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Le malheur du bas d'Inès Bayard

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Au coeur de la nuit, face au mur qu'elle regardait autrefois, bousculée par le plaisir, le malheur du bas lui apparaît telle la revanche du destin sur les vies jugées trop simples. »

Dans ce premier roman suffoquant, Inès Bayard dissèque la vie conjugale d'une jeune femme à travers le prisme du viol. Un récit remarquablement dérangeant.

Le petit Thomas n’avait pas eu le temps de finir sa compote. Sa mère ne lui avait laissé aucune chance. La vitesse à laquelle le poison s’était diffusé dans son sang lui avait simplement permis de ne pas trop souffrir au moment de mourir. Seul le corps de Marie était resté droit, solidement enfoncé dans le dossier de sa chaise, la tête basculée vers l’arrière. Sûrement avait-elle lutté pour qu’on le remarque. Laurent avait été le premier servi. En découvrant ces trois corps livides et figés autour de la table, peu de personnes auraient pu imaginer la chaleur des rires envahir la pièce quelques secondes avant que le drame ne se produise.

Ce que j’en pense : Âmes sensibles s'abstenir...

Marie et Laurent forment un couple quasi parfait sur le papier. Laurent est un brillant avocat et sa femme, Marie, est conseillère en gestion de patrimoine. Tous deux habitent un appartement parisien cossu, sont entourés d'une famille aimante et d'amis qu'ils retrouvent le soir à diner autour d'une bonne bouteille de vin. Tous deux sont très brillants dans leur professions : Laurent, plus loquace, aime briller dans les conversations et prendre soin de sa femme, qui sait rester discrète et à l'écoute quand il le faut. Une seule chose manque à ce tableau parfait : un enfant. Et quand Laurent accède à la demande de Marie d'avoir un enfant tous les deux, c'est une femme comblée.

Un soir, après une réunion de travail, le Directeur d'Agence de Marie lui propose de la ramener chez elle en voiture. Garé près de chez elle, il la viole sauvagement dans sa voiture. Marie choisit de garder le silence et ne révèle rien de son agression. Quelques mois plus tard, elle réalise qu'elle est enceinte. Pour elle, aucun doute : cet enfant à venir est le fruit de son viol...

Il faut aimer être bousculé pour lire ce roman, et Inès BAYARD le fait avec brio. Rien ne nous est épargné : la scène de viol (que j'ai lu avec la nausée), le dégoût de son corps, la colère, la noirceur, l'enfant non désiré, la sexualité traumatisée, le choc irréversible.

Et il y aussi les apparences à préserver. Le silence de Marie, pour sauver les apparences, qui la plonge dans les abymes de la douleur et du dégoût. Du dégoût pour elle-même, mais également du dégoût pour son enfant. Ce silence qui la plonge dans les abymes de la folie, jusqu'à en devenir paranoïaque, jusqu'à faire d'elle un monstre.

Pour moi, ce livre fera partie de mes lectures marquantes au même titre que "Chanson douce".  On retient souvent son souffle, on est choqué, peiné. Je n'irai pas jusqu'à dire que j'ai "adoré", parce qu'on n'adore pas les histoires de viol, mais je pourrai vous dire que j'ai été bousculée, et c'était peut-être ça le but recherché.

 

Ma note : 3,75/5

Publié dans Littérature

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A crier dans les ruines d’Alexandra Koszelyk

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Léna et Ivan sont deux adolescents qui s'aiment. Ils vivent dans un pays merveilleux, entre une modernité triomphante et une nature bienveillante. C'est alors qu'un incendie, dans l'usine de leur ville, bouleverse leurs vies. Car l'usine en question, c'est la centrale de Tchernobyl. Et nous sommes en 1986. Les deux amoureux sont séparés. Lena part avec sa famille en France, convaincue qu'Ivan est mort. Ivan, de son côté, ne peut s'éloigner de la zone, de sa terre qui, même sacrifiée, reste le pays de ses ancêtres. Il attend le retour de sa bien-aimée. Lena, quant à elle, grandit dans un pays qui n'est pas le sien. Elle s'efforce d'oublier. Mais, un jour, tout ce qui est enfoui remonte, revient, et elle part retrouver le pays qu'elle a quitté vingt ans plus tôt. Alexandra Koszelyk est née en 1976. Elle enseigne, en collège, le français, le latin et le grec ancien.

