Sa mère de Saphia Azzedine

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Marie-Adélaïde, née sous X, a la rage au ventre ; elle a un destin, mais ne sait pas encore lequel. Pas celui de caissière à La Miche Dorée. Pas non plus celui de ses rares copines, certaines connues en prison, d’autres camarades de galère et d’errance. Serait-ce celui de nounou des enfants impeccables de la Sublime ? Ou celui de retrouver sa mère coûte que coûte ? Son destin, elle va le chercher avec les moyens dont elle dispose : le culot, la parole qui frappe, l’humour cinglant, l’insoumission à son milieu, la révolte contre toutes les conventions. C’est une héroïne de notre temps.

Porter une toque à la caisse de La Miche Dorée quand on a une oreille tatouée et l’autre ultra percée, c’est d’une infinie tristesse. Le job ne va pas avec le parcours. Les excentricités corporelles deviennent grotesques dans une boulangerie où, pour deux baguettes achetées, la troisième est offerte. Les excentricités corporelles sont fatales quand, en plus, la miche dore en zone industrielle.

Ce que j’en pense : Marie-Adélaïde est née la rage au ventre. Mais surtout, elle est née sous X. Baladée de familles d’accueil en foyers, la jeune fille grandit en essayant de se faire aimer et de plaire à tout le monde. En vain. On lui renvoie toujours à la figure son statut de « bâtarde ». Elle décide alors d’en vouloir à la Terre entière et de donner à tous ceux qui croisent son chemin des raisons de la détester.

 

En quête d’identité (et en quête d’amour), Marie-Adélaïde décide de rechercher sa mère biologique. Elle ne dispose que de maigres indices mais elle est plus que déterminée à retrouver cette mère qui l'a abandonnée.

 

Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’auteure n’a pas la langue dans sa poche ! Et en écrivant à la première personne, je trouve qu’elle donne encore plus de puissance à son récit. Marie-Adélaïde a une vision très dure, très cynique de la société qui l’entoure et des classes sociales qui la composent.

 

Elle juge tout le monde, mets les gens dans des cases. Les pauvres sont bêtes et sans instruction ; quant aux riches, ils sont méprisants et méprisables. Marie-Adélaïde ne sait pas à quelle catégorie elle appartient et ne parvient pas à trouver sa place. C’est une sorte d’héroïne désenchantée mais qui agace souvent le lecteur (serait-ce une volonté de l’auteure ?).

 

Les thèmes abordés par l’auteure sont la quête de soi et les clivages entre les classes sociales. J’ai plutôt apprécié le roman dans sa globalité et j’ai été séduite par l’écriture « coup de poing » de Saphia Azzedine. En revanche, je n’ai pas aimé la fin du roman que j’ai trouvé un peu « facile » et pas du tout en adéquation avec le reste du roman. Mais Saphia Azzedine va clairement rester dans les auteurs que je vais continuer à suivre.

 

Ma note : 3,5/5

 

Publié dans Littérature

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ZALMA 26/03/2018 00:43

J'ai commencé le livre "Mon père est femme de ménage" car tout m'a attirée... et puis, j'ai trouvé assez rapidement le contenu très dur, sous des dehors bondissants et caustiques et parfois drôles...

Bref, ça a fini par m'arrêter, ce côté "histoire dure"... maintenant, je n'ai pas lu "Sa mère"...