Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Je vais passer pour un vieux con de Philippe Delerm

Publié le par mademoisellechristelle

je vais passer pour un vieux conL'histoire : dans Je vais passer pour un vieux con, Philippe Delerm passe en revue des expressions que nous utilisons ou entendons quotidiennement sans y prêter attention, car elles sont devenues « naturelles », « normales », « banales » .

« J'ai habité trois ans rue Commines !», « Sinon, moi je peux vous emmener », « J'ai fait cinq ans de piano », sont tout autant de petites phrases familières, mais qui en disent long sur nous, notre histoire, notre personnalité etc..

Phlippe Delerm se propose donc de décortiquer chacune de ses expressions avec finesse et humour afin d'en démontrer le sens caché.

Ce que j'en pense : c'est le premier bouquin de Philippe Delerm que le lis et dois avouer que je suis plutôt assez séduite. La démarche de l'auteur m'a paru tout à fait originale et j'ai bien ri à la lecture de certains chapitres en pensant aux expressions que j'utilisais également. 

Ce livre me rappelle un peu l'un des sketch de Bigard (dont j'ai oublié le nom), dans lequel lui aussi décortique avec humour les banalités de notre quotidien, que l'on dit sans réfléchir : « Oui, bonsoir, c'est pour dîner ? .. Non c'est pour faire un tennis connard ! »

Pour ma part, j'ai beaucoup aimé les chapitres Vous n'avez aucun message, C'est vraiment par gourmandise et Comment il l'a cassé, à la lecture desquels j'ai bien ri.

L'écriture de Delerm est très facile à lire et le livre peut se lire en une heure. Les récits sont condensés mais en disent long. Une très belle leçon de littérature !

 

grand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-pgrand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-pgrand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-p


Et pour finir, une petite citation : «Comment il l'a cassé ! Quelle expression nos ancêtres utilisaient-ils quand ils éprouvaient le réjouissement pervers de voir un acteur de la comédie humaine crucifié par un contradicteur ? […] Quand le Christ disait à Saint-Thomas : « Parce que tu as vu, Thomas, tu as cru. Heureux celui qui croit et ne voit pas », aucun des apôtres ne s'exclamait « Comment il l'a cassé », même si le sentiment éprouvé devait être assez proche ».

 

 


 

 


Publié dans Littérature

Partager cet article

Repost 0

Le calvaire et le pardon de Loïc Sécher et Maitre Eric Dupond-Moretti

Publié le par mademoisellechristelle

Le calvaire et le pardon hdL'histoire : Novembre 2000. Le comportement d'une jeune fille de quatorze ans, Emilie, inquiète ses proches et ses professeurs. Emilie se scarifie et fugue régulièrement de chez elle. Interrogée, Emilie prétend avoir été victime de viol et donne une description de son agresseur qui ressemble fortement à son voisin, Loïc Sécher.

Loïc Sécher vit à la Chapelle Saint-Sauveur, petit village de Maine et Loir. « Ici pas de superflu : une église, une boulangerie et un bistrot. Les trois piliers de l'existence rurale ». Mais il ne fait pas bon vivre à la Chapelle Saint-Sauveur quand on s'appelle Loïc Sécher.

Ouvrier agricole au chômage, homosexuel, de nature dépressive, alcoolique avec une légère tendance à la violence, Loïc Sécher dérange dans le paysage si tranquille de la Chapelle Saint-Sauveur. Il est celui qui n'est pas « normal », celui qu'on pointe du doigt, celui qui a un « regard bizarre ».

Alors, quand Emilie le désigne comme l'auteur de ses viols, cela ne fait aucun doute pour les gendarmes et pour les magistrats : Loïc Sécher est le coupable idéal.

Décembre 2003. Loïc Sécher est condamné à seize ans de réclusion criminelle par la Cour d'Assises de Nantes. Sa peine est confirmée en appel et son pourvoi est rejeté en Cassation. Il faudra attendre le 31 mars 2008 pour qu'Emilie revienne sur ses aveux, avoue qu'elle ait menti et que son avocat de l'époque, Maître Eric Dupond-Moretti, obtienne une révision du procès et l'acquittement de son client.