 

Quand Léna arrive à Kiev, elle ne s’attend à rien ou plutôt à tout. Des odeurs de son enfance, la musique de sa langue natale, les dernières images avant son exil. Mais de fines particules assombrissent les lumières de la ville, la grisaille embrume ses souvenirs. Des silhouettes la frôlent et semblent appartenir à un autre temps.

Ce que j’en pense : Comment savoir où on va sans comprendre d'où on vient ?

Tchernobyl, 1986. Lena et Ivan, deux adolescents amoureux l'un de l'autre, voient leur vie bouleversée par l'explosion de la centrale. Si Lena, croyant Ivan mort, part avec sa famille en France, Ivan, qui n'a pas pu quitter la zone, attend son retour. Déracinée, la jeune fille tente d'oublier son passé. Vingt ans plus tard, elle fait le chemin inverse, et repart en Ukraine.

Je crois que ce livre fut un coup de cœur pour beaucoup d'entre vous. Malheureusement, la magie n'a pas opéré me concernant. Je ne dis pas que ce livre est mauvais ;  il m'a simplement manqué un petit "je ne sais quoi" pour que mon cœur s'emballe ! Et cela n'engage que moi😉

Pourtant, l'intrigue était plutôt prometteuse : je suis d'ailleurs particulièrement sensible aux livres qui traitent de l'exil, de la construction en terre étrangère ou de la quête des origines. Et c'est bien ce dont il est question dans ce livre. Léna, le personnage principal, peine à se construire dans sa vie d'adulte, sur cette terre étrangère où elle n'a pas choisi de vivre et où ses parents l'ont emmené de force car elle n'a pas réglé son passé.  Et elle ne réussira à comprendre qui elle est, que lorsqu'elle se rendra là d'où elle vient. 

L'histoire d'amour entre Léna et Ivan, deux âmes sœurs qui sont séparés et continuent à se chercher est une jolie histoire. Mais voilà, je n'ai pas été emportée. Dommage !

Et vous, vous l'avez lu ? Qu'en avez-vous pensé ?

 

Ma note : 2,75/5

Publié dans Littérature

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Le confident de Hélène Grémillon

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Camille vient de perdre sa mère. Parmi les lettres de condoléances, elle découvre un étrange courrier, non signé. Elle croit d'abord à une erreur mais les lettres continuent d'arriver, tissant le roman de deux amours impossibles, de quatre destins brisés. Peu à peu, Camille comprend qu'elle n'est pas étrangère au terrible secret que cette correspondance renferme.

Dans ce premier roman sur fond de Seconde Guerre mondiale, Hélène Grémillon mêle de main de maître récit historique et suspense psychologique.

Un jour, j’ai reçu une lettre, une longue lettre pas signée. C’était un évènement, car dans ma vie je n’ai jamais reçu beaucoup de courrier. Ma boîte aux lettres se bornant à m’annoncer que la-mer-est-chaude ou que la-neige-est-bonne, je ne l’ouvrais pas souvent. Une fois par semaine, deux fois les semaines sombres, où j’attendais d’elles, comme du téléphone, comme de mes trajets dans le métro, comme de fermer les yeux jusqu’à dix puis de les rouvrir, qu’elles bouleversent ma vie.
Et puis ma mère est morte. Alors là, j’ai été comblée, pour bouleverser une vie, la mort d’une mère, on peut difficilement mieux faire.

Ce que j’en pense : La trahison donne-t-elle tous les droits ?

Camille est éditrice dans les années 1970. Après le décès de sa mère, elle reçoit une étrange lettre, non signée. Cette lettre raconte l'histoire d'un certain Louis, et d'une certaine Annie, pendant les années 1940. Elle croit d'abord à une erreur ou à un auteur qui cherche à se faire publier. Les lettres vont continuer d'arriver, l'histoire va continuer à se dérouler, faisant apparaitre deux autres personnages : Madame M. et son mari.

Intriguée, Camille, va vite découvrir que ces lettres ne lui sont pas envoyées par hasard : elles renferment un terrible secret de famille dont elle ignorait tout.

A dire vrai, j'ai eu beaucoup de mal à rentrer dans ce roman au début. Je trouvais le rythme un peu lent et je ne comprenais pas où l'auteure voulait nous emmener avec cette histoire qui trainait en longueur.  Une fois passée la première partie, et le cadre posé,  le suspens monte crescendo jusqu'à la fin. Le moins que l'on puisse dire c'est que je me suis totalement faite avoir ! Quel rebondissement final incroyable ! J'en suis restée bouche bée ("mais noooooooooooon !!!!!").

