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Le magasin des jouets cassés de Julien Rampin

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' Un immeuble parisien comme beaucoup d’autres, avec son ascenseur étroit, ses balcons minuscules et sa cour où se croisent les habitants. C’est l’endroit que Lola a choisi pour prendre un nouveau départ après son divorce, avec son fils de six ans, Léon.
Ici vit Martine, dont l’appartement en rez-de-chaussée lui permet d’assouvir sa curiosité en épiant la vie des autres, mais aussi Paul-Henry, un vieux monsieur à l’éternel nœud-papillon, qui partage sa passion pour la littérature avec ses voisins et ses abonnés sur les réseaux sociaux.
En apprenant à les connaître, Lola va malgré elle faire voler en éclats des décennies de secrets et de mensonges, qui pourraient bien changer sa propre vie…

Paris, lundi 19 août 2019

Dis, maman ? Pourquoi on fait des bébés ?
Léon, six ans, lève la tête de son assiette de haricots verts, appuie sur la branche de ses lunettes pour les remettre en place sur le bout de son nez, comme chaque fois que quelque chose le turlupine, et dépose allégrement une bonne grosse traînée de gras sur le verre droit.

Ce que j'en pense : On aime les histoires de vie... pourvu qu'elles soient douces ;) 

Dans un immeuble du 15ème arrondissement de Paris, se côtoient Paul-Henry, Martine, Lola et son fils Léon. Paul-Henry est un vieux monsieur amoureux des livres et un peu fantasque. Toujours tiré à 4 épingles, il tient un compte Instagram dans lequel il partage sa passion pour la lecture. Le week-end, il rend visite aux habitants de l'immeuble et leur prête des livres. Martine, quant à elle, est la "tatie Danielle" de l'immeuble. Le genre de voisine aigrie et frustrée qui a toujours une "amabilité" à sortir et qui épie le moindre mouvement des habitants de l'immeuble.
Et puis, il y a Lola, qui vient d'emménager avec son petit garçon, Léon. Lola est en pleine procédure de divorce et peine dans son nouveau rôle de maman à mi-temps. Tous les quatre vont apprendre à se connaître. Tous les quatre ont des blessures profondes dont les plaies sont encore ouvertes (des jouets cassés?). Tous les quatre vont puiser chez les autres la force de se réparer...
 
Avec cette histoire, je me suis retrouvée plongée dans un cocon de lumière et de douceur. J'ai trouvé l'écriture de Julien Rampin tellement bienveillante à l'égard de ses personnages ! On sent que derrière l'auteur se cache une personnalité (hyper)sensible et empathique.
Je me suis laissée portée avec plaisir par ses mots, j'avais même parfois l'impression qu'ils s'adressaient directement à moi. La magie de la lecture, c'est aussi quand un livre vous donne de vos nouvelles ;) 
 
Je vous recommande cette lecture si vous aimez les histoires de vie, des vies de gens simples, sans chichis, parfois maladroits, mais pour lesquels on éprouve une certaine tendresse ; des vies où l'on s'aime, parfois trop, parfois sans savoir se le dire ; des vies de personnes abimées par les épreuves mais qui arrivent toujours à trouver le petit rayon de lumière en pleine obscurité.
 
Alors vous aussi, faites entrer la lumière dans vos cœurs et lisez Julien Rampin !
 
Ma note : 3/5

Publié dans Littérature

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Le Palais des Orties de Marie Nimier

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' Quelque part en France, une campagne modeste, un peu défigurée. Au fond d'une vallée, à quelques kilomètres d'un village, des hangars recouverts de tôles mangées par la rouille, une ferme où tout serait à reconstruire. Autour, des champs d'orties. Nora et Simon vivent là avec leurs deux enfants. Ce n'est au départ ni un choix ni un rêve. Ils gagnent leur vie avec une plante que tout le monde arrache. L'ambiance est gaie, plutôt. On se serre les coudes. On est loin du bon vieux temps, avec sa trayeuse, ses odeurs de corne roussie et son hachoir à manivelle. Loin des exploitations à grande échelle, loin de l'agriculture bio et raisonnée. C'est la débrouille. Et puis, un jour, arrive une jeune fille avec son sac à dos. Frederica. Fred fait du woofing. Contre le gîte et le couvert, elle offre ses bras.

