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Avant toi de Jojo Moyes

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à un handicapé. Malgré l'accueil glacial qu'il lui réserve, Lou va découvrir en lui un jeune homme exceptionnel, brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et voyageur invétéré. Mais depuis l'accident qui l'a rendu tétraplégique, Will veut mettre fin à ses jours. Lou n'a que quelques mois pour le faire changer d'avis.

 

De la maison à l’arrêt de bus, il faut compter cent cinquante-huit pas, mais cela peut monter jusqu’à cent quatre-vingts pour quelqu’un qui n’est pas pressé, par exemple quelqu’un chaussé de talons hauts ou de plates-formes. Ou de chaussures achetées dans une friperie, ornées d’un papillon sur le devant mais qui ne tiennent pas vraiment au niveau du talon – ce qui explique d’ailleurs qu’elles étaient disponibles au prix défiant toute concurrence de 1,99 livre.

Ce que j’en pense : attention, je vous préviens, sortez les mouchoirs ! Il vous en faudra pour venir à bout de cette jolie love story.

 

Lou est une fille ordinaire qui mène une vie monotone dans un trou paumé de l'Angleterre dont elle n'est jamais sortie. Quand elle se retrouve au chômage, elle accepte un contrat de six mois pour tenir compagnie à Will Traynor, un jeune homme de trente-cinq ans devenu tétraplégique suite à un accident.

Dans sa vie d'avant, Will était un jeune homme brillant dans les affaires, accro aux sensations fortes et un voyageur invétéré. Seulement voilà : Will veut en finir avec la vie car il ne la supporte plus dans son fauteuil. Lou a six mois pour le faire changer d’avis.

 

En choisissant ce livre, je m’attendais à une histoire d’amour un peu « cul-cul la praline » entre le beau et riche jeune homme devenu aigri à cause de son handicap et la jeune et jolie jeune fille (qui ne se rend pas compte de sa beauté) qui vient des quartiers pauvres et qui va apporter de la fraîcheur au jeune homme et à sa famille froide et coincée. Au final, c’était certes un peu « cul-cul » et cliché... mais qu’est-ce que ça m’a fait du bien ! Soyons honnêtes, les histoires d'amour ça fait toujours rêver, surtout quand c'est bien écrit !

 

Je me suis laissée embarquée avec plaisir dans cette jolie romance qui a pour toile de fond… l’euthanasie et le droit à mourir, thème très peu utilisé en littérature et pas très romantique, j'en conviens. Ce livre amène une réflexion sur la place du handicap dans la société et surtout, sur le droit des personnes en situation de handicap de disposer de leur corps.

 

Vous l’avez compris, « avant toi » était globalement une bonne lecture, malgré quelques longueurs. Je sais qu’un film adapté du roman est sorti et j’ai hâte de le voir. Et vous, vous l’avez vu ?

 

Ma note : 4/5

 

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La petite danseuse de quatorze ans de Camille Laurens

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Paris, New York ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu'elle faisait, car c'était déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l'école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l'Opéra de Paris ; mais comme elle était pauvre et que son labeur ne suffisait pas à la nourrir, elle ni sa famille, elle posait aussi pour des peintres ou des sculpteurs.

 

Parmi eux, il y avait Edgar Degas.

Elle est célèbre dans le monde entier mais combien connaissent son nom ? On peut admirer sa silhouette à Washington, Paris, Londres, New-York, Dresde ou Copenhague, mais où est sa tombe ? On ne sait que son âge, quatorze ans, et le travail qu’elle faisait, car c’est déjà un travail, à cet âge où nos enfants vont à l’école. Dans les années 1880, elle dansait comme petit rat à l’Opéra de Paris, et ce qui fait souvent rêver nos petites filles n’était pas un rêve pour elle, pas l’âge heureux de notre jeunesse.

Ce que j’en pense : «La petite danseuse de quatorze ans » est un essai qui raconte l’histoire du modèle qui a servi à Edgar Degas pour réaliser la sculpture qui porte le nom du roman.

