle qui a perdu tous ses rêves et sur ce qui la raccroche encore à sa vie. Qu'est ce qui fait le sens de la vie ? La richesse ? Les objets de luxe ? Ma famille ? Mon couple ?

En réalité, la liste de « ses » envies, c’est avant tout la liste de ce qui la raccroche à la vie.

Du coup, la soumission de son personnage m’a un peu moins dérangée que de coutume. Elle me rappelle un peu le personnage de Joséphine dans « Les yeux jaunes des crocodiles » de Katherine Pancol pour son côté soumis, qui s'excuserait presque d'exister.

« La liste de mes envies » raconte une histoire plutôt banale : une petite provinciale insipide et sans histoire gagne le gros lot. Jusque-là, rien d’extraordinaire.

Mais ce qui fait la singularité de ce livre c’est, à mon avis, le style de l’auteur. Grégoire Delacourt décrit et décortique à merveille la France qu’on n’expose pas devant les caméras, cette France silencieuse, avec ses angoisses, ses besoins, ses envies, ses folies, ces histoires cachées aussi. Elle est là, la France d’en bas qui se lève à l’aube tous les matins pour aller bosser et gagner sa croûte ! C’est Jocelyne et Jocelyn !

 

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Grégoire Delacourt attire également notre attention sur la société de consommation dans laquelle nous vivons (Grégoire Delacourt travaillant dans la publicité, ça peut aider). Le mari, Jocelyn, est un parfait esclave de cette société de consommation. Ses rêves ? Une Porsche, une belle montre, un écran plat, des DVD.. Bref, l’idée que posséder et consommer peut vous rendre heureux car on (et je veux dire par là, la publicite) a créée un besoin chez lui. Toutefois, cette richesse ne lui profite pas tant que ça au final : mais là, je ne peux rien dévoiler..

Enfin, je dois avouer que je ne m’attendais pas du tout à la tournure qu’a pris l’histoire à la fin (mais bon, moi je suis une grande naïve, alors ça ne compte pas). J’ai d’ailleurs tellement été surprise et stupéfaite que, fait exceptionnellement rare, j’ai versé une petite larme. Ne me demandez pas pourquoi. C’est comme ça. Ou peut-être que mon histoire personnelle y est pour quelque chose. Mais bon, passons..

Une fois ce billet rédigé, je me dis que « la liste de mes envies » confirme un peu ce que je pensais, à savoir que le fait de gagner une somme d’argent astronomique peut vous rendre fou (Jocelyne sera d’ailleurs examinée par une psychologue de la française des jeux avant qu’on lui remette son chèque) ou très malheureux.

Alors je me dis que finalement, l’argent ne fait peut être pas le bonheur..

 

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Et pour finir, une petite citation : « Etre riche, c’est vouloir tout ce qui est laid puisqu’on a l’arrogance de penser qu’on peut changer les choses. Qu’il suffit de payer pour ça. Mais je ne suis pas riche. Je possède juste un chèque de dix-huit millions cinq cent quarante-sept mille trois cent un euros et vingt-huit centimes […]. Je possède juste la tentation, une autre vie possible. Une nouvelle maison. Une nouvelle télévision. Pleins de choses nouvelles. Mais rien de différent ».

 

Le livre de Grégoire Delacourt a aussi été adapté au théâtre :

 

 

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Le cercle littéraire des amateurs d'épluchures de patates de Mary-Ann Shaffer & Annie Barrows

Publié le par mademoisellechristelle

le-cercle-des-eplucheurs-171323 LL’histoire : Janvier 1946. Juliet Ashton est un écrivain à succès en manque d’inspiration. Un beau jour, elle reçoit une lettre d’un certain Dawsey Adams, habitant de l’ile de Guernesey (île anglo-normande). Dawsey est en possession d’un livre ayant appartenu à Juliet et dans lequel figuraient ses nom et adresse.

 

Depuis cette lettre, Juliet et Dawsey vont entreprendre une correspondance ensemble et vont faire connaissance l’un avec l’autre. Dawsey va notamment lui révéler qu’il fait partie d’un club littéraire au nom bien singulier, « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » ; il va également lui raconter l’histoire de ce groupe de lecture ainsi que celles de ses membres, avec qui Juliet va nouer une très forte amitié par correspondance.

 

Puis, vient le jour où elle se rendra elle-même à Guernesey pour faire connaissance avec ses nouveaux amis.

