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litterature

Ciao bella de Serena Giuliano

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « J’ai peur du chiffre quatre. C’est une superstition très répandue en Asie. Le rêve ! Enfin des gens qui me comprennent ! Je devrais peut-être déménager…

 

– Vous avez beaucoup d’autres phobies ?

– Vous avez combien d’années devant vous ? »Anna a peur – de la foule, du bruit, de rouler sur l’autoroute, ou encore des pommes de terre qui ont germé… Et elle est enceinte de son deuxième enfant. Pour affronter cette nouvelle grossesse, elle décide d’aller voir une psy.

 

Au fil des séances, Anna livre avec beaucoup d’humour des morceaux de vie. L’occasion aussi, pour elle, de replonger dans le pays de son enfance, l’Italie, auquel elle a été arrachée petite ainsi qu’à sa nonna chérie. C’est toute son histoire familiale qui se réécrit alors sous nos yeux…

À quel point l’enfance détermine-t-elle une vie d’adulte ? Peut-on pardonner l’impardonnable ? Comment dépasser ses peurs pour avancer vers un avenir meilleur ?

 

Attention, la lecture de Ciao Bella pourrait avoir des conséquences irréversibles : parler avec les mains, écouter avec le cœur, rire de tout (et surtout de soi), ou devenir accro aux pasta al dente.

 

Fudicia

6 août

Je suis très perturbée par cette nouvelle grossesse : je fais des cauchemars, des crises de panique incontrôlables ; j’ai des idées noires. J’en arrive à espérer que cet enfant quitte mon corps. Je l’ai pourtant vraiment désiré.

- Hum, hum, continuez…
- Est-ce que vous êtes une psy du genre à juste faire « hum, hum », ou vous avez un vocabulaire plus riche que la plupart de vos confrères que j’ai déjà pu rencontrer, et qui ne m’ont jamais revue ensuite ?

Ce que j’en pense : ALERTE AU COUP DE CŒUR ! Non, en fait, c'est un battement de cœur que je ressens pour ce livre et son auteure. Ciao bella c'est l'histoire d'Anna, une jeune maman trentenaire enceinte de son deuxième enfant qui va se confier à son psy car elle est pétrie d'angoisses : elle a peur de la foule, de rouler sur l'autoroute, du chiffre 4, des pommes de terre qui ont germé, d'attraper le cancer de la peau à cause du soleil, de se noyer en nageant dans la Méditerranée, mais elle a également peur de perdre les gens qu'elle aime, peur de contrarier son entourage et peur d'être heureuse parce qu'elle pense que le bonheur ne dure pas.

 

Au fur et à mesure de ses séances chez la psy, nous allons apprendre à connaitre Anna : son enfance en Italie, sa mère, sa nonna (j'ai adoré ce personnage), son mari, ses enfants, son job etc... Pour dédramatiser certaines angoisses, Anna se lance dans l'écriture d'un blog dans lequel elle va raconter sa vie de maman et de femme. Et là commence une nouvelle aventure qui va la mener là où elle ne pensait jamais aller...

 

La plume de Serena Giuliano est génialissime : on pleure autant qu'on rit, on est ému, on a envie de la serrer dans nos bras, d'aller à Naples, de manger des pâtes et de trinquer avec elle au Limoncello. Ce livre, c'est comme une copine que j'écoute parler. Parce qu'Anna, c'est un peu de toi et moi, un peu de nous toutes. C'est une jeune femme qui vit dans l'ère du temps, drôle, avec de la répartie et avec les mêmes références que nous ! J'ai d'ailleurs tellement aimé ce livre que je ralentissais parfois ma lecture pour rester un peu plus longtemps aux côtés d'Anna 🙂

 

Alors, arrêtez tout et foncez lire Ciao bella ! Cazzo, que ce livre fait du bien !

Ma note : 4,75/5

 

Publié dans Littérature

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La salle de bal d'Anna Hope

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Lors de l’hiver 1911, Ella Fay est internée à l’asile de Sharston, dans le Yorkshire, pour avoir brisé une vitre de la filature où elle travaillait depuis l’enfance. Révoltée puis résignée, elle participe chaque vendredi au bal des pensionnaires, unique moment où hommes et femmes sont réunis. Elle y rencontre John, un Irlandais mélancolique.