 

Nous nous retrouvons donc dans le Paris des années 1880, dans une atmosphère qui n’est pas sans rappeler les romans de Zola, avec des familles pauvres et des enfants contraints de travailler pour nourrir tout le monde. On y apprend que les petits rats de l’Opéra de Paris ne sont pas les danseuses étoiles d’aujourd’hui.

En effet, il s’agissait surtout de très jeunes filles issues de familles pauvres, qui devaient travailler très dur, et étaient « exposées » à des Messieurs bien plus âgés qui « choisissaient » ensuite leur danseuse. Je vous laisse en tirer les conséquences que vous souhaitez…

 

A travers cette sculpture, Degas désirait mettre en exergue une vérité que la société choisissait délibérément ignorer. La petite danseuse de quatorze ans représente donc ces jeunes filles menant une existence misérable et réduite à l’état d’esclave dans l’indifférence la plus totale.

 

Cette sculpture s’inscrit dans le prolongement des dénonciations faites par les écrivains de l’époque (Les Misérables de Victor Hugo, Germinal de Zola etc…) sur la condition humaine.

 

Cet essai fut intéressant mais ne m’a pas transcendé, sans doute parce qu’il faisait suite à une série de lectures un peu lourdes… Je crois que j’ai définitivement besoin d’un peu de légèreté dans mes prochaines lectures !

 

Ma note : 1,75/5

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Journal de L. de Christophe Tison

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Ce roman est le journal intime d'un personnage de fiction. Plus d'un demi-siècle après la publication des carnets de son ravisseur par Vladimir Nabokov, Lolita se livre enfin. L'adolescente la plus célèbre de la littérature raconte son road trip dans l'Amérique des années 50, ses ruses pour échapper à son beau-père, ses envies de vengeance, ses amours cachées, ses rêves de jeune fille.

 

Hum
(Août 1947-Août 1948)

J’ai tellement transpiré que ça me dégouline encore dans le dos, la voiture était brûlante. On a roulé toute la journée vers l’ouest jusqu’à ce que le soleil devienne une grosse boule de feu à l’horizon.
Un orifice sanglant, a dit Hum, sanglant et dégoûtant. Puis il m’a fait tout un cours sur l’attraction-répulsion, les planètes et les atomes qui tournent les uns autour des autres en parlant aussi des gens qui s’attirent et se repoussent… Toi, tu es mon petit soleil doré, et blanc là où c’est caché, disait-il.

Ce que j’en pense : « Journal de L. » est un immense coup de cœur, une claque que je me suis prise en pleine figure alors que je ne m’y attendais pas.

 

Dans son livre, Christophe Tison raconte l’histoire fictive de la Lolita de Nabokov et se place du point de vue de cette dernière. Lolita, c’est cette jeune nymphette aux manières aguicheuses  qui fait fantasmer les vieux libidineux, et surtout son beau-père qui, après s’être débarrassé de la mère de Lolita, va l’emmener faire le tour des Etats-Unis et abuser d’elle chaque soir.

 

Certains passages sont très difficiles, voire très sombres, je vous préviens. Sous la plume de Christophe Tison, Lolita est un personnage fascinant et touchant. Elle est un objet de désir pour les hommes, une adversaire à jalouser pour les femmes. Elle est aussi une jeune fille dont on a volé l’enfance, et qui en gardera des séquelles d’un point de vue émotionnel.

Lolita voudrait qu’on l’aime, mais elle ne sait pas comment faire. Alors elle ne dit jamais non aux hommes, telle une jolie petite poupée docile. Parce qu’elle pense que ça leur fera plaisir et qu’elle recevra leur amour en retour. Mais l’amour, ça n’est pas ça Lolita…

 

Le pari était osé, mais Christophe Tison l’a relevé avec brio. Son écriture est intelligente, fine et franche. J’ai adoré.