Il faut imaginer une campagne modeste, légèrement défigurée, sans exagération. Au fond de la vallée, notre vallée, s'élèvent des bâtiments entourés d'orties. Il ne s'agit pas d'une ferme abandonnée. Les orties, c'est nous qui les avons plantées.

Ce que j'en pense : Lu dans le cadre du Trophée Folio-Elle 2022

Nora et Simon et leurs deux enfants vivent dans le Palais des Orties. Ils gagnent leur vie avec une plante que tout le monde arrache et qu'ils transforment en produits à consommer : pesto, soupe etc...  L'ambiance est plutôt gaie, on se serre les coudes. Loin des exploitations à grande échelle, loin de l'agriculture bio et raisonnée. C'est la débrouille. Et puis, un jour, arrive une jeune fille avec son sac à dos. Frederica. Fred fait du woofing. Contre le gîte et le couvert, elle offre ses bras.
 
Pour être honnête, si je m'étais fiée uniquement à la couverture et au résumé, je ne me serai jamais orientée vers cette lecture ! C'est aussi l'avantage d'être jury littéraire : cela permet de te faire découvrir des lectures qui sortent de ta zone de confort et vers qui tu ne te serais jamais tournée en temps normal !Et pour cette fois, ce fut vraiment une agréable surprise !
 
"Le Palais des Orties" est une lecture très sympathique qui prend un tournant totalement inattendu qui donne une note "piquante" au récit. Je n'ai pas envie de la divulguer dans cet avis de peur de divulgâcher votre lecture. Dommage qu'il faille attendre 150 pages pour y arriver !
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La reine des lectrices d'Alan Bennett

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' Que se passerait-il outre-Manche si Sa Majesté la Reine se découvrait une passion pour la lecture ? Si, d'un coup, rien n'arrêtait son insatiable soif de livres, au point qu'elle en vienne à négliger ses engagements monarchiques ? Du valet de chambre au prince Philip, tous grincent des dents tandis que la royale passion littéraire met sens dessus dessous l'implacable protocole de la maison Windsor. Un succès mondial a récompensé cette joyeuse farce qui, par-delà la drôlerie, est aussi une belle réflexion sur le pouvoir subversif de la lecture.

Windsor accueillait ce soir-là un banquet d'apparat : le Président de la République française s'était placé aux côtés de sa Majesté tandis que la famille royale se regroupait derrière eux ; la procession se mit lentement en marche et rejoignit le salon de Waterloo.

Ce que j'en pense : Que se passerait-il si la Reine Elizabeth avait une passion dévorante pour la lecture ? 

Imaginez un peu. Un beau matin, sa Majesté entre un peu par hasard dans un bibliobus, emprunte un livre, et se découvre une passion pour la lecture. Elle va se mettre à lire tous les jours, à toute heure. A tel point qu'elle en négligera même ses obligations royales au détriment du Prince Philip et de ses collaborateurs ! 
 
L'auteur part de ce drôle de postulat pour nous offrir une petite histoire (fictive, bien évidemment) tout à fait sympathique que j'ai pris beaucoup de plaisir à lire. Ce roman est très court et aborde en toile de fond le plaisir de la lecture et ce qui pousse les lecteurs/lectrices à lire. J'ai adoré le twist final !
 
Vous l'avez lu ? 
 
Ma note : 3/5

Publié dans Littérature

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Blackwater, tome 1 : La crue de Michael McDowell

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Alors que les flots sombres et menaçants de la rivière submergent Perdido, une petite ville du sud de l'Alabama, les Caskey, une riche famille de propriétaires, doivent faire face aux innombrables dégâts provoqués par la crue. Mené par Mary-Love, la puissante matriarcale, et par Oscar, son fils dévoué, le clan s'apprête à se relever. Maus c'est compter sans l'apparition, aussi soudaine que mystérieuse, d'Elinor Dammert, jeune femme séduisante au passé trouble, dont le seul dessein semble être de s'immiscer au cœur de la famille Caskey.