Impossible pour moi de vous dévoiler l'intrigue : ce serait vous priver du plaisir de vous faire surprendre ! Beaucoup de thèmes sont abordés : les secrets de famille, la maternité, la vengeance, l'amour etc... le tout sur un fond de seconde guerre mondiale.

Hélène Grémillon "manipule" véritablement ses lecteurs grâce à des tours de passe-passe qui vous disent : "Alors, tu crois que l'histoire s'est déroulée comme ça ? .... Eh bien non, je te l'ai faite à l'envers !!! En réalité, ça s'est passé comme ça ! Tout est question de point de vue😉 "

Pour celles et ceux qui aiment les histoires qui racontent les secrets de famille... foncez !

 

Ma note : 4/5

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Acquittée d'Alexandra Lange

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Alexandra Lange, 33 ans, mère de quatre enfants, a été acquittée du meurtre de son mari par la cour d'assises de Douai le 23 mars 2012.

« J'ai voulu montrer le calvaire que vivent des femmes comme moi. Dénoncer le silence de ceux qui savent mais se taisent. Et répondre à ceux qui se demandent pourquoi une femme battue a tant de mal à quitter son tortionnaire. »

Sans doute Alexandra est-elle au début restée par amour. Il y a eu les promesses, également : « Je ne recommencerai plus. » Puis les coups à nouveau, les insultes, les humiliations, les viols, les strangulations, la peur.

C'est la peur qui empêche de partir. Peur de se retrouver à la rue avec ses quatre enfants, peur des représailles sur ses proches si elle se réfugiait chez eux. Peur des menaces directes de son mari : « Si tu fais ça, je te tuerai. » Le soir du drame, Alexandra lui a dit qu'elle allait s'en aller. La fureur de son dernier étranglement l'a terrifiée au point de provoquer son geste fatal.

En reconnaissant, dans son cas, la légitime défense, la justice française a braqué les projecteurs sur les victimes des violences conjugales. Et le témoignage digne et bouleversant d'Alexandra Lange, adressé à nous tous, est aussi un appel à l'aide pour ces femmes en danger.

Ce que j’en pense : Vous souvenez-vous d'Alexandra Lange ? Son nom ne vous est peut-être pas inconnu car son procès a été très médiatisé et a porté en avant la cause des violences envers les femmes. Son histoire m'a fait froid dans le dos...

Alexandra Lange est partie de chez ses parents à l'âge de 17 ans car elle est tombée follement amoureuse d'un homme d'une trentaine d'années avec qui elle se mariera et aura quatre enfants.

Son mari étant issu de la communauté des gens du voyage, Alexandra va vivre avec ses enfants et son mari dans une petite caravane dans un état de promiscuité qui fait mal au cœur. Son mari touche le RMI et Alexandra est contrainte d'arrêter ses études pour s'occuper de ses enfants.

Très vite après leur mariage, Alexandra déchante. Son mari boit et se montre violent : la première gifle arrive un jour sans prévenir, puis il la passe à tabac, l'insulte régulièrement. Et ce calvaire va durer pendant onze ans. Onze années de violences, d'humiliations et de viols.

Un soir, Alexandra lui annonce qu'elle va le quitter.  Là, c'est la goutte d'eau qui fait déborder le vase. Son mari la roue de coups et l'étrangle en lui hurlant "je vais te crever !".   Alexandra se saisit d'un couteau, cette arme du destin, et commet un geste fatal. Elle l'a tué pour ne pas mourir.

Jugée pour le meurtre de son mari, Alexandra a été finalement acquittée.

Elle a tenu à raconter son histoire pour les raisons suivantes : "J'ai voulu montrer le calvaire que vivent  des femmes comme moi. Dénoncer le silence de ceux qui savent mais se taisent. Et répondre à ceux qui se demandent pourquoi une femme battue a tant de mal à quitter son tortionnaire".

Contrairement aux autres livres, je ne vais pas rédiger une "critique" à proprement parler car j'aurais l'impression d'émettre un jugement sur la vie d'Alexandra Lange. Ce que je peux vous dire, c'est que son histoire m'a retourné le cœur et l'estomac. J'ai pleuré au début, au milieu et à la fin. Personne ne mérite un pareil traitement. Absolument personne.