 

On l’appelait Dolorès, Lo, Dolly ou Lolita. Elle était Lo le matin, Lo tout court, un mètre quarante-huit en chaussettes, debout sur un seul pied. Elle était Lola en pantalon. Elle était Dolly à l’école. Elle était Dolorès sur le pointillé des formulaires. Elle était surtout une jeune fille qui cherchait à être aimée…

 

Ma note : 4,5/5

 

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Amour et amitié de Jane Austen

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « De tous les talents ordinairement en possession de mon sexe j’étais la maîtresse. Au couvent, mes progrès avaient toujours été plus grands que ne le permettait l’instruction reçue, les connaissances dont je disposais étonnaient chez quelqu’un de mon âge, et je surpassai bientôt mes maîtres.

Toutes les vertus susceptibles d’orner un esprit se retrouvaient dans le mien. Il était le lieu de rencontre de toutes les qualités et de tous les sentiments élevés.

Mon seul défaut, s’il mérite ce nom, était de posséder une sensibilité trop vive, prompte à s’émouvoir de toutes les afflictions de mes amis, des personnes de ma connaissance, et plus encore des miennes.

LETTRE I. ISABEL A LAURA

Que de fois, en réponse à mes demandes répétées de bien vouloir donner à ma fille le récit complet des malheurs et des aventures qui ont marqué votre existence, ne m’avez-vous pas dit : « Non, mon amie, jamais je ne satisferai à votre requête avant d’être certaine de ne plus connaître quelque chose d’aussi effroyable. » Assurément, le moment en sera bientôt venu. Vous avez aujourd’hui cinquante-cinq ans. Si l’on peut dire d’une femme qu’elle a n’a plus rien à redouter de la persévérance opiniâtre de soupirants fâcheux et des cruelles persécutions de pères obstinés, ce doit être lorsqu’on atteint un âge comme le vôtre.

ISABEL

Ce que j’en pense : si vous êtes fan de Jane Austen, je vous conseille la lecture de « amour et amitié ».

 

Ne vous attendez pas à un roman comme « orgueil et préjugés » et « raison et sentiments » ; il s’agit d’une nouvelle écrite sous la forme épistolaire. L’intérêt de cette courte nouvelle réside dans le fait de découvrir les premiers écrits de Jane Austen.

En effet, cette dernière n’a que 14 ans quand elle l’écrit et l’on sent déjà les prémices d’un grand écrivain. C’est drôle, c’est grinçant, c’est moqueur et très divertissant ! Idéal pour une belle soirée d’hiver heart

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La première chose qu'on regarde de Grégoire Delacourt

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Le 15 septembre 2010, Arthur Dreyfuss, vêtu de son caleçon fétiche, regarde un épisode des Soprano quand on frappe à sa porte. Il ouvre. Scarlett Johansson. Il a vingt ans, il est garagiste. Elle a vingt-six ans, et quelque chose de cassé.

Arthur Dreyfuss aimait les gros seins.

Il s’était d’ailleurs demandé, si d’aventure il avait été une fille, et parce que sa mère les avait eus légers, sa grand-mère lourds, du moins dans le souvenir des étreintes asphyxiantes, s’il les aurait eus gros ou petits.

Ce que j’en pense : si vous étiez un garagiste de vingt ans vivant au fin fond de la Somme, que feriez-vous si Scarlett Johansson frappait un jour à votre porte ? C’est la drôle d’histoire qui est arrivée à Arthur Dreyfuss le soir du 15 septembre 2010.

 

Impossible de vous en dire plus sans gâcher la fin du livre ! Tout ce que je peux vous dire, c’est que plus on avance dans l’histoire, plus on a envie d’en connaître le fin mot, de cette histoire !

Ce n’est pas mon Delacourt préféré même si je lui reconnais tout de même des talents d’écriture indéniables. Grégoire Delacourt maitrise définitivement l’art et la manière de garder son lecteur en haleine et de terminer son livre avec une fin abracadabrantesque.