L'église baptiste Zion Grace se situait sur Old Federal Road, à deux kilomètres de Perdido. Ses fidèles se voulant rigoristes, c'était l'édifice le plus inconfortable qu'on puisse imaginer : une unique salle dépouillée, un plafond en voûte qui retenait la chaleur en été et le froid en février, et abritait grillons tapageurs en hiver et blattes volantes en juillet.

Ce que j'en pense : J'ai succombé à mon tour à la déferlante Blackwater !

L'histoire se passe en 1919 en Alabama. La petite ville de Perdido doit faire face aux multiples dégâts causés par le débordement de la rivière. La famille Caskey, menée par la matriarche Marie-Love et son fils dévoué Oscar, s'apprête à se relever. C'est alors que débarque de nul part, Elinor Dammert, une jeune femme recueillie par Oscar et qui va commencer à s'immiscer dans les affaires de la ville et celles des Caskey au grand damne de Mary-Love. Quels secrets se cachent derrière la mystérieuse Elinor ? 
 
Difficile de savoir si j'ai apprécié ou non ce premier tome... 
 
A dire vrai, je trouve qu'il ne se passe pas grand chose et ce que ce tome est clairement un tome introductif. C'est un peu comme si on te demandait si tu avais apprécié un repas alors que tu n'as pas dépassé l'apéritif ! En l'occurrence, l'apéritif était très bon ;) 
 
Ai-je envie de connaître la suite ? La réponse est oui !
Ai-je acheté le tome 2 ? La réponse est oui !
 
La suite au prochain épisode !
 
Ma note : 3/5

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La mer à l'envers de Marie Darrieussecq

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv'Rose part en croisière avec ses enfants. Elle rencontre Younès qui faisait naufrage. Rose est héroïque, mais seulement par moments.

C'est sa mère qui l'a convaincue de faire cette croisière. Une façon de prendre de la distance. De réfléchir à son mariage, à son métier, au déménagement à venir. Partir seule avec les gosses. Changer d'air. Changer d'eau. La Méditerranée. Pour une fille de l'Atlantique. C'est plat. Une mer petite.

Ce que j'en pense : Lu dans le cadre du Trophée Folio-Elle 2022

Rose part avec ses deux enfants faire une croisière en Méditerranée. Pendant le voyage, le bateau croise la route d'une embarcation de fortune qui contient des migrants venant d'Afrique qui cherchent à fuir la misère de leur pays pour gagner l'Europe. Parmi les migrants, Rose va croiser le regard du jeune Younès et va sentir une sorte de connexion entre eux. Younès lui demandera un téléphone. Elle volera celui de son fils pour le lui offrir. Puis chacun repart de son côté. Quelques temps après, Younès recontacte Rose. Il a besoin d'elle à nouveau.
 
Ce fut une lecture en demi-teinte car le point qui m'intéressait le plus, à savoir le sort des migrants, n'est abordé qu'au début et à la fin du roman. Au milieu, on se concentre surtout sur la vie de Rose que j'ai trouvée moins intéressante. 
L'autrice a également voulu aborder la question du contraste entre la civilisation européenne et la condition de vie des migrants qui tentent d'échapper à leur sort. Raison pour laquelle on s'attarde sans doute sur le personnage de Rose, que j'ai trouvée assez égocentrée.
Elle nous interroge sur notre capacité à changer les choses. Ne devrions-nous pas tous pouvoir faire quelque chose à notre modeste échelle ? 
 
J'attendais de ce livre d'être bousculée, d'en apprendre plus sur les conditions des migrants et d'être prise aux tripes... mais les émotions n'étaient pas au rendez-vous ! Le rendez-vous est manqué : dommage.

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Les grandes oubliées - Pourquoi l'histoire a effacé les femmes ? De Titiou Lecoq

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : « On nous a appris que l’histoire avait un sens et que, concernant les femmes, elle allait d’un état de servitude totale vers une libération complète, comme si la marche vers l’égalité était un processus naturel. Ce n’est pas exact. On a travesti les faits. On a effacé celles qui avaient agi, celles qui, dans le passé, avaient gouverné, parlé, dirigé, créé.»