 

Tous deux dansent, toujours plus fébriles et plus épris. A la tête de l’orchestre, le docteur Fuller observe ses patients valser. Séduit par l’eugénisme et par le projet de loi sur le contrôle des faibles d’esprit, Fuller a de grands projets pour guérir les malades, dont les conséquences pourraient être désastreuses pour Ella et John.

 

Après Le chagrin des vivants, Anna Hope transforme à nouveau une réalité historique méconnue en un roman subtil et puissant, entraînant le lecteur dans une ronde passionnée et dangereuse.

 

Ella

« Tu vas te calmer, oui ? résonnait la voix de l’homme. Tu vas te calmer, oui ? »
Elle émit un son. C’aurait pu être oui. C’aurait pu être non, qu’importe, on lui retira brusquement la couverture de la tête et elle aspira l’air avidement.
Une salle voûtée se déployait devant elle, éclairée par des lampes. Le sifflement ténu du gaz. Des plantes partout, et l’odeur du savon au crésol. Par terre des carreaux qui partaient dans toutes les directions, astiqués à fond, certains en forme de fleurs, mais les fleurs étaient noires. Comprenant qu’il ne s’agissait pas là d’un poste de police, elle se mit à crier, terrorisée, jusqu’à ce qu’une jeune femme en uniforme surgisse de l’obscurité et la gifle.

Ce que j’en pense : J'ai eu beau faire tourbillonner les pages, tenter de faire swinguer les mots entre eux,  j'ai même parfois tout envoyé valsé : rien n'y a fait... Je suis restée à l'extérieur de la salle de bal... Malheureusement, je n'ai accroché ni à l'histoire, ni aux personnages. Je suis vraiment déçue car quasiment tous ses lecteurs ont adoré ce livre.

 

Peut-être tout simplement n'était-ce pas le bon moment pour moi de lire ce livre car la lecture dépend aussi de l'état d'esprit du lecteur. Et comme mon esprit est perturbé en ce moment, l'histoire d'un asile psychiatrique n'était peut-être pas le bon choix. Cela dit, s'il y a bien une leçon que j'ai retenue de ce livre, c'est que le fou n'est pas forcément celui qu'on croit...

 

Tant pis ! Next !

Ma note : 1,5/5

Publié dans Littérature

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Mon Père de Grégoire Delacourt

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Ce monde ne sera guéri que lorsque les victimes seront nos Rois »

 

Je me suis toujours demandé ce que je ferais si quelqu’un attentait à l’un de mes enfants. Quel père alors je serais. Quelle force, quelle faiblesse. Et tandis que je cherchais la réponse, une autre question a surgi : sommes-nous capables de protéger nos fils ?

Il y avait cette histoire au catéchisme qui m’avait sérieusement décontenancé quand j’avais douze ou treize ans. Celle de ce type, Abraham, à qui Dieu dit « Prends ton fils unique, celui que tu aimes, Isaac » - je m’étais d’ailleurs étonné qu’il le nomme puisqu’il n’en avait qu’un-, « va au pays de Moriah et là, tu l’offriras en holocauste sur la montagne que je t’indiquerai ». Je m’étais attendu à ce que proteste celui qui deviendrait le père du peuple juif, qu’il défende la vie de son fils, se batte pour elle comme un démon, donne la sienne en échange. Mais non.

Ce que j’en pense : "Mon père" c'est l'histoire d'un huit clos entre un père et un prêtre. Le père décide de séquestrer le prêtre car ce dernier aurait violé son fils.  Maintenant que sonne l'heure de la vengeance, le père a besoin de comprendre pourquoi...

 

L'histoire fait froid dans le dos. L'écriture de Grégoire Delacourt est magistrale, sublime. Il fait un parallèle avec l'histoire d'Isaac, le fils d'Abraham qui donne de l'intensité au récit et un parallèle avec le propre père du narrateur.

 

"Mon père" c'est aussi une réflexion sur le pardon et la vengeance : comment faire face à une telle ignominie ? Peut-on se faire justice soit-même quand on touche à la chair de sa chair ? Comment répare-t-on son enfant abusé ?

 

Lisez-le, mais ayez le cœur bien accroché...

 

Ma note : 4/5

 

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Les gratitudes de Delphine de Vigan

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Vous êtes-vous déjà demandé combien de fois dans votre vie vous aviez réellement dit merci ? Un vrai merci. L’expression de votre gratitude, de votre reconnaissance, de votre dette.

 

A qui ?