 

Bon, maintenant je m’en vais retirer mon vieux jogging et le remplacer par une nuisette sexy, histoire d’être prête si jamais Bradley Cooper viendrait à sonner à ma porte ce soir…

 

Ma note : 2,75/5

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La vengeance du pardon d'Eric Emmanuel Schmitt

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Quatre destins, quatre histoires où Eric-Emmanuel Schmitt, avec un redoutable sens du suspens psycho- logique, explore les sentiments les plus violents et les plus secrets qui gouvernent nos existences.

 

Comment retrouver notre part d’humanité quand la vie nous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime ?

Si l’on imaginait le paradis terrestre sous la forme d’un village, ce serait Saint-Sorlin.

Le long des rues pavées qui dévalaient la pente douce jusqu’au fleuve, chaque façade constituait un jardin. Pendant que les glycines suspendaient leurs lampions mauves aux étages, les géraniums flambaient aux fenêtres, la vigne illuminait les rez-de-chaussée, les digitales fusaient derrière les bancs, tandis que des brins de muguet pointaient entre les pierres, compensant leur taille menue par un puissant parfum.

Ce que j’en pense : A quoi sert le pardon ? Il soulage la conscience de certains, permet à d’autres d’avancer ou encore permet de renouer un lien. Le pardon fait partie de notre humanité, jusqu’à ce que l’on soit face à « l’impardonnable ». Comment retrouver notre part d’humanité quand la vie nous a entraîné dans l’envie, la perversion, l’indifférence et le crime ?

 

Le pardon est quelque part une belle vengeance, qui place celui qui pardonne dans une position de supériorité par rapport à celui qui est pardonné. Associer « vengeance » et « pardon » est antinomique et pourtant les deux notions sont étroitement liées.

Doit-on tout pardonner à ceux qui nous ont offensés ? C’est l’exercice auquel vont s’essayer les personnages des quatre nouvelles de ce recueil ; ils vont rencontrer dans leur histoire de vie « l’impardonnable » et y répondre avec leur humanité.

 

Ce livre n’est pas mon préféré de l’auteur donc mon avis sera bref. « La vengeance du pardon » fut une lecture agréable. Comme à son habitude, Eric-Emmanuel Schmitt ramène une notion philosophique à la hauteur du grand public et nous fait nous interroger sur les méandres de notre humanité.

 

Toutefois, j’en attendais mieux. C’est l’inconvénient quand on a adoré les romans passés de certains auteurs ; on attend peut-être trop des nouveaux opus et on ressort parfois déçu. Tant pis. Nous prendrons un prochain rendez-vous, Monsieur Schmitt J

 

Ma note : 2,5/5

 

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Je me suis tue de Mathieu Menegaux

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Du fond de sa cellule, Claire nous livre l’enchaînement des faits qui l’ont menée en prison : l’histoire d’une femme victime d’un crime odieux. Elle a choisi de porter seule ce fardeau. Les conséquences de cette décision vont se révéler dramatiques. Enfermée dans son mutisme, Claire va commettre l’irréparable. Personne, ni son mari, ni ses proches, ni la justice ne saisira les ressorts de cette tragédie moderne.

 

La porte vient de se refermer derrière moi. J’attends le claquement coutumier du verrouillage électronique, et voilà. Je suis tranquille, jusqu’à demain matin, 7 heures. Tranquille, façon de parler : il suffit de faire abstraction des plaintes des nouvelles arrivées, du grincement des œilletons qui coulissent et des éclairs de lumière dans la cellule toutes les trois heures. D’en face, du grand quartier des hommes, me parvient le raffut angoissant et obsédant du bâton des surveillants qui tape et retape méthodiquement sur les barreaux des fenêtres avant la nuit, pour s’assurer qu’ils n’ont pas été sciés. Routine de l’administration, qu’elle applique avec zèle. Pas vraiment une berceuse.