A la préhistoire, les femmes chassaient, au Moyen Âge, elles étaient bâtisseuses de cathédrales ou encore espionnes durant la guerre de Cent Ans ; au XIXe siècle, elles furent journalistes… À chaque époque, elles ont agi, dirigé, créé, gouverné mais une grande partie d’entre elles n’apparaissent pas dans les manuels d’histoire. Dans la lignée des travaux de Michelle Perrot, Titiou Lecoq passe au crible les découvertes les plus récentes. Elle analyse, décortique les mécanismes, s’insurge, s’arrête sur des vies oubliées pour les mettre en lumière. Sa patte mordante donne à cette lecture tout son sel. Les femmes ne se sont jamais tues. Ce livre leur redonne leur voix.

Ce que j'en pense : Cet essai a fait pas mal de bruit à sa sortie et je comprends à présent pourquoi : parce qu'il est Excellent !

Titiou Lecoq aborde ici le mythe de la femme empêchée. Depuis longtemps, on pense que les femmes sont absentes de l'histoire parce qu'elles restaient à la maison pour s'occuper des enfants. Que nenni. Les femmes ont toujours été présentes dans l'histoire de France et ont même exercé les mêmes rôles que les hommes : peintres, maréchaux ferrants, chevaleresses, bâtisseuses de cathédrale etc... Elles ont même régné sur la France ! Le problème, c'est que l'on ne les avait jamais cherchées jusqu'ici donc on ne les avait jamais vraiment trouvées et donc on ne savait pas qu'elles étaient là !
 
En s'appuyant sur le travail de plusieurs historiennes, Titiou Lecoq va réhabiliter la place de la femme dans l'histoire. Elle va en quelque sorte déconstruire l'histoire que l'on nous a racontée depuis qu'on est toutes petites. Pour cela, elle va reprendre les grandes périodes de l'histoire dans l'ordre chronologique et rétablir pour chaque époque la place des femmes : la préhistoire, le Moyen-Age, la Renaissance, la Révolution etc... Elle analyse, décortique les mécanismes, s’insurge, s’arrête sur des vies oubliées pour les mettre en lumière. 
 
Pour moi, l'exemple le plus flagrant se situe à la préhistoire : on parle toujours de l'Homme de Neandertal. Mais quid de la femme de Neandertal ? Que faisait-elle ? Est-il possible qu'elle aille chasser le mammouth elle aussi ? Dessinait-elle les fameuses fresques que l'on a retrouvées dans des grottes ?
 
Merci à Titiou Lecoq de nous permettre de nous interroger sur ces questions historiques si intéressantes ! Ce livre est à mettre entre toutes les mains et surtout au programme scolaire !
 
Ma note : 4,5/5

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Les roses fauves de Carole Martinez

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : D'origine andalouse, Lola mène en Bretagne une vie solitaire et sans éclat. Dans sa chambre, face au lit où elle s'interdit de rêver, trône une armoire pleine de cœurs en tissus. Ils renferment les secrets rédigés par ses aïeules avant de mourir. Cette vieille coutume espagnole défend cependant à l'héritière de les ouvrir. Jusqu'au jour où l'un des cœurs se déchire..

Des cœurs battent dans la chambre de Lola Cam. Des cœurs de femmes mortes.

Ce que j'en pense : Lu dans le cadre du Trophée Folio-Elle 2022

J'ai découvert Carole Martinez avec "Le cœur cousu" lu il y a plusieurs années et dont je me rappelle encore l'écriture sublime et poétique. J'étais donc ravie de la retrouver dans cette sélection.
 
"Les roses fauves" raconte l'histoire de Lola, d'origine andalouse qui est factrice en Bretagne. Elle y rencontre Carole Martinez (qui se met en scène dans son histoire) venue s'isoler pour écrire un nouveau roman. Lola lui pale de son armoire qui renferme les cœurs cousus de ses ancêtres dans lesquelles les femmes de sa famille racontent leurs secrets qui se transmettent de génération en génération. Cette vieille coutume espagnole défend cependant à l'héritière des ouvrir. Jusqu'au jour où l'un des cœurs se déchire. 
 