Depuis le début de la procédure, Loïc Sécher a toujours clamé son innocence..

Loic-Secher.jpgCe que j'en pense : il est des lectures après lesquelles il est toujours difficile de s'exprimer, tant elles vous serrent le cœur ; le témoignage de Loïc Sécher en fait partie. Comment pourrais-je en effet porter un jugement sur un vécu aussi tragique ? Comment pourrais-je me faire le juge et le bourreau du calvaire d'un innocent ? Je n'en ai ni le droit, ni le devoir..

Le calvaire et le pardonest un livre écrit à quatre main par Loïc Sécher et Maître Eric Dupond-Moretti. Loïc Sécher y décrit le drame qu'il a vécu et Maitre Eric Dupond-Moretti y décortique chaque situation en sa qualité de professionnel. En somme, Loïc Sécher écrit avec ses tripes et Maitre Eric Dupond-Moretti écrit avec sa robe, mais tous deux racontent leur vécu.

Pour ma part, j'y ai vu plusieurs points de réflexions. Bien évidemment, le livre pointe du doigt les failles du système judiciaire et particulièrement le système carcéral.

Loïc Sécher est le septième condamné officiellement innocenté depuis 1945, entre Patrick Dills et Marc Machin. Il faut savoir que la justice ne reconnaît que troptrès rarement ses torts et ce livre souligne très bien les failles du système.

Cellule-prison.jpgLoïc Sécher décrit son (calvaire) quotidien en prison, d'abord à la maison d'arrêt de Nantes puis au centre de détention de Rennes. Je pense que les mots sont dérisoires pour pouvoir, nous lecteurs, comprendre et imaginer véritablement le quotidien d'un détenu, et plus particulièrement celui d'un « pointeur » (qui sont nommés ainsi car ils ont « pointé » leur victime). Promiscuité, manque d'hygiène, humiliations, violences, viols dans les douchesponctuent son quotidien. Un quotidien qu'il ne méritait pas, un quotidien qu'il a du affronter en serrant les dents, un quotidien dont la cause avait un son doux et amère à la fois : Emilie..

On l'apprendra bien plus tard, Emilie a bien été victime de viols dont on connaît aujourd'hui les auteurs. Mais au moment des faits, Emilie est une adolescente perturbée, enfermée dans son silence. Et quand elle dit à ses parents que l'auteur de ses viols serait un « vieil ami de la famille », ses parents feront immédiatement le lien avec Loïc Sécher, ce type un peu bizarre et qui n'inspire aucune confiance.. Ainsi, face à la pression de ses parents, et sans doute pour avoir la paix, Emilie confirme : oui, c'est bien Loïc Sécher qui m'a violée. Et à partir de là, la folle machine judiciaire est lancée..

La sacralisation de la parole de l'enfant-victime est remise en question avec l'affaire Sécher. Comment mettre en doute la parole d'une enfant ? Biensur, les preuves matérielles et scientifiques ne corroborent pas toujours avec les dires d'Emilie, biensur Emilie raconte une nouvelle version des faits à chaque fois qu'elle se présente devant le juge d'instruction, biensur il n'y a pas de test ADN.. Mais qu'importe, c'est une enfant ! Et une ado, c'est bien connu, ça ne ment jamais..

Et au mensonge, Loïc Sécher y a répondu par le pardon.. Là, je ne peux que souligner sa grandeur d'ame.

Si l'on veut pousser sa réflexion un petit peu loin, il me paraît que c'est l'entier système dans lequel nous vivons qu'il faut remettre en cause.

Cour-d-assises-de-Paris.jpgDès le départ, Loïc Sécher n'a pas été considéré comme un homme potentiellement innocent, ce qu'il est en réalité, mais comme un homme déjà coupable. Un homme « bizarre », qui dérange, que l'on doit lyncher sur la place publique. Et c'est ça que la foulele public veut. Il veut des bons, purs et innocents tels des enfants et des méchants très très méchants, comme on en voit la télé ou au cinéma. La foule veut du sang : elle veut en offrande le sacrifice du coupable sur l'autel de l'innocence de la victime.