Où qu'elle soit, j'espère qu'aujourd'hui, Alexandra est aimée et soutenue et vit des jours paisibles entourée de ses enfants. Je souhaite le bonheur et l'apaisement.

Rappelons qu'en 2019, le nombre moyen de femmes de 18 à 75 ans qui ont été victimes de violences conjugales est estimé à 213 000. Personne ne mérite un pareil traitement. Absolument personne.

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Beyoncé est-elle féministe ? de Margaux Collet et Raphaëlle Rémy-Leleu

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Pourquoi y a-t-il des femmes nues partout ? Que faire si j’ai été harcelé.e en ligne ? Où sont les femmes dans les livres d’histoire ? C’est quoi des trucs de meufs, c’est quoi des trucs de mecs ? Amour, désir, sexe, tout pareil ? Pourquoi n’y a-t-il jamais eu de femme présidente de la République en France ?

L’association Osez le Féminisme ! répond dans ce livre engagé et sans tabou, à 10 questions autour de l’égalité entre les femmes et les hommes pour lutter contre le sexisme, permettre à chacun.e de se réaliser sans injonction, et encourager la réussite des filles et des femmes. Et montre qu’il est possible de construire un monde juste et libre pour toutes et tous.

Ce que j’en pense : Who run the world ? Girls !

Si vous cherchez un livre pour comprendre les bases du féminisme, je vous conseille celui-ci ! "Beyoncé est-elle féministe ?" est un livre sur l'égalité des sexes rédigé par l'association Osez le Féminisme ! Il répond à 10 questions autour de l'égalité entre les femmes et les hommes qui sont chères à mon cœur de femme :

- où sont les femmes dans les livres d'histoire ?

- pourquoi n'y a-t-il jamais eu de femme Président de la République ?

- l'égalité des sexes à la maison

- etc...

J'ai vraiment beaucoup aimé ce livre. Il est plutôt bien fait, le ton est léger avec des petits dessins rigolos, ce qui le rend accessible à tous/toutes y compris les ado. Je trouve d'ailleurs que ce serait le cadeau idéal à faire à une jeune fille, pour qu'elle puisse mieux comprendre le monde qui l'entoure et se dise que tout lui est possible parce qu'elle est une femme. 

 

Ma note : 3/5

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Chéri de Colette

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Léa de Lonval, une courtisane de près de cinquante ans, est la maîtresse de Fred Peloux, surnommé Chéri.

A mesure qu'elle éprouve le manque de conviction croissant de son jeune amant, Léa ressent, avec un émerveillement désenchanté et la lucidité de l'amertume, les moindres effets d'une passion qui sera la dernière.

Pourtant il suffira à Chéri d'épouser la jeune Edmée pour comprendre que la rupture avec Léa ne va pas sans regrets.

La peinture narquoise d'un certain milieu demi-mondain, l'analyse subtile de l'âme féminine, les charmes cruels de la séduction, l'humour un peu triste de la romancière, font de Chéri une des œuvres les plus attachantes et les plus célèbres de Colette.

- Léa ! Donne-le-moi, ton collier de perles ! Tu m’entends, Léa ? Donne-moi ton collier !
Aucune réponse ne vint du grand lit au fer forgé et de cuivre ciselé, qui brillait dans l’ombre comme une armure.
- Pourquoi ne me le donnerais-tu pas, ton collier ?

Ce que j’en pense : Hourra ! Mon premier Colette !

Comme j'aime le faire avec les classiques, je vais essayer de "moderniser" mon avis. "Chéri" raconte l'histoire d'amour entre une cougar et un jeune glandeur. La cougar, Léa, est une MILF de cinquante ans, hyper fraiche du genre aristo libertine. Le jeune glandeur s'appelle Chéri (Fred de son prénom) ; il  a trente ans, plutôt beau gosse, il est du genre pourri-gâté, ne fait pas grand-chose de sa life à part dilapider son argent en restau et passer ses journées dans le lit de Léa.

Le problème, c'est que Chéri doit se marier avec la jeune Edmée, choisie par sa maman, parce qu’à trente ans... il est temps de se marier pour un garçon ! Léa, la pauvre, se retrouve sur la touche, d'autant plus qu'elle s'attache de plus en plus à son "Chéri"...