 

On croit toujours qu’on a le temps de dire les choses, et puis soudain c’est trop tard.

 

Après Les loyautés, Delphine de Vigan poursuit dans Les gratitudes son exploration des lois intimes qui nous gouvernent.

Vous êtes-vous demandé combien de fois par jour vous disiez merci ? Merci pour le sel, pour la porte, pour le renseignement.

Merci pour la monnaie, pour la baguette, pour le paquet de cigarettes.

Des merci de politesse, de convenance sociale, automatiques, mécaniques. Presque vides.

Parfois omis.

Parfois exagérément soulignés : Merci à toi. Merci pour tout. Merci infiniment.

Grand merci.

Des merci de profession : Merci pour votre réponse, votre attention, votre collaboration.

Ce que j’en pense : Je passe ma vie à dire « merci ». Je pense que c’est l’un des mots que j’emploie le plus, avec « pardon » ; « merci » à la boulangère, « merci » à un collègue, « merci » au conducteur de la voiture qui m’a cédé le passage. Bref, des « merci » de politesse et de convenance.

 

Mais des vrais « Merci », je n’en dis que très peu… Tout simplement parce que je n’en prends le temps ou que je n’y pense pas. C’est sur ces « Merci » que porte le nouveau roman de Delphine de Vigan.

 

Pour cela, elle choisit de nous raconter l’histoire de Michèle Seld alias Michka. Les mots, elle les connait bien car elle travaillait en tant que correctrice dans un grand journal. Mais à l’aube de sa vie, Michka est atteinte d’aphasie : doucement, ses mots s'en vont, se confondent ; ils « s'enfouillent », « s'enfuitent ».

 

Michka va s’installer dans un EHPAD où Jérôme, orthophoniste, va tenter de lui faire retrouver ses mots et où Marie, sa petite fille de cœur, viendra lui rendre visite. Michka décidera alors d’exprimer son ultime gratitude, avant qu’il ne soit trop tard. Et cette gratitude ira vers un couple de la Ferté sous Jouarre, dont elle ignore le nom, mais qui a sauvé la petite fille juive qu’elle était pendant la guerre.

 

Comme le précédent, ce roman est un véritable condensé d'émotions. Ouvrir ce livre c'est ressentir à la fois la tendresse, la nostalgie, le chagrin, l'empathie, la joie, le soulagement, les gratitudes. C’est assez incroyable, car le livre ne comporte que très peu de pages !

 

Les personnages sont très touchants et d’ailleurs, une relation de gratitude va même s’installer entre eux. J’ai adoré le personnage de Michka : c’est un peu la grand-mère que tout le monde voudrait avoir et l’on ne peut que s’attacher à elle avec son langage inventé, presque poétique.

 

Ce livre est donc un coup de cœur pour moi et pour cela : « merdi » Delphine de Vigan.

 

Ma note : 4/5

 

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Une sirène à Paris de Mathias Malzieu

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Surprisiers : ceux dont l’imagination est si puissante qu’elle peut changer le monde – du moins le leur, ce qui constitue un excellent début. »

 

Il pleuvait en plein soleil sur Paris, ce 3 juin 2016. La tour Eiffel se laissait pousser des arcs-en-ciel, le vent coiffait leurs crinières de licorne. Les grelots de pluie rythmaient la métamorphose du fleuve. Les embarcadères se transformaient en plages de bitume. L’eau montait, montait et montait encore. Comme si quelqu’un avait oublié de fermer le robinet de la Seine.

Ce que j’en pense : Paris, juin 2016. Il pleut tellement que la Seine déborde, « comme si quelqu'un avait oublié de fermer le robinet ». Un soir, Gaspard Snow, rentrait chez lui lorsqu'il trouva une sirène blessée sur les quais. Il décida de la ramener dans son appartement, et de la plonger dans sa baignoire pour en prendre soin. Atteint d'une « pierre-richardite » aiguë, le jeune homme est assez maladroit dans sa façon de faire mais il finit par toucher le cœur de la sirène.

Problème : comment vit-on une histoire d'amour avec une sirène à Paris ?

 

Ce livre est fait pour les amateurs d'univers où le réel flirte avec l'imaginaire. Si vous avez envie de côtoyer un Flowerburger, des surprisiers ou des touk touk qui foncent à travers tout Paris, je vous conseille de vous plonger (c'est le cas de le dire !) dans « une sirène à Paris » de Mathias Malzieu (aka le chanteur de Dionysos).