Ce que j’en pense : Claire est invitée à diner chez un collègue de son mari, Antoine. La soirée s’éternise, elle boit un peu plus pour tuer l’ennui. Puis n’y tenant plus, elle signifie à son mari qu’elle est morte de fatigue et qu’elle préfère rentrer. « Reste, toi », elle ne voudrait pas priver son mari d’une si bonne soirée, d’autant plus qu’il est en grande discussion avec ses collègues à ce moment-là.

 

Claire enfourche un Vélib et passe par une ruelle sombre pour rentrer chez elle… La suite est abominable. Claire subit l’abominable, et choisit de se taire. Elle se conditionne à croire que rien ne n’est passé. Elle peut tout surmonter. Elle veut tout contrôler. Elle ne dira rien, à personne. Quoi qu’il advienne. Son silence a scellé son destin. Et pourtant… si elle avait parlé… tout aurait été si différent…

 

« Je me suis tue » est un livre très court (une journée peut suffire) mais j’ai presque dû m’arrêter de respirer pour le lire. Il est d’une tension et d’une intensité incroyables de la première à la dernière ligne.

Plusieurs fois, j’ai eu envie de secouer Claire, de lui hurler d’oublier son maudit orgueil et de se confier, mais je suppose que le silence était un choix délibéré de l’auteur qui a cherché à nous interpeller. 

 

J’avais déjà lu et adoré « Un fils parfait » du même auteur et je pense que « Je me suis tue » me marquera pendant longtemps. C’est une lecture parfois difficile mais qui vous laissera un souvenir impérissable.

 

Ma note : 4/5

 

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Jolis jolis monstres de Julien Dufresne Lamy

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Certains disent qu'on est des monstres, des fous à électrocuter.

Nous sommes des centaures, des licornes, des chimères à tête de femme.

Les plus jolis monstres du monde.

 

Au début des années sida, James est l'une des plus belles drag-queens de New York. La légende des bals, la reine des cabarets, l'amie fidèle des club kids et des stars underground. Quand trente ans plus tard il devient le mentor de Victor, un jeune père de famille à l'humour corrosif, James comprend que le monde et les mentalités ont changé.

 

Sur trois décennies, Jolis jolis monstres aborde avec finesse et fantaisie la culture drag, le voguing et la scène ballroom dans un grand théâtre du genre et de l'identité. Au cœur d'une Amérique toujours plus fermée et idéologique, ce roman tendre mais bruyant est une ode à la beauté, à la fête et à la différence. Une prise de parole essentielle.

- James, magne-toi.

Mes paupières se décollent telles deux araignées géantes luttant en plein Harlem.

- Il est dix-sept heures. T’es en retard pour le taf !

J’entends des vibrations. Des mouvements d’ailes. La voix caverneuse de Lauren me poignarde.

- Allez, réveille-toi, tu t’es encore endormi dans la baignoire !

Ce que j’en pense : Mesdames, Mesdemoiselles (et aussi Messieurs), bienvenues dans l’univers fantasque et fantastique des drag-queens… Certains les considèrent comme des monstres, d’autres au contraire les considèrent comme les plus jolies créatures qui existent.

 

Pour ma part, je trouve que les drag-queens ont quelque chose de fascinant… Primo, je ne peux qu’être admirative face à un être humain capable de défiler avec glamour sur des talons plus de 12 cm. Ensuite, je trouve le fait de se travestir tellement courageux : il s’agit d’une façon de se montrer tels qu’ils sont réellement, de s’accepter et de s’assumer. Et pour en quelque « se mettre à nu » devant tout le monde, je ne peux qu’applaudir des deux mains !

 

«  Jolis jolis monstres » raconte la culture des drag-queens des années 80 à nos jours, à travers l’histoire de deux personnages : Lady Prudence, un afro-américain célèbre drag-queen des années 80, et Victor, un latino-américain ex-gangster et père de famille vivant de nos jours.