 

Ce que j’en pense : voilà un livre qui n’est pas extraordinaire mais qui mérite d’être lu.

 

J’ai choisi de le lire un peu par hasard en fouinant sur les étagères de la médiathèque de ma ville. Je sais que « le cercle littéraire des amateurs d’épluchure de patates » est un grand classique de la blogosphère avec des avis généralement très positifs.

 

images.jpgA dire vrai, je me méfiais un peu de tous ces avis positifs car, je dois l’avouer, le titre ne me donnait aucune envie de le lire et me donnait plutôt l’impression d’un bouquin somnifère (le vrai nom du cercle est d’ailleurs « le cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patate de Guernesey ».. Mouais, pas très sexy quand même..). Mais bon, je me suis lancée et.. grand bien m’en a pris !

 

Les deux auteurs Mary Ann Shaffer (la tante) et Annie Barrows (la nièce) ont choisi de rédiger leur roman sous la forme épistolaire, style complètement délaissé par les auteurs contemporains. Pour ma part, cela ne m’a absolument pas dérangé, ni empêché de comprendre l’histoire ou de m’attacher aux personnages. Il faut également savoir que Mary Ann Shaffer est malheureusement décédée peu après avoir su que son livre allait être publié.

 

J’ai trouvé les personnages du roman vraiment tous attachants chacun à leur manière et j’ai eu, tout comme Juliet, envie de faire connaissance avec chacun des membres du cercle littéraire. J’avais même l’impression qu’ils ont réellement existé tellement ils sont authentiques ! C’est néanmoins le personnage de Juliet que j’ai préféré en raison de son dynamisme, son humour et surtout son côté « Madame Folledingue ».

 

L’histoire est vraiment très simple (la fin est d’ailleurs évidente à deviner) et n’appelle pas à mon sens de grands sujets de réflexion chez le lecteur. Elle se déroule au lendemain de la seconde guerre mondiale et décrit comment les habitants de l’île de Guernesey ont dû se reconstruire après la dure occupation allemande mais surtout, comment la littérature les a rapprochés. C’est une histoire pleine d’humanité, d’amitié et de solidarité entre les habitants de ce petit bout de terre.

 

guernesey-cecile-lelong-copie-1.jpgOn est très vite happé par le roman et l’on veut à tout prix tourner les pages à toute vitesse pour connaitre la suite. C’est le genre d’histoire qui me fait un peu penser à une vieille comédie musicale du style « la mélodie du bonheur » (le genre avec des gentils très gentils et des méchants très vilains pas beaux) où l’on sait pertinemment que tout cela se terminera par un « happy end ».

 

Je conseille donc ce livre à tous car il constitue un excellent moment de détente entre deux lectures un peu plus profondes. En ce qui me concerne, je qualifierais « le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patate » de jolie parenthèse littéraire enchantée.

 

Il ne reste donc plus qu’à vous laisser envoûter..

 

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Et pour finir, une petite citation : « C'est ce que j'aime dans la lecture. Un détail minuscule attire votre attention et vous mène à un autre livre, dans lequel vous trouverez un petit passage qui vous pousse vers un troisième livre. Cela fonctionne de manière géométrique, à l'infini, et c'est du plaisir pur ». 

 

Ce billet intègre dans le challenge de Géraldine

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L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder

Publié le par mademoisellechristelle

l'amour dure trois ansL’histoire : Marc Marronnier est un chroniqueur mondain et un écrivain d’une trentaine d’années qui va connaitre une vie amoureuse plutôt chaotique, mais on ne peut plus banale de nos jours.

 

Plus jeune, il rencontre Anne. C’est le coup de foudre. Un coup de foudre instantané et partagé. Anne est comme ces princesses parfaites et gracieuses avec de longs cheveux blonds qu’on ne demande qu’à épouser (vous savez, les filles douées en amour !). Marc en tombe immédiatement amoureux et l’épouse peu de temps après. Précipité, me direz-vous ? Mais quand on s’aime, pourquoi attendre ? La stupidité passion n’attend pas !

 

La première année, entre Marc et Anne c’est l’amour fou, l’extase : un regard et on se comprend, on n’arrête pas de se toucher, de s’embrasser, de faire l’amour, de rire pour rien.. bref c’est une histoire d’amour comme dans les films au cinéma (quoi, comment ça, ça n’existe pas ?).