 

C'est la première fois que je lisais cet auteur et son univers m'a beaucoup rappelé celui de Boris Vian dans « l'écume des jours ». Si vous aimez les conteurs d'histoires, vous pouvez vous ruer sur ce livre qui sera fait pour vous. Si au contraire, comme moi, vous préférez un univers un peu plus terre à terre, la magie risque de ne pas d'opérer...

 

Ma note : 2,75/5

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Les fureurs invisibles du cœur de John Boyne

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Cyril Avery n’est pas un vrai Avery et il ne le sera jamais – ou du moins, c’est ce que lui répètent ses parents adoptifs. Mais s’il n’est pas un vrai Avery, qui est-il ?

 

Né d’une fille-mère bannie de la communauté rurale irlandaise où elle a grandi, devenu fils adoptif d’un couple dublinois aisé et excentrique par l’entremise d’une nonne rédemptoriste bossue, Cyril dérive dans la vie, avec pour seul et précaire ancrage son indéfectible amitié pour le jeune Julian Woodbead, un garçon infiniment plus fascinant et dangereux.

 

Balloté par le destin et les coïncidences, Cyril passera toute sa vie à chercher qui il est et d’où il vient – et pendant près de trois quarts de siècle, il va se débattre dans la quête de son identité, de sa famille, de son pays et bien plus encore.

Dans cette œuvre sublime, John Boyne fait revivre l’histoire de l’Irlande des années 1940 à nos jours à travers les yeux de son héros. Les Fureurs invisibles du cœur est un roman qui nous fait rire et pleurer, et nous rappelle le pouvoir de rédemption de l’âme humaine.

Bien longtemps avant que nous ne sachions qu’il était le père de deux enfants de deux femmes différentes, l’une à Drimoleague et l’autre à Clonakilty, le père James Monroe, devant l’autel de l’église Notre-Dame de l’Etoile de la mer, dans la paroisse de Goleen, à l’ouest de Cork, accusa ma mère d’être une putain.

Ce que j’en pense : Mais quelle lecture, mes amis ! Ce livre est un vrai coup de cœur ! Et bizarrement, j'ai l'impression qu'il est passé presque inaperçu lors de sa sortie...

 

Les fureurs invisibles du cœur se déroule en Irlande et raconte l'histoire de Cyril, de sa naissance dans les années 1940 à sa mort dans les années 2000. Cyril comprit depuis son jeune âge qu'il était homosexuel. Pas de bol, parce que l'Irlande n'était pas vraiment un pays "gay friendly" à l'époque. La mère biologique de Cyril était âgée de 16 ans lorsqu'elle a accouché et ne pouvant s'occuper de son enfant, elle l'a confié à une sœur rédemptoriste. Cyril sera placé dans une famille adoptive dans laquelle ni son père, ni sa mère adoptifs ne lui manifesteront affection ou intérêt, sans le maltraiter  pour autant  (pas de bol quand même).

 

C'est dans cet univers que Cyril va évoluer et nous raconter le puritanisme, la perception de l'homosexualité des années 50 à nos jours (croyez-moi, il ne faisait pas bon être homosexuel parfois), les débuts du Sida, la légalisation du mariage gay mais il va aussi parler de l'amitié, de l'amour, de la quête de soi, et de la tolérance, bien évidemment. A la lecture de ce roman, j'ai été à la fois mélancolique, en colère, amusée par le cynisme de l'auteur et j'ai même versé une larme (ou deux). Les personnages qui composent le roman sont terriblement attachants. On est immédiatement happé par l'histoire de ce livre qui devient vite un page turner.

 

C'est une réussite, une vraie pépite littéraire ! Bravo !

 

Ma note : 4/5

 

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La vie devant soi de Romain Gary

Publié le par mademoisellechristelle

 

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Histoire d'amour d'un petit garçon arabe pour une très vieille femme juive : Momo se débat contre les six étages que Madame Rosa ne veut plus monter et contre la vie parce que "ça ne pardonne pas" et parce qu'il n'est "pas nécessaire d'avoir des raisons pour avoir peur". Le petit garçon l'aidera à se cacher dans son "trou juif", elle n'ira pas mourir à l'hôpital et pourra ainsi bénéficier du droit sacré "des peuples à disposer d'eux-mêmes" qui n'est pas respecté par l'Ordre des médecins. Il lui tiendra compagnie jusqu'à ce qu'elle meure et même au-delà de la mort.