 

Le lecteur découvre tout un univers avec son histoire, ses codes, ses blessures (l’apparition du sida, les agressions homophobes etc). J’y ai découvert pour ma part la tradition des bals et le voguing, une danse qui consiste à reproduire les poses de mannequin de façon chorégraphiée.

Et pour votre intronisation dans le monde de la nuit, il n’est d’ailleurs pas impossible que vous croisiez des personnages comme Madonna, Keith Haring, David Bowie ou RuPaul en train de faire la fête dans les endroits les plus branchés de New-York. Strike a pose.

 

Julien Dufresne-Lamy explore avec beaucoup de tendresse et d’humanité le monde des drag-queens.  J’ai été fascinée par cet univers plein d’extravagance, de volupté et de paillettes mais aussi très touchée par la détresse émotionnelle que peuvent éprouver certaines drags et la précarité qui accompagnent parfois leur existence.

 

C’est un très bel hommage que leur rend l’auteur, d’autant plus que certaines drags évoquées dans le roman ont réellement existé : elles sont en photos à la fin du livre et on les voit également à l’affiche du film « Paris is burning » (disponible sur Netflix). J’ai été touchée en plein cœur émotionnellement et littérairement parlant. Bravo ! Look around, everywhere you turn is heartache… It's everywhere that you go (look around)…You try everything you can to escape…The pain of life that you know (life that you know)…

 

Ma note : 3,75/5

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L'odeur de la colle en pot d'Adèle Bréau

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Septembre 1991. Caroline a treize ans et intègre son nouveau collège. Avec ses parents et sa sœur Charlotte, ils ont quitté la banlieue pour s’installer à Paris, dans un appartement trop grand où les liens se distendent chaque jour.

 

S’il voulait se rapprocher de ce travail qui le dévore, le père est pourtant de plus en plus absent. Quand il est là, c’est vêtu de ce blouson qu’il ne quitte plus, et de cet air qui semble dire son désir de partir loin.

 

Autour de l’unique téléphone fixe de la maison se chuchotent les secrets d’une famille en plein chaos : le chagrin de la mère, la fuite du père et les tourments adolescents de l’héroïne, qui déroule le fil de cette année si particulière où l’enfance s’éloigne.

 

Caroline restitue le portrait d’une génération désenchantée, les professeurs, les premiers flirts, les cafés où l’on fume encore, les cabines téléphoniques, les vidéoclubs, la musique triste dans son walkman, les cahiers Clairefontaine, les Guignols de l’Info, le bruit des craies et c’est toute une époque qui ressurgit comme lorsqu’on plonge son nez dans ces petits pots de colle à l’odeur d’amande.

 

Récit d’un temps révolu autant que de l’adolescence, L’Odeur de la colle en pot peint avec légèreté et mélancolie le moment de bascule entre l’enfance et l’âge adulte, une période bouleversante et intemporelle.

- Sortez une copie double grand format, grands carreaux, perforée, et écrivez dans la marge vos nom, prénom, classe. Puis, à six carreaux exactement du bord sur la première ligne, la date du jour, que vous soulignerez en rouge, proprement. Deux lignes plus bas, la profession du père. En-dessous, celle de la mère. Plus bas, le métier que vous envisagez de faire plus tard. Ça ne vous intéresse pas, au fond ?

Ce que j’en pense : Alerte au coup de cœur ! Si toi aussi tu as été ado dans les années 90, ce livre est fait pour toi ! Il aborde cette période délicate qu’est l’adolescence et n’est pas sans rappeler le film « La Boum » ; sauf qu’ici, Vic s’appelle « Caroline » et Pénélope s’appelle « Vanessa ».

 

Caroline vient d’arriver dans un nouveau collège et déjà, les problèmes s’amoncèlent. Elle doit survivre aux cours de maths, se mettre au régime, se faire de nouveaux amis, et surtout, trouver le moyen de séduire David, le beau gosse dont elle est secrètement amoureuse…mais comment faire quand on n’a jamais roulé de pelle à treize ans ?