 

La deuxième année, les choses changent.. un peu. La passion se transforme en tendresse, mais on trouve ça normal. On se touche un peu moins, on s’embrasse un peu moins, on fait un peu moins l’amour, mais on trouve ça normal. Et puis, Marc prend peu à peu conscience qu’il y a de jolies filles qui passent dans la rue, mais il se retient de les regarder.

 

La troisième année, il ne se gêne plus pour regarder les jolies filles qui passent dans la rue. D’ailleurs, il le fait de plus en plus souvent. Il sort plus souvent aussi, le soir surtout, cela lui donne une excuse pour ne plus parler quand ils se retrouvent tous les deux. Puis vient l’instant où il ne supporte plus le contact avec Anne (le simple fait d’une main posée sur sa cuisse lui produit le même effet qu’un gant Mappa en train de le toucher).

 

Et puis, il y a une rencontre, une autre femme.. Alice. Ah.. Alice.. Et depuis, Alice, tout bascule..

 

frederic-beigbeder.jpgCe que j’en pense : je ne suis pas particulièrement fan de Frédéric Beigbeder mais il est vrai que j’avais beaucoup entendu parler de ce roman à l’époque où il a été adapté au cinéma. Alors, quand je l’ai vu, bien en évidence dans les rayons de la Fnac, je me suis dit : « pourquoi pas », mais sans plus de conviction.

 

Je dois avouer que j’y ai vraiment découvert une très belle plume. Le style de Beigbeder est concis, froid, cynique et avec un brin d’humour. Il m’a beaucoup plu. Beigbeder a su analyser et décortiquer la vie d’un couple atypique à la manière d’un chirurgien. C’est simple, précis et ça se lit vite. Mais je ne parle ici que de la forme.

 

Quant au fond, c’est une autre histoire.

 

Frédéric Beigbeder tente de convaincre son lecteur que l’amour (entendez par là le mariage) dure trois ans. Et pour cela, il a une théorie déjà bien élaborée.

 

Tout d’abord, il tente de démontrer que l’amour a une date de péremption grâce à des arguments scientifiques. Il paraitrait donc que nous serions tous scientifiquement programmés à aimer trois ans. C’est hormonal. Après trois ans, les hormones qui sécrètent les sentiments amoureux cessent d’agir, c’est foutu, on n’aime plus.

 

« Un moustique dure une journée, une rose trois jours. Un chat dure treize ans, l’amour trois. C’est comme ça. Il y a d’abord une année de passion, puis une année de tendresse et enfin une année d’ennui. La première année, on dit : Si tu me quittes, je me tue. La seconde année, on dit : Si tu me quittes, je souffrirai mais je m’en remettrai. La troisième année, on dit : Si tu me quittes, je sabre le Champagne ». 


Vous ne croyez pas à la théorie scientifique ? Qu’à cela ne tienne ! Beigbeder vous fait partager sa propre expérience et vous raconte comment et pourquoi l’amour dure trois ans. Et pour cela, il se sert de l’exemple de Marc et d’Anne.

 

A travers leur histoire, il va décortiquer et commenter les travers d’un couple « clé en main ». Il nous montre les pièges dans lesquels beaucoup de couples tombent et les illusions dans lesquels ils se bercent.. jusqu’à tomber dans le gouffre de l’indifférence.

 

 

«Notre génération est trop superficielle pour le mariage. On se marie comme on va au MacDo. Après, on zappe. Comment voudriez-vous qu’on reste toute sa vie avec la même personne dans la société du zapping généralisé ? Dans l’époque où les stars, les hommes politiques, les arts, les sexes, les religions n’ont jamais été aussi interchangeables ? Pourquoi le sentiment amoureux ferait-il exception à la schizophrénie générale ? » 

 

A ce sujet, je voudrais pousser un « coup de gueule » concernant le personnage de Marc Marronnier.

 

Marc Marronnier fait partie de cette génération que l’on appelle « génération Y ». Comme beaucoup d’hommes de sa génération, Marc est un homme plutôt lâche, qui préfère fuir les problèmes plutôt que de les affronter et trouver une solution (comme un homme, un vrai). Mais surtout, Marc est égoïste et terriblement égocentrique : il fait passer son désir avant celui des autres sans jamais penser aux conséquences de ses actes.

 

Il me rappelle un peu le personnage de Nicolas dans La jouissance de Florian Zeller (pour lire mon billet, c’est ici).