La première chose que je peux vous dire c’est qu’on habitait au sixième à pied et que pour Madame Rosa, avec tous ces kilos qu’elle portait sur elle et seulement deux jambes, c’était une vraie source de vie quotidienne, avec tous les soucis et les peines. Elle nous le rappelait chaque fois qu’elle ne se plaignait pas d’autre part, car elle était également juive. Sa santé n’était pas bonne non plus et je peux vous dire aussi dès le début que c’était une femme qui aurait mérité un ascenseur.

Ce que j’en pense : Bien qu'adepte des auteurs contemporains, je me suis dit qu'un petit classique de temps en temps ne pouvait pas me faire de mal. Je me suis donc lancée dans la lecture de mon premier roman de Romain Gary (euh... pardon... Émile Ajar), que l'on présente désormais comme un auteur classique et j'ai été plutôt conquise.

 

Conquise d'abord par l'ambiance du roman qui se déroule à Belleville, ce quartier multiculturel de Paris. On y entend des cris dans les rues, les enfants courent et jouent dehors, on y côtoie des immigrés, des prostituées, des proxénètes et tout le monde trouve cela parfaitement normal. J'ai été également conquise par l'écriture de Romain Gary qui fait s'exprimer Momo, le narrateur du roman.

Momo est un garçon d'environ 10 ans abandonné par sa mère prostituée et élevé par Madame Rosa, une ancienne prostituée juive, qui s'occupe des enfants que lui confient les prostituées du quartier. Madame Rosa est en fin de carrière et n'arrive plus à monter les six étages pour rentrer chez elle. Entre eux, un lien particulier va se nouer. Comme un fils veille sur sa mère, Momo veillera sur Madame Rosa jusqu'à ce que la mort les sépare.

 

Il y a beaucoup de tendresse et de poésie dans ce roman. Romain Gary utilise un ton d'enfant faussement naïf, ce qui rend le personnage de Momo très attachant. Je trouve que cette histoire de solidarité et de bons sentiments met du baume à l’âme en ces temps où chacun vit sa vie égoïstement. Cette lecture vous donnera pour sûr l'envie de sourire : "La vie devant soi" est un roman qui parle d'amour, de famille, de maladie, de la mort : bref, de la vie quoi...

 

Ma note : 3/5

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Leurs enfants après eux de Nicolas Mathieu

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Août 1992. Une vallée perdue quelque part dans l'Est, des hauts-fourneaux qui ne brûlent plus, un lac, un après-midi de canicule. Anthony a quatorze ans, et avec son cousin, pour mer l'ennui, il décide de voler un canoë et d'aller voir ce qui se passe de l'autre côté, sur la fameuse plage des culs-nus. Au bout, ce sera pour Anthony le premier amour, le premier été, celui qui décide de toute la suite. Ce sera le drame de la vie qui commence.

 

Avec ce livre, Nicolas Mathieu écrit le roman d'une vallée, d'une époque, de l'adolescence, le récit politique d'une jeunesse qui doit trouver sa voie dans un monde qui meurt. Quatre étés, quatre moments, de Smells Like Teen Spirit à la Coupe du monde 98, pour raconter des vies à toute vitesse dans cette France de l'entre-deux, des villes moyennes et des zones pavillonnaires, de la cambrousse et des ZAC bétonnées. La France du Picon et de Johnny Hallyday, des fêtes foraines et d'Intervilles, des hommes usés au travail et des amoureuses fanées à vingt ans. Un pays loin des comptoirs de la mondialisation, pris entre la nostalgie et le déclin, la décence et la rage.

Debout sur la berge, Anthony regardait droit devant lui

A l’aplomb du soleil, les eaux du lac avaient des lourdeurs de pétrole Par instants, ce velours se froissait au passage d’une carpe ou d’un brochet Le garçon renifla. L’air était chargé de cette même odeur de vase, de terre plombée de chaleur. Dans son dos déjà large, juillet avait semé des taches de rousseur. Il ne portait rien à part un vieux short de foot et une paire de fausses Ray-Ban. Il faisait une chaleur à crever, mais ça n’expliquait pas tout.