Ce que j'ai préféré dans cette courte nouvelle, c'est qu'elle sort un peu des sentiers battus. Je n'ai pas lu beaucoup de livres qui parlent d'amour entre une femme plus âgée que l'homme qu'elle aime. Finalement, les histoires d'amour sont intemporelles car une telle histoire pourrait avoir lieu de nos jours. Un jeune trentenaire a une relation avec une femme de cinquante ans mais se marie avec une jeune femme bien plus jeune parce que la Société veut que...

Quelle est la place de la femme dite "senior" dans la Société ? Doit-on la mettre au placard en raison de son âge lorsqu'elle se retrouve face à une jeunette ? L'amour doit-il avoir un âge raisonnable ?

J'ai beaucoup aimé ce récit que j'ai trouvé très touchant. J'y ai également perçu une petite pointe d'ironie de l'auteure sur la société bourgeoise du début du XXème siècle. C'est un récit profondément féministe et si tous les romans de Colette le sont autant, on devrait sérieusement songer à lui faire plus de place dans les programmes scolaires...

 

Ma note : 3/5

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L'extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikéa de Romain Puertolas

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : IKEA. Ou comment un banal et innocent mot de quatre lettres, prononcé à mi-voix dans un taxi à Roissy Charles de Gaulle, peut vite devenir le début d’une rocambolesque et hilarante aventure. De la crise européenne au régime post-Kadhafiste libyen, un voyage inattendu, riche en quiproquos et rebondissements, ballotera, dans une armoire, un arnaqueur professionnel sur le chemin de la rédemption et de l’amour.

Le premier mot que prononça l’Indien Ajatashatru Lavash Patel en arrivant en France fut un mot suédois. Un comble !
Ikea.
Voilà ce qu’il prononça à mi-voix.

Ce que j’en pense : Il parait que ce livre a déplu à beaucoup de lecteurs...

... et bien moi, il m'a bien plu !

Ajastashatru (prononcez "j'attache ta charrue") est mi-fakir mi-arnaqueur. La preuve : il convainc les habitants de son village de se cotiser pour lui offrir un voyage à Paris... afin qu'il puisse s'acheter un lit à clous chez Ikea. Dès son arrivée à l'aéroport, notre fakir va connaître des aventures complètement rocambolesques ! Il va s'attirer les foudres d'un taxi gitan, aura un coup de coeur pour une belle parisienne, se liera d'amitié avec des migrants, va se faire inviter par une célèbre actrice... Bref, son séjour sera loin d'être de tout repos !

Mais qu'il soit coincé dans une armoire Ikéa, contorsionné dans une valise Louis Vuitton, à Rome, à Londres ou à Madrid, notre fakir finira toujours par retomber sur ses pattes. Ses extraordinaires aventures seront-elles l'occasion pour lui de se racheter de ses actions passées ?

Si vous aimez les lectures légères, divertissantes et les histoires un peu loufoques, ce conte des temps modernes est fait pour vous. Pour ma part, j'ai aimé cette légèreté, les aventures du fakir m'ont bien fait sourire et j'ai passé un agréable moment de lecture. Tout simplement.

 

Ma note : 2,75/5

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Le syndrome de l'hippocampe de Zoé Brisby

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Hippocampe : n. m. - Petit poisson marin au corps cuirassé dont le mâle a pour particularité de porter les oeufs dans sa poche ventrale. - Partie du cerveau qui gère la capacité de chacun à obéir ou à se rebeller. Le syndrome de l'hippocampe est la recherche du père parfait. Plusieurs critères doivent être réunis : esthétique, génétique, social... Sans oublier le critère le plus variable : le charme.

La somme de tous ces facteurs crée alors le parfait hippocampe. Lorsque, à 35 ans, Brune se rend compte que la rencontre tant espérée ne se fera pas, elle décide de bouleverser l'ordre naturel des choses et de faire un enfant... toute seule. Accompagnée de sa meilleure amie Justine, militante végane ayant plus d'un tour dans son sac, elle part au Danemark dans une clinique choisir sur catalogue celui qui pourrait lui convenir.

Avec la complicité de Gunnar, capitaine Haddock danois à l'accent belge, elle commencera sa quête du donneur idéal. L'hippocampe qui transformera le rêve de Brune en bébé. Une comédie pétillante sur les femmes d'aujourd'hui.

Brune n’était pas brune. Pas même châtain.
Brune était blonde.
Première complication dès sa naissance. Une véritable intruse dans sa famille 100% brun.

Ce que j’en pense : Une femme peut-elle être heureuse sans enfant ?