 

l-amour-dure-trois-ans-proust-bourgoin.jpgNon mais sérieusement, qu’est-ce que c’est que cette génération d’adulescents qui ne sont pas matures pour un sou, ne savent pas prendre leurs responsabilités, fuient à toute berzingue devant l’engagement et sont, selon la définition de Florian Zeller des jouisseurs, c’est-à-dire qu’ils ne pensent qu’à profiter de l’instant présent et font passer leur désirs avant ceux des autres ?

 

On voit d’ailleurs de plus en plus de bouquins traiter et décrypter les problèmes de couples que rencontre notre fameuse génération Y, et les personnages masculins ont toujours ce même visage d’adulescent qui refuse de se projeter dans l’avenir et d’affronter les problèmes, parce que c’est aussi une manière de vieillir.

 

Où sont les passés les hommes, les vrais ?

 

Pour ma part, je n’ai pas été totalement convaincue par les théories de Beigbeder mais peut c’est peut-être parce que je suis incroyablement optimiste et une incorrigible rêveuse en ce qui concerne l’amour.

 

Je conseillerais donc ce livre à tous les désabusés de l’amour ainsi qu’à tous ceux qui ont perdu foi en l’amour, après une grosse déception. Et en plus, il y a même une toute petite lueur d’espoir à la fin du livre.

 

 

« J’ai appris que pour être heureux, il faut avoir été très malheureux. Sans apprentissage de la douleur, le bonheur n’est pas solide. L’amour qui dure trois ans est celui qui n’a pas gravi de montagnes ou fréquenté les bas-fonds, celui qui est tombé du ciel tout cuit. L’amour ne dure que si chacun en connaît le prix, et il vaut mieux payer d’avance, sinon on risque de régler l’addition a posteriori. Nous n’avons pas été préparés au bonheur parce que nous n’avons pas été habitués au malheur. Nous avons grandi dans la religion du confort. Il faut savoir qui l’on est et qui l’on aime. Il faut être achevé pour vivre une histoire inachevée. »

 

Mais qu’il dure trois heures, trois jours, trois mois ou trois ans, l’amour, le plus compliqué des sentiments, restera l’un des principaux sujets de littérature et ce, à mon avis, pour toujours.

 

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Et pour finir, une petite citation : « Je pense à toi tout le temps. Je pense à toi le matin, en marchant dans le froid. Je fais exprès de marcher lentement pour pouvoir penser à toi plus longtemps. Je pense à toi le soir, quand tu me manques au milieu des fêtes, où je me saoule pour penser à autre chose qu'à toi, avec l'effet contraire. Je pense à toi quand je te vois et aussi quand je ne te vois pas. J'aimerais tant faire autre chose que penser à toi mais je n'y arrive pas. Si tu connais un truc pour t'oublier, fais le moi savoir. Je viens de passer le pire week-end de ma vie. Jamais personne ne m'a manqué comme ça. Sans toi, ma vie est une salle d'attente. Qu'y a-t-il de plus affreux qu'une salle d'attente d'hôpital, avec son éclairage au néon et le linoléum par terre? Est-ce humain de me faire ça? En plus, dans ma salle d'attente, je suis seul, il n'y a pas d'autres blessés graves avec du sang qui coule pour me rassurer, ni de magazines sur une table basse pour me distraire, ni de distributeurs de tickets numérotés pour espérer que mon attente prendra fin. J'ai très mal au ventre et personne ne me soigne. Etre amoureux c'est cela : un mal de ventre dont le seul remède, c'est toi. J'ignorais que ton prénom prendrait tant de place dans ma vie ».

 

 

Le film est plutôt fidèle au livre mais j’ai, pour ma part, adoré l’ajout du personnage de l’éditrice joué par Valerie Lemercier

 

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Les oranges ne sont pas les seuls fruits de Jeanette Winterson

Publié le par mademoisellechristelle

les-oranges-ne-sont-pas-les-seuls-fruits-copie-1.jpgL’histoire : « Les oranges ne sont pas les seuls fruits » raconte l’enfance et l’adolescence de Jeanette, une petite fille adoptée par un couple de missionnaires chrétiens alors qu’elle n’était qu’un bébé.

Jeanette va grandir au sein de la communauté religieuse à laquelle appartiennent ses parents et au sein de laquelle la religion est omniprésente et sa pratique extrémiste très rigoureuse.

La mère de Jeanette est un membre actif de la communauté et elle est obsédée par les pêcheurs. Ses voisins en constituent d’ailleurs de parfaits exemples dans la mesure où ils passent leurs journées à forniquer, dimanche compris (ils iront en enfer, c’est sûr) !