Ce que j’en pense : Dans les années 90, j’étais en quête d’identité capillaire, j’avais un appareil dentaire, et je connaissais mes premiers émois amoureux en regardant les chorégraphies endiablées des boyz band à la télé. La France n’était pas encore championne du monde mais heureusement, Dieu nous avait donné la foi. En allumant le poste de radio avec cassette auto-reverse, les plus grands étaient encore là : Kurt, Prince, George, Michael, Whitney et on était tellement bien comme ça…

 

« Leurs enfants après eux » n’est pas un livre qui raconte une histoire, mais qui fait plutôt le portrait d’une génération. Celle d’une jeunesse perdue quelque part dans l’est des années 90…

 

Il était donc une fois dans l’est, des jeunes sans rêves, qui s’ennuyaient et vivaient dans un bled paumé. Ils s’appellent Anthony, Hacine, Steph ou Clem. Tous rêvent de partir mais peu y arriveront. L’héritage familial est lourd à porter : les adultes ont vu leurs rêves s’envoler avec la désertion des industries, ceux issus de l’immigration sont usés par le travail, les parents n’ont aucun avenir à offrir à leurs enfants.

 

Dans cette France racontée avec talent par Nicolas Mathieu, l’ascenseur social est en panne et la porte des escaliers de secours est bloquée. C’est la France du Picon bière, d’Intervilles et de Johnny Halliday. C’est cette minorité silencieuse prisonnière d’une existence sans issue, coincée entre l’alcoolisme, la violence et la misère sexuelle.

 

Plus qu’un roman, il s’agit là d’un véritable essai sociologique sur un univers où la fatalité l’a emporté sur l’espoir. Pour ma part, j'ai trouvé le roman un peu long et j'ai été déçue par la fin que je pensais être un feu d'artifice. Pas un coup de cœur en ce qui me concerne mais je comprends qu’il ait pu susciter l’adhésion d’autant de lecteurs et qu'il ait reçu le Goncourt.

Ma note : 3,75/5

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Avec toutes mes sympathies d'Olivia de Lamberterie

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : « Les mots des autres m’ont nourrie, portée, infusé leur énergie et leurs émotions. Jusqu’à la mort de mon frère, le 14 octobre 2015 à Montréal, je ne voyais pas la nécessité d’écrire. Le suicide d’Alex m’a transpercée de chagrin, m’a mise aussi dans une colère folle. Parce qu’un suicide, c’est la double peine, la violence de la disparition génère un silence gêné qui prend toute la place, empêchant même de se souvenir des jours heureux.

Moi, je ne voulais pas me taire.

Alex était un être flamboyant, il a eu une existence belle, pleine, passionnante, aimante et aimée. Il s’est battu contre la mélancolie, elle a gagné. Raconter son courage, dire le bonheur que j’ai eu de l’avoir comme frère, m’a semblé vital. Je ne voulais ni faire mon deuil ni céder à la désolation. Je désirais inventer une manière joyeuse d’être triste.

Les morts peuvent nous rendre plus libres, plus vivants. »

Paris, automne 2015

J’ai perdu mon frère. Cette expression me semble la plus juste pour parler de toi aujourd’hui. Où vont les morts ? Un matin recouvert d’une fine pellicule de tristesse, j’allume mon ordinateur, à ELLE où je suis journaliste, afin de lire mes mails et ces mots apparaissent en gros caractères sur mon écran : « Découvrez le nouveau poste d’Alexandre de Lamberterie. »

Ce que j’en pense : Chère Olivia,

 

Comme je suis contente que, guidée sans doute par une lumière céleste, vous ayez pris votre plume et que vous nous ayez ouvert le chemin de votre cœur ; ce cœur, si rempli d'amour pour votre famille, et en particulier pour votre frère, cet être flamboyant et passionné, parti bien trop tôt. Mon cœur à moi, il a été touché de plein fouet.

 

J'ai eu du mal à retenir mes larmes parfois ; d'autres fois, j'oubliais où j'étais, trop absorbée par votre récit où les mots sonnent juste, où l'amour est entier et se vit pleinement, où les morts vous rendent vivant.

De temps à autre, j'ai ressenti également votre sentiment d'injustice et d'impuissance. En effet, comment ne pas être en colère quand on vous assomme de "ça va aller..." alors que non, "ça ne va pas passer..." et comment lutter face à une maladie qui grignote chaque jour un peu plus l'envie de vivre, et qui conduit au pire : le suicide.