La question qu'il faut se poser ici c'est : qu'est-ce qui a amené les protagonistes de cette histoire(gendarmerie, magistrats, jurées etc..) à offrir en sacrifice Loïc Sécher et le lyncher sur la place publique alors que le dossier présentait des failles gigantesques (pas de test ADN, pas de confrontation avec la victime etc..) ?

Plusieurs facteurs ont pu intervenir : le système de pensée judéo-chrétien, les médias, nos politiques etc.. Le système judiciaire français est avant tout composé de femmes et d'hommes : ce sont eux qui entendent les déclarations, eux qui mènent l'instruction (à charge ou à décharge), eux qui dirigent l'accusation et enfin, eux qui jugent.. A partir de là, les influencer par des facteurs extérieurs devient très facile.. et surtout très dangereux !!!

Hier c'était Loïc Sécher, mais demain ce sera qui ?

grand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-pgrand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-pgrand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-pgrand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-p

Et pour finir, une petite citation :

« Le 15 juin 2001,

Mes parents,

Je n'ai pas oublié les dates de fêtes d'anniversaires.

Mais il y en a certaines dont je préférerais ne plus me souvenir comme le 27 novembre 2000, jour de mon arrestation, le 13 avril 2001, ma tentative de suicide ou encore le 6 mai 2001, mon passage à tabac.

J'ai reçu énormément de coups sur la tête et je suis resté deux jours au CHU attaché à mon lit avec des menottes. J'ai un traumatisme crânien et un hématome péri-orbitaire droit et occipital gauche, selon les médecins. J'ai été gardé pendant vingt-quatre heures sur vingt-quatre par deux agents de la sécurité. Sur mon lit d'hopital, je me suis même dit que j'aurais préféré qu'ils m'achèvent dans la cour de la prison..

Alain et Françoise se battent désespérément pour me faire sortir de là. Moi je n'ai plus qu'un espoir, c'est que la prochaine étape soit la dernière. Tout cela en étant innocent. J'imagine que si Dieu existe, je pourrai être déclaré saint.

Donc, Maman, tu ne peux rien faire et moi non plus.

Loïc »

Publié dans Littérature

Partager cet article

Repost 0

Le journal d'Anne Frank

Publié le par mademoisellechristelle

Journal d'Anne FrankL'histoire : Anne Frank est une juive allemande qui a émigré aux Pays-bas en 1933 à l'âge de quatre ans avec sa famille, dans l'espoir d'échapper aux persécutions contre les juifs.. qui les ont finalement rattrapées aux Pays-Bas.

Sentant que les mesures contre les juifs se font de plus en plus menaçantes, les parents d'Anne Frank décident de se cacher avec leurs deux filles dans l'annexe du magasin appartenant au père.

Un couple d'amis, les Van Daan, et leur fils, Peter, ainsi qu'un dentiste, Albert Dussel, viendront bientôt les rejoindre, tout ce petit monde s'entassant dans à peine 70 m2.

« Les juifs sont obligés de porter l'étoile, de céder leurs bicyclettes. Interdiction pour les juifs de monter dans un tramway, de conduire une voiture. Obligation pour les juifs de faire leurs achats exclusivement dans les magasins marqués « boutique juive » et de quinze à dix-sept heures seulement. Interdiction pour les juifs de sortir après huit heures du soir, même dans leurs jardins, ou encore rester chez leurs amis. Interdiction pour les juifs d'aller au théâtre, au cinéma ou dans tout autre lieu de divertissement. Interdiction pour les juifs d'exercer tout sport public : défense d'accéder à la piscine, au court de tennis et de hockey ou à d'autres lieux d'entraînement. Interdiction pour les juifs de fréquenter des chrétiens. Obligation pour les juifs d'aller dans des écoles juives, et bien d'autres restrictions semblables... »

Tous les huit espèrent ainsi échapper aux arrestations massives de juifs et vivront cachés avec la complicité de quelques employés du père d'Anne Frank, qui les approvisionneront régulièrement. Anne Frank relate leur quotidien dans son journal intime.

maison-anne-frank.jpgCe que j'en pense : je risque encore de me faire des ennemi(e)s.. mais qu'à cela ne tienne, je me suis jurée d'être honnête : je n'ai absolument pas accroché au Journal d'Anne Frank. Voilà, c'est dit..