Carole Martinez a un don pour raconter les histoires de famille et les destins de femmes. Ces femmes espagnoles dont elle nous partage la vie sont des femmes fortes qui assument un passé parfois très douloureux. Je me suis laissée envoûtée par la plume de l'autrice totalement onirique avec délectation.
Mais le rêve est tellement présent que parfois, j'avais du mal à distinguer la fiction et la réalité ; notamment dans la seconde partie du livre avec laquelle j'ai un peu moins accrochée car elle est rédigée sous une forme incorporant un peu de fantastique. 
 
Avez-vous déjà lu Carole Martinez ? 
 
 

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Maman va-t-en ! de N'zua Enam

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv'« À toi, je peux répondre à la question, pourquoi Lui ? »
Noé, un adolescent introverti et effacé de dix-sept ans, vit avec un fardeau qu’il traîne chaque jour avec lui, en allant au lycée.
Il se mure dans le silence, jusqu’à ce que le souvenir brumeux du passé de ses parents se retrouve entre ses mains. Sur fond d’amitié, entremêlé à la tendresse de l’adolescence, Maman va-t’en ! est l’histoire d’un premier amour sous emprise et d’un fils poussé par le désir de porter secours à sa mère.
À travers la voix d’un enfant, victime collatérale, et parfois oublié des violences conjugales, N’zua Enam explore les secrets de famille qui consument.

Je ne sais pas par où commencer. Peut-être par "désolé". Désolé d'être si lâche. J'aurais aimé pouvoir faire plus. J'aurais aimé pouvoir te dire "Maman voilà ton sac, allons-nous-en !"

Ce que j'en pense : Le poids des secrets...

J'ai été récemment contactée par N'zua Enam qui m'a donné l'opportunité de lire en avant première son roman "Maman va t'en", et je l'en remercie vivement. 
 
Ce roman traite principalement de l'amour sous emprise, un sujet auquel je suis particulièrement sensible. Ce thème est abordé à travers le prisme de Noé, un adolescent de 17 ans. 
 
Dans la famille de Noé, le père a clairement un ascendant psychologique sur toute la famille et de manière particulièrement violente sur Alice, la mère. Alors qu'elle croyait avoir trouvé un homme aimant et protecteur, son époux exercera sur elle une manipulation qui relèvera de la torture mentale. Son emprise est tellement forte qu'elle réduira Alice et Noé au silence. Noé, quant à lui, voit, entend, ressent des choses mails il n'arrive pas à en parler autour de lui, à ses amis, au lycée. Il se mure dans le silence. Alors il se trimballe chaque jour avec ce secret qui devient de plus en plus lourd, et ses épaules de moins en moins fortes. Jusqu'au jour où l'une de ses amies finira par le percer à jour. Mais comment sortir d'un schéma de dépendance qui s'est installé insidieusement depuis des années ? 
 
J'ai passé un excellent moment avec ce roman ! Il se lit facilement ; il y a du rythme, l'intrigue est très bien construite et l'on ne peut que s'attacher aux personnages. Le thème est abordé sous plusieurs aspects et l'on sent le travail qui a été fait en amont par l'autrice : comment nait la dépendance affective, la personnalité du manipulateur, de la victime, les relations avec l'entourage (amis/famille), le cercle vicieux, les possibilités pour se sortir de cet engrenage etc...
J'ai beaucoup apprécié le fait que le narrateur de l'histoire soit l'enfant du couple car on ne se préoccupe pas souvent du point de vue de l'enfant et c'est encore plus fort quand il s'agit d'un adolescent. 
 
Le sujet des violences domestiques est difficile à aborder mais N'zua Enam le fait avec beaucoup de justesse et d'émotions, et sans jamais tomber dans le pathos ou les tirades larmoyantes. C'est une réussite, bravo !
 
Ma note : 4/5

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Histoires de femmes (écrits de prison)

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv'Créé en détention, Histoires de femmes est un recueil de textes qui regorge de vie autant qu’un hymne à la liberté.
Sous la direction de Lisette Lombé, Elvira Masson, Fabrice Rose et Delphine de Vigan, en partenariat avec l'association Lire pour en sortir.
Vous qui tenez ce livre entre vos mains, vous allez découvrir une vingtaine de détenues devenues des écrivantes.
Vous allez partager leurs aspirations et un peu de ce qui se passe entre les murs d’une prison. Derrière les mots de chacune, c’est peu à peu leurs forces, leurs faiblesses, leurs désirs et leurs joies qui transparaissent.
Se dessine le portrait de femmes courageuses qui sont parvenues à s’affranchir de leur passé et à trouver une nouvelle voie.