 

Il faut une sacrée paire de c....  du courage pour vous livrer comme vous l'avez fait. Même si vous cachez votre cape, vous êtes mon héroïne. D'ailleurs, où qu'il soit, je pense que votre frère doit être fier de vous et peut-être même qu'il parade, votre livre à la main, le sourire aux lèvres. Je penserai d'ailleurs à vous la prochaine fois que je verrai un corbeau irradier de bonheur et marcher fièrement.

 

Enfin, pour terminer, si vous le permettez, je vais vous demander une faveur... Chère Olivia, ma plus grande envie en refermant votre livre a été de vous serrer fort dans mes bras. Je vous propose câlin virtuel certes, mais sincère. Puis-je ?

 

Bien à vous,

Mademoiselle Christelle

 

Ma note : 4,5/5

 

J’écris pour chérir mon frère mort. J’écris pour imprimer sur une page blanche son sourire lumineux et son dernier cri. Pour dire ce crime dont il est à la fois la victime et le coupable. A moins que nous ne soyons tous coupables, nous qui n’avons pas su l’empêcher, ou tous victimes, nous qui ne vivrons plus qu’à demi. Mais je ne crois pas qu’on empêche les gars de son espèce désespérée de se suicider. Est-ce un service à leur rendre ? C’est une vraie putain de question.

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Le Baiser de Sophie Brocas

Publié le par mademoisellechristelle

 

Ce que dit la quatrième de couv’ : Camille a toujours exercé son métier d'avocate avec sérieux, mais sans grande passion. Jusqu'au jour où on lui confie une affaire inhabituelle : identifier le propriétaire d'une sculpture de Brancusi, Le Baiser, scellée sur la tombe d'une inconnue au cimetière du Montparnasse. Pour déterminer à qui appartient cette oeuvre, il lui faudra suivre la destinée d'une jeune exilée russe qui a trouvé refuge à Paris en 1910. En rupture avec sa famille, Tania s'est liée à l'avant-garde artistique et a fait la rencontre d'un sculpteur roumain, Constantin Brancusi. Avec lui elle découvre la vie de bohème. Cent ans plus tard, élucider les raisons de sa mort devient pour Camille un combat personnel : rendre sa dignité à une femme libre, injustement mise au ban de la société.

Hassan l’avait déposée à côté de la place François Ier, que bloquait un camion-poubelle de la Ville de Paris. Elle avait dépassé l’engin de son grand pas décidé en évitant de respirer à plein nez le diesel et le remugle de la pourriture organique que l’on y déversait.

Ce que j’en pense : Paris, 1910. Tatiana est une jeune aristocrate russe qui séjourne chez sa tante afin d'y suivre des études de médecine. Tatiana est éprise de liberté et refuse le destin de femme lié à sa condition sociale. Elle rencontre Constantin Brancusi, un sculpteur roumain dont elle tombera follement amoureuse. Elle deviendra sa muse, il lui fera découvrir la vie de bohème.

Paris, de nos jours. Camille est une avocate spécialisée en droit de la propriété intellectuelle. Le Directeur des cimetières de la ville de Paris la saisit car un mystérieux marchand d'art veut s'emparer de la sculpture qui orne la tombe de Tatiana au cimetière de Montparnasse. Il s'agit du "Baiser", sculpté par Brancusi. Camille va alors mener une véritable enquête policière afin de savoir qui veut s'emparer de cette oeuvre et pourquoi elle a été scellée sur la tombe de Tatiana.

 

"Le baiser" fut une lecture agréable même si je n'ai pas accroché à la fin que j'ai trouvé un peu simple. Il s'agit d'un livre à deux voix, où la grande Histoire se mêle à la petite, et où la réalité se mêle à la fiction. En effet, il existe bel et bien une bataille juridique que se livrent l'Etat français et les descendants de Tatiana qui souhaitent récupérer la fameuse sculpture. Petit détail : Brancusi est aujourd'hui l'un des sculpteurs les plus chers de l'histoire. Le baiser vaut aujourd'hui des millions sur le marché de l'art. Pas étonnant qu'elle suscite autant d'intérêt !

 

Sophie Brocas nous propose une version romancée presque édulcorée de cette histoire. Le ton est parfois un peu naïf, mais il va bien avec le personnage de Tatiana. Au-delà de la dimension romanesque, elle nous fait nous interroger sur ce qu'est une œuvre d'art et sa valeur marchande (ou non).

 

Ma note : 2,5/5

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