 

Il y a aussi les problèmes à la maison : Charlotte, sa petite sœur qui fouille partout et se mêle de tout, sa mère qui ne communique avec elle qu’en lui faisant des reproches, et son père, qui est de moins en moins présent à cause de son travail.

 

« L’odeur de la colle en pot » m’a donné la nostalgie des années 90 : l’époque où tu téléphonais à certaines plages horaires sur le téléphone fixe à cadran du salon, où tu allais au collège en écoutant ton walkman à cassette, où tu regardais le « juste prix » à l’heure du déjeuner, où tu lisais « Ok Podium » avec une tablette de Galak et où tu respirais l’odeur d’amande de la colle en pot.

 

J’ai adoré me retrouver dans la tête de Caroline : ses préoccupations ont été les miennes et sans doute les vôtres aussi. Les mots d’Adèle Bréau sont justes, son écriture est très touchante et cette lecture fut un vrai plaisir. J’ai même écrasé une larme à la fin J Je recommande vivement !

 

Ma note : 4/5

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La tristesse des éléphants de Jodi Picoult

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Jenna avait trois ans quand a inexplicablement disparu sa mère Alice, scientifique et grande voyageuse, spécialiste des éléphants et de leur rituel de deuil. Dix années ont passé, la jeune fille refuse de croire qu’elle ait pu être tout simplement abandonnée. Alors elle rouvre le dossier, déchiffre le journal de bord que tenait sa mère, et recrute deux acolytes pour l’aider dans sa quête : Serenity, voyante extralucide qui se prétend en contact avec l’au-delà ; et Virgil, l’inspecteur passablement alcoolique qui avait suivi – et enterré – l’affaire à l’époque.

 

Habilement construit et très documenté, La tristesse des éléphants est un page-turner subtil sur l’amour filial, l’amitié et la perte. Savant dosage de mystery, de romance et de surnaturel, ce nouveau roman de Jodi Picoult captive, émeut et surprend jusqu’à son final aussi haletant qu’inattendu.

Pour ce qui est de la mémoire, je suis une sorte de pro. Je n’ai peut-être que treize ans, mais j’ai déjà étudié la question comme les autres gamins de mon âge dévorent les magazines de mode. Il y a la mémoire qui comprend notre connaissance du monde : on sait que les poêles sont chauds et si on ne porte pas de chaussures en hiver on aura des gerçures. Il y a la mémoire qu’on acquiert grâce à ses sens – on a constaté que regarder le soleil nous faisait cligner des yeux et que les vers ne sont pas ce qu’il y a de meilleur à manger. Il y a les dates apprises en cours d’histoire et qu’on recrache à l’examen parce qu’on nous a dit qu’elles sont importantes dans le grand ordre de l’univers.

Ce que j’en pense : je sais que je vais en étonner plus d’un mais… je n’ai pas du tout accroché avec ce livre ! Et oui, grosse déception pour moi !

 

J’avais pourtant lu tellement d’avis élogieux à la fois sur le livre et l’auteure, je suis vraiment triste d’avoir manqué ce rendez-vous.

 

« La tristesse des éléphants » raconte l’histoire de Jenna, 13 ans, à la recherche de sa mère disparue depuis dix ans. Pour cela, elle va trouver l’aide de Serenity, une voyante sur le déclin et de Virgil, l’inspecteur qui avait enquêté à l’époque sur la disparition de sa maman.

 

Ce qui m’a gêné le plus, c’est cette impression de faire du « sur place » et de ne pas avancer suffisamment vite dans l’histoire. Du coup, le roman traine en longueur

 

Le twist final est plutôt bien trouvé, mais je n’ai pas pu l’apprécier à sa juste valeur car je me suis un peu ennuyée tout au long de la lecture. Dommage !

 

Ma note : 2/5

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