C’est la mère de Jeanette qui va s’occuper de son éducation morale, scolaire et religieuse (son père étant constamment en retrait et castré par sa femme).

Pour vous donner une idée du personnage, la mère de Jeanette vit dans un monde psychorigide où la fantaisie n’est pas permise, et qu’elle dirige d’une main de fer. Dans ce monde, les loisirs, la distraction, les sentiments (sauf ceux à l’égard de Dieu) ne sont pas permis (c’est pêché).

Dans son monde de petite fille, Jeanette ne connait que la Bible et les références moralistes et religieuses qui lui sont données par sa mère. Imaginez donc le choc lorsqu’elle met les pieds pour la première fois à l’école publique.. Jeanette sera d’ailleurs très vite mise à l’écart par ses petits camarades d’école en raison de son appartenance religieuse.

A l’adolescence, lorsqu’elle fera la connaissance de Mélanie, le monde de Jeanette va s’écrouler. La jeune fille connaitra alors ses premiers bouleversements et va se rendre compte qu’elle éprouve de l’amour pour son amie. L’amour qu’une femme éprouve pour une autre femme, un amour interdit. Elle va ressentir pour la première fois le bonheur d’aimer, mais ce bonheur lui est interdit par sa mère religion.

Lorsque les membres de sa communauté découvriront son homosexualité, ils tenteront d’abord de l’exorciser puis la rejetteront. Jeanette enverra alors valdinguer tous les préceptes religieux que lui a transmis sa mère et son monde psychorigide afin de retrouver sa liberté.

Et c’est là que les problèmes vont commencer..

egliseCe que j’en pense : quand j’ai sorti mon carnet pour y prendre des notes à la lecture des premières pages, je me suis dit que c’était plutôt bon signe. Et je ne me suis pas trompée, loin de là !

Mais avant de vous confier mon avis sur le livre, lassez moi faire un rappel sur ce que sont les missionnaires chrétiens.

Un missionnaire chrétien est une personne de foi chrétienne qui décide de faire connaître Jésus-Christ et son message, soit par la prédication directe de la « Bonne nouvelle » des évangiles, soit par des œuvres caritatives, éducatives ou autres.

Cette mission est d’initiative personnelle ou, plus souvent, soutenue et mandatée par un groupe religieux (congrégation religieuse) ou Église chrétienne. L'« annonce de l'Évangile » s’adresse à des personnes, des groupes sociaux, ou des pays, où le Christ est inconnu ou méconnu (Source : Wikipedia).

Alors imaginez un peu la confusion qui a pu régner chez ses adorateurs de Jésus lorsqu’ils ont découvert une lesbienne parmi eux !

Homosexualité et religion : en voilà un sujet qui fâche ! Surtout en ces temps où le mariage homosexuel et l’homoparentalité déchirent la France en deux.. Déjà à l’époque où elle a envoyé son manuscrit aux maisons d’éditions (le livre est sorti en 1985), l’auteur raconte que ces dernières étaient plutôt frileuses à l’idée de publier son livre.

Alors, par où commencer ce billet ?

A travers son roman, Jeanette Winterson nous ouvre les portes de la vie en communauté religieuse, et plus particulièrement chez les missionnaires chrétiens.

cendrillon-kiss-blanche-neige.jpgLa communauté de Jeanette vit dans un monde où toute passion est proscrite et où règnent la raison et la volonté de Dieu. L’amour passionnel n’y a pas sa place : aussi bien celui d’une mère pour sa fille, que celui d’une femme pour son mari ou pire, celui d’une femme pour une autre femme.

On peut remarquer que les femmes tiennent une place prédominante au sein de la communauté et donc, pendant toute l’enfance de Jeanette. Ce sont elles qui gèrent le foyer et la famille, les hommes  sont quasi absents. Ce sont elles également qui organisent la vie de la communauté : elles préparent les diverses manifestations et les évènements auxquels participe la communauté et les animent.

Bref, Jeanette a vécu constamment entourée par des femmes fortes et a toujours connu des hommes plutôt lâches et observateurs de leur propre existence. D’ailleurs, hommes et femmes ne se côtoient pas : chacun reste à sa place.

Même si Jeanette a grandi dans un monde à part, on sent qu’elle n’a pourtant pas eu une enfance malheureuse. Elle a simplement connu d’autres joies et fait d’autres découvertes que les autres enfants de son âge.