Brune a 35 ans et est célibataire sans enfant. Après avoir collectionné les dates ratés sur les sites de rencontres, elle décide d'avoir un bébé seule. Et pour cela, elle trouve sur internet une clinique au Danemark qui permet aux femmes célibataires de choisir leur donneur sur catalogue. D'ailleurs, elle en a même repéré un ! Accompagnée par Justine, sa meilleure amie militante écologiste, Brune se rend au Danemark car elle espère y voir plus clair sur son désir de maternité. Va-t-elle sauter le pas ?

Enfin un roman qui traite du sujet de la FIV et du désir de maternité ! C'est le premier que je lis sur le sujet et je suis contente qu'un auteur ait écrit sur ce thème ! Une chose est sûre, cela préoccupe de plus en plus de femmes de nos jours.

Les questions que Brune se pose, beaucoup de femmes y ont pensé  : est-ce qu'on a raté sa vie si on n'a pas d'enfant à 35 ans ?  Avoir des enfants est-il le seul moyen d'accéder au bonheur quand on est femme ? Fait-on un enfant parce qu'on le veut vraiment ou parce que la société le commande ?

Sous couvert d'une apparente légèreté, Zoé Brisby met le doigt sur un sujet qui est complètement dans l'ère du temps. Le syndrome de l'hippocampe désigne la recherche du père parfait. Plusieurs critères doivent être réunis : esthétique, génétique, social... Sans oublier le critère le plus variable : le charme. La somme de tous ces facteurs crée alors le parfait hippocampe.

Doit-on attendre l'homme parfait pour faire un enfant ? Ce n'est pas le choix de Brune en tous cas. Pour moi, l'auteure invite chaque femme à s'affranchir des conventions sociales et à se reconnecter à soi pour savoir ce que l'on veut réellement en tant que femme et non pas en tant que sujet d'une société.

J'ai beaucoup aimé le personnage de Brune que j'ai trouvé très attachante et parfaitement censée dans sa quête ! Le personnage de Justine m'a cependant un peu agacé à certains moments. Le roman est à l'image des deux jeunes femmes : pétillant, drôle, et qui donne à réfléchir... Une mention spéciale pour le passage sur fond de la chanson "Girls just wanna have fun" que j'ai adoré !

Ps : l'auteure a laissé une surprise à la fin du roman mais chuuuut c'est un secret😉

 

Ma note : 3,5/5

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Mon père, ma mère, mes tremblements de terre de Julien Dufresne Lamy

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Dans cette salle, Charlie, quinze ans, patiente avec sa mère. D’ici cinq heures, son père sortira du bloc. Elle s’appellera Alice. Durant ce temps suspendu, Charlie se souvient des deux dernières années de vie de famille terrassée. Deux années de métamorphose, d’émoi et de rejet, de grands doutes et de petites euphories. Deux années sismiques que Charlie cherche à comprendre à jamais. Sur sa chaise d’hôpital, tandis que les heures s’écoulent, nerveuses, avant l’arrivée d’Alice, Charlie raconte alors la transition de son père, sans rien cacher, ce parcours plus monumental qu’un voyage dans l’espace, depuis le jour de Pâques où d’un chuchotement, son père s’est révélée. Où pour Charlie, la terre s’est mise à trembler.

Ma mère et moi entrons dans la salle d’attente.
Elle s’assoit à ma droite, retire son manteau, son écharpe.
Une baie vitrée nous regarde.
Dans l’espace, il y a des affiches et des posters écornés. Des slogans partout sur le dépistage du cancer du sein, sur le Botox et le côlon irritable, et même une assistance téléphonique avec un numéro vert disponible 24 heures/24.

Ce que j’en pense : Je m'appelle Charlie, j'ai 15 ans. Je patiente à l'hôpital. J'attends mon père qui est au bloc opératoire. Mon père Aurélien a décidé de de devenir Alice.

Alice. Depuis que mon père nous a annoncé qu'il ne se sentait pas lui-même dans son corps d'homme et qu'il avait décidé de devenir femme, la terre a tremblé pour ma mère et moi. Toute la vie de notre famille ne tourne plus qu'autour de ça à présent. Mon père passe son temps sur les forums, ma mère cherche sur internet des images de vaginoplastie et moi, je ne peux même pas faire ma crise d'adolescence comme tout le monde parce que mon père m'a volé la vedette.