Tout d'abord, je tiens à dire que j'ai trouvé Anne Frank assez insupportable avec son coté enfant gâté, mais surtout complètement nombriliste et égocentrique. Certes l'exercice du journal intime s'y prête bien, mais quand même !

De plus, je trouve qu'Anne Frank se victimise sans cesse pour attirer l'attention (la lettre qu'elle écrit à son père en est la preuve la plus flagrante), ce qui m'a profondément énervé pendant environ un tiers du livre.

Sa sœur Margot m'a fait beaucoup de peine car elle est véritablement seule et n'a pas de confident au sein de l'annexe, contrairement à Anne Frank qui est proche de son père et qui se rapprochera de Peter.

entrée maison anne frankToutefois, Le Journal d'Anne Frank reste un rarissime témoignage d'une adolescente juive ayant vécu et subi les atrocités de la seconde guerre mondiale et pour cela, je ne peux me permettre de porter un jugement sur son histoire personnelle, surtout eu égard aux circonstances dans lesquelles elle a vécu les dernières années de sa vie.

Les récits d'Anne Frank révèlent des conditions de vie extrêmement difficiles et pesantes au sein de l'annexe.

En effet, elle nous fait part notamment du manque d'intimité, étant donné la petite surface de l'annexe, des problèmes d'hygiène (il était interdit de tirer la chasse d'eau des toilettes la journée), la peur constante d'être découvert (qui se transforme en une sorte de paranoia), les mésententes (huit personnes vivant les unes sur les autres sans avoir rien demandé et sans affinités particulières, ça se dispute), la nourriture très peu variée (majoritairement du choux et des pommes de terres.. et bon appétit biensur !).

L'enfermement au sein de l'annexe développe également certaines caractéristiques chez ses habitants comme la dépression ou l'irrascibilité.

«Mes nerfs me jouent de sales tours, j'ai un cafard épouvantable. L'atmosphère de la maison est déprimante, somnolente, accablante, surtout le dimanche. Dehors, aucun chant d'oiseau ; à l'intérieur, un silence mortel et suffocant plane sur tout et pèse sur moi comme s'il voulait m'entrainer dans des profondeurs insondables ».

chambre-anne-frank.jpegBien évidemment, à la lecture du Journal d'Anne Frank, notre quotidien devient tout à coup beaucoup moins pénible et l'on se remet un peu plus en question..

L'écriture d'Anne Frank est d'une extrême maturité pour son jeune âge, et dans la mesure où la version officiellement publiée a été retouchée, je me demande si l'écriture n'a pas été modifié en passant.. Mais bon, ce ne sont là que de simples suppositions..

Je tenais enfin à souligner que j'étais admirative de l'entraide et la solidarité qui a pu exister entre les habitants de l'annexe et les employés du père d'Anne Frank. Ceux-ci les ont réapprovisionnés, ont fait leurs moindres commissions et leur ont rendu visite très souvent afin de leur offrir un peu de compagnie.

Bien évidemment, ce type de comportement ne peut que nous renvoyer à nous même.. Si de tels évènements se produisaient aujourd'hui, que ferions-nous ? Aurions-nous l'âme d'un complice ou d'un bourreau ?

grand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-pgrand papillon rose et noir personnalisez sculpture photo-p

Et pour finir, une petite citation : « Dix ans après la guerre, ça pourrait faire un drole d'effet, mon histoire de huit juifs dans leur cachette, leur façon de vivre, de manger et de parler ».

 

Voici l'une des nombreuses adaptations cinématographiques :

 

 


 

Publié dans Littérature

Partager cet article

Repost 0

Archives