Ambersweet_oranges-copie-1.jpgJeanette est une petite fille plutôt curieuse qui cherche à comprendre comment fonctionnent les choses. C’est d’ailleurs sans doute cela qui aura causé sa perte au sein de la communauté.

Le titre qu’elle a donné au livre, « les oranges ne sont pas les seuls fruits » vient du fait que le seul fruit que sa mère lui donnait à manger étaient des oranges. Visiblement, sa fille a choisi un autre chemin..

Le livre est divisé en huit chapitres qui reprennent les huit premiers livres de la Bible. Sa lecture a vraiment été très agréable et je me suis très vite attachée au personnage de Jeanette dont j’ai aimé les réflexions et la force de caractère.

Enfin, je dois vous confesser que, tout au long du livre, j’avais cru à une réelle autobiographie tellement l’écriture semblait sincère et « sentait le vécu ». Puis lorsque je l’ai refermé pour la dernière fois, j’ai lu la quatrième de couverture : « Tout semble vrai dans ce récit personnel mais tout est inventé, réécrit, passé au tamis de la poésie et de l'humour ».

Mince alors, j'y avais vraiment cru.

 

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Et pour finir, une petite citation : « Vous singez les hommes », avait dit ma mère avec dégoût. Or c’est justement si j’avais singé les hommes qu’elle aurait eu tout le loisir d’être dégoutée. Les hommes, pour moi, ça trainait à la maison, ça n’avait pas d’intérêt, mais c’était tout à fait inoffensif. Je n’avais jamais éprouvé le moindre sentiment pour eux et, mis à part le fait que je ne portais jamais de jupe, je ne voyais rien d’autre en commun entre eux et moi ».

 

J'ai trouvé par hasard l'adaptation à l'écran du livre mais elle me parait euhhh.. comment dire.. elle me fait peur.. 

 

 

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Au bonheur des ogres de Daniel Pennac

Publié le par mademoisellechristelle

au-bonheur-des-ogres-couv.jpgL’histoire : Benjamin Malaussène est l’ainé d’une famille nombreuse dont les enfants sont tous nés de pères inconnus et d’une mère démissionnaire (mais qui chérit tout de même ses bambins.. de loin). Aussi, pour assumer sa famille nombreuse, Benjamin Malaussène exerce une profession peu commune : il est bouc émissaire.

Son job consiste à jouer les faux employés chargé du contrôle technique dans un grand magasin. Aussi, lorsqu’un client mécontent vient se plaindre, c’est Benjamin qui se fait engueuler. Et il se fait tellement bien réprimander par son patron, que le client finit par prendre pitié de lui et retire sa plainte. Et voilà, le tour est joué !

A son grand désarroi, le côté bouc émissaire de Benjamin ne passe pas inaperçu.

Il va tout d’abord attirer l’attention d’une jeune et charmante journaliste qu’il tentera de séduire. Mais surtout, il va attirer l’attention d’un tueur fou qui fera exploser non pas une, ni deux, mais cinq bombes dans le grand magasin où il travaille (visiblement, il n’y avait pas encore le plan Vigipirate à l’époque).

Mais au fait, pourquoi en veut-on tellement à Benjamin Mallaussène ?

Ajoutez à cela une sœur perchée dans les astres, une autre qui photographie plus vite que son ombre, un frère qui met le feu à son lycée et une petite sœur mineure et enceinte, et vous obtiendrez une partie du monde loufoque et déjanté dans lequel nous entraine Benjamin Mallaussène.

Ce que j’en pense : avant, il y avait les boucs émissaires.. aujourd’hui, il y a les procédures judiciaires en responsabilité (quoi, comment ça, un chat ne se met pas au micro-onde pour le sécher?!?).

Etrange profession que celle de Benjamin Mallaussène : bouc émissaire, c’est vraiment peu commun.. tout comme l’histoire de ce roman !

au bonheur des ogresEn effet, « Au bonheur des ogres » entre à mon avis dans la catégorie des ovnis littéraires avec ses personnages complètement déjantés et son histoire qui part dans tous les sens. Ce roman est d’ailleurs tellement différent de ses congénères que je n’ai pas du tout accroché à la première partie du livre, précisément en raison de ce décalage. J’ai même failli abandonner à plusieurs reprises !