Ce que j'en pense : Un diamant brut

Ce livre est un recueil de textes rédigés par une vingtaine de détenues du centre de détention de Roanne. Elles vont suivre un atelier d'écriture sous la Direction de Lisette Lomé, Elvira Masson, Fabrice Rose et Delphine de Vigan en partenariat avec l'association "lire pour s'en sortir" et devenir des écrivantes.
 
Tour à tour, ces quatre personnalités ont guidé les détenues sur la pratique de l'écriture autour de 4 thématiques : 
 
- Qui suis-je ? 
- La liberté
- Chercher l'énergie du slam
- Cuisiner entre les murs
 
Derrière ces mots, nous découvrirons les failles, les joies, les espoirs, les forces qui composent la vie de ces femmes enfermées entre quatre murs.
 
Ce recueil est un trésor qui renferme des diamants bruts qui ne sont pas faits pour être taillés. Parce que c'est cela, aussi, la beauté. Quand c'est brut. 
 
Ma note = 4/5

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La vie mensongère des adultes d'Elena Ferrante

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv' : Giovanna, fille unique d'un couple de professeurs, est une enfant choyée. Mais l'année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père la compare à Vittoria, une tante à la réputation maléfique. Bouleversée par ce rapprochement aussi dévalorisant qu'inattendu. Giovanna cherche à en savoir plus sur cette femme. Sa quête la mènera jusqu'aux quartiers pauvres de la ville de Naples, où l'adolescente voit peu à peu se craqueler le vernis du monde des adultes...

Deux ans avant qu'il ne quitte la maison, mon père dit à ma mère que j'étais très laide. Cette phrase fut prononcée à voix basse, dans l'appartement que mes parents avaient acheté juste après leur mariage au Rione Alto, en haut de San Giacomo dei Capri.

Ce que j'en pense : Lu dans le cadre du Trophée Folio-Elle 2022

Giovanna est la fille unique d'un couple de professeurs qui vit à Naples. L'année de ses douze ans, elle surprend une conversation dans laquelle son père dit qu'il la trouve très laide et qu'elle ressemble de plus en plus à Vittoria, une tante avec une mauvaise réputation. Giovanna va alors développer une obsession pour retrouver sa tante Vittoria qu'elle n'a jamais vue et que l'on tient à l'écart de la famille car elle est vulgaire et n'apporte que le malheur. Sa quête la mènera jusqu'aux quartiers pauvres de la ville de Naples, où l'adolescente voit peu à peu se craqueler le vernis du monde des adultes. 
 
Si vous aimez les histoires à suspens avec moults rebondissements, je vous conseille de passer votre chemin. L'écriture est très contemplative et il ne se passe pas grand chose dans ce roman. En revanche, je trouve qu'il y a un travail d'écriture extraordinaire qui a été fait sur la psychologie des personnages.
Un peu à la manière de "l'amie prodigieuse", Elena Ferrante a le don de savoir décortiquer la psychologie de ses personnages et de faire parler leurs émotions à travers son livre, qu'il s'agisse de la classe ouvrière ou la petite bourgeoisie napolitaine. 
 
Giovanna, la narratrice, est un personnage que vous allez adorer détester. C'est une jeune fille sans histoires au début du roman qui va démarrer sa crise d'adolescence au moment où elle surprendra les mots de son père. Ma fille est LAIDE. Ses mots, elle les ressentira comme un coup de poignard et n'aura de cesse par la suite de se sentir dévalorisée. En plus de partir à la recherche de sa tante, Giovanna va surtout partir à la recherche d'elle-même. 
Ses différentes rencontres vont lui apprendre le monde parfois hypocrite des adultes, les premiers émois amoureux, les apparences parfois trompeuses, l'émancipation, l'image de soi etc...
 
 
 
 

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