Il y a le regard des autres, aussi. Depuis que papa est venue me chercher à l'école avec sa perruque blonde, je suis devenu l'enfant d'un dégénéré. Ma mère se fait appeler "la lesbienne" par tout le quartier, on lui retire les enfants dont elle a la garde en tant qu'assistante maternelle. Quant à mon père, elle s'est faite licencier de son travail car il n'y avait pas de place pour Alice ; ses amis lui ont tourné le dos, tout comme le reste de la famille.

Je vais vous raconter l'histoire de la transformation de mon père : les psys, les traitements, l'hôpital, les premiers changements physiques, la déroute, l'incompréhension, l'intolérance. Je vais vous raconter le jour où mon père est née à nouveau. Je vais vous raconter une histoire de famille et d'amour. Je vais vous raconter mon père, ma mère, mes tremblements de terre.

 

Ma note : 3,5/5

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Les impatientes de Djaïli Amadou Amal

Publié le par mademoisellechristelle

Ce que dit la quatrième de couv’ : Ce magnifique roman retrace le destin de Ramla, 17 ans, arrachée à son amour pour être mariée de force avec Alhadji Issa, un homme riche et déjà marié. Hindou, sa sœur du même âge, est contrainte d’épouser Moubarak, son cousin, alcoolique, drogué et violent. Quant à Safira, 35 ans, la première épouse d’Alhadji Issa, elle voit d’un très mauvais œil l’arrivée dans son foyer de la jeune Ramla, qu’elle veut voir répudiée. Pour les aider dans cette étape importante et difficile de leur vie, leur entourage ne leur donne qu’un seul et même conseil : Patience !

Mariage précoce forcé, viol conjugal, consensus et polygamie. Avec Les Impatientes, Amal brise les tabous en dénonçant la condition de la femme dans le Sahel et nous livre un roman poignant sur la question universelle des violences faites aux femmes.

« Patience, mes filles ! Munyal ! Intégrez-la dans votre vie future. Inscrivez-là dans votre cœur, répétez-la dans votre esprit. Munyal ! Telle est la seule valeur du mariage et de la vie. Telle est la seule valeur de notre religion, de nos coutumes, du pulaaku. Munyal, vous ne devrez jamais l’oublier. Munyal, mes filles ! Car la patience est une vertu.
- Dieu aime les personnes patientes », dit mon père.

Ce que j’en pense : Ce livre, c'est un peu une claque en pleine figure...

Nous sommes au Nord du Cameroun. Trois femmes prennent la parole à tour de rôle. Ramla est une jeune fille de 17 ans qui rêve d'aller à l'université et de devenir pharmacienne. Elle tombe amoureuse de l'ami de son frère qui lui demande sa main. Mais son père en a décidé autrement : elle épousera un homme riche et influent choisi par son oncle, âgé d'une cinquantaine d'années et qu'elle n'a jamais vu de sa vie.

Hindou est la petite sœur de Ramla. Elle est d'un caractère très doux et a toujours respecté sans broncher les préceptes du Coran et l'autorité paternelle. Son père choisira  de la marier avec son cousin, drogué, alcoolique et violent. Enfin, Safira est la première épouse du futur mari de Ramla. La polygamie imposée par son mari lui brise le cœur et elle voit d'un très mauvais œil l'arrivée de la nouvelle épouse qu'elle considère comme une rivale à éliminer.

A travers le récit de ces trois femmes, nous allons pénétrer au cœur des "concessions" camerounaises où cohabitent un mari, ses épouses et leurs enfants. Ce sont les hommes qui règnent en maitre sur la concession (père, oncles, etc...) et disposent des femmes et des filles comme bon leur semble, peu importent ce qu'elles veulent ou si elles consenties à ce qu'on leur demande ou pas.

Aux femmes, on leur apprend la patience. Munyal. Accepte sans te plaindre.

Ces trois récits sont tout simplement incroyables ! Ils sont bouleversants, puissants, nécessaires. C'est un vrai coup de cœur me concernant. Ce qu'on se prend en pleine figure, c'est une réalité douloureuse, violente ; c'est aussi le poids de la famille, le patriarcat, la condition des femmes, les rivalités entre les femmes.

J'ai eu parfois du mal à lire certains passages tellement les discours sexistes des hommes (et même des femmes entre elles !) m'ont énervé. Mais les trois histoires sont racontées avec beaucoup de grâce et d'humanité. On ne peut qu'être infiniment touchée par le destin de ces trois "impatientes".

A lire absolument !

Ma note : 4,5/5

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