Finalement, j’ai choisi de persister et j’ai vraiment bien fait car la deuxième partie du livre est prenante, car elle est rédigée comme un roman policier à suspens.

Les personnages sont loufoques et excentriques, tout comme l’univers dans lequel nous plonge l’auteur. Je dois reconnaitre que tous les enfants de la fratrie Mallaussène sont vraiment attachants et, comme Benjamin, on a envie de les protéger face aux dangers de la vie.

Enfin, je dois avouer que j’ai été plutôt déçue par la plume de Daniel Pennac. A vrai dire, je m’attendais à beaucoup plus de poésie et de tendresse dans l’écriture, à plus d’humour aussi (rire toute seule dans le métro à 8 heures le matin alors qu’il fait un temps tout gris dehors fait partie des petits bonheurs de la vie). C’est d’ailleurs peut-être parce que je m’attendais à quelque chose de précis que j’ai été déçue.

Bref, j’ai trouvé que la lecture de « Au bonheur des ogres » fut sympathique, mais ne m’a pas totalement convaincue. Il me reste donc deux tomes pour changer d’avis..

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Et pour finir, une petite citation : « Les horaires de la vie devraient prévoir un moment, un moment précis de la journée, où l'on pourrait s'apitoyer sur son sort [...] un moment parfaitement libre, une plage déserte où l'on pourrait mesurer l'étendue du désastre. Ces mesures dans l'œil, la journée serait meilleure, l'illusion bannie, le paysage clairement balisé ».

 

Publié dans Littérature

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Le scandale Modigliani de Ken Follett

Publié le par mademoisellechristelle

le scandale modiglianiL’histoire : un tableau signé Modigliani encore inconnu du grand public et des marchands d’art.. ça attire les convoitises, non ? Eh bien voilà précisément l’objet de la course dans laquelle se sont embarqués une étudiante en histoire de l’art qui rédige sa thèse, un marchand d’art prêt à tout pour décrocher l’exclusivité et un galeriste en manque de notoriété. Sans oublier les personnages secondaires qui viennent compliquer cette course effrénée où tous les coups sont permis.

A la recherche du Modigliani perdu..

Ce que j’en pense : Avis aux âmes sensibles, je risque d’être un petit peu sévère..

La première chose que je me suis dite en refermant ce bouquin fut : « ouais.. bof.. ». Nonobstant cette pensée profonde, je peux vous dire que j’ai été quelque peu déçue par la plume de Ken Follett dont j’avais néanmoins entendu parler à moult et moult reprises.

L’histoire m’avait pourtant paru alléchante : une course-poursuite à la recherche d’un tableau perdu qui passe par l’Angleterre, la France et l’Italie et où tous les coups sont permis ! Sympa, non ?

Malheureusement, pour un roman qui se veut du style policier, j’ai trouvé ça franchement moyen.

Les personnages sont beaucoup trop nombreux à mon goût, et certains ne présentent aucun intérêt pour le déroulement de l’histoire, alors que d’autres devraient faire l’objet de plus amples développements. Certains passages trainent en longueur : par conséquent, on ne comprend pas toujours où l’auteur veut nous emmener. Enfin, l’intrigue se dénoue beaucoup trop facilement à la fin du livre (« quoi tout ça pour ça ?!? »).

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Le thème abordé par Ken Follett dans son roman porte sur le milieu et le marché de l’art et cet aspect reste tout de même assez intéressant. Mais on ne peut vraiment pas dire que j’ai été séduite par le reste.

Il s’agit ici du premier roman de Ken Follett mais également de ma première lecture de Ken Follett. C’est vraiment dommage de rester sur une première mauvaise impression, pour une première lecture. Néanmoins, l’auteur décrit lui-même ce roman comme un « loupé » (« c’est pas moi qui l’ai dit ! »).

Aussi, je ne pense pas que Monsieur Follett et moi-même allons en rester là et je vais sans doute persister et lire la fameuse saga qui a fait de lui l’auteur célèbre qu’il est devenu. Et à en croire mes camarades bloggeurs, avec cette fresque, il se serait bien rattrapé..

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 Et pour finir, une petite citation : « Ils ont démontré que le prix colossaux des œuvres d'art reflétaient le snobisme des acheteurs plutôt que la valeur artistique de l'œuvre, ce que nous savions tous déjà, et qu'un authentique Pissaro ne valait pas mieux qu'une bonne copie. Mais c'est le public qui fait monter les prix, pas les marchands ! »

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